• Le chemin de fer à Calais

    En 1889, Calais inaugure à l’emplacement de la gare actuelle son tout nouvel édifice, une merveille architecturale qui allie la brique ou la pierre, le fer et le verre tout comme de grandes gares parisiennes. Cette gare que nous vous invitons à découvrir fut détruite par les bombardements pendant la seconde guerre mondiale.

    Le chemin de fer à Calais

    C’est une plongée dans l’Histoire de Calais que nous vous proposons d’effectuer. Nous sommes au XIXème siècle et Calais bénéficie déjà d’une position géographique exceptionnelle car elle est située au carrefour de plusieurs pays d’Europe (en particulier l’Angleterre) ; d’où l’importance des gares pour les voyageurs. A cette époque, Calais est également un grand centre manufacturier de la France pour la fabrication des tulles et des dentelles mécaniques. La gare a été construite entre Saint—Pierre et Calais—Nord. Elle relie ces deux villes autrefois distinctes. Ici se retrouve toute la population : les ouvriers de la dentelle et les riches industriels qui entrent côté Saint—Pierre, les pêcheurs et les riches amateurs qui ont une entrée vers Calais—Nord.

    Le chemin de fer à Calais

     La gare maritime

    La première gare maritime de Calais construite en 1849 se trouvait en face du Bassin du Paradis afin de faciliter le transit des voyage… venant d’Angleterre. Le premier train circula le 19 août 1849. Elle fut démolie par une tempête et remplacée par des baraquements. La gare définitive fut mise en service le 21 octobre 1889 et fut l’une des plus belles du réseau des Chemins de Fer du Nord. La majorité des voyageurs utilisaient cet arrêt. Le train déposait les voyageurs directement sur le quai d’embarquement. Comme les autres bâtiments ferroviaires, celui—ci eut beaucoup à souffrir des bombardements de la Seconde guerre mondiale.

    Le chemin de fer à Calais

     La gare centrale

    La gare centrale fut bâtie en 1889 à l’extrémité de l’actuelle avenue Wilson sur les sites libérés par le démantèlement (ou démolition) des fortifications de Calais puisqu’en 1875 la ville possédait encore les restes de son enceinte fortifiée.

    Le chemin de fer à Calais

    * L’architecte Sydney Dunnett, également à l’origine de celles de Douai et de Roubaix, en établit les plans qui furent exécutés par l’entreprise Dangleterre (en même temps que la halte des Fontinettes). La compagnie des Chemins de Fer du Nord avait demandé de construire deux bâtiments identiques, un au nord des voies et l’autre au sud, afin de ne pas vexer les populations de Calais et de Saint—Pierre. En effet, celles—ci avaient du mal à accepter l’union des deux villes réalisée en 1885 : Calais et Saint—Pierre n’en demeuraient pas moins différentes notamment sur le plan économique. Les services étaient dédoublés tels que la vente et le contrôle des billets...

    Cette gare fut inaugurée le 5 juin 1889, par le président de la République Sadi Carnot, alors que seul le bâtiment sud était achevé.

    Le chemin de fer à Calais

    1 La passerelle de la gare centrale

    La Compagnie des Chemins de Fer du Nord racheta la passerelle métallique qui avait servi lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1889 pour la traversée du Pont de l’Alma. En 1891, on assiste au démontage, puis au remontage sur Calais. La passerelle était placée à l’ouest de la gare afin de pouvoir se rendre de Calais Nord (la place de la gare) à Calais Sud en enjambant les voies. Elle était très utile car elle permettait la traversée d’une seule portée de toutes les voies à quai. Les ouvriers qui se rendaient aux usines empruntaient cette passerelle pour aller plus vite et ainsi elle était très appréciée des piétons. Durant la Seconde guerre mondiale, des fers barbelés en condamnaient l’accès. Cette passerelle monumentale échappa aux bombardements contrairement aux bâtiments de la gare centrale mais avec la reconstruction d’une gare à un emplacement différent, elle devint inutile. Cependant, son importance était telle qu’elle a donné son nom à une rue de Calais du côté Saint—Pierre.

     2 Les deux pavillons jumeaux

     L’édifice de la gare centrale se partageait entre deux bâtiments à cheval sur les anciens territoires de Calais et de Saint-Pierre. Dans chaque pavillon se trouvait un buffet, une salle d’attente, des marchands de journaux, les services techniques (guichets). Ce dédoublement causait de nombreux désagréments par exemple lorsque l’on devait se rencontrer à la gare, bien des personnes se trompaient de côté. Les passagers et leurs hôtes ne se retrouvaient pas. De plus, cette gare double imposait aux voyageurs de passer sur les rails si les guichets étaient fermés d’un côté.

    3 Les façades

     On peut cependant ajouter qu’il existait quelques différences entre les deux façades, pratiquement symétriques, de Calais et de Saint—Pierre. Calais possédait deux travées supplémentaires, une de chaque côté du pavillon central. Les façades, édifiées par l’architecte Dunnett *, furent de tendance néoclassique (qui reprend les formes de l’Antiquité redécouvertes à la Renaissance). Au—dessus du premier niveau, on observe une alternance entre frontons triangulaires et courbes, caractéristiques de cette tendance et qui rappelle l’architecture italienne, en particulier celle de Michel-Ange pour la construction de la bibliothèque de Laurent de Médicis à Florence.

    4 La marquise

     Il s’agissait d’un hall vitré, bâti au-dessus des voies et qui réunissait les deux édifices. La verrière était identique à celle de la gare de Lille, composée essentiellement de fonte, de verre et de fer, matériaux caractéristiques de la Révolution industrielle en général et des bâtiments ferroviaires en particulier.

     

    5 L’horloge

     Le temps était déjà un élément essentiel, c’est pourquoi chaque façade possédait une horloge qui indiquait l’heure avec cinq minutes d’avance pour éviter au maximum les retards.

    6 Le Metropol Hôtel

     Parmi les bâtiments qui subsistent de 1926, on voit encore la façade d’origine, comportant les mots Garage et Hôtel. De plus, on peut toujours apercevoir depuis les quais le numéro de téléphone, composé de quatre chiffres.

    7 Les wagons

     L’éclairage de l’intérieur du train s’effectuait par des lampes à huile. On pouvait donc apercevoir des employés chargés de burettes d’huile marchant sur les toits des wagons pour remettre les lampes à niveau.

    8 Transport des marchandises

    L’octroi était le droit perçu sur chacune des marchandises telles que la viande, à leur entrée dans Calais. Ce fut pendant longtemps l’une des principales ressources de la ville. Les bureaux se trouvaient à toutes les entrées de la cité comme les portes mais aussi à la gare.

    La perception de cette taxe supposait un travail important car elle s’exerçait aussi bien pour les entreprises et les commerçants que pour les particuliers.

     

    * Sydney Dunnett (1837—1895)

    D'origine anglaise, né à Calais, Sydney Dunnett, chef du service des bâtiments de la compagnie du Nord a consacré sa vie à l'architecture ferroviaire. II a, entre autres, réalisé les gares de Douai, Roubaix, Tourcoing, Arras, la gare maritime de Calais, et conçu l'aménagement de la gare de Lille et de la gare du Nord à Paris, ainsi que de nombreux logements ouvriers (Lens, Coudekerque, le Bourget). La France des gares – guides Gallimard (page 154)

     Réf. ”Le patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français" FLOHIC— éditions (page 242)

     

     -Céline Allostéry pour le Comité de rédaction des Amis du Vieux Calais.

     

     

    (Article paru dans Calais—Réalités le Mag n° 169 de mai 2003).

     

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