• Le Fort Nieulay

    Par sa position stratégique, Calais fut de tout temps l’objet des préoccupations du pouvoir royal et fut dotée d’un puissant système de fortifications à l’image du fort Nieulay, fort-écluses, principale œuvre de Vauban dans notre ville.

    A l’origine le Calaisis était un vaste golfe où seul le banc des Pierrettes, cordon de dunes et de galets émergeait. Par la suite ces terres devinrent marécageuses. Des cours d’eau comme le Houlet ou la rivière de Marck se jetaient dans la mer grâce à une brèche dans le banc des Pierrettes, à l’anse de Neuna, futur site du fort. Calais n’était alors accessible que par un pont construit à cet endroit même. Ce dernier présentait alors un double intérêt : financier avec la perception d’un droit de tonlieu (impôt payé sur les marchandises) et stratégique car de sa possession dépendait la prise de Calais.

    Le fort que nous connaissons aujourd’hui est en fait le quatrième fort Nieulay : lors du siège de Calais, les Anglais avaient édifié à l’est du pont une première forteresse. Elle était de forme carrée avec une tour entre chaque courtine afin de protéger les écluses permettant d’inonder le pays. La garnison d’une vingtaine d’hommes pouvait atteindre 200 en cas d’attaque.
    Lors de leur occupation de 1596 à 1598, les Espagnols édifièrent un second fort, bastionné entourant la construction anglaise. En 1627, sous Louis XIII, Richelieu remania l’ensemble et le relia à un ouvrage à cornes. Le pont écluse se trouve alors à portée de canon du fort. La garnison s’élevait à 80 hommes. 

    Suite à ses visites avec Louis XIV à Calais, Vauban rappela l’importance du Nieulay pour pouvoir inonder le pays et secourir Calais et que “la pensée de bâtir ce fort où il est, est admirable, on ne peut pas en avoir une plus juste ni plus nécessaire, attendu qu’il divise les assiégeants, les empêche de se pouvoir communiquer….” Mais il décida de raser l’ancien fort et de le reconstruire plus à l’ouest, à cheval sur la rivière afin de mieux assurer la défense du pont. Les travaux qui durèrent de 1677 à 1679 permirent de mettre à l’abri les trois écluses permettant d’inonder le Calaisis en introduisant l’eau de mer et en empêchant l’écoulement des eaux du pays. Ce fort est de dimension supérieure au précédent (170 toises sur 88 contre 130 sur 60).

    Le Fort Nieulay

     

    Le fort anglais en 1525

     

    Le Fort Nieulay

     

    Le fort sous Richelieu en 1637

    On pouvait rentrer par deux portes ; 
    celle de Calais ou porte royale et celle de Boulogne ou porte Dauphine. Le chemin d’accès décrivait des chicanes, on entrait en biais par la face de la demi-lune. Un couloir voûté traversait l’épaisseur du rempart et était obstrué par deux battants ferrés et par des “orgues” constituées d’une herse dont les pieux verticaux étaient indépendants. A l’intérieur furent construits des casernes, un arsenal, une chapelle, des magasins et une citerne derrière les casernes pouvant contenir 1900 hectolitres d’eau. Les eaux étaient filtrées par des tonneaux remplis de sable. Au-dessus de la porte de Calais se trouvait le logement du major. 

    Le Fort Nieulay

    Le fort de Vauban en 1677

    Mais dès la fin du XVIIIe siècle le fort perd de son importance et tombe en ruines très rapidement et devient la cible des pillards au siècle suivant. Déclassé en 1903, il est loué à des agriculteurs pour mettre leur bétail. En mai 1940, bien qu’en grande partie en ruine, le fort abrita une poche de résistance visant à ralentir l’avancée allemande vers Calais. C’est pourquoi il subit de lourds dommages sous les obus des Panzers et de l’artillerie. Les Allemands y édifièrent un blockhaus et des batteries anti-aériennes. Les Canadiens les délogèrent en septembre 1944 à l’aide de lance-flammes. 
    Après la guerre, les propriétaires en exploitèrent le sous-sol pour extraire des galets ce qui provoqua des effondrements comme le nez du bastion sud-est mais depuis les années 80, la ville réhabilite ce fort, désormais rouvert au public. 

    Le Fort Nieulay

    En temps de paix les écluses étaient ouvertes pour permettre l’écoulement des eaux des rivières vers la mer mais à marée montante elles étaient fermées pour empêcher la mer d’inonder l’arrière pays. 

    Le Fort Nieulay

     

    En cas d’attaque, on fermait les écluses qui retiennent les eaux de l’arrière pays afin de créer une inondation importante en moins de vingt-quatre heures.

    Le Fort Nieulay

     

    A marée montante, on les ouvrait pour renforcer l’inondation et rendre le siège de Calais impossible. Vauban a donc su se servir de l’environnement pour assurer au mieux la défense de Calais.

    Le Fort Nieulay

    Le Fort Nieulay

    Le Fort Nieulay

    Le Fort Nieulay

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