• L’opération Undergo permettait la libération de Calais

    L’opération Undergo permettait la libération de Calais

    Ce sont des soldats canadiens qui ont libéré Calais.

     

    Ce sont les Canadiens qui, sous le commandement du général Spry, doivent chasser les Allemands de la cité des Six Bourgeois. Le nom de code de cette opération militaire ? « Undergo ».

     

    Calais encerclée

    Durant la première semaine du mois de septembre, plusieurs communes du Calaisis telles Guînes, Ardres, Audruicq, tombent aux mains des Canadiens. Des forces issues de la résistance française sont également arrivées. On note ainsi la présence d’un certain commandant Roger Mengin, membre des FFL, et chargé de la liaison entre les différentes armées alliées. L’officier a déjà participé à la libération du Havre. Il sera bientôt rejoint par le beau-frère du général de Gaulle, Jacques Vendroux, qui a le grade de capitaine.

    La ville de Calais, où les journaux ne paraissent plus et qui ne reçoit d’échos de l’extérieur que par l’intermédiaire de la BBC, est placée en raison des circonstances en état de siège par le capitaine allemand Bottcher, qui invite ses habitants à l’évacuer afin « d’éviter des pertes inutiles parmi la population ». Le 6 septembre, tous ceux qui vivent au sud de l’axe Egalité-La Fayette-Gambetta doivent quitter leur domicile soit par la route de Boulogne, soit par celle de Saint-Omer.

    Sur plus de 20 000 résidents, seule une cinquantaine de personnes obtempère… mais se voit refoulée aux portes de la ville par des sentinelles allemandes ! Le capitaine Bottcher préfère finalement limiter à deux heures par jour (entre 11h et 13h) les allées et venues des civils dans la ville ainsi que l’ouverture des magasins d’alimentation et des banques. Cette limitation de la circulation sur la voie publique est assortie d’une interdiction de se rendre visible sur le pas de sa porte ou aux fenêtres de son habitation, sous peine d’exécution immédiate.

    Le maire de Calais, Georges François, nommé par les Allemands en juillet 1940, proteste au départ contre ces décrets, mais finit par les relayer en faisant placarder dans la ville les 10 et 16 septembre des affiches incitant ses administrés à s’éloigner d’un lieu voué à se transformer d’un jour à l’autre en champ de bataille. Ces appels restent vains, les Calaisiens faisant preuve d’une sorte de résistance passive. Certains d’entre eux sortent de la ville pour passer derrière les lignes canadiennes en vue de prêter main-forte aux Alliés, ou parfois simplement de se ravitailler en cigarettes.

     

    Les Canadiens à l’attaque

    Le capitaine Bottcher, longuement interviewé par Robert Chaussois dans les années 1970, explique qu’il avait été dépêché à Calais par ses supérieurs pour que la ville résiste le plus longtemps possible : il n’était pas question pour lui d’accepter une reddition alors que la ville était encerclée. Le 22 septembre, les Canadiens entrent dans Boulogne-sur-mer. Le 25, avec le bombardement de Calais, l’opération Undergo s’enclenche. Elle comporte deux volets : l’attaque sur Calais et la prise des batteries lourdes des caps Blanc-Nez et Gris-Nez.

    Ce sont essentiellement les 7e et 8e brigades d’infanterie de l’armée canadienne qui prennent part aux combats qui s’étalent jusqu’au 1er octobre. La première perd 190 soldats dans les secteurs fortifiés du vieux Coquelles, du Fort-Nieulay, de la crête de Belle-Vue et de Sangatte. Pour la seconde, le tribut est moins lourd : engagée dans la reprise de la batterie Lindemann, elle enregistre tout de même 29 pertes – on entend par « pertes » l’ensemble des soldats mis hors d’état de combattre, donc décédés ou seulement blessés. Au total, 64 morts seront à déplorer dont 42 pour la 7e brigade.

    Suite à l’intense bombardement qui a mis à mal le secteur portuaire de la ville, alors que la citadelle et la commune de Marck sont reconquises, le lieutenant-colonel Schroeder, commandant de la garnison allemande de Calais, accepte le 28 septembre le principe d’un cessez-le-feu devant permettre l’évacuation des milliers de civils qui sont demeurés sur place. La rumeur court qu’un millier d’avions alliés s’apprêtent à écraser la ville sous des tonnes de bombes. Les destructions sont déjà énormes.

     

    « Le boulevard Victor Hugo connut ce jour-là une affluence qu’il ne connaîtra sans doute plus jamais : en fait, plus de 10 000 Calaisiens le parcoururent durant cette après-midi inoubliable » raconte un acteur de l’époque, Georges Dauchard, qui a été journaliste. « Aux portes de la ville, les Allemands de garde contemplaient sans sourire cet interminable défilé : l’un d’eux, que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, m’adressa un grave « au revoir Monsieur » qui voulait être aimable » poursuit-il. La trêve dure 24 heures. Le sort de Calais se dénouera les 29 et 30 septembre lors d’une nouvelle série de combats.

    « La tour du Guet miraculeusement préservéeMai 1940, la vie des Calaisiens bascule »
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