• Les heures glorieuses de la citadelle

    Avant de devenir le stade du Souvenir que l'on connaît aujourd'hui, la citadelle joua un rôle défensif important dans l’histoire de notre ville. Avec les forts Risban et Nieulay, elle fut souvent mise à contribution pour repousser l’ennemi. Aujourd'hui, lieu d'affrontements pacifiques, elle fut à travers les siècles et jusqu’à la dernière guerre mondiale le théâtre de terribles combats.

    Avant la construction de la citadelle, Calais était défendu par un puissant château édifié au XIIIe siècle par Philippe Hurepel, Comte de Boulogne.

    Situé à l’angle nord—ouest de la ville, il formait un enclos carré avec six tours cylindriques et un donjon. A l’intérieur se trouvaient la chapelle, des étables et différents magasins pour entreposer foin et provisions. De larges fossés entouraient le château dont on estime les dimensions à cent mètres sur cent. Pendant l’occupation anglaise, il servit de résidence royale mais aussi de prison d’État pour les opposants au régime. Il fut repris par le Duc de Guise en janvier 1558.

    Mais, avec les progrès de l’armement, il ne pouvait plus jouer un rôle utile. Aussi François II décida de l’édification d’une citadelle à Calais en lieu et place du château.

    Afin de réaliser ces travaux, il fallut raser l’église Saint—Nicolas et un quartier entier où se trouvaient les hôtels des seigneurs anglais. Seul l’hôtel d’Escalles subsista afin de servir de logement au commandant Le Gouverneur de Picardie, le duc de Longueville, posa la première pierre en 1564. Une dizaine d’années plus tard, les travaux étaient achevés. Deux ingénieurs des plus brillants de l’époque participèrent travaux : un Italien, Le Castriotto, ainsi qu’Errard, de Bar—le—Duc, à qui l’on doit les citadelles d‘Amiens et de Doullens et qui fit bâtir la demi—lune de l’Hermitage devant la porte de Neptune. Le château, dont il restait quatre tours, compléta les trois autres bastions. Une partie de l’enceinte médiévale de la ville avec les tours Carrée et pavée subsiste. On pouvait également enter dans l’enceinte par la porte de Boulogne après avoir passé la demi—lune dite de la porte de Secours.

     Première mise à l’épreuve

     Une trentaine d’années après le début de sa construction, la citadelle se retrouva au centre du conflit qui opposa la France à l’Espagne. À l’approche des troupes espagnoles, la population calaisienne y trouva refuge alors que le Risban et le Nieulay étaient déjà tombés. Le bastion nord—est fut assailli par l’ennemi et les canons eurent raison de la muraille creuse, remplie uniquement de sable.

    Les heures glorieuses de la citadelle

    L’ouest de la ville de Calais avant la construction de la citadelle. Devant nous l'ancien port, à droite le château de Philippe Hurepel, au centre de l’agglomération, l’église St Nicolas.

    Les heures glorieuses de la citadelle

    La citadelle attaquée par les Espagnols le 23 avril 1596.

    Les chroniqueurs relatèrent un véritable massacre et un pillage sans merci, les Espagnols recherchant or et argent… Calais resta espagnole jusqu’au traité de Vervins en mai 1598.

    En 1605, ‘une petite église fut construite, à laquelle on donna le nom, de Saint—Nicolas en mémoire de celle détruite pour la construction de la fortification. Nombreux furent les baptêmes, mariages et décès qui y furent célébrés jusqu’à la Révolution période durant laquelle l’église sera transformée en magasin à vivres.

     De Richelieu au XIXe siècle

     En mai 1652, Louis XIII et Richelieu, ayant eu vent d’un complot visant à vendre Calais aux Anglais, séjournèrent à Calais et envisagèrent d’en faire un grand arsenal maritime. Mais la reprise de Dunkerque fit perdre à Calais de son importance stratégique. Richelieu fit cependant bâtir un grand arsenal renfermant une grande cour entourée de plusieurs bâtiments pour stocker les armes, mais aussi le blé. Il y avait également trois souterrains pour abriter les troupes en cas de bombardement. Dans la cour était dressée une Colonne avec à son sommet le buste de Richelieu. Des moulins à blé étaient également présents ainsi que des fours à pain.

    En 1689, Vauban décida de transformer ce qui restait du château en un véritable bastion et fit réparer les différents bâtiments.

    Pendant la Révolution certains voulurent raser la citadelle car elle pouvait servir d’appui en cas de révolte de la population face au pouvoir.

    On y trouvait début XIX° siècle une grande caserne pouvant abriter plus de mille hommes, de nombreux souterrains, des magasins à poudre, d’autres pour les provisions, deux citernes, des étables. Le rempart sud, vestige du Calais médiéval fut doublé pour abriter des écuries et pour loger les hommes en temps de guerre.

    A la fin du XIXe siècle, une poudrière voûtée en plein cintre type Séré de Rivières fut construite sous le bastion du vieux port.

     

    L’héroïque résistance du 21 au 26 mai 1940

     

    Dés le 10 mai 1940 les premières bombes tombent sur Calais. Le 21 mai, la citadelle est mise en état de défense. Un poste de commandement est installé au sud—ouest.

    Les portes de Neptune et de Boulogne sont fermées. Le 24 mai, des attaques ont lieu pendant que les Allemands encerclent Calais. Le 25 sera une journée terrible pendant laquelle l’artillerie lourde de l’ennemi s’abattra sur la citadelle : les casernes s’effondrent en partie, les écuries brûlent avec les chevaux à l’intérieur, les postes de secours sont débordés. Côté ouest un dépôt de mazout en feu obscurcit le ciel pour la journée. Malgré cela, les combattants refusent 1’ultimatum allemand de se rendre. Le 26, des bombes de 100 et 500 kg sont déversées, faisant trembler les casemates.

    Les Allemands attaquent au lance—flammes et passent par les brèches. Faute de munition, les combats cessent à 16 heures 30 et les Allemands se rendent maîtres des lieux.

    « La citadelle ne s’est pas rendue, elle a été conquise les armes à la main », dira un officier allemand... Plus un seul bâtiment n’est intact, tous seront rasés après-guerre.

    Depuis les années soixante, ce n’est plus le lieu, que de combats pacifiques où clubs sportifs et scolaires s’adonnent aux joies du sport.

    Les heures glorieuses de la citadelle

    La citadelle en 1755

    1 - L'arsenal

    2 - La chapelle St-Nicolas

    3 - La porte de Neptune

    4 - La porte de secours

    5 - La grande caserne

    6 - La caserne des officiers

    7 - La tour pavée

    8 - Les poudrières

    Les heures glorieuses de la citadelle

    La Citadelle attaquée par les Allemands le 26 mai 1940.

    Textes : Laurent Lenoir, pour le comité de lecture des Amis du Vieux Calais.

    Illustrations: François Brosse 

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