• Sur les quais

    80. Gens de Courgain près de l'écluse Carnot. Vers 1900

    Paul Villy saisit ici une seconde d’éternité du petit monde des gens de mer,tout près de l’écluse Carnot dans laquelle s’engage certainement un navire que contemple une partie des personnages. Au Courgain dominent les femmes. Une vieille matelotte toute ridée qui porte le “soleil”, attribut des marchandes de poissons ; un jeune homme, petit baluchon à la main, va rejoindre le dundee du père ou l’atelier à tulle de Saint-Pierre. La sautrière, pieds-nus et coiffée d’un foulard, attend la marée pour aller pêcher les sauterelles, c’est-à-dire les crevettes qu’elle ira vendre à Calais, à Saint-Pierre et peut—être plus loin s’il le faut. Seul le vieux marin semble s’intéresser à l’affiche électorale de la “ligue radicale” collée sur le bâtiment abritant la machine de l’écluse.

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    81. Le quai Crespin. 1909

    Le quai Crespin situé à l’entrée du bassin Carnot est réservé aux marchandises diverses et aux bois sciés la plupart du temps transportés par les caboteurs à voiles anglais connus sous le nom des “barges” (sailing barges) reconnaissables à leur gréement à livarde et à leurs voiles cachou.

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    82. L'avant port vu des quais du fort Risban. Vers 1930

    Les quais sont un lieu de passage pour les travailleurs du port mais également un lieu de loisir et de promenade pour la population ouvrière de Calais et de Saint—Pierre à la recherche du bon air ou du spectacle permanent qu’offre l’animation du port.

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    83. "La Baleine". 1913

    L’important marnage dérobe au promeneur la vision complète des bateaux de pêche amarrés au quai de la Colonne. Au fond on distingue la silhouette du perré justement surnommé “la baleine” en raison de sa ressemblance avec un cétacé. Cet obstacle à la navigation signalé par la balise que l’on distingue à son extrémité est détruit en 1906, ce qui est en contradiction avec la date indiquée par Paul Villy sur son épreuve.

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    84. Pêche au carreau au quai de la Colonne. Vers 1925

    Superbe effet de contre—jour sur les toits de Calais—Nord. Le sommet de la tour du guet et du beffroi dominent les maisons tandis qu’une foule d’amateurs se pressent au relevage des carreaux arrimés au quai de la Colonne.

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    85. Vue générale du quai de la Colonne prise à l'entrée du bassin du Paradis. 1910

    La partie sud du quai de la Colonne est réservée à l’échouage des bateaux de pêche dont les patrons résident le plus souvent dans le quartier maritime du Courgain situé juste en face. L’échouage fatigue certainement beaucoup les coques des bateaux et favorise les chutes des marins. Les bittes d’amarrage sont des canons fichés dans la maçonnerie du quai provenant des anciennes défenses de l’entrée du port : le fort Vert, désarmé à la fin du XVIII°e siècle, et le fort Rouge, détruit en 1864.

     C’est sur ce quai qu’eurent lieu la même année les opérations de sauvetage du sous-marin Pluviose et dont nous ne connaissons à ce jour qu’une seule photo de Paul Villy prise à peu près au même endroit.

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    86. Le quai de la Colonne. 1928

    Le contre—jour est ici doublé par un superbe effet de brume probablement au coucher du soleil qui estompe complètement les lointains et focalise l’attention du spectateur sur le premier plan. Une fois de plus, on admire le remarquable cadrage qui nous montre le pavé humide du quai et les détails du pont du petit lougre “bourcet malet” amarré au pied de l’escalier. La “miche” harmonieusement courbée, et la dérive centrale relevée, les avirons et la “queue de mallet” posés sur le pont.

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    87. Le quai de la Colonne, vue prise du sud. 1932

    La colonne de marbre aux connotations maçonniques fut érigée à cet endroit en 1814 pour célébrer le retour en France du roi Louis XVIII par Calais le 24 avril 1814. La fleur de lys qui ornait le sommet de la sphère fut enlevée en 1830 pour atténuer le caractère politique d’un monument qui cent ans plus tard fait partie du décor quotidien des Courguinois et qui sert de parking à la poussette de bébé. Les superbes détails de la cheminée et du dispositif d’amarrage du remorqueur, et l’étrange silhouette du bateau d’excursion vue de face donnent à cette vue un grand charme nautique. La moitié droite de la photo semble vouloir révéler la stabilité du sage monde des terriens fait de pierres et de fonte, tandis que l’autre moitié est dominée par le métal noir et la fumée âcre du monde instable des marins.

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    88. Le Queen of Kent au quai de la Colonne. Vers 1930

    Paul Villy a souvent photographié les “butterfly-boats” qui fréquentent Calais, peut-être parce qu’ils sont les navires à passagers les plus proches des calaisiens, le quai de la Colonne ou le quai Paul Devot leur étant réservé. La capitainerie en brique rouge qui orne l’extrémité du quai de la Colonne est achevée en 1930, elle abrite le bureau des officiers du port et, au rez-de—chaussée le canot de sauvetage de Calais, que Paul Villy a peut-être photographié mais dont on ne connaît à ce jour aucun cliché signé par lui.

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    89. Départ du paquebot de l'excursion anglaise. 1931

    La partie nord du quai de la Colonne était normalement réservée aux bateaux d’excursion, mais lorsque des chalutiers l’occupaient le bateau des ”no—pass-ports” accostait au quai Paul Devot. Queen of Thanet semble surgir de la pierre pour regagner les côtes anglaises. La prise de vue de profil met en valeur les lignes harmonieuses de sa boite à aubes ainsi que l’élégante quête de ses cheminées.

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    90. Yacht à moteur et remorqueur à aubes à quai. 1910

    Une photo qui rappelle la composition symétrique de la vue du quai de la Colonne de 1932 (n° 87). Paul Villy est si familier avec les quais qu’il parvient dans la même composition à traiter l’animation du quai et les détails des navires qui y sont amarrés. Cette caractéristique de ses œuvres apparaît très tôt puisque la datation de ce document semble fiable. Un beau yacht mixte et le remorqueur à roues Champion gisent ensemble probablement au quai nord de la première darse du bassin de l’ouest, réservée aux navires désarmés, mais cette localisation n’est pas certaine. On retrouve le thème des travaux au pavé qui apparaît souvent dans les photographies de Villy.

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    91. Contre-jour dans un bassin du port. 1928

    Un effet de contre-jour crépusculaire si réussi qu’on ne sait plus s’il s’agit du bassin ouest ou du bassin Carnot . Des gréements, des grues, la silhouette d’un cargo, quelques passants attardés et un patron qui admire les voiles de son dundee. Seul le nom du bateau pêcheur amarré à quai nous rappelle que nous sommes à Calais, il s’agit du Dieu-protégez—nous.

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