• La catastrophe du Pluviôse, FIN

    La catastrophe du Pluviôse, FIN

    Pour faciliter les allées et venues des sauveteurs et emporter les corps des victimes à l'abri des regards de la foule, le quai de la Colonne est neutralisé. Des palissades ont été mises en place, gardées par la troupe. Du matin au soir, les curieux s'y agglutinent.

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    Lors de l'évacuation des dépouilles, afin d'éviter les prises de vues photographiques à distance, un “tunnel mortuaire” a été confectionné à l'aide de palissades parallèles recouvertes d‘une bâche. Il s'étire du quai de la Colonne jusqu'à l'entrepôt des sucres où se font les identifications et la mise en bière.

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     Revenu à Calais, le paquebot Pas—de—Calais est conduit en cale de radoub pour réparer ses avaries. Réquisitionné durant la Première Guerre mondiale, il deviendra croiseur auxiliaire, dragueur de mines et... porte—avions. Il est un des premiers navires français à être doté d'installations lui permettant d'embarquer et de mettre à l'eau des hydravions. Démobilisé après l‘Armistice, il reprend son service sur la ligne Calais—Douvres.

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    L'extraction des corps terminée, la foule envahit le quai d‘Angoulême où se dresse de nos jours le calvaire du Marin. Au pied du quai, la basse mer découvre l'épave. Réparé, le sous—marin fut opérationnel durant la Première Guerre mondiale. Il repassa plusieurs fois sur les lieux de son naufrage. Il fut livré à la ferraille en 1925.

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    De grandioses funérailles sont faites aux victimes du Pluviôse, le 22 juin 1910. Le président de la République, Fallières, est accompagné du chef du gouvernement, Aristide Briand, des ministres de la Guerre et de la Marine, de quatre-vingts députés et sénateurs, arrivés par train spécial, d'ambassadeurs, etc.

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    Le départ du cortège se fait place Crèvecoeur, devant la mairie. La veille même de la catastrophe, sous l'impulsion de Salembier, les édiles avaient adj ugé les travaux de construction d'un autre hôtel de ville, en face du parc Saint—Pierre.

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    Le monument du Souvenir Français est drapé d'un voile noir comme les autres monuments publics et les réverbères allumés. Devant lui, passent les ambassadeurs et les délégations étrangères, accompagnés de leurs attachés militaires et navals. Le grand officier russe, en tunique blanche, est particulièrement remarqué. Parmi les soldats formant la haie devant la foule, se trouve Charles de Gaulle qui effectue son service militaire au 33e R.I, à Arras.

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    Déposés sur des prolonges d'artillerie et enveloppés du drapeau tricolore, les cercueils sont encadrés de soldats sans arme et de marins, fusils pointés vers le sol. Sur cette photo d'Omer Lefebvre, le cortège franchit le pont Richelieu en direction de Calais—Nord.

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     Le défilé traverse la place d'Armes pour se rendre à l'église Notre—Dame où doit avoir lieu le service religieux. C‘est à cette occasion qu'Aristide Briand remet pour la première fois les pieds dans une église, après les troubles nés de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, dont il était un des artisans. Place d'Armes, les magasins ont baissé leurs stores. Les places aux fenêtres ont été louées cher. Les funérailles causent une vingt—huitième victime : se penchant pour mieux voir, un homme tombe d'un troisième étage et se tue.

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    Un monument, oeuvre du sculpteur Guillaume, commémore la catastrophe du Pluviôse. Le vice—amiral Jauréguiberry l'inaugure en 1913. Le nouveau tracé de l'avenue de la Plage ayant relégué le mémorial derrière des immeubles, un autre emplacement, à côté du fort Risban, lui a été donné en 1980.

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    Le bronze représente une allégorie ailée se penchant sur le capot du sous—marin. Le maire Charles Morieux rend hommage aux disparus, à propos desquels le poète Théodore Botrel, déplorant qu‘ils soient morts obscurément, sans combat, disait : “Ah ! Mourir de la sorte, n'est—ce pas deux fois mourir ?".

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    Après l'inauguration du monument du Pluviôse, que l'on continue de fleurir chaque année, le photographe fixe sur la pellicule quelques décorés, deux civils, vétérans de la guerre de 1870, et un militaire, sabre au côté et plumet au képi.

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    D'autres spectateurs se font photographier en famille, en donnant la main à une gamine chapeautée et chaussée de bottines à boutons. Trois ans ont passé depuis le drame. On peut oser sourire. L'année suivante, ce sera la guerre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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