• La catastrophe du Pluviôse, 1e partie

    La catastrophe du Pluviôse, 1e partie

    Dans l'histoire maritime calaisienne, la catastrophe du Pluviôse occupe une page ourlée de noir. Il y a à peine cinq ans que les sous—marins existent quand le ministre de la Marine, Camille Pelletan, venu donner le départ d‘une course de canots automobiles en 1904, décide la création à Calais d'une flottille sous—marine. Opérationnelle, elle réunit trois unités. L'une d'elles, le Pluviôse, appareille le 26 mai 1910 pour des exercices au large, dont un simulacre d'attaque de navire. Pour cette raison, le capitaine de frégate Prat, commandant de la base, s'est joint à l‘équipage. A 11 h 30, le paquebot Pas-de-Calais vient de sortir des jetées quand émerge devant lui le périscope du Pluviôse. L'abordage est inévitable. Eventré, le sous—marin disparaît avec ses vingt—sept occupants. Aucun ne survécut. Contrarié par le mauvais temps, le renflouement de l'épave s'éternise. Le président de la République assiste le 22 juin aux funérailles des victimes, suivies par une foule considérable.

    La catastrophe du Pluviôse, 1e partie

    Durant plus d'un mois, les journaux locaux sont remplis d’articles sur la catastrophe. L'événement tient la population en haleine avec ses innombrables péripéties, depuis le renflouement jusqu'aux grandioses funérailles. Le journal Le Phare de Calais semble rendre responsable de la collision le paquebot... qui n‘a commis aucune faute.

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    Dès l'arrivée des secours, le Pas-de-Calais, endommagé à son étrave, rentre à Calais par ses propres moyens. Il transborde ses 289 voyageurs sur un autre paquebot.

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    Avec la gare maritime pour toile de fond, le Pluviôse est photographié dans le sas des écluses Carnot. D'une longueur de 51 mètres, il navigue à la vapeur en surface et à l'électricité en plongée. Il est le troisième sous—marin perdu par la France en cinq ans.

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    Les scaphandriers constatent que la double coque du sous—marin, reposant par vingt mètres de fond, est crevée. L‘équipage a donc péri presque instantanément. Le fait est passé sous silence pour ne pas ôter aux familles l'espoir qu'il y ait des survivants.

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    Pour pallier les conséquences d'un accident de ce genre, suite aux précédentes catastrophes du Farfadet et du Lutin, huit boucles de relevage avaient été fixées à la coque des sous—marins —dont celle du Pluviôse— quelques semaines plus tôt. Il faut attacher une chaîne à chaque boucle pour remonter l'épave.

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    Les premières chaînes de relevage se rompent. D'autres, plus résistantes, sont confectionnées en hâte dans les ateliers de la Compagnie du Nord par le forgeron Humbert Houzé. Elles remplissent parfaitement leur rôle ce qui vaut à Houzé des félicitations officielles.

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    Gêné par la tempête, les marées, les courants, retardé par des incidents matériels, telle la défaillance d'un chaland porteur, le renflouement du sous-marin se traîne en une insupportable attente d'une quinzaine de jours.

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    Les opérations sont suivies de près par les autorités. Aux familles des victimes, accourues à Calais, il faut expliquer les raisons du délai nécessité par le renflouement. Un ministre vient même se rendre compte des difficultés rencontrées.

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    Lasse de piétiner dans la recherche d‘une solution, la Marine nationale décide de s'en remettre à un seul homme, un courageux sauveteur calaisien, le pilote Eugène Rivet, pour qui les aléas de la mer n'ont pas de secret. Il promet d'entrer l'épave à Calais et de l'échouer dans l'avant—port sur un lit de vase, accessible à marée basse. A quelques minutes près, il donne même l'heure d'achèvement des opérations. Rivet réussit brillamment ce travail délicat. Sans lui, rien n'aurait pu se faire aussi bien. Son nom a été donné à une rue et figure sur le monument commémorant la catastrophe.

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      Toute la France suit avec fébrilité les péripéties de la récupération du “cercueil d'acier”. Photographes et cinéastes joignent leurs images aux articles dont l'emphase ajoute à l'émotion collective. La revue l'lllustration a dépêché sur place sa meilleure équipe. Un dessin de Sabattier reconstitue l'instant où le capot du sous—marin est soulevé. Un seul sous—marinier du Pluviôse était calaisien, le quartier—maître Auguste Delpierre, dont le nom a été donné au quai bordant le bassin du Paradis.

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    La recherche des corps dans l'épave, envahie par la vase, est dirigée par le docteur Savidan, médecin—major de la Marine. La tâche est menée par des hommes du Ventôse, choisis pour leur connaissance des lieux puisque leur sous—marin est identique au Pluviôse. Le travail doit être interrompu chaque fois que la mer monte.

     

     

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

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