• Les anciens métiers

                   LES ANCIENS METIERS DU COURGAIN

                         LES HALEURS DU COURGAlN-MARITIME

     

    Au mois de Novembre 1960, Monsieur Roberd Chaussois publiait dans ”La Voix du Nord", une série d’articles sur "Les remorqueurs d'hier et d'aujourd'hui". De cette étude nous avons extrait le chapitre ci-après sur "les haleurs du Courgain Maritime" qui, avant 1875, assistaient les navires en opération au port.

     L'organisation du premier service de remorquage au port de Ca1ais remonte à 1875. On utilisait alors des bateaux à vapeur à cheminées jumelles, munis de roues à aubes ! Désuets de nos jours, ils apparaissaient alors comme le dernier cri du progrès.

     Avant eux, il n'existait aucun service officiel, que ce soit pour venir en assistance aux navires, presque tous à voiles, entrant ou sortant du port. ou pour apporter une aide aux bateaux désemparés dans le détroit ou encore à ceux qui connaissaient la malchance de s'échouer sur le littoral. Une cinquantaine d'accidents de mer dans l'année, pour les parages de Calais, n'était pas un chiffre déraisonnable sous le Royauté ou l'Empire !

     Livrés à eux-mêmes, les bateaux ne comptaient en cas de coup dur que sur l'extraordinaire solidarité qui anime les capitaines de toutes les marines du monde. Dans les ports, tout au plus pouvaient-ils solliciter une aide des "haleurs", un métier aujourd'hui disparu du Bottin des professions.

     LES HALEURS :

     Quand les vents n'étaient pas favorables et qu'un navire signalait son arrivée, on annonçait à son de cloche, dans le quartier du Courgain Maritime, que l'on avait besoin de trente, quarante ou cinquante haleurs, suivant le tirant d'eau du bateau..et la force du vent. Hommes et femmes se rendaient au bout de la jetée, avec le cordage ou la remorque nécessaire que l'on passait au navire.

     "C'était curieux,alors, de voir défiler sur la jetée, avec des mouvements de lézard, la file des “haleurs traînant un navire", narre un chroniqueur de l'époque.

     Le dernier chef haleur fut Jean Levavasseur, mort en 1900, à l'âge de 81 ans. Le chef—haleur était chargé de trouver les haleurs que le pilote sollicitait. La rémunération variait suivant la distance; ainsi de l'entrée du port au quai de marée, ou à l'écluse de chasse, elle était fixée à 50 centimes, de même pour les halages à l'intérieur du bassin. Aux marées de nuit, les haleurs étaient payés moitié en sus. Le personnel commandé et non employé recevait la moitié des prix en vigueur.

    Le chef-haleur prélevait sur chacun des hommes et des femmes qu'il avait recrutés, une dime fixée à deux, trois ou quatre centimes, suivant l'importance du salaire payé. La coutume était que le chef-haleur, en compensation de la retenue ainsi opérée, donne à chacun un "croquant" en guise de dédommagement.

     Ce système de halage n'était pas sans présenter de nombreux inconvénients que les autorités maritimes cherchèrent a éliminer.

     LE "TOUAGE"

     La Chambre de Commerce créée par ordonnance royale en 1828, se préoccupa, dès l'année suivante, de venir en aide aux armateurs, consignataires, ou capitaines de bateaux. Elle mit à leur disposition les cordages et appareils nécessaires pour l'entrée ou la sortie des navires, et pour relever ceux que la tempête ou d'autres incidents de navigation avaient jeté à la côte.

     Elle leur louait des cordages, des poulies, des cabestans, etc... C'était le "touage". Le "touage" se distingue du remorquage en ce sens qu'il a lieu à l'aide de points fixes et de machines fixes.

     Des cabestans fixes, mus par une force quelconque, hommes, chevaux ou vapeur, étaient placés de distance en distance. Les bateaux s'attachaient à un cable qui venait s‘enrouler autour de l'arbre de la machine, les faisant se déplacer. Il y avait des cabestans à la jetée de l'Est et à celle de l'ouest qui étaient différentes par leur structure et leur emplacement des jetées actuelles. Les bateaux avaient sur leur pont un ou plusieurs cabestans..

     La Chambre de Commerce louait 1 frs, 25 centimes un cordage de 5 centimètres d'épaisseur, long de 200 mètres. Un cordage de même longueur mais trois fois et demi plus gros, était loué 13 frs, 15. Chaque cabestan des jetées était loué 3 francs. Enfin les capitaines étrangers payaient moitié plus cher.

    Le tarif était doublé si le matériel était utilisé pour un renflouement.

                                                                                         Robert CHAUSSOIS

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