• Le 27 février 1945, Calais était bombardé par erreur

    Les plus anciens s’en souviennent peut-être. Il y a 73 ans, le quartier Saint-Pierre était bombardé par l’aviation alliée. Bilan: 97 civils tués. Retour sur ce drame, fruit d‘une tragique méprise.

    Le 27 février 1945, Calais était bombardé par erreur

    CALAIS. Saint-Pierre. Voilà près de cinq mois que la ville était libérée, depuis le 30 septembre 1944, entraînant le retour de 35 000 Calaisiens dans leur foyer. Des habitants qui pensaient en avoir définitivement fini avec la guerre à leurs portes. C'était sans compter la magique erreur des Britanniques. Ce 27 février 1915, la Royal Air Force a programmé un raid vers Dunkerque, dernière ville encore tenue par les Allemands.  Trente—six bombardiers décollent de Vitry-en-Artois, près d’Arras. Ils appartiennent à trois escadrilles différentes (la 88e, la 226e et la 342e), et sont lestés de huit bombes de 226 kilos. Dans le ciel couvert de la côte, les équipages de la 88e et de la 342e font demi— tour. Ceux de la 226e poursuivent leur route, en deux formations distinctes. Six avions survolent  Dunkerque, larguent leurs bombes et retournent à VItry—en-Artois. Six autres B-25 Mitchell ont passé Boulogne et survolent la Manche vers Dunkerque.  Le sous-lieutenant Mason, qui commande cette deuxième formation, aperçoit des toits et des rues, et ordonne le largage des bombes. Il croit survoler Dunkerque... mais c'est Calais. Les trente-six engins tombent entre les rues Thiers (aujourd’hui rue de la Commune—de-Paris), de Valenciennes, Gaillard et Hermant. Le bilan est lourd: 97 morts et 150 blessés. Les opérations de sauvetage durent plusieurs jours. Les obsèques ont lieu le 3 mars, place Crèvecœur, avant que les cercueils soient transférés au cimetière Sud sur des camions escortés par des soldats anglais. Ce n’est que le lendemain que l'erreur de la Royal Air Force est annoncée officiellement, via un bref communiqué, exprimant les « regrets du Quartier général suprême des forces alliées, pour le bombardement de Calais effectué par erreur par des bombardiers volant par temps couvert et ayant pris Calais pour Dunkerque. »

    Le maire Jacques Vendroux fait ensuite part de son étonnement, « de la façon silencieuse et digne dont les Calaisiens prirent conscience de cette effarante révélation. » .                   Isabelle Hodey et  Bruno Mallet 

     

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