• LE COURGAIN EN 1772 ET EN 1829

    Sous l'Ancien Régime et jusqu'à la seconde moitié du 19°Siècle, les administrateurs calaisiens s'occuperent trés peu du Courgain qu'ils considéraient comme un quartier de pauvres gens, turbulents, auxquels lorsque la misere  était pas trop insupportable, on distribuait de maigres secours pour évité les émeutes. Il en résulte que nous avons très peu d'informations pour cette période de la vie des Courguinois.

     Deux auteurs, pourtant, se sont penchés sur la vie du Courgain maritime :

     - en 1772, le Docteur Daignan, médecin chef de l'hôpital Militaire de Calais, qui publia un "Mémoire sur le sol, l'air et les eaux du Calaisis", dans lequel un chapitre est réservé au Courgain,

     - en 1829, le Docteun Annaud, un médecin calaisien, qui obtint le prix de l'académie Royale d'Arras pour un "Mémoire sur la topographie et l'hygiene publique à Calais", dans lequel il traite, pour une partie, de la vie courguinoise et qui ne fut jamais édité.

     Ce sont des extraits de ces deux mémoires que nous presentons ci-après à nos lecteurs.

     LE COURGAIN EN 1772, par le Docteur DAIGNAN :

     .... Sur la droite de la Porte du Havre, vers l'est et à côté du port, est un bastion très considérable qu'on appelle le COURGAIN, et qui n'est séparé de la ville que par un fossé très profond : ce bastion qui, au jugement des connaisseurs, est un des plus beaux morceaux de ce genre, domine sur la mer, sur l'entrée du canal et sur le port; c‘est l'endroit où sont rassemblés tous les pêcheurs et autres gens de mer; les rues y sont distribuées à peu près comme dans la ville, mais elles sont si étroites et les maisons y sont si serrées qu'il y règne toujours un air de malpropreté et une humidité malsaine. Il y a dans ce bastion un Commandant particulier et un logement pour deux compagnies de la garnison, ces petites casernes appuient sur le fossé qui sépare le bastion de la ville; elles en reçoivent continuellement des exhalaisons qui sont le plus souvent infectées, ce qui les rend malsaines,elles sont d'ailleurs propres et bien bâties ......

     ... Les habitants du Courgain forment un peuple marin, qui ne ressemble pas plus à celui de la ville que s'il en était à cent lieues; tout y est matelot ou pécheur : endurcis dès l'enfance par les fatigues de la mer ou par les injures du temps, ils sont petits mais membreux robustes et vigoureux.

    Ils vivent durement et souvent misérablement; leur industrie bornée fixe leurs facultés à un degré de médiocrité qui répond bien & l'étymologie du nom de lieu qu'ils habitent : dominés par l'espoir d'un gain facile qu'ils attendent des passagers qui vont et viennent d'Angleterre, ils négligent des ressources plus assurées qu'ils trouveraient dans la pêche : leur nonchalance à cet égard est telle qu'ils ont absolument abandonné aux étrangers la pêche et la préparation du maquereau et du hareng, qui devrait faire la fortune de cette ville; ils n'y sont occupés qu'à ce qu'il y a de plus vil; habitués à fumer, ils sont passionnés pour le tabac et l'eau de vie.

     Les femmes, chargées de toutes les peines du ménage, ont beaucoup plus à souffrir que les hommes,elles sont sans cesse sur le rivage presque toutes nues, a fouir le sable pour attraper des vers qui servent d'appâts pour amorcer le poisson, a chercher des moules et à pêcher des sauterelles; de la les unes vont courir à la ville vendre ce qu'elles ont attrapé, les autres rentrent chez elles, ou elles chargent les hameçons de ces vers ou d'autres substances animales putréfiées, au milieu d'une chambre serrée, ou l'air est toujours humide et infecté par les exhalaisons de cet appât et des personnes mêmes.

     La nourriture ordinaire de ces gens là est du poisson, des crustacés ou des coquillages mal préparés, des tartines, et du thé pour toute boisson. C'est ici le lieu de dire encore quelque chose contre cette liqueur, il est bien singulier qu'une boisson aussi fade ait tellement pris faveur. qu'elle soit généralement adoptée dans la partie septentrionale de la France et dans tous les pays du nord. L'empressement et la satisfaction avec laquelle on se livre sans besoin à cette boisson, annonce une espèce de volupté qu'il n'est pas naturel d'attribuer à la force de la seule habitude: il faut croire que lorsque cette habitude est confirmée, c'est un besoin, car on y est sujet à des défaillances fort fréquentes auxquelles on ne manque pas de remédier avec de l'eau de vie lorsqu'on en a la faculté, si même on n'a pas l'attention de les prévenir. Quoi qu'il en soit, personne ne fait un si grand excès de thé dans ce pays-ci que les femmes du Courgain ; il est vrai qu'elles n'ont pas de bonne eau a boire, aussi boivent-elles du thé au moins quatre fois par jour. sans vouloir croire que le fréquent usage des boissons chaudes relâche l'estomac, déprave les sucs digestifs, affecte les nerfs, amollit les chairs, et détruit la forme de la circulation; quoi qu'on puisse dire, elles supportent plus volontiers la privation de toute autre chose.

     On conçoit bien qu'avec un pareil régime, leurs fibres intérieures étant perpétuellement macérées par un déluge d'eau chaude comme les.extérieures par l'humidité de l'air, elles doivent être sujettes à beaucoup de maladies : elles éprouvent, en effet, toutes celles qui proviennent d'engorgement, surtout des glandes, les fièvres intermittentes et putrides et le scorbut. Ces maladies font périr les gens du Courgain de bonne heure; comme les apoplexies. les affections nerveuses et les épanchements surtout à la tête, font périr ceux de la ville, tant hommes que femmes; car on ne voit plus aujourd'hui comme autrefois, des vieillards de l'un ni de l'autre sexe, sains et robustes; on y vieillit de bonne heure, ou l'on est infirme, plus encore parmi les hommes que parmi les femmes. Cependant les maladies n'y sont pas en proportion des causes, surtout parmi le peuple; sans doute qu'elles sont modérées par la fréquente exposition de ces gens au grand air et aux injures du temps qui les endurcissent.

    ....On ne voit au Courgain presque pas de mariages stériles; ils sont, au contraire, presque tous féconds, mais on perd beaucoup d'enfants; ces gens la s'allient entre eux, ce qui entretient une certaine union qui leur fait trouver des ressources dans leur médiocrité pour se mettre a l'abri de la mendicité .

    LE COURGAIN EN 1829, par le Docteur ARNAUD :

     Le Courgain, séparé de la ville par un fossé, est le quartier habité par les pécheurs et par presque tous les marins de Calais ainsi appelé COURGAIN a cause du peu de bénéfice que ses habitants y faisaient autrefois, Il est situé à l'est du port et au Nord-Est de la ville et plus avancé vers la mer de quelques pas, que cette dernière.

     Le circuit dans lequel est contenu le groupe de maisons qui le constituent est d'à peu près 600 mètres, il est aussi enfoncé dans les fortifications d'une figure triangulaire. La plupart de ses rues sont étroites; la Grande rue et la 2° et la 4‘ font exception à la règle, elles ont de 6 a 7 mètres de largeur. La première se dirige directement de l'ouest à l'est, en partant de la porte qui communique de ce quartier au port, les deux autres vont directement du nord au sud. Elles sont assez propres. Mais les rues connues sous le nom de 1', 3°, 5°, 6° et 7° sont des foyers d'infection. La rue du Rempart, ou rue Basse, le rempart du Nord et de l'est sont de vrais latrines. Il y a deux égouts au Courgain qui sont sans cesse obstrués par toute espèce d'immondices; les résidus de poisson, les filets dont on se sert pour la pèche exhalent ici l'odeur la plus infecte. Un grand nombre de malheureux habitent au Courgain des caves humides et profondes, presque sans lumière et peu aérées.

     La même maison appartient quelquefois à plusieurs particuliers, l'un possède une chambre en bas, l'autre possède le haut, etc... Eu égard à la largeur des rues, les maisons y sont beaucoup trop élevées mal construites et antiques., si l'on en excepte quelques unes dans la première rue, la 2°, la grande et la 4° qui possède deux étages et qui ont été reconstruites à neuf. Un grand nombre de maisons du Courgain ne possède ni cour, ni citerne, et les habitants sont réduits à faire usage de l'eau des fontinettes de la Basse—Ville qui est très mauvaise à certaines époques de l'année.

     Le Courgain possède aussi un grand puits muni d‘une pompe comme ceux de la ville; il est situé entre l'extrémité ouest de la grande rue et sud de la 1', près de la porte d'entrée, il est d‘une grande utilité pour les habitants de ce quartier. Au surplus, le Courgain n'offre rien de remarquable, si ce n'est l'industrie, les mœurs de ses habitants .....

     ..... Le fossé profond, encaissé entre deux murs, qui sépare le Courgain de la ville de Calais, admet les eaux de mer à marée haute, il est souvent envasé et rempli de substances animales en putréfaction provenant en partie des immondices de la ville qui s'introduisent journellement dans ce fossé par l'égout qui se trouve à l'extrémité de la rue de la Tête d'Or. Pendant les chaleurs de l'été, principalement marée basse, <2 fossé répand dans le Courgain et dans la partie de la ville qui l'avoisine, une odeur infecte et des miasmes qui ne manquent jamais de devenir causes productives de fièvres pernicieuses. Ajoutez que les habitants de la Grande rue du Courgain dont les fenêtres des maisons donnent sur ce fossé, ont la mauvaise habitude d'y jeter leurs immondices, leurs excréments et le résidu de poissons. Par ce moyen,ils entretiennent et rendent plus considérable le foyer d'infection, aussi dangereux pour la santé que désagréable pour la vue et l'odeur qui s'en exhale.

     Pour ôter aux habitants du Courgain l'occasion d'entretenir cette source de miasmes putrides on rendrait un grand service à l'humanité en les obligeant de condamner pour toujours les fenêtres et au réouvertures qui donnent accès sur ce fossé du côté du Courqain. Les personnes de la ville qui habitent les maisons voisines de ce fossé, ont la même habitude, on ne pourrait s'y opposer pour ce qui les regarde, qu'en exhaussant, de cinq pieds, le mur du côté de la ville..

     .... Quoique le Courgain ne soit séparé de la ville que par un large fossé, faisant partie des fortifications, la constitution physique et morale de ses habitants présente des caractères particuliers qui se font remarquer de tout le monde. Les habitants du Courgain sont forts et robustes, d‘une taille qui ne pêche sous aucun rapport. Leur teint est moins blanc que chez les habitants de la ville, mais il est plus animé. Les femmes, principalement, y sont douées d‘une susceptibilité prompte et rapide. Elles sont cependant sobres, laborieuses,bonnes mères, fidèles à leurs maris et charitables, mais elles sont grandes parleuses, crient beaucoup, pleurent facilement et se mettent dans des colères épouvantables. Elles se querellent et se battent ensemble pour la moindre contrariété, cependant, elles font bientôt la paix en prenant du thé plusieurs fois ensemble. Elles résistent facilement aux travaux et aux privations de toute espèce, Par exemple, dans les temps les plus désagréables, elles entrent dans l'eau de mer jusqu'aux extrémités supérieures pour pêcher des sauterelles, elles vont à marée basse parcourir les sable à une lieue de Calais pour chercher des vers pour l'appât du poisson. Elles ont la précaution en faisant ces courses d'être toujours en troupes et armées de pelles qui servent à fouiller le sable pour y trouver le ver du Hâvre pour la pêche au merlan et l'anguille de sable en appät de vase.

     Ces femmes sont tellement bien constituées qu'elles ont vraiment une apparence de virilité.Cependant leur physionomie n'est point désagréable et on en trouve même parmi elles qui peuvent passer pour des modèles sous le rapport des formes, de la taille, des traits de la physionomie et de la douceur du caractère.

     La plupart d'entre elles sont dévotes, superstitieuses, plusieurs croient aux charmes, aux sortilèges et aux revenants.

     Autrefois, elles craignaient beaucoup les bergers de Sangatte elles évitaient même de les rencontrer, si elles le trouvaient sur leur passage, elles le comblaient de politesses, dansaient toutes ensemble autour de lui, maintenant, elles se contentent de le saluer. Il n'y a pas de doute qu'avec le temps, elles deviendront moins superstitieuses. Elles ont également une grande confiance aux pèlerinages.

    Leurs femmes, toujours actives et industrieuses ne cessent de courir les rues de Calais pour vendre des sauterelles, du poisson frais ou salé; du fromage et un grand nombre d'autres marchandises. Il n'est pas rare d'en voir un grand nombre parmi elles qui, par l'unique produit de leur travail et de leur industrie nourrissent et entretiennent honorablement leurs enfants dans le temps que leur mari est au service de l'Etat ou infirme.

     Anciennement, le Courgain n'était habité que par des marins qui étaient tellement confiants entre eux qu'ils ne fermaient jamais à clé la porte de leur maison, lorsqu'ils s'absentaient, ils laissaient tout à l'abandon, linge et argent, et dans aucune circonstance, même les plus pauvres ne s'avisaient de leur voler la moindre des choses, mais depuis quelques années, les moeurs des habitants de ce quartier sont bien changées elles se corrompent de jour en jour. Maintenant, il est habité par des Flamands, des gens de la ville des anglais, etc.... Les soldats de la garnison qui y étaient rarement reçus autrefois et qui n'étaient même pas

    soufferts dans leurs amusements fréquentent maintenant les filles de ce quartier, vont au bal et à la promenade avec elles et les rendent tout aussi débauchées que celles de la ville. Il y a des salles de danse au Courgain, des cabarets, tabagies, cafés, etc...enfin tout ce qui est susceptible d'entretenir et de favoriser la débauche et les vices les plus en opposition avec leurs anciennes mœurs.

    Quelquefois, ils oublient de fermer la porte de leurs maisons, ils ont souvent à s'en plaindre : ils sont volés par leurs voisins mêmes. On voit donc que le temps et les circonstances ont tout changé chez ce bon peuple et bientôt, on n'apercevra plus chez eux le moindre vestige des habitudes, des manières simples et innocentes que tout le monde admirait encore, il y a à peine trente ans....

     On remarque beaucoup de vieillards au Courgain et principalement de vieilles faunes, résultat de leur vie simple et laborieuse. La génération qui commence dans ce quartier ne doit pas espérer de jouir de cet avantage.

     Ils parlent un patois presque entièrement français. Il possède beaucoup de mots dérivant de la langue celtique et de l'anglaise, etc...

     


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  • PUBLICITE LOCALE

                           HORS CONCOURS

     

    Les Courguinoises, a-t-on écrit, étaient d'une susceptibilité prompt et rapide et il est de fait que les querelles étaient fréquentes au Courgain. Elles rassemblaient autour des antagonistes, une foule de curieux qui appréciaient comme il ce doit le vocabulaire pittoresque et abondant des adversaires, par exempte : "Tête ed'cat poursui", "Figure. ed'titite", "Figure ed'pain du Bureau (de Bien faisance sous entendu), "Veilleuse du chalet Mc Enzie" (le dépotoir), "Tien d'mer maqué à mouques", et bien d'autre car, ce sujet, les courguinoises avaient un répertoire très étendu. Pourtant, si l'on en croit monsieur Maurice Brygo dans ses "souvenirs inédits", il arrivait que l'une d'elles tombe à court de répliques. S'inspirant alors d'une célèbre figure de l'immortel ballet de French Cancan, d'un geste preste, elle retroussait ses ses jupons et son adversaire n'avait plus rien à ajouter, la querelle prenait fin et les curieux se dispersaient.

    Cet "ultime argument"devait séduire un éditeur de cartes postales qui réalisa sur ce thème la "publicité locale hors concours" ci-contre.

    Gageons que cette "publicité" devait surprendre les destinataires de la carte peu au courant des usages courguinois. (collection M. André Evrard)

     

    Divers

     

    Publicité locale

    Une marchande de coquillage au 18e siècle

    Publicité locale

    Une marchande de poissons vers 1930

    Divers

    L'épicerie de M. et Mme Laplace-Martein, à l'angle de la rue du Minck

    Divers

    Le repas des pêcheurs à bord

    Les pêcheurs du Courgain venaient y remplir leur "basket" de provisions lorsqu'ils partaient en mer pour plusieurs jours.

    L'équipage de la malle anglaise venait également s'y approvisionner. Ils fallait faire très vite, nous a dit M. Laplace, car le bateau arrivait à 2h de l'après midi et repartait à 16h30. Nous étions autorisés par la douane à monter à bord dès l'accostage du bateau pour prendre les commandes. Les Anglais étaient particulièrement friands de gros œufs roux, dits "œufs de Bourbourg" qu'on leur livrait dans de grands sacs de papier dans lesquels on avait enroulé de la fine paille pour les protéger des chocs qui auraient pu les casser... (coll. M. Laplace)

     

    Divers

    Le café des pilotes, boulevard des Alliés vers 1919

    Divers

     

    Avant la guerre, la publicité des "Biscuits-Vendroux présentait la Courguinoise

    auréolée de son "Soleil"

    ANECDOTES ‘COURGUINOISES

     

    Il m'a paru intéressant de rassembler quelques souvenirs pittoresques sur les habitants du Courgain Maritime, tels que me l'ont rapporté mes ancêtres.

     Au siècle dernier, le Courgain Maritime,-avant 1'arasement des fortifications qui l'isolaient totalement de la vieille ville historique de Calais, était un véritable état dans l'état, un quartier a part, ayant la vocation de la mer, avec ses mœurs; ses habitudes, ses coutumes, ce qui fait que ses habitants n'avaient pas évolué comme le reste de la cité, orienté résolument vers l'industrie du tulle.

     Si les hommes étaient presque tous occupés à la pêche ou aux métiers qui en dérivaient, les femmes couramment désignées sous le nom de "Courguinoises" s'adonnaient à divers métiers. Il y avait les verrotières, dont la spécialité était la recherche des vers employés par les pêcheurs, on pouvait les voir en activité sur la plage, armées d‘une pelle de forme appropriée pour dénicher leur proie. On remarquait aussi les pécheuses de crevettes.

     Autre champ d'activité, la ville que les marchandes de poissons sillonnaient, ayant chacune leur quartier où elles avaient leurs fidèles clientes, Les poissons étaient stockés dans de grandes mannes en osier de forme ovale, tronconiques verticalement, assez hautes, qu'elles portaient sur le dos avec une grosse corde en guise de courroie. Sur cette manne s‘encastrait une autre manne ovale d‘une dizaine de centimètres de hauteur. A la demande des clientes, les marchandes écorchaient et vidaient les poissons à l‘aide d'un couteau pointu et effilé comme un poignard à force d'être affûté. Les déchets étaient ensuite enfermés dans un grand torchon et mis à part du poisson.

     Les marchandes annonçaient leur présence en criant d'une voix de stentor les poissons à vendre : plies, roussettes, ou encore "harengs frais" (entendez harings frais !!!) d'octobre à Novembre ou décembre, période pendant laquelle la pêche aux harengs battait son plein et, en cas de surabondance,sa vente donnait lieu à de petits marchandages, par exemple, elles offraient le treizième à qui achetait une douzaine, ou encore baissait le prix à qui prenait une plus grosse quantité.

     Bien entendu, à cette époque, le poisson était vendu à la pièce. Il arrivait que certain jour il y avait une telle abondance que la sonnette de la maison retentissait fréquemment, actionnée par les Courguinoises désireuses de liquider le reste de leur marchandise. Je me souviens très bien que dans ma petite jeunesse, il n'était pas rare qu'elles fassent un bas prix pour allécher la cliente et terminer ainsi leur tournée. 

     Il faut avouer qu'elles étaient d'excellentes commerçantes, par exemple à l'époque des harengs pleins, il y avait ceux avec les rogues, c'est à dire les œufs (pour lesquels il n'y avait pas beaucoup d'amateurs) et ceux avec les laites, qui étaient délicieux frits. Il est évident que l'acheteuse demandait toujours tout 'laites", mais la marchande tout en feignant les choisir en pressant sur le corps du poisson pour vérifier le contenu, arrivait toujours à glisser quelques harengs avec rogues !

     Une autre spécialité des Courguinoises était la vente de poires cuites qu'elles allaient offrir dans leur quartier d'élection.

     Pendant l'été, sur le terre-plein de l'ancien musée, place d'Armes, elles installaient un petit étai, monté sur deux tréteaux où étaient exposées les friandises qu'elles voulaient vendre. Ces dames s'approvisionnaient un jour par semaine, en bonbons et chocolateries, chez Pidou, dont le magasin était alors situé à l'angle de la rue Volta et de la rue du Four-â-Chaux. Il parait que le magasin était littéralement envahi par les Courguinoises et que les clientes du quartier évitaient d'aller ce jour aux provisions pour éviter une trop longue attente.

     Quand la saison avait été bonne et qu'elle avait laissé quelques bénéfices, nos Courguinoises qui étaient un tantinet coquettes et aimaient les beaux bijoux, fréquentaient assidûment la Salle des Ventes rue Royale, afin d'y découvrir l'objet rare de leur désir et aussi bien entendu la bonne affaire.

    Les gens du Courgain se connaissaient tous, les dangers de la mer, ses deuils inévitables avaient engendré un fort sentiment de solidarité en cas d'épreuves.

     Monsieur Henri Mulard, natif du Courgain où ses parents demeuraient et qui fut longtemps président de l'Amicale des Anciens Élèves de l'Ecole du Courgain Maritime, m'a rapporté un petit fait significatif. Dans sa jeunesse, il avait été très malade, aussi tous les Courguinois, d'un seul élan, s'arrangèrent pour éviter tout bruit dans la rue, qui aurait pu incommoder le jeune malade, ceci jusqu'à sa guérison. M. Mulard était encore ému en évoquant ce souvenir et aimait à dire que le Courgain maritime était peuplée "de gens braves et de braves gens".

    De nombreux ménages étaient confinés dans des appartements exigus par suite de la division des propriétés aussi était-il difficile aux enfants de prendre leurs ébats chez eux. Le quai de la Colonne,avec son vaste terre-plein représentait un endroit idéal. Justement prés de la Colonne, il y avait une grue dont le treuil était manœuvrable a la main. Cet engin avait été installé grâce a la sollicitude de la Chambre de Commerce pour permettre aux pêcheurs de remonter leurs lourdes cargaisons de poisson, ou leur matériel de pêche.

    De la flèche de cette grue pendait une chaîne, munie d'un superbe crochet ou l‘on pouvait mettre le pied, aussi les enfants du quartier lui avait trouvé une utilisation originale ; la balançoire. Garçons et filles (mais oui? s'en donnaient à cœur joie ! Y eut-il des fonds de culottes ou des robes déchirées dans l'affaire, seuls les protagonistes pourraient l'avouer, mais c'est si vieux !!!

     Robert MALAHIEUDE ,

     

     

    Les dames de la halle

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    EN 1927 :

     On reconnait de gauche à droite, Mesdames Noiret, Randou, Sala, Marie Roult, M. Journée (du Comité des Fêtes du Courgain), MMes Marie Louchet, Dufeutrelle, Augustine Barents (mère de M. Brigo).

    Ce groupe avait été formé dans les années 1920-1921, par le Comité des Fêtes du Courgain il représentait le quartier maritime dans toutes les festivités calaisiennes et se déplaçait également à l'invitation des villes voisines et même à l'étranger où le costume des Courguinoises était remarqué. Au Courgain, ce groupe folklorique était familièrement appelé "L'Escouade à Léon" car M. Léon Vincent participait très volontiers à ces voyages qui lui donnaient l'occasion de mieux faire connaitre et apprécier notre Ville.

    Divers

    En 1950 :

     Après la guerre. le nouveau Comité des Fêtes reforme le groupe des "Dames de la Halle" en y incorporant à la fois de jeunes éléments portant le costume de la matelote, mais aussi des Courguinoises qui avaient toujours vécu au Courgain avant la guerre et continuaient de porter habituellement le costume traditionnel. Au fil des années ces "vraies courguinoises" disparurent les unes après les autres et sur cette carte datant des années 1950, on retrouve les dernières d'entre elles à participer aux défilés folkloriques. Ceux qui les ont connues reconnaîtront, de gauche à droite :

    Madame Mulard, née Marie Dupuy Madame Lelong, née Marie Barbet (décédée en 1979), et Madame Bournisien, née Fanny Barbet.

     

     

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  • La paroisse du Courgain

    Intérieur de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul du Courgain, le 5 juin 1938, jour de l'installation de M. le chanoine H. Costenoble

    LA PAROISSE DU COURGAIN

     L'histoire de "LA VIE RELIGIEUS‘E A CALAIS" que monsieur le Chanoine Henni Costenoble publie dans "Les Dossiers de l'histoire calaisienne" se terminera par ”LA PAROISSE du COURGAIN" mais étant donné que ce présent numéro 31 est consacré au Courgain et à la vie de ce quartier, l'auteur a bien voulu nous autoriser à en publier les extraits que nos lesteurs trouveront ci—aprés. Le chapitre intégral de "La Paroisse du Courgain" sera publié dans nos prochaines éditions.

     

    L'EGLISE DU COURGAIN :

     

    " ..... Avec l'accord de l’évêque d'Arras, un décret impérial érigea le Courgain en succursale le 13 avril 1861. Le Ministère de la Marine, quelque temps plus tard, accorda une subvention pour y assurer l'entretien d'un vicaire.

     Restait à construire l'église. Mais sur quel emplacement ? L'intervention de Napoléon III fut, encore une fois, décisive. Sollicité par les Pouvoirs Publics, il décida de libérer les terrains occupés par la muraille et autres ouvrages militaires à l'est du Courgain. Un crédit de 100.000 frs fut accordé pour pour ces travaux qui furent commencés en 1854 et achevés en 1860. La surface habitable du quartier maritime en fut doublée. A l'angle sud-est des anciens remparts une petite butte parut propice à l'emplacement de la future église. Dans sa séance du 20 Août 1860, le Conseil Municipal de Calais attribua ce terrain à la paroisse et décida de prendre à sa charge une partie des frais. Le complément en fut assuré par M. Grébert qui n'hésita pas à parcourir les paroisses du Calaisis et même de Flandre Maritime pour recueillir les fonds nécessaires pour payer l'entrepreneur M. Dubail, chargé de construire l'Eglise et le presbytère attenant.

     La chapelle de la 6° rue ayant été démolie lors des travaux de raccordement entre le Vieux et le nouveau Courgain, les offices furent provisoirement célébrés dans la chapelle des Bénédictines, rue de l'Etoile.

     La pranière pierre fut posée le 10 Avril 1866, bénie par M. de Lencquesieng, archiprétre, en présence de M. Dubout adjoint au Maire, en tête des autorités civiles. Le "Journal de Calais" estima à 10.000 personnes l'affluence des fidèles venus de Calais et de Saint-Pierre.

     Encore inachevée, l'église fut livrée au culte le 16 avril 1867, jour de Pâques. Le clocher ne fut achevé qu'en 1879....

     ...... A gauche du portail principal une chapelle était réservée au souvenir des naufrages. Les murs en furent rapidement couverts de plaques de marbre marqués des noms d'équipages péris en mer ou d'équipages qui voulaient témoigner de leur reconnaissance pour avoir échappé au naufrage ou à la tempête. Aux voutes des bas-côtés des ex-voto furent suspendus : c'étaient des maquettes de voiliers soigneusement reconstitués .Des statues vinrent garnir les chapelles et les bas—côtés. La Vierge à l'autel de gauche, Saint—Antoine a celui de droite, Statues de Sainte—Anne, du Sacré Cœur, etc... Au cours des messes, les matelotes après avoir défilé à l'offrande, allaient allumer des cierges...

    La paroisse du Courgain

    L'ABBE LOUIS GREBERT 

     Né à Saint-Omer en 1816 ordonné en 1860, successivement vicaire à Eperlecques, Aire, puis Audruicq, il est transféré en 1853, à Calais avec la charge d'aumônier de l’Hôpital Militaire qu'il conservera pendant dix ans. Il est aussi chargé du quartier courguinois. C‘est grâce à sa persévérance et à son zèle que le Courgain va devenir paroisse ......

     ..... Quel jugement l'Abbé Grébert porte-t-il sur l'état religieux du quartier dont il est chargé ?

     "Les marins écrit-il, sont très religieux au moment du danger et fidèles à remplir les vœux et les promesses qu'ils ne manquent pas de faire en pareil cas. Ils se contentent , par ailleurs, de faire célébrer des messes où ils viennent sans respect humain baiser l'offrande, ils assistent aux offices lors des fêtes majeures.

    Les femmes pratiquent un peu plus. Mais si les courguinois respectent, en général, les engagements du mariage, beaucoup d'unions n'ont pas été consacrées par le sacrement. Les garçons qui s'embarquent comme mousses dès six ans, les filles qui vont travailler de bonne heure à Saint Pierre dans l'industrie de la dentelle, ne reçoivent que peu d'instruction religieuse. Beaucoup de mourants ne réclamait pas ce que l'on commence à appeler "les derniers sacrements"

    L'Abbé Grébert déplore aussi le taux élevé de la mortalité infantile. En 1856-58, il enterre 124 enfants dont 92 âgés de moins de deux ans. Dans le même temps, il enterre 64 adultes. Sur 43 services, 71 ont lieu à 7 h.30, 31 à 8 h. et 4 seulement à 10 heures....

     Il y avait beaucoup à faire pour ranimer la vie religieuse au Courgain, M. Grébert s'y employa de tout son zèle... Quand épuisé par la lourde tâche qu'il avait assumée il s'éteignit au début de l'année 1880, la fabrique fit chanter pour lui, le 12 janvier, un service solennel à 11 heures. Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres assurèrent une large distribution de pain en donnant aux pauvres des cartes de pain qu'ils pouvaient présenter aux boulangers du quartier. Non seulement le Courgain mais toute la ville de Calais prit part à ce deuil .....

     

    La paroisse du Courgain

     

    M. l'abbé Eugène Bourgeois

    L'ABBE EUGENE BOURGOIS :

     A Monsieur Berthelot succéda, le 26 Juillet 1897, l'Abbé Eugène Bourgois. né le 30 Octobre 1856 à

    Wally-Beaucamp, successivement curé de Bailleulmont, Douriez, Silles. D'origine rurale, le nouveau pasteur arrivait inconnu dans un milieu qu'il ne connaissait pas. Il a raconté lui-même dans son journal paroissial, les déboires de ses débuts. On se moquait de son allure timide, de sa petite taille, on l'affubla de surnoms. Les enfants du catéchisme, peu disciplinés, lui jouèrent des tours pendables, échangeant, par exemple, leurs livrets de famille de sorte que d'une séance à l'autre, le pauvre curé ne retrouvait pas les mêmes visages sous les mêmes noms.

     Mais la patience et la ténacité de M. Bourgois étaient inlassables et sa générosité inépuisable.

    Il acquit peu à peu la sympathie et la confiance de ses ouailles. C'est qu'il ne bornait pas son activité aux tâches proprement sacerdotales. Il s'intéressa à toute la vie du quartier, aux problèmes économiques et sociaux que posait en ces premières années du XX‘ siècle, le déclin de la pèche artisanale. Il partageait la douleur des familles lors des sinistres maritimes encore trop fréquents. Il encourageait la construction de bateaux plus solides (bientôt dotés d'un moteur).

     M. Bourgois ne tarda pas à se lier avec les jeunes vicaires calaisiens si actifs dans ce début du siècle, soucieux d'adapter l'apostolat aux besoins des populations ouvrières. fondateurs d’œuvres, créateurs de paroisses nouvelles. Sa réputation ne tarda pas à dépasser les limites de sa paroisse.

     Il était de bon conseil, on venait le consulter. Il trouvait en ville des concours précieux. Il continuait ainsi le ministère de l'Abbé Grébert, malgré les difficultés créées par la lutte anticléricale et la loi de Séparation .......

     Malgré une santé chétive qui l'obligea plusieurs fois au repos (par exemple en 1925, l'Abbé Albert Chanson le suppléa quelque temps), M. Bourgois poursuivit son ministère au Courgain pendant quarante ans. Il fut élevé, le 13 Juillet 1931, a la dignité de chanoine honoraire. La maladie l'emporta le 18 Février 1938.

     Tous les groupements paroissiaux, de nombreux fidèles du Courgain et de Calais, tout le clergé local escortèrent son cercueil du presbytère à l'église où la messe de Requiem fut célébrée par Mon sir le Chanoine Queval, archiprétre. Il fut inhumé au pied du Calvaire du cimetière nord dans le caveau des prêtres calaisiens que les bombardements ont complètement dispersé au cours de la guerre 1939—45.

     

    Une plaque de marbre apposée aux côtés du nouveau Calvaire rappelle son souvenir.

     

    La paroisse du Courgain

    M. le Chanoine Henri Costenoble

    LE CHANOINE HENRi COSTENOBLE

     

    Monsieur le Chanoine Henri Costenoble fut le dernier curé du Courgain avant sa destruction en Mai 1940, il raconte comme suit son ministère dans cette paroisse:

     Le 5 Juin 1938, jour de la Pentecôte, je pris possession de la paroisse. L'église était magnifiquement décorée de filets de pêche. Je fus accueilli au portail par Monsieur Alphonse Byl, président du Conseil paroissial, et installé par M. le Chanoine Queval.

     Ce ministère devait être bref car il fut interrompu par la mobilisation générale du 2 septembre 1939. Des quinze mois écoulés entre temps, je puis affirmer que j'ai gardé un excellent souvenir. "Vous êtes un éfant du pays" me disaient les matelotes.

     Les faits marquants de cette courte période furent d'abord l'accueil de la Vierge de Boulogne, en Juillet 1938, et la vente populaire des petits cœurs dorés. C'était en vue de la célébration du Congrès Marial de Boulogne-sur-Mer auquel je participai avec une délégation de paroissiens pour le Renouvellement du Voeu de Louis XIII. Ce fut encore la réparation du toit de l'église avec la collaboration généreuse du quartier, la reconstruction de la salle paroissiale voisine du presbytère, boulevard des Alliés.

     Mobilisé dans la région de Bailleul, je pus revenir au Courgain pour la fête de Noël. Le ministère quotidien et dominical était assuré par des prêtres soldats, en particulier par le bénédictin Dom Doyère, mobilisé comme officier de marine et Gouverneur militaire de Calais.

     Ma dernière permission me ramene au Courgain le 8 Mai 1940 pour la retraite et la cérémonie de Communion solennelle. Déjà les bombardements faisaient des victimes et dès le 10 Mai les alertes et les tirs anti-aériens étaient fréquents.

     Le 16 Mai, je quittai le Courgain pour rejoindre mon régiment en Belgique. Je ne devais retrouver après 62 mois de captivité, qu'une église en ruines. Le quartier maritime avait été complétement rasé par l'armée allemande.

     LE PORTAIL

     

    L'histoire de la paroisse du Courgain s'achève sur l'immense désolation d'une église éventrée, d'un quart disparu. Cette vue à inspiré à l'auteur, Monsieur le chanoine Henri Costenoble , le sonnet ci-après:

    La nef n'a plus de toit, le choeur n'a plus d'autel

    Ils ont brisé la chaire et descellé les stalles

    Seuls, demeurant debout, les murs criblés de balles

    Froids, dans leur nudité sinistre, sous le ciel.

    Chaque saison sévit. La chaleur ou le gel

    L'effritent tour à tour de leurs rigueurs fatales

    L'église que blesse la fureur des vandales

    Achève de périr dans l'abandon cruel

    Mais le portail survit et regarde inmobile

    Le désert silencieux qui reste d‘une ville

    Devant sa tour carrée aux puissants contreforts.

     Aussi lorsque du large, un remous de tempête

    Se déchaîne le vent sur l'église dévasté

    Le fidèle clocher tinte le glas des morts.

     

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  • Le costume de la Courginoise

    THOMAS ABIEL PRIOR ET LES COSTUMES DU COURGAIN

    En 1871 Thomas Abiel Prior, peintre et graveur de grand talent, réalisa une série d'études sur les habitants du quartier du courgain maritime. Sa petite fille, Mme Monsigny a bien voulu nous les communiquer et nos lecteurs pourront y voir, en particulier, le détail des costumes de l'époque.

    Le costume de la Courginoise

    Mr Mulard, pilote au port de Calais

    Le costume de la Courginoise

     

    Mme Mulard en costume traditionnel de matelote. On remarquera notamment la jupe rayée, le bonnet aux bords ondulés et tuyautés et les boucles d'oreilles.

    Le costume de la Courginoise

    Une très belle étude d'une Courguinoise portant le bonnet potelée. On remarquera les très belles boucles d'oreilles en camée.

    Le costume de la Courginoise

    Mme Mulard, sur cette aquarelle, on distingue bien la forme du bonnet.

    Le costume de la Courginoise

    Deux jeunes enfants de pêcheurs sur la plage (aquarelle réalisée en 1880)

    Le costume de la Courginoise

    Ici Mme Mulard porte le mantelet à capuchon que l'on agrafait avec des attaches d'or ou d'argent.

    Les bijoux de la Courguinoise

    Le costume de la Courginoise

    Le costume de la Courginoise

    Le costume de la Courginoise

     

     

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  • Le Courgain au temps passé

    Le Courgain au temps passé

    Le Courgain au temps passé

    L'entrée du Courgain

    Le Courgain au temps passé

    La rue Pierre Mulard

    Le Courgain au temps passé

    L'ancien et le nouveau Courgain

    Le Courgain au temps passé

    La rue Jean Pierre Avron (ancienne rue des Murailles)

    Le Courgain au temps passé

    La fontaine Wallace que l'on voit ici en bas de la muraille avait été posée le 15 juillet 1893, en exécution du legs de Mme veuve Demotier-Hickley, épouse de l'auteur des "Annales de Calais."

    Le Courgain au temps passé

    La rue Gavet

    Le Courgain au temps passé

    Le quai de la Colonne. On y voit l'entrée de la rue Duval, dite rue des Beaux Rideaux et des petits bois blancs

    Le Courgain au temps passé

       La rue Magret                            La rue Mareschal

    Le Courgain au temps passé

    Le Courgain au temps passé

     

              La rue Benoit                                                   La rue Reine

     

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