• Le port de Calais

    HISTORIQUE

     La position géographique de Calais, à l'avant-scène de l‘Europe, en un des points de la côte où la configuration du rivage se prête le mieux à l‘établissement d’un grand port, a été très tôt mise à profit. Entrepris au XI° siècle, par les comtes de Flandres, intensifié dès le lendemain du siège par les rois d'Angleterre, l‘aménagement du port fut le souci constant des maîtres de la ville. Ce fut au XIX° siècle que le port de Calais prit l'extension qui devait normalement résulter de la proximité immédiate des côtes anglaises, ainsi que du voisinage des riches provinces du Nord.

     Le port de Calais subit des destructions importantes au cours de la guerre 1939-1945. Il fut rouvert au transport des troupes dès la fin de l’année 1944, et au trafic des marchandises dans le premier semestre de l‘année 1945.

    Le port de Calais

    Le port de Calais doit sa situation du point de vue trafic marchandises à la qualité de ses liaisons ferroviaires avec son hinterland industrielle.

     Sur les 4705 m de quais en service en 1939, 1190 m pouvaient être considérés comme intacts à la Libération, mais ne correspondaient pratiquement à aucun poste accostable (sauf un de petite‘ dimension), car les brèches étaient à ce point réparties qu‘il ne restait pas de longueur de quai intacte d'un seul tenant permettant l'accostage. A la fin de 1950, 2850 m de quais étaient remis en état, correspondant à 23 postes. A l’intérieur du port existaient, à la Libération, de nombreuses épaves de tonnage unitaire, en général assez faible. L‘enlèvement de ces épaves était déjà presque achevé au cours de l‘année 1947. Le tonnage global des ferrailles retirées de l‘eau peut être évalué à 5000 tonnes environ. 

     SITUATION ACTUELLE

    Ouvrage de défense :

     Le chenal est compris entre deux jetées convergentes, constituées par une digue pleine surmontée d‘une estacade dont les longueurs sont de 414 m pour la jetée est et 350 m pour la jetée ouest. La passe entre musoirs a une largeur de 130 m. Ces ouvrages, maintenant remis en état, avaient été assez gravement endommagés.

     Avant-port

     L'avant-por‘t de l'Est est bordé par les quais de la gare maritime, réservés aux paquebots assurant les services réguliers entre la France et l’Angleterre, ainsi que par le quai Paul-Devot, utilisé seulement par des bateaux des services réguliers pour le commerce franco—anglais, mais employé également comme quai d‘allégement pour les cargos ‘a grand tirant d‘eau, en raison de l‘importance de son mouillage (— 7,00). Le quai de la gare maritime avait été réparé provisoirement par l‘armée britannique, pour ses besoins. Il a été, depuis, remis en état sur la totalité de sa—longueur.

     L‘avant-port de l'Ouest, maintenant remis en état, est bordé par le quai de la Colonne et comprend, en outre, le bassin du Paradis, qui sert d‘échouage pour les petits bateaux de pêche et les navires de plaisance. La pêche, qui constituait jadis un troisième trafic qui fut florissant, tend actuellement à reprendre de l'importance.

     Bassins

     Le bassin Carnot est complètement remis en état. Il présente un plan d’eau de 12 ha de superficie et communique avec l’avant—port par deux écluses à sas accolées, ayant respectivement 21 et 14 m de largeur, 139,50 m et 138 m de longueur utile. Le bassin Ouest est fermé par une écluse simple de 17 m de largeur. La superficie de son plan d‘eau qui, avant la «guerre, était de 4,5 ha, est maintenant réduite à 2 ha environ, par suite du comblement de la deuxième darse, dont les ouvrages ont été totalement détruits au moment de la Libération. Comme pour tous les ports du Nord, le manque d‘entretien pendant la guerre avait entraîne un relèvement considérable des fonds. Les dragages sont maintenant achevés.

     Équipement du port et trafic

     La Chambre de Commerce, seule concessionnaire de l’outillage public du port, possédait, avant guerre, un outillage particulièrement perfectionné qui comprenait 64 engins de manutention. A la Libération, la totalité.de ce matériel avait disparu; une partie avait été démontée et emmenée; le reste avait été saboté sur place. Après bien des difficultés, un certain nombre d‘engins ont pu être récupérés et remontés. La Chambre de Commerce a, pour compléter son outillage, passé, après concours, un marché avec une société française pour la fourniture des grues électriques.

     Actuellement, l‘outillage public se compose de 44 grues à portique à flèche variable, dont 37 d‘une force de levage de 6 t, 4 de 12 t et 3 de 3 t; 18 grues de 6 t et 4 de 12 t sont équipées pour le travail a la benne automatique. Il comprend également 2 portiques à avant—bec relevable, d‘une force de levage de 6 t, travaillant à la benne automatique et 2 grues automobiles puissantes.

     Le quai de la gare maritime, d'une longueur de 560 mètres, permet l‘accostage simultané de trois paquebots ou encore de deux paquebots et d‘un car—ferry des services réguliers entre Calais et les ports anglais de Douvres et Folkestone. Comme on le verra par ailleurs pour ce qui concerne le trafic voyageurs franco—anglais, le transit des automobiles est en constante progression.

     Pour éviter la lenteur et l‘insécurité de la manutention des véhicules, à la grue, la Chambre de Commerce fit installer, en 1951, la première passerelle en service sur le détroit. Cette passerelle, installée à l’extrémité sud du quai de la gare maritime, permet d'assurer le transbordement direct, par leurs propres moyens, du quai jusqu’au pont du bateau, et vice versa. Cet ouvrage a été complété par la construction d‘une gare maritime spécialisée (gare de transit), où toutes les opérations se font sous un abri clair et spacieux.

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     Indépendamment de vastes terre-pleins permettant le stockage des marchandises pondéreuses et des bois, le port de Calais dispose actuellement de trois hangars pour le dépôt des marchandises : Paul-Devot, de 6400 m2; Crespin, de 3200 m2; de la Loire, de 3400 mètres carrés. Tous les hangars et terre—pleins sont desservis par un important réseau de voies ferrées.

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     La Chambre de Commerce gère une forme de radoub de 21 m de large et de 153 m de long. Sur les terre-pleins avoisinant cet ouvrage sont installés deux ateliers de réparations navales. L‘occupation pratiquement permanente de la forme procure aux deux chantiers une activité assez importante.

     Ce rapide exposé de l'évolution de la reconstruction et de l’état actuel du port de Calais est à compléter. par l‘indication de la vitesse et de la capacité de chargement et de déchargement, pour diverses marchandises du port. Les moyennes horaires de manutention sont les suivantes : brai, 44 t; charbon, 66 t; minerai, 53 t; rondins, 16 t.

    Le port de Calais

    Ambiance sur les quai où par dizaines de milliers on charge des rondins de papeterie. 

     La capacité totale de déchargement du port est d‘environ 1000 t à l'heure. Il est fréquent qu’un charbonnier de moyen tonnage (Handy Size), arrivé le matin, soit en état de reprendre la mer le soir même, avec sa cargaison complète.

     Au point de vue de l’organisation administrative, le port de Calais fait partie du domaine public national. Il est placé sous l’autorité du ministre des Travaux Publics, représenté par l‘ingénieur en chef du service maritime du Pas—de—Calais, directeur des ports de Boulogne et de Calais.

     Les travaux d’entretien et d‘amélioration de l‘infrastructure du port, l‘exploitation et la police sont faits sous la gestion directe de l'Etat. Si, en ce qui concerne l’infrastructure, les travaux d'entretien sont, d‘une manière générale, payés par l‘Etat. par contre, les travaux d‘amélioration sont partagés entre l’Etat et la Chambre de Commerce qui couvre le montant de sa part contributive par les recettes des péages perçus à son profit sur les voyageurs et les navires fréquentant le port.

     L‘outillage public fait l’objet d’une concession dévolue à la Chambre de Commerce de Calais, qui le gère conformément aux dispositions du cahier des charges annexé aux décrets de concession. Des taxes d’usage sont perçues pour l‘utilisation des diverses installations du port, en couverture des dépenses d’entretien et d‘exploitation.

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     Le trafic marchandises du port de Calais s‘est développé après la mise en service du bassin Carnot (1889) et l’aménagement du bassin à flot de l'Ouest, réalisé peu de temps avant la première guerre mondiale. L’ensemble de ces deux bassins à flot est communément appelé « le bassin ».

     Le tonnage des marchandises, entrées et sorties réunies, oscillait, entre les deux guerres, entre 600000 et 1 100000 tonnes.

     Les principaux éléments en étaient, à l’importation, les bois et dérivés (bois de mines, rondins de papeterie, bois sciés et pâtes de bois) et les pondéreux, en particulier minerais de manganèse et de fer; à l'exportation, le trafic était moins important et portait surtout sur les charbons et les matériaux de construction.

    Le port de Calais

    Installée dans la zone du port, la Société Calaisienne des Pâtes à Papier reçoit chaque année 200 000 stères d'épicéa. Elle produit 42 000 t de pâte annuellement.

     Calais a retrouvé peu à peu ses trafics traditionnels. En 1955, le trafic portuaire a été particulièrement important avec 1500000 t de marchandises. En 1957, il se chiffrait à 1 million 100000 t. Le mouvement du port enregistrait, l‘année dernière, 3 507 entrées et sorties de navires représentant une jauge nette, de 3 735 821 tonneaux. Il s‘agit surtout d’un trafic de pondéreux avec, à l’importation. les bois et dérivés en provenance des pays scandinaves et les minerais d‘Afrique du Nord et, à l‘exportation, les houilles à destination de la Grande-Bretagne.

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     Le port de Calais doit sa situation, du point de vue trafic des marchandises, à la qualité de ses liaisons avec son hinterland industriel. La voie ferrée qui transporte la majeure partie des voyageurs utilisant les paquebots réguliers possède des ramifications sur tous les quais et terre—pleins du. port. Elle est utilisée pour l’évacuation d'environ 70 % des tonnages importés vers les régions minières et industrielles du Pas-de-Calais, du Nord et de l’Est.

     La voie d’eau est, elle aussi, reliée avec le port. Le canal dit « de Calais » unit le port à la rivière Aa, un peu en aval de Saint—Omer, elle-même en relation, par le canal d‘Aire, avec tout le réseau navigable du Nord. Enfin, Calais est la première ville du continent européen sur deux itinéraires routiers internationaux.

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     Ces trois moyens de liaison servent également pour les transports à destination des industries locales (Société calaisienne des Pâtes à papier, Société des Câbles de Lyon, etc.) qui fournissent une contribution nullement négligeable au trafic du port, dont toutefois la partie la plus importante est en provenance ou à destination des bassins miniers, de la région industrielle de Lille et des usines métallurgiques de l'Est.

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