• Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Lorsqu’au début du XIXème siècle les tullistes anglais commencent à s’installer à Calais pour y exercer leur industrie basée sur la fraude des cotons filés, les deux communes de Calais et de Saint-Pierre-lès-Calais sont séparées par un très large glacis sans construction occupé encore par quelques moulins et soumis aux servitudes militaires qui pèsent sur la place de Calais.

    A partir de 1829, la municipalité de Calais et la toute récente Chambre de Commerce génèrent un projet de construction de canaux et d’écluses qui permettraient de mettre en communication le canal de Calais et le bassin à flot de l’ouest terminé en 1842, tout en assurant l’évacuation des eaux pluviales drainées par les wateringues du calaisis. Hélas, ce projet à peine concrétisé, le chemin de fer vient en remettre en cause l’utilité même. Cunettes, canaux et écluses restent cent ans plus tard des obstacles à un développement urbain harmonieux, d’autant plus que le chemin de fer a rajouté des barrages et que les projets de restructuration du centre de Grand-Calais ont tous échoué au moment de l’union des deux communes.

    Les jardins publics avaient été les premiers espaces de liberté sur les glacis des fortifications qui séparaient Calais et Saint-Pierre, puisque le Ministère de la Guerre ne voyait dans leur existence aucun obstacle qui puisse être difficilement rasé lors d’une guerre, ainsi les parcs du front sud et le parc Saint-Pierre avaient-ils pu être créés au milieu du siècle à la place des gares qui n’arrivèrent au centre du Grand-Calais qu’après la réunion des deux villes.

    La situation et la conformation de la gare centrale se ressent de la dualité qui existait entre Calais et Saint—Pierre puisque l’idée de sa construction est antérieure d’une décennie à la réunion des deux communes, sa forme même consacre plutôt leur désunion que leur union. Cette gare devait d’ailleurs, à l’origine, porter du côté nord l’indication Calais et du côté sud Saint-Pierre!

    De graves inconvénients résultent de la disposition de cette gare dont le bâtiment voyageur, et le “BV” des cheminots sont double. Elle comporte double entrée, double sortie, la traversée des voies de chemin de fer se fait à niveau, il est impossible de prendre rendez—vous avec un voyageur sans risquer de le manquer, un formidable courant d’air y règne d’une manière constante et enfin aucune correspondance n’est possible avec les tramways. Son emplacement, pensé au moment où les deux communes se refusent à toute union, devient après 1885, le symbole de leur ancienne division et ce n’est que dans les années mille-neuf-cent-vingt que la réalisation d’une gare-pont commence à faire son chemin tant chez les élus locaux que chez la Compagnie du Nord qui peut espérer financer ces grands travaux grâce aux revenus considérables que lui apporte le trafic de la Gare maritime, réconciliation symbolique des intérêts de la ville et du port.

    Le 20 mars 1885, lors de la première séance du Conseil municipal après les élections suivant la réunion de Calais et de Saint-Pierre, les conseillers municipaux du Grand-Calais prirent acte des conventions qui avaient été conclues entre les deux communes au sujet de l’emplacement du nouvel Hôtel de ville. Ce projet ne devait être complétement terminé que quarante ans plus tard en 1925.

     Vers 1930, ce désert est presque totalement intégré à l’espace urbain très discontinu du Grand-Calais décidé par le gouvernement en 1884. L’Hôtel de ville, symbole de la réunion, mais également témoin de son difficile accomplissement est terminé en 1925 alors que c’est le 20 mars 1885, lors de la première séance du Conseil municipal après les élections suivant la réunion de Calais et de Saint-Pierre, que les conseillers municipaux du Grand-Calais avaient pris acte des conventions conclues entre les deux communes au sujet de son emplacement. Il avait fallu quarante ans pour que Calais commence sur des bases bien chancelantes encore, à réconcilier sa ville et son port.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Bélandres devant l’écluse de la citadelle

    Signé, en bas et à droite: P. Villy

    Calais, musée des Beaux—Arts (Inv. 90.41.06)

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    La neige 1926

    Signé et daté, en bas et à droite: P. Villy 1926

    Mention manuscrite: La Neige hiver 1926

    Il existe dans une collection particulière un cliché identique daté 1918 et 1929 (?)

    Calais, collection particulière

     Les bélandres, dont Risquons tout sont probablement prises dans les glaces qui paralysent le port de navigation intérieure. La photographie est prise du quai de la Meuse et on aperçoit dans les lointains l’extrémité du canal de Calais au pied de l’Hôtel de ville.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Le pont Freycinet 1930

    Signé, en bas et à droite: P. Villy

    Calais, musée des Beaux-Arts (Inv. 90.41.71)

     Le pont Freycinet qui est le débouché de la rue de la Victoire mène les “Calais-Nordais” à la gare centrale ouverte au public en 1890, c’est-à-dire un an après sa mise en service du côté Saint-Pierrois.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Le pont Richelieu vu du quai de l’Escaut 1926

    Signé, en bas et à droite: P. Villy

    Il existe dans une collection particulière un cliché identique daté 1926

    Calais, musée des Beaux-Arts (Inv. 90.41.104)

     On devine sur la droite les belles maisons du quai du Rhin où résida Ludovic Breton, ingénieur en chef des travaux du tunnel sous la Manche, à partir de 1875.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Enfants jouant au cerceau dans le parc Richelieu 1928

    Signé, en bas et à droite: P. Villy

    Il existe dans une collection particulière un cliché identique daté 1927

    Calais, musée des Beaux-Arts (Inv. 90.41.103)

     Jacques Vendroux nous décrit ainsi le parc Richelieu: “Son aspect était alors plus romantique que celui qu’il offre maintenant. Sa partie est comportait le sentier en lacets d’une vraie montagne adossée au rempart. A ses pieds on trouvait une petite grotte aquatique et une statue en bronze de Diane Chasseresse, un kiosque à musique où des concerts étaient donnés le dimanche. Les enfants se voyaient réserver un vaste emplacement où ils pouvaient jouer au cerceau, alors à la mode sans gêner les promeneurs”.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    La statue de Diane Chasseresse au parc Richelieu

    Signé, en bas et à droite: P. Villy

    Il existe dans une collection particulière un cliché identique daté 1900 et comportant au dos celle de 1904.

    Calais, musée des Beaux-Arts (Inv. 90.41.115)

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Allée sud du parc Saint—Pierre 1930

    Signé, en bas et à droite: P. Villy

    Calais, musée des Beaux-Arts (Inv. 90.41.25)

     C’est en 1912 que le Conseil municipal décide de faire construire au parc Saint- Pierre une maison d’habitation pour le jardinier en chef.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    La serre du parc Saint—Pierre 1906

    Mention manuscrite, au dos: L’ancienne serre et la buvette au Parc St Pierre en 1906. P. ViIly

    Calais, collection particulière

     

    Il s’agit probablement des premières serres installées au parc Saint-Pierre en 1896 par la Société anonyme de Saint-Sauveur. Elles étaient chauffées par un chauffage central à l’eau chaude en 1910 puis à l’électricité en 1923. Elles furent si bien mises en œuvre par les jardiniers de la ville qui y cultivaient durant l’hiver les plantes florales qu’ils repiquaient le printemps venu, qu’en 1932 une plante géante les obligea à crever le haut de l’une d’elle: Cette plante exotique qui végétait dans la serre depuis de longues années était assez semblable à un yucca.

    Une tige se montra au cœur du calice et se mit à pousser avec une vigueur extra- ordinaire sous le climat du Pas-de-Calais. Certains jours, on enregistra une croissance de près de dix centimètres.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Le kiosque à musique du parc Saint—Pierre 1906

    Signé et daté, en bas et à droite: P. Villy 1906

    Calais, collection particulière

     

    Des concerts champêtres furent organisés au parc jusqu’aux années soixante en particulier le jour de la sainte Cécile, même si la suppression du kiosque fut décidée en 1951 par la municipalité qui prévoyait à sa place la construction d’un théâtre de plein air.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Les jardiniers du parc Saint—Pierre au travail 1904

    Signé et daté, en bas et à droite: P. Villy 1904;

    Calais, collection particulière

     

    Le parc Saint-Pierre ne fut équipé de bancs ornés de pieds en forme de branche d’arbre qu’entre 1898 et 1901 ; ils étaient l’œuvre d’une entreprise calaisienne fondée par Henri Bodel et qui s’occupait de bâtiment, de menuiserie, de mécanique, et de fonderies dans une cité où ces activités étaient extrêmement lucratives en raison de l’essor urbain et industriel de Saint-Pierre.

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    L’Hôtel de ville vu du parc Saint—Pierre

    Signé, en bas et à droite : P. Villy

    Calais, musée des Beaux-Arts (Inv. 90.41.26)

    Le désert de Calais milieu, 1e partie

    Les cygnes du parc Saint—Pierre, 1926

    Signé et daté, en bas et à droite: P. Villy

    Calais, musée des Beaux-Arts (Inv. 90.41.69)

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