• La plus féminine. - C'est sans problème Natacha Bouchart : tous ses prédécesseurs sont des hommes !
    Le premier communiste. - Hubert Défachelles, qui fut aussi à 32 ans le plus jeune maire.
    La plus grande longévité. - Jean-Jacques Barthe sera sans doute longtemps indétrônable avec ses 29 ans de mandat, loin devant Jacques Vendroux et Léon Vincent.
    Le métier le plus représenté. - Les métiers de la dentelle en général : Emile Paclot est négociant en tulle ; Alfred Delcluze est d'abord représentant de commerce en tulle ; Pierre Noyon, Edmond Basset, Joseph Duquenoy-Martel et Gaston Berthe sont fabricants de dentelle.
    Les grandes familles. - On retrouve à la tête de la ville un Ravisse (Charles), un Noyon (Pierre), un Vendroux (Jacques).
    Les plus exotiques. - Hans Apeness, Norvégien naturalisé ; Georges Wintrebert qui, après avoir démissionné, partira à Saint-Pierre et Miquelon puis en Cochinchine, où il se suicidera.
    Les plus visionnaires. - Charles Morieux : ce fabricant et vendeur de cycles crée un vélodrome, fonde la section locale de l'Automobile-club de France et réserve des terrains pour l'installation de... Brampton. Joseph Duquenoy-Martel, célébrant l'union d'Yvonne Vendroux et Charles De Gaulle, prédit au jeune officier un bel avenir.
    Le plus gaffeur. - Paul Van Grutten, pourtant membre de la commission départementale des monuments historiques, fait détruire la tour d'une église datant du Xe siècle, pour permettre la construction de l'hôpital... Le même, républicain, souhaitera des obsèques civiles célébrées le dimanche.
    Les frères ennemis. - Emile Salembier et Alfred Delcluze, cofondateurs du Parti ouvrier français. En bisbille tout au long de leur vie politique, ils sont voisins... au cimetière sud.
    Le destin le plus dramatique. - Celui d'André Gerschel, mort en 1944 en camp de concentration.
    Les « discrets ». - Edmond Basset, dont la qualité de maire ne figure pas sur la tombe. Charles Beaugrand, « écrasé » entre Jacques Vendroux et Jean-Jacques Barthe, et avec qui les plus anciens des employés municipaux ont travaillé. • 
    > Sources : « Les maires de Calais, de 1885 à nos jours », par Robert Chaussois (éditions La Voix du Nord) et Bérangère Baude


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  • En 1888, Georges Wintrebert propulsé maire de Calais, sans l'avoir cherché

    L'hôtel de ville de la place Crèvecoeur, un jour d'élection. Il servira jusqu'au moment de l'inauguration de l'hôtel de ville actuel.

     

    À l'occasion des prochaines élections municipales, retour sur quelques scrutins marquants de la vie politique de notre ville. Voici comment un jeune avocat de 34 ans est devenu, alors qu'il ne l'avait pas cherché, premier magistrat de Calais en mai 1888.
    Paul Van Grutten, élu premier magistrat du Grand Calais en 1885, arrive au terme de son mandat trois ans plus tard. Les nouvelles élections municipales qui se profilent se jouent toujours sur fond de clivage politique entre vieux Calais et Saint-Pierre, agglomérations unifiées depuis peu, même si ces étiquettes géographiques ne sont plus mises spontanément au premier plan comme auparavant.

    Deux ligues opposées
    Afin d'assurer la victoire de son camp, le maire sortant met en place une liste étiquetée "Ligue Républicaine "qui s'affiche résolument progressiste face au conservatisme bourgeois qu'incarneraient toujours les représentants du « vieux Calais ». Cette Ligue Républicaine fait alliance avec la Ligue Radicale dans une optique dite « anti-réactionnaire ». Du côté opposé, une liste dite «  d'affaires et d'intérêt local » se présente sous le signe de la conciliation et de l'indépendance, en adoptant ce slogan : «  Notre République est la République des gens raisonnants et raisonnables, et nous faisons appel à toutes les bonnes volontés. » C'est sur cette liste que figurent l'ancien maire de Calais Omer Dewavrin, Charles Ravisse et quelques hommes d'affaires comme les fabricants de tulle Cadart et Darquer ou le négociant-armateur Hans Apeness : « Pour Calais-Nord, gardons les anciens qui se représentent. Ils ont été à la peine depuis la fusion, toujours ils ont vaillamment défendu nos droits, les intérêts du vieux Calais. Soyons-leur reconnaissants et montrons-le en les renvoyant siéger à la Mairie », lit-on dans Le Journal de Calais du 5 mai 1888.
    Les Calais-Nordais font porter leurs principales critiques sur le projet de construction d'une « mairie centrale » commune aux deux parties de la cité : « Nous ajournerons la construction de l'hôtel de ville qui entraînerait une dépense immédiate de 800 000  francs en principe, mais qui en fait sera de beaucoup supérieure. Nous estimons que cette somme peut être employée d'une façon plus utile au service de la voirie et aux travaux d'aménagement indispensables à l'ouverture de notre port. » D'un point de vue pratique, on peut comprendre que les gens de Calais-Nord préféreraient investir dans le développement du port, dont les retombées économiques leur bénéficieraient au premier chef. Mais, d'un point de vue symbolique, le fait que le bâtiment faisant office de maison communale soit alors l'hôtel de ville de la place Crévecoeur - donc celui qui servait à l'administration de Saint-Pierre avant la fusion - ne pouvait manquer de leur déplaire fortement. Ce qui prévaut en réalité, c'est la peur face aux énormes dépenses à venir, sachant qu'il faudra également doter la cité d'un nouveau théâtre... 


    Ballotage et victoire de la Ligue Républicaine 
    Le premier tour de scrutin (6 mai) ne tourne pas en la totale défaveur de la liste « d'intérêt local » puisque quelques anciens conseillers municipaux sont réélus : « Calais-Nord, ce vieux Calais que nos voisins voudraient voir disparaître de la carte, a nommé cinq conseillers et des meilleurs. Il ne suffit pas, et le clan St-Pierrois l'a bien vu, de crier à tue-tête que l'on est républicain, modéré, radical, gaucher ou opportuniste. Le peuple, qui se compose en grande partie de boutiquiers, a montré qu'il ne voulait pas de ces grands faiseurs de mots, de ces polichinelles à tout crin », lit-on dans le Journal de Calais.
    Il y a toutefois ballottage pour l'élection de rien moins que 29 conseillers répartis en trois sections de vote (Nord, Sud-Est et Sud-Ouest). Lors du second tour, le 13 mai, la liste républicaine l'emporte haut la main. Signalons que la liste socialiste menée par Émile Salembier n'a aucun élu mais qu'elle a fait beaucoup parler d'elle.

    Van Grutten se retire
    de la vie politique 

    Le 20 mai, les conseillers procèdent à l'élection du maire. Par deux reprises, les suffrages se portent à l'unanimité sur Paul Van Grutten, qui décline à chaque fois l'offre, invoquant des raisons personnelles. Au troisième tour, les bulletins désignent Pierre Lavoine qui, à son tour, refuse le poste en alléguant son grand âge.
    Ce n'est qu'au 4e tour que Georges Winterbert, jeune avocat de 34 ans, est désigné : assez déconcerté, l'édile accepte de ceindre une écharpe majorale qu'il n'avait pas briguée. Il a travaillé aux côtés de Van Grutten et il est entouré de trois adjoints (Paclot, Delsart et Bruyère) qui doivent lui faciliter la tâche.
    En réalité, celle-ci sera bien plus difficile qu'escompté, notamment avec l'arrivée rapide au sein du conseil municipal des socialistes Salembier et Delcluze à la faveur d'une élection partielle en décembre 1888. Les séances deviennent de plus en plus houleuses, et Georges Wintrebert, qui s'attendait à devoir gérer une assemblée de calmes notables, se sent vite dépassé. Au bout de quatorze mois, il démissionne : son premier adjoint Émile Paclot est désigné pour lui succéder jusqu'en 1892.

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  • Elu maire en 1925, Léon Vincent dirige Calais pendant près d'une décennie

    Léon Vincent, au centre, pose entouré de ses adjoints en 1927. Archives Municipales de Calais, cote 1F1, tous droits réservés

     

     

     

    A l'occasion des élections municipales, retour sur quelques épisodes marquants de la vie politique calaisienne. Après une période d'immédiat après-guerre où le personnel politique de la Belle Epoque reprend temporairement les rênes de la ville, Léon Vincent est élu maire en 1925 après une suite d'habiles manoeuvres électorales Nous avons déjà croisé Léon Vincent lors du précédent épisode : il était l'un des adjoints les plus en vue de Duquenoy-Martel. Né en 1875, il a été élu pour la première fois en 1900 au conseil municipal. La même année, il a créé le comité des Fêtes du Courgain, et un groupe de matelotes qui s'attache à faire revivre le folklore du quartier, les Dames de la Halle, n'est plus désigné que comme « l'escouade à Léon ».

    Ralliement au camp adverse 
    L'homme vit dans une certaine aisance, ayant su faire prospérer l'entreprise maritime paternelle. « Léon Vincent est un homme né coiffé, jeune d'une éternelle jeunesse, à qui tout sourit. Bon garçon, il cultive avec succès sa popularité. Organiser et présider des fêtes, faire preuve de libéralité et de générosité, se confiner dans les fonctions de pompe et de magnificence, passer délicatement la main sur la crinière du lion populaire, et, en échange, recevoir des acclamations et des ovations, marcher dans une ambiance d'affectueuse sympathie », voilà ce qui lui plaît, affirme L'Avenir de Calais à la veille des élections municipales de mai 1925.
    Alors qu'il s'apprête à fêter ses cinquante ans, Léon Vincent démissionne en avril 1925 de la Ligue Républicaine Démocratique sous l'égide de laquelle il a bâti toute sa carrière politique. Il est suivi par six conseillers municipaux : Émile Lesage, Jules Lefèvre, Henri Laporte, Gustave Liébaert, Charles Bricout et César Deleplace.
    Du côté conservateur on crie à la trahison. Guidé par son ambition, Léon Vincent choisit en effet de se rallier au camp adverse, surfant sur la vague du Cartel des gauches, coalition électorale de radicaux, radicaux-socialistes, républicains-socialistes et SFIO, qui a emporté les législatives l'année précédente, et porté Édouard Herriot à la présidence du Conseil. Il sait qu'il peut compter sur les voix des électeurs du Courgain, dont il est "l'enfant chéri" mais aussi d'une large fraction des Calaisiens avides de changement.

    Dans le sillage du Cartel des Gauches 
    Prudent, le bourgeois Léon Vincent dépose néanmoins sa liste sous l'étiquette de "Concentration Républicaine, Laïque et d'Intérêt Local" afin de ne pas effaroucher ceux qui ont gardé de mauvais souvenirs de l'époque durant laquelle Calais était gouvernée par feu le socialiste Salembier et les "collectivistes" - mot s'éclipsant dans les années 1920 au profit de "bolchéviques". Mais le fait que Le Petit Calaisien lui apporte tout son soutien le classe clairement à gauche de l'échiquier politique.
    « Léon Vincent, par ambition, s'est allié à la Deuxième Internationale, aux adversaires impénitents de la famille, de la propriété et de l'héritage. Croit-il qu'une étiquette postiche suffise à masquer le Cartel des Gauches, dont il a accepté de devenir l'agent ? », fustige L'Avenir de Calais. Les enjeux nationaux sont donc très présents lors de ces élections qui se soldent par un raz-de-marée pour la gauche : Apeness, Deroide, Noyon et autres conservateurs sont balayés.
    Le dimanche 17 mai, le beau Léon est élu maire de Calais par 34 voix sur 35, lui-même ayant voté pour son colistier Georges Hembert, finalement élu adjoint de même que Louis Melle, Lucien Vadez et Charles Duriez. C'est la première fois dans l'histoire de la ville que l'élection du maire et de ses adjoints a lieu au premier tour et à l'unanimité moins une voix, celle de l'élu lui-même ! Léon Vincent devient également député en 1928, réélu en 1932.
    Les Calaisiens lui renouvellent leur confiance en 1929. Durant son second mandat, Calais subit de plein fouet la crise économique. Pour faire entendre la voix de l'industrie de la dentelle en souffrance au plan national, Léon Vincent démissionne avec tout son conseil municipal en juillet 1933, pour être réélu triomphalement trois mois plus tard face à une liste communiste qui n'obtient que quelques centaines de suffrages. Pendant ce court intérim, Victor Mussel occupe les fonctions majorales.
    Léon Vincent aura donc marqué durant près d'une décennie la vie municipale calaisienne de son empreinte. Un buste signé Buisseret, inauguré en 1962, rend hommage à cette forte personnalité sur la place qui porte son nom, au Courgain maritime.

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  •  Prénoms et nom  Début mandat  Fin mandat  Commune  
    Charles-Louis TACK  1760  1761   62 - Calais   
    Antoine MOREL-DISQUE  1762  1763   62 - Calais   
     MARESSAL de MARSILLY  1763  17.08.1765   62 - Calais   
    Henri SAINT-MARTIN (de)  17.08.1765  11.03.1767   62 - Calais   
    Guillaume A. H. PIGAULT de LÉPINOY  11.03.1767  21.01.1769   62 - Calais   
     MOREL-DISQUE  21.01.1769  23.11.1772   62 - Calais   
    Pierre BÉNARD  25.11.1772  31.12.1782   62 - Calais   
    Antoine BÉHAGUE (de)  05.01.1783  31.01.1790   62 - Calais   
    Pierre Bernard CARPENTIER  31.01.1790  23.11.1790   62 - Calais   
    Jacques Gaspard LEVEUX  06.12.1790  15.03.1797   62 - Calais   
    Henri Joseph BLANQUART de BAILLEUL  04.04.1800  12.1801   62 - Calais   
    Louis-Etienne MICHAUD  14.12.1801  24.10.1815   62 - Calais   
    Charles Antoine AUDIBERT-LEVEUX  1815  1815   62 - Calais   
    Jacques Antoine Eustache BÉNARD  16.05.1816  02.08.1830   62 - Calais   
    Jacques Quentin LEVEUX  03.08.1830  16.01.1842   62 - Calais   
    Nicolas Auguste LEGROS-DEVOT  16.01.1842  28.02.1848   62 - Calais   
    Ernest LE BEAU  17.03.1848  19.03.1849   62 - Calais   
    Edouard MAYER  19.03.1849  07.1860   62 - Calais   
    Liévin DELHAYE  11.08.1860  02.1867   62 - Calais   
    Pierre Joseph LEGRAND  09.03.1867  11.06.1870   62 - Calais   
     BELLART  06.08.1870  10.11.1871   62 - Calais   
    Charles DARQUER  10.11.1871  03.1878   62 - Calais   
    Jean François MUSSEL  08.03.1878  07.06.1879   62 - Calais   
    Marie Pierre DARNEL  07.06.1879  04.1882   62 - Calais   
    Antoine Louis DEBETTE  30.04.1882  08.12.1882   62 - Calais   
    Omer Julien DEWAVRIN  08.12.1882  03.1885   62 - Calais   

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    • Commune du mandat:  62 - Calais
    •   Période du mandat:  10.03.1885 - 20.05.1888
    •   Naissance:  1831 Calais
    •   Décès:  1897 Calais
    •   Mariage:   
    •   Conjoint:  Charlotte  BARTLEY
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    • Commune du mandat:  62 - Calais
    •   Période du mandat:  20.05.1888 - 04.08.1889
    •   Naissance:  1853 
    •   Décès:  1903 
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    • Commune du mandat:  62 - Calais
    •   Période du mandat:  04.08.1889 - 17.05.1892
    •   Naissance:  1845 Saint-Omer
    •   Décès:   Paris
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    • Commune du mandat:  62 - Calais
    •   Période du mandat:  08.12.1882 - 03.1885
    •   Naissance:  1837 Bouchain
    •   Décès:  1904 Wimereux
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    • Commune du mandat:  62 - Calais
    •   Période du mandat:  17.05.1896 - 13.11.1898
    •   Naissance:  1857 Saint-Pierre
    •   Décès:  1919 Calais
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    • Commune du mandat:  62 - Calais
    •   Période du mandat:  13.11.1898 - 10.05.1900
    •   Naissance:  18.01.1857 Les Attaques
    •   Décès:  1923 Calais
    •   Mariage:   
    •   Conjoint:  Louisa  MILLIEN
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