• Le Courgain

    Le Courgain est un quartier de l’ancien Calais. En effet, jusqu’en 1885 lorsque Calais et Saint-Pierre s’unissent pour ne former qu’une ville,  Calais  correspond  à  ce  qu’on   appelle aujourd’hui Calais-Nord. Dans cette ville issue du village médiéval de pêcheurs de harengs, un quartier occupe une place de choix : c’est le Courgain que nous vous proposons de découvrir tel qu’il était avant la destruction des fortifications.

    Le Courgain

    Chaque année, le quartier élit la “Reine du Courgain” et ses dauphines. La fête prévoit un défilé de jeunes filles en calèches fleuries. A cette occasion, les Courguinoises revêtaient leur habit de fête :  jupons,  jupe,  tablier,  châle  et la fameuse coiffe : le soleil. Femmes et adolescentes portaient alors de beaux bijoux en or. On organisait des jeux aquatiques, un mât de cocagne, des courses à pied. C’est aussi l’occasion de rendre hommage aux naufragés voire à leurs sauveteurs disparus. Léon Vincent, jeune conseiller municipal puis député-maire de Calais donna dès le début du XXe siècle, un caractère très prestigieux à ces réjouissances.

    L’origine même du nom reste obscure ou tout au moins controversée : on peut retenir celle qui fait référence aux habitants de ce quartier, des pêcheurs le plus souvent, qui n’ont que peu de moyens : “un gain court”. Mais aussi celle qui rappelle que partout en France existent des “Courgains” : fermes établies sur une butte en terrain inondable.
    Le Courgain était spécialisé dans la pêche, enfermé dans un bastion, isolé de la ville par un fossé et la muraille médiévale de la période anglaise. Il possédait une identité très affirmée avec ses traditions mais également ses commerces, ses écoles et son église. Le tissu urbain était serré, les rues étroites étaient sales, peu sécurisantes et difficiles d’accès mais faisaient l’objet de la venue de nombreux photographes.
    La population est décrite par les habitants de “l’autre côté” des fortifications comme querelleuse et impie. Les Courguinois vivent alors au Courgain comme dans un village : tous se connaissent sans pour autant s’apprécier et les disputes sont nombreuses. Il est de coutume de s’attribuer des sobriquets parfois difficilement compréhensibles car inspirés du patois propre au Courgain : Tite Marie la vérotière1, Tit Maurice... 

    Il existe une forte solidarité entre les membres de la communauté sujette aux catastrophes de la mer : les naufrages touchent des familles entières mais les sauveteurs tels Gavet et Maréchal sont honorés pour leur action. 
    En réalité, l’importance de l’activité de la pêche serait à nuancer mais il s’agit réellement d’un quartier tourné vers la mer : que ce soit dans sa localisation comme dans ses préoccupations. Les métiers exercés par les Courguinois le prouvent : pêcheuses à la côte, pilotes, lamaneurs, ouvriers du port, contrebandiers, mousses (marins de 12 à 15 ans). Les vêtements sont caractéristiques : costume et coiffe des Courguinoises, pantalon et maillot des hommes : on reconnaît les habitants du Courgain lorsqu’ils en sortent !  

    Le Courgain

    A l’arrière, les maisons du “Vieux Courgain” dominent le port, de même que l’actuel immeuble de la Matelote construit, au même emplacement, lui aussi en hauteur. Il y avait une rampe conduisant au sommet de la muraille.

    En 1900, il y avait environ 80 bateaux : des voiliers utilisés pour la pêche côtière qui sont “immatriculés” par les lettres “CAL”, correspondant au port de Calais, suivies d’un numéro. Cette activité était la source de revenus d’environ 500 marins et de leur famille. Mais, en dehors de “Calais-Nord”, dans l’ancien Saint-Pierre, une nouvelle activité, la dentelle, attire peu à peu la population féminine et jeune : malgré des conditions pénibles, elle est mieux rétribuée et moins sale. Le quartier a connu un déclin de l’activité portuaire dès le début du XXe siècle et fut totalement détruit lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.  

    Le Courgain

    Cette rue est révélatrice du tissu urbain du Courgain : ruelles étroites, moins de trois mètres, sans trottoirs, très peuplées. Les Courguinoises tendaient des fils à linge de part et d’autre des habitations. Au milieu du pavage, une petite rigole appelée “eul’dallot” permettait l’écoulement des eaux usées.

    Le Courgain

    Vue d'ensemble commentée du Courgain

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