• Au début, il n'y avait rien presque rien...

     Juste l'idée de faire une petite fête pour le Cinquantenaire des Maisons Castors avec les habitants des rues Henri Guillaumet, Jean-Baptiste Corot et pourquoi pas inviter aussi ceux de la rue de Verdun, (là bas à l'autre extrémité de la ville), et se réunir sur le nouvel espace plaine Farman (ici au Beau-Marais), avec une exposition de photos et documents... en partageant quelques pâtisseries... et le verre de l'amitié.

     Mais très vite, nous qui ignorions presque tout de l'histoire des Castors, avons été pris dans un tourbillon... Plus nous cherchions, plus les maisons Castors se multipliaient dans 5 quartiers différents qui étaient à la périphérie de Calais dans les années 50.

     Nous avons été reçus chez les habitants avec beaucoup d'émotion et de gentillesse... On ne s'était pas trompé, c'était exactement ce qu'il fallait faire : rendre hommage à ces Bâtisseurs, des hommes qui n'étaient pas du métier pour la plupart. qui ont mis en commun leur courage, leur volonté et leur détermination... une immense solidarité !

     Plus de 900 visiteurs, de tous horizons et de toutes générations sont venus (certains pour la première fois) dans notre quartier du Beau-Marais ex-ZUP) si souvent décrié à tort.

     Les émotions, les joies et aussi les pleurs étaient au rendez-vous...

     Nous avons consacré six cents heures à la préparation des festivités et plus encore à l'élaboration de ce livre, pour vous faire partager un peu de ce bonheur qui nous a transporté et qui pour nous aussi, bénévoles de notre petite association a été une Formidable aventure.

     Le Président : Alain Chao

    Préface

     

     

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  • LES INOUBLIS

     Tout commence en 1998. Trois étudiants préparent chacun une thèse sur le Beau-Marais. L‘un sur l'imagerie et la vidéo, le second sur l‘architecture, et le troisième sur l‘histoire. Pour se faire aider, ils décident de contacter des habitants résidant depuis longtemps au Beau Marais et désireux de connaître l‘histoire de leur quartier.

    Jacqueline et Alain acceptent. Pendant une année ils vont collaborer aux recherches avec d‘autres.

     Un an plus tard, en février 1999, ce groupe d'hommes et de femmes se retrouvent "Au Contrat de Ville“ pour conduire un projet intitulé “Un quartier pour mémoire“ et vont se donner un nom : “Les lnoublis". Leur premier objectif sera de participer en septembre 1999 aux Journées du Patrimoine et à cette occasion vont éditer un premier livret souvenir : Mémoire d‘un quartier en marche.

     Par la suite, l‘association participe :

     -aux “Chantiers de l'Espérance“, sur l'initiative du prêtre de l‘époque Paul Falala et dirigés par Véronique Barré avec la sortie d‘un livret souvenir en 2003,

     -aux Fêtes de 'Ouartier Libre et $afidaire‘du Centre Culturel Gérard Philipe (CCG Pl,

     -aux ateliers d‘écriture, “Mes Mots Arts‘de la MJC, conduits parla Compagnie “les Anonymes”,

     -aux Etats Généraux de la Santé,

     -au Forum des Associations,

     -au Groupe Culture et Rénovation Urbaine...

     Prémisse du projet Castor

     Le 17 septembre 2005, Jacqueline et Alain sont invités aux noces d'or d'un couple d'amis. Cet anniversaire fait réaliser à Jacqueline que sa maison achetée en 1962, un Castor parmi tant d'autres, a été construite 50 ans auparavant par des habitants qui ignorent tout de la construction.

    Leur maison fait partie des '52' rue Greuze rebaptisée des années plus tard rue Guillaumet En face et autour, il n 'y avait que des terrains vagues, des bois, des jardins, se souvient Jacqueline. La ZUP n‘existait pas encore. En 1962, les voisins, encore imprégnés de la solidarité et du collectivisme qui s‘étaient créés à cette époque, viennent les conseiller et leur prêter des plans pour faire un garage.

    Lancement du projet

     Lors d‘une réunion du CA (Conseil d’Administration), l'idée de fêter le cinquantenaire de ces constructions et par-là même, rendre hommage aux hommes qui s‘étaient attelés à cette rude tâche fut évoquée. Le CA accepte cette brillante idée. Une fête aura lieu en septembre lors des Journées du Patrimoine, puis l'écriture d'un livret souvenir où sera consignée la mémoire des habitants Castors, contribueront à se remémorer la difficulté de se loger après la seconde guerre mondiale.

     Quant à la naissance de ce projet, il résulte d'une initiative choisie, définie et élaborée uniquement par les membres de l'association.

     En effet, qui connaît encore l'histoire de ces hommes, devenus constructeurs parla force des choses, et de leurs maisons qui, un demi siècle plus tard, sont toujours là, bien solides sur leurs fondations.

     Pour mener à bien cette action, les membres du CA se répartissent les tâches à effectuer. Monique adepte de la généalogie est chargée de rechercher aux archives les noms des auto—constructeurs. Des tracts sont distribués dans les boîtes aux lettres, les journaux locaux et Radio 6 sont avertis par courrier.Très intéressés, ils publient largement l'information et Radio 6 invite Alain pour en parler dans une émission en direct: ”Portes Ouvertes“. Jacqueline, Alain, Véronique et Francine font du porte à porte pour mobiliser les habitants et interviewent les personnes qui acceptent de parler de cette épopée. Les autres membres du CA interviennent au fur et à mesure des besoins.

     La première à se manifester à 8 heures du matin après avoir lu le journal et contenu son impatience par politesse lut Madame Lefébvre heureuse de sa voir que la mémoire de son défunt mari ainsi que celle des autres constructeurs seront mises a‘ l'honneur et au grand jour. Elle se mit immédiatement à notre disposition ainsi que Madame Gressier de Coulogne qui nous prête la photo ci—dessous..

    Chapitre 1

    A la suite de ces publicités, l'idée rencontre un réel succès. D‘autres habitants se font connaître et acceptent de raconter leur aventure. Certains, encore en possession de documents de l'époque proposent de nous les prêter. Des élus calaisiens et des associations du Beau-Marais s‘y intéressent également. Ainsi, François Van Heems, animateur au CCGP, y collabore avec un groupe de jeunes et d‘adultes par le biais de la photographie. Ces photos d'art seront visibles lors de l'exposition.

     Au début, une centaine de maisons Castors est répertoriée sur Calais, mais aprés les recherches et les témoignages, ce chiffre passe a plus de son…

     Rue Henri Guillaumet (ancien prolongement de la rue Greuze). rue Jean-Baptiste Corot. rue Domont Breton. avenue (ex rue) de Verdun, rue Plaute, rue Virgile, rue Horace, Quai de la Loire, rue Duguay-Ïrouin, Grande rue du Petit Courgain, boulevard Curie, rue d’Oran, Orléansville, Mogador, rue d’Alger, rue Léonard de Vinci, rue Michel Ange, rue Gilbert Brazy, route de Gravelines... ont vu s'ériger des maisons Castors. Cette liste n‘est pas exhaustive. il en existe encore... Une ville voisine, Coulogne a eu aussi ses constructeurs, ainsi que Marek, Peuplingues. Fréthun, Hames—Broucres, Surques, Audresselles. Ambleteuse. Wissant, Marquise...

     Mais pourquoi et comment cette aventure humaine des maisons 'Cestors' e—t—elle commencée en France ?

     La réponse est toute simple :

    Un besoin urgent de se loger après la seconde guerre mondiale

     LE LOGEMENT APRES LA GUERRE

     L‘après-guerre

    4 millions de logements sont à construire au à reconstruire.

     Les arrêtés de péril se multiplient, à cause de l'état de vétusté et de dégradation du parc d'avant-guerre. Il faut tenir compte que les autorités ne prenaient ces dispositions qu’à la dernière extrémité parce qu’ils entraînaient automatiquement une interdiction d'habiter et qu‘il fallait donc reloger les occupants expulsés, ce qui se révélait impossible.

    Les loyers

     Mais il existe également une autre forme des plus spectaculaires de la crise du logement, amplement dénoncée dans la presse. C'est celle liée au phénomène des hôtels meublés. Les chambres sont louées a la journée. sur la population desquelles les propriétaires régnant en maître absolu, multipliant les mesures vexatoires : interdiction d'utiliser la ISF, taxe sur l'utilisation de tout appareil personnel. Les loyers sont exorbitants et malgré cela. à la libération, 35 % des familles d‘ouvriers et d‘employés sont ainsi logées. En l$2, les hôtels meublés constituent encore 10 % des résidences principales. Le déficit de constructions neuves, dénoncé entre 1945 et 1950 n‘est pas nouveau puisqu‘il est lisible dés 1930.

     Le déplacement des populations

     La crise du logement se caractérise donc par sa spectaculaire insuffisance face à la demande qui s‘exprime au lendemain de la deuxième guerre mondiale. mais aussi par un ensemble de facteurs : l‘exode rural, le baby-boom, la croissance économique et le recours à l‘immigration.

     Logement et Habitat: un probléme social et politique.

     La priorité du gouvernement

     Le secteur industriel se développe. Les usines s'installent prés des grandes villes.

    Ce ne sera qu‘une fois l‘effort de reconstruction des infrastructures et du patrimoine industriel que le gouvernement accorde la priorité au logement

     Les années 1950/1960: Les solutions apportées par l'Etat Français

     A partir de 1950 les villes enregistrent une forte croissance de population qui accentue ce déficit. Pour soulager les grandes villes, les pouvoirs publics développent l‘urbanisation des banlieues en construisant à la va-vite de grands ensembles sans chercher à humaniser ces nouveaux espaces de vie.

    Il y a urgence à construire en milieu urbain vers lequel des déplacements de population sont importants. Ce furent des programmes locatifs réalisés par les organismes HBM (habitation bon marché). Les appartements en immeubles collectifs sont beaucoup plus nombreux que les maisons individuelles mais les décisions gouvernementales s‘orientent également vers l‘accession sociale à la propriété. C‘est le début des créations de lotissements, d‘initiatives municipales le plus souvent, mais aussi de groupes tels que sont les Castors.

     l‘accès à la propriété

     l'habitat n‘est pas l'objet d'une politique claire de la part des pouvoirs publics. Il n‘existe que le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme qui doit compter avec les autres ministères, les collectivités locales et les associations (locataires, entrepreneurs, familles) le MRU hésite. financement public ou privé“.

     La construction et le plan Courant

     La politique gouvernementale mise en place eut un label : Logements Economiques et Familiaux. Le ministre de la construction Pierre Courant, 1953/1954, donne son nom à ces nouvelles orientations du logement social.

     Ce plan se caractérise, d’une part, par son financement original — prime de l‘état et prêt particulièrement avantageux — d‘autre part. par la procédure des projets types qui doit respecter des normes de surfaces réduites, des caractéristiques techniques minimales et un prix plafond bas.

     La même année, il crée la contribution obligatoire des entreprises à l‘effort de construction (1% de la masse des salaires pour les entreprises de plus de 10 salariés et introduit des ressources supplémentaires pour la réalisation de logements sociaux.

     Mouvements de masse

     Malgré cela, des habitants peu enclins à attendre les décisions gouvernementales et à patienter durant des mois pour obtenir un logement vont se mobiliser et créer deux mouvements : d’une part 'les Squatters", d'autre part ”les Castors“. Si leurs méthodes différent pour se loger, leur point commun est le même : indignation contre la crise du logement et le peu d’intérêt du pouvoir politique.

    Les squatters

     Le mouvement Squatter démarre à Marseille et s‘étend à d‘ autres villes. Sur l‘ensemble du territoire 5000 familles environ sont relogées. Si ce chiffre semble faible, il a néanmoins créé un fort impact sur l‘opinion publique et servit à ouvrir les yeux sur la réalité de la crise du logement La Presse qualifie le mouvement Squatter de solution anarchiste et de nombreux leaders sont menés devant la justice. Néanmoins, ces procès sont l‘occasion d‘une mobilisation médiatique qui contribua d‘une certaine manière à la constitution politique de la question du logement.

     LE MOUVEMENT ”CASTOR”

     Le castor est un animal qui construit sa propre maison. De ce constat simple, il est possible à des chefs de famille courageux et décidés. de construire leur propre maison tout comme le castor.

     Le mouvement ”Castor‘ (groupement de personnes construisant en commun leurs maisons) débute en Suéde en l927. L‘idée est importée en France en l928 par Monsieur Loucheur, à l'époque, ministre de la construction qui laisse son nom a une loi favorisant ce domaine. Elle alloue des aides publiques substantielles à la construction de lotissements, même si celles—ci vont plus vers des immeubles collectifs que vers des maisons individuelles.

     Le mouvement Castor ne débute réellement en France qu‘à la suite de cette grave crise. au lendemain de la seconde guerre mondiale.

     Le système est simple. Des habitants mal logés mais courageux et décidés à se doter d‘un logement convenable se regroupent en coopérative ou en association. Le candidat adhère, soit individuellement, soit collectivement grâce a un intermédiaire, s‘acquitte d‘une cotisation modeste et devient Castor. L‘adhésion à un groupe permet de planifier les travaux à effectuer, rassembler les achats de matériaux. et ainsi. en construisant en série, réduire au maximum le coût de la construction.

     Le premier groupe de “Chefs Castors“ se forme a Lyon avec cette devise : 'Pour vous loger, devenez auto-constructeurs‘. A Bourges, Montreuil, Calais et dans bien d‘autres villes de France des groupements ouvriers achètent des terrains et chacun contribue a la construction de sa maison et celle de ses voisins.

    Une telle entreprise suppose une solidarité et un esprit d'équipe accomplis de la part de tous les participants. Chaque chef de famille assure sur les chantiers, les travaux qui sont à sa portée. Cette volonté n‘est teintée d'aucune considération idéologique, mais basée sur un programme essentiellement concret et humain : ”Construire des logements“. fous participent. pendant leurs loisirs, leurs congés payés. les jours de fête, les week-ends, à la construction des maisons en assurant personnellement le maximum de main-d'œuvre non spécialisée. C'est une expérience à la fois sociale, technique et humaine.

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  • La vie des familles à Calais

    Les castors de Calais

     Alors que Calais est dévasté par les bombardements... Des familles de 7 personnes et plus occupent une unique chambre d‘hôtel. D'autres vivent dans des rez-de-chaussée sur cour humide et sombre, parfois sur un matelas unique à même le sol. Des conditions à peine acceptables même l'été, car il n'y a ni eau, ni gaz, ni électricité, ni WC.

    Certains vivent dans des remises à outils recouvertes de toile goudronnée, dans des caves. Des familles comprenant des grands-parents, des parents et leurs enfants s'entassent dans des baraquements exigus.

    D'autres vont même loger dans des blockhaus, dans des demi-lunes, des UK 100 pour les mieux lotis (préfabriqués provisoires fournis par les Etats-Unis). Une situation difficile pour beaucoup !

    Les castors de Calais

    Une organisation :

     Suite à l'accord signé en mars 195) entre le MRU (Ministère de la Reconstruction Urbaine) et l'UNC (Union Nationale des Castors) qui autorise la “formule Castor” dans la législation HLM, Monsieur Jean Parmentier Directeur de l'agence MRU de Calais, décide de créer “l’Association des Castors du Calaisis“ pour venir en aide aux sans abris et aux mal logés.

    Les castors de Calais

     Cette association est gérée par un CA dont les membres sont : M. Cibelli (Président) qui a remplacé M. Marty (nommé à Casablanca), M. Deparis (Vice Président), M. Jean Parmentier (Secrétaire), M. Barron (Trésorier), M. André Bourgois (Secrétaire adjoint) et M. Robert Grolet (Trésorier adjoint)...

     Des statuts sont établis dans le but de coordonner, conseiller, prêter ou donner aux membres actifs les moyens financiers et matériels à l'activité des Castors.

    Parallèlement des conventions sont rédigées et tiennent les Castors à des obligations très strictes de temps de travail et d'entraide. Exemple : art. 8 : En cas de décès d'un membre au cours de la construction de sa maison, le groupe s’engage à l'achever pour la remettre à ses héritiers. (Ce fut malheureusement le cas dans plusieurs lotissements).

    Des appuis

    Le maire de Calais, Gaston Berthe estime de son devoir d'encourager le “projet Castor”. Il accepte de vendre à bas prix des terrains communaux comme ceux du Fort Nieulay, de la Plaine Clipet... de la Ferme Municipale (objet de son dernier Conseil Municipal le 10/03/1952). Il décède quelques jours plus tard.

     D'autres terrains sont vendus par des particuliers (comme ceux du Quartier Nouvelle France et Grande rue du Petit Courgainl...

     Des chefs d'entreprise réagissent:

     M. Marius Weinbreck, Directeur dela Société Calaisienne des Pâtes à Papier se charge de concrétiser le projet pour son personnel. Il achète 600 m2 de terrain par maison à 20 F le mètre carré mais aussi commande tout ce qu'il faut pour la construction. Plusieurs ouvriers bénéficient de cette opportunité. Ils le rembourseront par leur travail.

    D'autres chefs d'entreprises suivent... Comme M. Carpentier(entrepreneur), qui offre les terrains et les matériaux du gros oeuvre.

     Des demandeurs

    Le chiffre des inscriptions est très important. Plus de 400 ouvriers, employés, fonctionnaires... se portent volontaires. De nombreuses demandes ne peuvent être honorées, faute de terrains disponibles.

     Des lieux et des moyens

     - A la Citadelle, le matériel et les ateliers du MRU sont mis à la disposition des constructeurs pour faire les menuiseries et la plupart des parpaings dont les premiers moules sont fabriqués aux chemins de fer.

    Les castors de Calais

    D'autres lieux : Chez le marchand de bois M. Schwaefl. dans la cour de l'EDF, à l'usine des Pâtes à Papier, aux Ets Carpentier... sur les chantiers...

     Les aides financières

     Voici un bref aperçu de ce qu'on pourrait appeler le dossier Castor:

    - Vente de terrains communaux à prix dérisoire (citation de M. Roger Marty) et subvention de la Ville : 300000 F pour l'achat de matériel.

    - Démarrage des travaux suite au prêt de la Caisse d’Allocations Familiales, de 200.000 F par allocataire ayant au moins deux enfants.

    - Le début des travaux permit la subvention départementale de 138 000 F 

    - Prime à la construction.

    - L'emprunt du Crédit Foncier va seulement être lancé alors que les maisons sont hors d'eau.

    - Les acomptes seront versés parle biais du Sous-Comptoir des Entrepreneurs.

     Des architectures diverses avec des architectes. des dessinateurs                  MM Jacques Deborne, Henri Detrasse, André Senez R. Maubert, A. Pouillaude

    Le Prototype

     Le style pavillonnaire à toit très pentu ne peut être construit partout. Selon les lieux et les architectes, il existe des maisons jumelées, par groupes de trois et plus, alignées ou non. En majorité des F5 (même pour les célibataires).

     

    Les castors de Calais

    La première maison à voir le jour en 1951, est bien entendu le prototype: Maison ouvrière FS Modèle C.

    Elle se situe à l'angle du quai de la Loire et de l'ex rue Christophe Colomb (aujourd'hui domaine de l'usine Alcatel). Au début, elle a été habitée par le concierge de l'usine des Pâtes à Papier (qui est devenue l'usine Vieille Montagne par la suite).

    Les castors de Calais

    C'est avec grande joie que M et Mme Devos, les propriétaires actuels, nous ont prêté ces plans qu'ils gardaient précieusement.

    Les castors de Calais

     

    Les castors de Calais

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  • Quartier du Beau — Marais

     

    Témoignages des habitants

    Deux chantiers : d'un côté les ouvriers des Pâtes à Papier, l'autre est lié avec le chantier de la rue de Verdun.

     Des hommes qui ne sont pas du bâtiment, s'inscrivent à la fédération et deviennent des Castors. Sur le chantier, les conditions de travail sont difficiles car les auto-constructeurs s'y rendent après leur journée passée dans leur entreprise, mais également les jours de fêtes, les jours de congés et les dimanches.

    Personne ne travaille pour lui-même, mais pour l'ensemble des Castors. Des chantiers qui vont durer. ..

     Monsieur VERSCHAFFEL.

     En décembre 2005, Raymond Verschaffel nous reçoit avec beaucoup d‘émotion et de confiance. Il possède encore sa carte de membre actif de l‘association et son petit carnet où il consignait ses heures. Il nous les montre fièrement et nous raconte son histoire:

     Originaire d'Audruicq, je me suis marié avec une calaisienne pendant la guerre et nous avons vécu chez ses parents. Des enfants sont venus agrandir la famille et la maison est de venue vraiment trop petite. A cette époque, je travaille aux Pâtes à Papier. Une assistante sociale évoque la possibilité de construire une maison Castor, car à Calais cette idée commence a se répandre parmi la population.

     L‘aventure débute en 1951. Après leur travail, certains constructeurs se relayent pour fabriquer les parpaings (destinés aux 11 maisons) et les stocker dans un coin de leur entreprise. Par la suite. l‘arrivée d'une machine, une "Pondeuse", leur est d'un grand secours. Pendant ce temps, d'autres font les menuiseries le soir à l'atelier du MRU.

     

    Témoignages des habitants

    Témoignages des habitants

    Ensuite. ces hommes courageux s‘attaquent à la construction. Faire les fondations, monter les murs, installer les escaliers. etc... Bret, sortir ces maisons de terre n‘est vraiment pas un travail de tout repos. mais les hommes tiennent bon et après un travail acharné. les premiers Castors emménagent en 1952. les derniers le feront en 1954.

    Témoignages des habitants

     Je n‘avais jamais travaillé dans le bâtian Comme mes compagnons j‘ai appris sur le tas. Quatre heures tous les jours plus les deux jours de repos hebdomadaire, cela représente des milliers d'heures sur le chantier. J‘ai commencé a payer mon loyer en 1952 et durant 10 ans.

     

    Témoignages des habitants

    Raymond est décédé subitement le 14 octobre 2006 dans sa 85e année. Il a été heureux et fier de participer a notre manifestation. Il nous laisse son sourire.

    Témoignages des habitants

    Au début, il n'y avait rien ici, que du sable et pas de route. On était a 1metre 20 de dénivellation par rapport a la route Nationale. Les camions américains GMC, qui apportaient du remblai, étaient les bienvenus.

     Ces remblais provenaient de divers endroits comme de la destruction de Calais Nord et aussi, un jour le camion s‘est amené avec des pieux du mur de l'Atlantique 5 mètres de long, 20 centimètres d 'épaisseur et 50 de large. Par la suite quand on a fait les travaux pour le tout à l‘égout, j'avais peur de tomber dessus, mais cela a été.

     Il y avait un compteur au début et a‘ la fin du chemin, c‘était courant qu'il n'y ait pas de lumière au milieu. Heureusement pour les travaux de maçonnerie il y avait de l'eau, derrière, dans un blockhaus.

     On faisait les parpaings au MRU avec une "parpineuse" qui permettait d'en faire 20 a la lois.

     Ici les poutres de soutènement sont en bois. Le plancher dans les chambres a été refait en 1976, car le bois des Landes (prévu pour les caisses à munitions) n‘était pas résistant. Le bois d'Alsace des menuiseries lui, l‘était, mais pas sec, il s'est déformé.

    Témoignages des habitants

     Monsieur Deldrève était coordinateur et se chargeait de l'achat des marchandises.

     Il y avait un petit mousse sur le chantier, c'était un gamin qui partait avec la brouette pour acheter: vin, bière, cigarettes. . . . C‘était comme cela. ! Même sur d'autres chantiers.

     Mme Julien se souvient : Au début, je n'étais pas très rassurée. Nous habitions le premier étage en attendant que les travaux se terminent au rez—de-chaussée.

    J 'étais parfois seule.

    Pendant trois ans nous n‘avons jamais assiste aux fêtes de famille ce fut trois ans de galère!

     Par la suite M. Julien travaillera 5 ans à Paris pour se renflouer.

     A la fin du chantier les maisons étaient accessibles par une voie privée qui ensuite est devenue la rue Corot. Ici on était extra-muros, ni Calaisiens, ni Marckois. Le bus s'arrêtait au cimetière. On ne payait pas d‘impôt. mais un jour le panneau «Calais" a été repoussé... et on a payé nos impôts comme tout le monde.

     Dans cette rue, une disparition... la Castor n° 13 qui a été exproprié pour faire place a la rue du Capitaine Ferber.

     M. Julien est le dernier Castor survivant de ce lotissement

     Nota :A l‘angle des rues Greuze et Demont Breton, 4 Castors du même style ont été construits

    Rue Greuze (actuelle rue Henri Guillaumet)

     Dans le même temps dans la rue Greuze, un autre chantier de Castors voit le jour. Là aussi, des hommes coulent les parpaings, montent les murs. Cette fois, ce sont des cheminots, des ouvriers, des policiers, des électriciens etc...qui construisent leurs maisons, 52 au total.

    Témoignages des habitants

    Mme Lefébvre, si elle fut la première a nous contacter, fut aussi la première a nous recevoir. Très émue,elle évoque cette période où elle venait voir son mari au travail. Elle mettait ses enfants dans une 'cariole‘ pour faire la route. Elle passait ainsi l‘après-midi pendant que les gosses jouaient dans le futur jardin.

     Elle nous prête le précieux petit carnet où son époux notait toutes les heures passées au chantier, et aussi celles effectuées par un parent qui l'a remplacé lorsqu‘il a été malade. Des heures qu'il a du rémunérer.

     De telles pratiques ne seraient plus légalement possible de nos jours et dans ces conditions...

    Témoignages des habitants

     Monsieur et Madame VEREECQUE

     Après la guerre. André travaille aux Chemins de Fer, au dépôt de Calais.

     Des cheminots comme moi, commençaient à construire rue de Verdun avec l‘association des Castors.

     Je me suis décidé d‘en faire autant car nous habitions avec mon épouse atlas trois enfants, dans un baraquement du côté de la Porte de Lille et c‘était de venu vraiment trop petit. J ‘ai donc adhéré à l'asso pour construire sur les anciens terrains de la ferme municipale. Au début, dans la pâture derrière, on pouvait voir les vaches paître.

     Nous faisions les ‘briques' a la Citadelle. Une fois sèches, elles étaient amenées sur le chantier. Pour les décharger du camion, nous ne prenions plus la peine de les manipuler une a la fois, elles étaient jetées à terre. C‘était du solide, pas comme aujourd'hui. Je faisais des semaines de 48 heures, plus 24 heures pour les maisons. Une fois la confection des parpaings terminé e, j‘ai fait l‘électricité avec Lucian Richard et un autre copain. Pas évident tous les jours ces installations; faire passer les gaines à travers le béton des murs et plafonds... !

    Je n 'ai pas monté les murs. ni posé les carrelages et les fenêtres, c‘était plus simple pour ceux qui avaient cette formation. Les hommes avaient du mérite car il n 'y avait pas toujours l‘outillage approprié. En règle générale, les ouvriers finissaient deux blocs de deux misons en même temps.

    Témoignages des habitants

     Nous sommes rentrés en 55 et nous avons rembourse les prêts pendant 20 ans avant que la maison soit complètement à nous.

    Tous les voisins se connaissaient. certains sont partis trop tôt, surtout quand les tours se sont élevées au bout des jardins...Nous avons décidé de rester quand même.. Dans ce Beau-Marais devenu une ZUP...

    Témoignages des habitants

     Ils habitaient chez la mère de Ginette (pas d‘argent a cette époque Ginette attendait un heureux événement. et comme dit Marcel : “voilà qu'elle en fait deux“. Alors tous les soirs j'allais embêter le monde pour être inscrit 'castor‘ ou prendre une 'reprise' sa ténacité a fini par payer. Il a repris un abandon et a dû "rattraper" les 120h qui n‘avaient pas été fournies.

    M. Macquart (Prof au LPA ) était responsable sur ce lotissement. Heureusement qu 'il était là, c‘était un gars très qualifié.

     Nous avons fait des milliers de parpaings au MRU en attendant que les dalles soient coulées et tout le monde a mis la main a la pâte même si nous avions des spécialités.

    Ensuite ceux qui étaient du métier ont commencé les angles et nous ont montré comment monter les murs avec un 'cordeau' et vogue la galère...

     Il n 'y avait qu ‘un seul point d 'eau. Nous avons installé des rails sur lesquels nous poussions un wagonnet rempli d'eau car c 'était de plus en plus loin.

     Pour ma part, j‘étais plombier, il a donc fallu attendre la fin du gros oeuvre avant de passer à l'action. J 'ai fait les plans pour ce travail et commande tout le nécessaire (j‘allais à Boulogne en moto pour choisir les sanitaires). Les constructeurs avaient le choix entre douche ou baignoire.

     Sur notre équipe de douze, cinq ont abandonné pour raison de santé (il fallait tenir le coup) C‘était pénible. L 'hiver, le froid, on devait balayer la neige pour continuer, et l‘été il faisait très chaud. J'ai dû m'arrêter une période car mes bras gonflaient. Le médecin m‘a dit: “t'es fou tu veux qu'on te coupe les bras"... Bien entendu, j'ai rattrapé ces heures là.

     Mais a part cela, on passait de bons moments ; je me souviens d'un maçon qui embêtait toujours le monde. Un jour nous l'avons jeté dans le wagonnet rempli d'eau, nous avons bien rigolé. Il est resté tranquille par la suite.

     Un faisait aussi des farces a un copain (qui aimait bien boire un petit coup) on lui disait "Eugène, voila Alice..." alors il s'empressait de cacher sa bouteille.

     Pendant ce temps Ginette m'encourageait sur le chantier et faisait des projets d'aménagement: comme cette cuisinière/gazinière Franco-Belge qu 'elle avait retenue et pour laquelle elle économisait.

     Je m'inquiétais assure t- elle! allait-on rentrer pour l'hiver ?

    Témoignages des habitants

     Ils ont emménagé en 1955. C‘était le paradis ! La campagne, qu‘elle faisait découvrir à ses oncle et tante qui venaient de Paris “On allait boire le café, derrière dans la pâture avec les vaches. .. qu'est-ce qu'on était bien...!"

    Monsieur Maurice BEAUVOIS

     Son histoire est un vrai roman qui a plutôt mal commencé. Tout juste marié, la guerre éclate. Il est fait prisonnier. tentera plusieurs fois de s‘évader (il nous en raconte les péripéties)... Il rentrera comme tant d'autres en 1945.

     A mon retour, je m‘installe avec mon épouse rue Chateaubriand en face de mes parents C‘est très petit, mais c'est en attendent... Avec mon copain Givaudan, qui était maçon et un bon maçon, l‘envie de construire notre maison nous prend.

    Nous étions inscrits à l‘asso des Castors, nous voulions construire en indépendant sur un terrain appartenant à mon père, mais il n'a jamais voulu nous en céder une partie.

    Du coup nous nous sommes lancés sur les chantiers, lui “Corot” et moi pour les "52 de Greuze".

     A cette époque Maurice travaille aux Câbles de Lyon pour la remise en état de l'usine endommagée pendant la guerre. Très vite son directeur lui propose de passer un CAP en vue de devenir contremaître.

     Le temps que je passais sur le chantier en plus de mon tra vail ne m'en a pas laissé la possibilité. J ‘aurais été gagnant, je le regrette encore aujourdhui j‘ai ou quand même des responsabilités, j‘ai fini chef d‘équipe.

    Témoignages des habitants

     Il nous raconte que les WC étaient prévus à l‘extérieur. c‘était comme cela a l‘époque, mais de nouvelles normes sont arrivées. Les fosses étaient déjà coulées, alors nous avons modifié nos plans pour bénéficier d‘une prime à la construction plus importante et nous les avons donc eus a‘ l'intérieur Ce qui représentait un véritable progrès

     Je maniais très bien la truelle. Avec René Charitas ”un maçon comme ça”, il nous a été proposé de faire les carrelages, et Eugène Capon nous a appris son métier. Après on savait même faire de très beaux joints.

    Entre-deux explique t—il : on allait donner un coup de moins à “Verdun' (premier chantier Castors)

     Pendant ce temps André Vereecque s'occupait des parpaings Les moules avaient été confectionnés aux Chemins de Fer. Il nous dit grand bien de son ami.

    Livrés par un camion GMC, les parpaings étaient décharges un a un. Un jour que j'étais seul et que le temps était compté, le chauffeur m'a dit "Maurice je vais les baller" "tu ne vas pas faire ça ils vont tous casser !" A mon grand étonnement seul une dizaine s‘est brisée et a été utilisée là où il fallait des demis. C'était vraiment du solide.

    Témoignages des habitants

     Maurice soupire. .. J‘étais fort a cette époque, je soulevais les sacs de ciment de 50kgs et les jetais sur mon épaule... maintenant 5kgs... !!!

     Une amitié solide s‘est nouée entre les hommes et aussi entre leurs épouses qui venaient régulièrement les voir sur le chantier les samedis et dimanches. Nous étions tellement bien ensemble que nous ne voulions pas être séparés et c'est ainsi que nous n‘avons pas “monté'les murs de séparation des jardins.

    Témoignages des habitants

    Ils sont restés comme cela, même encore aujourd'hui.

    Témoignages des habitants

     

     

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  • Rue Virgile, rue Plaute et rue Horace

     

    Quartier Nouvelle France

    Madame LEFEBURE, rue Plaute et monsieur BOUCHER, rue Horace

    Lors de notre premier contact téléphonique avec Mme Lefébure, elle nous déclare que notre projet lui fait “chaud au cœur”, que notre idée est géniale, car notre action souligne une époque difficile. Elle nous donne rendez- vous et lorsque quelques jours plus tard, le 26 février 2005 nous nous présentons chez elle, nous avons la surprise de découvrir un invité...

    Mme Lefébure savait qu'il restait encore un autre Castor dans son quartier. En cinquante ans, elle n'avait jamais eu de véritable contact avec lui et ne le connaissait pas vraiment, mais c‘était l'un des derniers survivant des 18 chefs de famille. Après notre coup de téléphone, elle s’est empressé d'aller le voir pour lui raconter notre projet et l'inviter à nous rencontrer chez elle.

     Notre équipe est accueillie avec joie. Elle nous présente son voisin et nous déclare : Il en sait autant que moi, sinon plus et sans votre projet, jamais je n‘aurais sonné chez lui.

     J'ai rajeuni surenchérit M. Boucher qui on le voit bien est très enthousiaste à l'idée d‘évoquer cette période. Ils nous racontent leur histoire: Après la guerre j'habitais chez mes parents en baraquement rue du canal (cité des douanes). Je me souviens que Calais Nord n‘était qu ‘un tas de pierres.

     Nous aurions bien voulu nous marier, mais nous n'avions rien.

     Par relation mon fiancé apprend cette opportunité de construction ”Castor: il va vite s‘inscrire au cours d‘une réunion du Service Social d‘EDF, il y a de la place, le directeur accepte. Les travaux vont s'étaler du 24 avril 1953 au 15 mai 1954.

     Le terrain appartenait à une Parisienne, un espace bosselé tout encombré de débris de toutes sortes, de broussailles et de ronces. .. mais sera constructible.

    Il a été vendu bon marché ajoute M. Boucher qui se souvient aussi que l’architecte avait placé les portes d‘entrée côte à côte. J'ai demandé qu 'elles soient éloignées les unes des autres pour que les femmes soient moins tentées de bavarder et fassent leur ménage. J‘ai souhaité en plus une porte sur le côté pour faire passer les vélos.

     Le gros œuvre a été fait par des entrepreneurs, mais nous avons dû donner un bon coup de main.

     

    Quartier Nouvelle France

    Après les fondations et la dalle, les murs montent. les maisons sortent de terre.. Il faut porter les seaux de béton, monter des fenêtres, être un homme à tout faire auprès des professionnels, puis lorsque ceux—ci partiront, il faudra prendre la relève pour tous les travaux intérieurs.

     Mais, vers le mois de juillet. rien ne va plus, la caisse est vide. les dettes sont lourdes, l'entrepreneur freine des quatre fers, c'est l'arrêt de ce bel élan. Ce serait l‘arrêt total si M. Giorgi alors chef du Centre de distribution de Calais n’était appelé à la rescousse.

    Celui-ci inspecte le chantier et décide coûte que coûte de ne pas l‘interrompre.

     Le 15 mai 1954 a lieu l'inauguration. Après les discours des officiels, tous lèvent leur verre à la santé des bâtisseurs M. Boucher se souvient bien de l‘ambiance de ce samedi. Les constructeurs ont fait cuire des frites, ont bu peut—être un peu trop et chanté jusque tard le soir, mais ce n‘est pas tous les jours que l‘on peut faire la fête.

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  • Grande Rue du Petit Courgain

     

    Quartier du Petit Courgain

    Monsieur et Madame F0LLET

     On commençait à parler un peu partout à Calais des Castors.

    Un beau jour, un terrain a été mis en vente. Je me suis renseigné et mis aussitôt volontaire. Heureusement car tout le monde l‘a su et il n‘en fallait que 12. Ce sont les premiers inscrits qui ont été retenus. 

     Ces maisons étaient prévues en 4 blocs de 3 (2 blocs en bordure de route et 2 blocs en retrait} J'ai commencé en 1953. A cette époque j'étais célibataire comme deux autres du groupe (le critère familial n'ayant pas été retenu.).

     J‘ai été désigné comme ”responsable” sur ce chantier : contact avec l‘architecte, les fournisseurs. noter les heures, tenir la comptabilité, caries comptes n‘étaient pas les mêmes pour tous, selon le choix des sanitaires et carrelages. Il fallait tenir 12 comptes différents.

     M. Follet se souvient des premiers plans. Pour entrer dans la maison, il fallait passer parla salle de bains. Il a proteste, et l'architecte lui a répondu : Ce n‘est pas grave, vous n‘aurez qu‘à mettre un rideau. Bien entendu, personne n'a accepté et les plans ont été modifiés. lci toutes les fondations ont été faites par nous. On allait aussi donner un coup de main rue Plante et eux faisaient de même. Mon Père, lui, construisait rue Léonard de Vinci, nous nous aidions mutuellement.

    Je devais parfois relancer les absences trop prolongées. Certains étaient tellement fatigués que la famille a été mise à contribution {comme ce père qui a bossé pour deux).

     Un jour, j'étais en retard de paiement, un fournisseur n 'a plus voulu livrer. J‘ai contacté le Bâtonnier de Boulogne qui m'a dit : “comment pour un retard, on ne vous livre plus, mais alors les constructions vont s'arrêter, les Castors n'auront pas leur maison et les fournisseurs encore moins leur argent“. Il est intervenu, huit jours après les matériaux étaient là..

     Tout s'est bien passé dans l'ensemble même s'il y a au des moments difficiles... certains, voulant être servis avant d ‘autres, en sont venus aux mains {résultat : un mois avec des lunettes noires...)

     Le calé épicerie de la rue, ouvert a 6 h du matin, nous réunissait tous les samedis midi pour l'apéro... un petit blanc.

     On y trouvait de tout. même le nécessaire de premier secours, se souvient Mme Follet, qui un jour s‘est blessée dans les barbelés en venant voir son fiancé sur le chantier.

     QUARTIER SAINT - PIERRE

     Boulevard Curie

    Quartier du Petit Courgain et Saint-Pierre

    Madame Mignien qui habite ce lotissement avec son époux ( tous deux d‘origine), s‘est manifestée deux jours avant notre fête en disant ”vous ne parlez jamais des Castors du Bd Curie" Nous sommes allés leur rendre visite et revenus avec cette très belle photo de groupe. ci-après qui a trouvé sa place dans notre exposition.

    Quartier du Petit Courgain et Saint-Pierre

    Monsieur et Madame COUBELLE

     Ce chantier était composé pour la plupart, d'ouvriers et d'employés de chez Dion Lavoine et de Nord Littoral

     Nous n'a viens pas les moyens; un jour alors que nous étions en grève, nous sommes allés demander de l'argent au patron de chez Dion qui nous a répondu “vous êtes culottés, vous faites grève et vous me demandez de l’argent. Il a quand même aidé pour l'achat des terrains. M. Jean Baratte de N. L. a fait de même, ce qui nous a permis d'avoir une machine à faire les parpaings.

     Nous avons commencé les parpaings en 1952 chez le marchand de bois M. Schwaert, le long du canal. Un jour alors qu'on était à l'oeuvre, un gars de chez Minet Vincent, voyant la quantité de ciment qu 'on y mettait, a dit ' ce sont des parpaings de luxe“.

    C‘est vrai qu ‘ils sont très solides. On s'en aperçoit encore aujourd'hui quand on veut faire un trou. Ici derrière il y avait un petit bois, les enfants y jouaient pendant que je cousais ou tricotais. Quand il a été abattu ça m'a fait mal.

     Le lotissement est construit sur la rivière des “Caillettes' en partie comblée par le monument aux morts de Calais Nord détruit pendant la guerre.

     

    M. Parmentier qui guidait les travaux passait souvent. M. Delgrange, lui. était responsable et faisait toutes les démarches même jusqu 'à Paris pour aller défendre notre cause auprés des autorités et faire accepter les constructions en F.5., alors qu 'il était prévu des : F.3, 4 et 5.

     On voulait une uniformité par souci d'égalité.

     Pour financer ce voyage, nous avons vendu des rails de chemin de fer.

     C‘était dur, il y a même ou un accident mortel : un mur est tombé sur un ouvrier, à cause du vent, ce n‘était pas un Castor, mais quand même ça nous a marqués. Ces maisons ont été attribuées par tirage au sort.

     Un dimanche, à la messe, le Chamoine Desseilles de St. Pierre voyant nos difficultés a sollicité ses paroissiens pour acheter symboliquement un parpaing. Nous avons pu ainsi acheter toutes les serrures et poignées de portes.

     On aurait pu avoir un terrain plus grand pour le jardin. Ce même prêtre qui n'avait pas peur de salir sa soutane sur le chantier, s'était offert pour avancer l'argent (c‘est important un jardin disait-il), mais tout le monde n‘était pas d'accord. alors cela ne s'est pas fait. Nous sommes restés avec notre petit jardin. Nous avons quand même un petit accès par derrière, mais pour la voiture... c 'est très difficile.

     Quand je suis venue visiter, presque à la fin (les WC n étaient pas encore posés, juste un trou). J 'ai eu beaucoup d émotion, je ne pouvais pas croire que ça allait être ma maison, c‘était trop beau. Pensez donc, nous habitions rue des Fontinettes un petit deux pièces avec deux enfants. Quand elle nous en parle, elle est encore toute émue.

     Nous n 'a vans pas eu de problème majeur, une grande solidarité nous a soudés, nous avons passé de bons moments ensemble qu 'on n 'oublie pas.

     A la fin, nous avons sollicité tous nos fournisseurs pour faire un repas qui nous a tous réunis à Marck. Nous avons mangé du canard à l‘orange et sommes rentrés a‘ 3h du matin en chantant et en taxi. Nous avons emménagé en mai 57, nous étions parmi les quatre derniers, ce fut une grande joie.

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  •   Rue de Verdun

    Quartier du Fort Nieulay

     

     

     Monsieur et Madame Poure

     La rue de Verdun n‘est qu'un chemin de terre qui mène à Blériot-Plage.

    Entre celui-ci et la Cité lesieur. 20 maisons seront construites de l95l à l954. sur un terrain qui servait de dépôt d‘immondices.

     Ce sera le premier chantier Castors de Calais.

     Aujourd‘hui. seulement trois auto-constructeurs sont en vie. Ils étaient les trois plus jeunes du groupe. M. Poure se souvient très bien de cette époque.

    Quartier du Fort Nieulay

     A 15 ans. je travaillais comme manœuvre pour le MRU. Malheureusement je suis passé sous les roues d ‘un camion : la jambe et la hanche abîmées, je n‘ai repris mon travail que bien plus tard et suis devenu menuisier.

     A tout juste 20 ans, je décide d‘adhérer à l‘association des Castors de la rue de Verdun.

    Encore mineur. mes parents se portent garants pour les prêts au Crédit Foncier. D'ailleurs, si je devais rester célibataire. ce sont eux qui bénéficieraient de la maison. Mais cela n'a pas été le cas ;je me suis marié en 1952 et nous avons habité chez mes beaux—parents, rue Jean De la Fontaine pendant toute la durée des travaux

     J 'ai fait toutes les boiseries du lotissement avec d‘autres. et pour les miennes, j‘ai lait un trait au crayon pour les reconnaître.

    Mme Poure : On venait à pied jusqu'au petit pont. avec les enfants, pour voir l'avancée des travaux. Un n 'avait que cela a faire a cette époque... pas de télé...

    Quartier du Fort Nieulay

     

    Financièrement c 'était dur. on n‘avait pas d‘apport personnel (la semaine était donnée aux parents) alors pour acheter des meubles c‘était pas la peine d 'y penser. Heureusement que la cuisinière/gazinière était fournie par l'Association des Castors.

     L'année de notre aménagement fut dure, la maison, qui n 'était pas cimentée, était froide et humide, de plus cet hiver 1954 fut très rigoureux. Nous n'occupions que le rez—de-chaussée et dans la chambre nous avions installé un feu (de chez ma mère).

    Au pied de notre lit. celui de la grande et sur le côté le berceau de la petite.

     C‘est une entreprise qui a terminé les travaux de cimentage, a nos frais bien sûr. De plus nous avons eu des déboires avec la justice pour les paiements, heureusement que les Allocations Familiales nous ont défendus.

    Quartier du Fort Nieulay

    Monsieur et Madame Hagneré

     Au début on faisait les parpaings sur une table un a un mais c‘était beaucoup de manutention. Quand on a au une "pondeuse" on coulait du béton dedans, on secouait puis on enlevait. Ensuite on recommençait un peu plus loin etc. . . Les parpaings restaient sur place le temps de sécher, c'est pour cela qu'on l‘appelait ’pondeuse', on gagnait du temps !

    Quartier du Fort Nieulay

    Ici le terrain n 'était qu 'immondices. il a été comble par du remblai provenant de la démolition de Calais Nord.

    Presque en face de chez nous il y avait une "demi-lune" et aussi un blockhaus qui était habité par une famille indochinoise, le logement était rare.

    Quand nous nous sommes mariés en 1950, c'est la mère d'une copine qui m'a prêté la “pièce de devant” sans eau ni WC, aux Cailloux. Après nous avons au rue Leavers une pièce à l'étage toujours sans eau ni WC. en bas c‘était sale, grand-mère laissait vagabonder ses chiens qui faisaient partout. .. J ‘ai patiente ainsi deux ans avec un enfant et presque toujours seule car Jean était sur le chantier.

    Il a commencé sa construction alors que nous étions fiancés. La voisine de sa mère qui l'a su a dit ”et si s'bonne amie l'plaque ? Si ché pas pour elle, ce s'ra pour une autre“ a t-elle répondu. Nous avons emménagé en octobre 1954 avec un enfant en plus. Nous dit Christiane.

    Les Castors du Beau-Marais venaient aider mais c 'était long I Un jour ils en ont eu marre de travailler pour nous alors que leur chantier tardait a démarrer.

    Pour ma part je devais habiter là bas, j'ai échangé avec un policier, qui lui, devait s‘installer rue de Verdun. Je préférais rester dans mon quartier plus proche du centre ville.

    Quartier du Fort Nieulay

    Je faisais du ferraillage pour le chaînage des linteaux. Dès que les maisons étaient terminées elles étaient habitées pour percevoir le prime à la construction.

    Depuis nous avons fait des travaux d‘amélioration. Il y a toujours quelque chose a faire mais cela a un prix. Nous sommes quand même très heureux d'avoir notre maison

     Derrière c 'était les habitations de l‘Abbé Pierre. Nous avons gardé un bon souvenir de ces voisins

    Quartier du Fort Nieulay

    Rue Mogador

    Madame VANGREVELINGHE

     Je n'ai pas vraiment connu la construction de la maison. Mon futur mari et moi nous ne nous connaissions pas encore.

    Rentré en 1953 avec ses parents, mon mari était le plus jeune (20 ans, pas encore majeur pour cette epoque}. Aprés son service militaire, nous nous sommes rencontrés et menés en 1956 et nous avons vécu deux ans dans une maison de ma mère qui ne souhaitait pas que j ‘habite chez mes beaux-parents. .. mariage, ménage disait—elle !

    Par la suite nous avons quand même occupé le l°' étage de la maison (ce n'était pas rare dans ces années là, deux ménages dans la même habitation)

     Ici c'était une maison témoin, beaucoup de passages, les carrelages s'en souviennent encore et en ont souffert.

     Les bénéficiaires de ces habitations, étaient pour la plupart des employés de chez Carpentier Pére. Il a d'ailleurs offert gracieusement les terrains et les matériaux du gros oeuvre l Robert Carpentier, le fils était lui aussi un des plus jeunes Les quatre premières maisons étaient occupées par des membres de la famille.

     En face c'était la campagne, des trous de bombes... Sur mon trottoir un robinet d ‘eau ou tout le monde venait s'approvisionner car pas d‘eau courante (ce n'était pas notre cas). .. Le laitier venait laver ses bidons et certains mal lotis ou ne voulant pas payer l‘eau, venaient également rincer leur linge. A la fin ['en ai eu marre et mon châssis de fenêtre aussi.

    Quartier du Fort Nieulay

     Lors de la remise des clefs en 1953 la presse locale a souligné le jeune âge de certains constructeurs, dont mon époux.

    Quartier du Fort Nieulay

    Nous n'avons pas eu d‘enfant et par conséquent n‘avons bénéficié d'aucune aide. Nous avons payé "le prix fort“ jusqu'aux 40 ans de mon époux Il est tombé gravement malade, et décédé à l‘âge de 57 ans. Quand je revenais de Boulogne, après les soins de mon mari, je trouvais sur le feu mon repas tout prêt ! C'était comme cela pour beaucoup de choses, nous avions des voisins formidables.

    On formait une vraie grande famille pleine de solidarité.

    Madame HURTREL nous reçoit avec sa voisine Mme Vengrevelinghe. Très heureuses de voir que leur quartier du Fort Nieulay n‘est pas oublié.

     Mme Hurtrel nous raconte : Nous avons ou cinq enfants, j‘ai accouché des deux premiers chez ma mère, rue de Constantine. J ‘habitais la petite rue, en face, rue de Bone, c 'était très petit et pas pratique. Je venais chercher l'eau sur le trottoir de Mme Vangrevelinghe.

     Mon mari était employé aux Ets Carpentier. ll s‘occupait des “sauterelles‘ (appareil de manutention pour transporter les cailloux qui étaient extraits de la flaque). Il aurait préféré exercer son métier de tailleur et s‘était présenté partout sans succès, alors, il n'a pas eu le choix.. (n‘empêche qu‘il a ‘retapé le costume de M. Carpentier)

     Il n 'a pas travaillé sur les maisons, mais a donné son temps en faisant les parpaings qui étaient fabriqués dans l‘entreprise. Rentré à la maison, il ne fallait pas lui parler "boulot".

     M. Carpentier avait une grande ferme avec des écuries et des chevaux où mon mari aller donner un coup de main.

     Quand nous sommes rentrés ici, ça faisait “drôle“, c‘était spacieux, les murs n'étaient pas tapissés: alors, on a mis du papier journal dessus.

     Il n'y avait pas encore d'HLM ici, mais plusieurs flaques (grands plans d'eau) qui ont été comblées par la suite pour les constructions.

     Tout le monde s entendait bien, les enfants s'amusaient ensemble. Nous étions heureux, on s'entraidait.

    Rue d'Oran

     

    Quartier du Fort Nieulay

    Madame BOLLINI

     Nous avions quatre enfants quand cette aventure a commencé et nous souhaitions une habitation en dehors dela ville avec de l‘espace. Je l‘ai choisie sur les plans et par rapport à l‘orientation du soleil, pour moi c 'est important la lumière (je suis italienne)

     C'est le Maire qui a vendu les terrains, c 'était en friche, avec des flaques rebouchées, des terrains vagues. ..

     Nous avons déménagé plusieurs fois, rue Chantilly. .. avant d'atterrir ici rue d‘Oran en 1953.

    Les constructions ont commencé, en même temps que celles d'Orléansville. Elles sont toutes pareilles à l'origine, moi j'ai fait des travaux. .. toiture, embellissement de l‘intérieur, en souvenir de mon mari. Je ne voulais pas la laisser se détériorer, ni l‘abandonner à d‘autres. .. Il a passé tant d'heures au travail...

    Quartier du Fort Nieulay

     Je suis la dernière habitante de la me a avoir participé à cette aventure. Nous étions quatre de le même famille.

     C‘était une époque chaleureuse, nous avions la même histoire ”un faire ensemble“ Mon mari était plâtrier mais il y avait tous les métiers.

    Quartier du Fort Nieulay

    Je venais voir le chantier et j‘étais tellement impatiente que nous avons emménagé alors qu'il n‘y avait pas de carrelage, pas de porte mais j'étais heureuse, j ”étais chez moi ! En haut, c'était sur le béton on mettait des journaux parterre et les matelas dessus, tout le monde était content ! Les quatre enfants avaient de la place pour courir, par terre des tuyaux et des robinets provisoires, on prenait le bain dans une cuve (la salle de bains n‘était pas encore aménagée). Un passait son temps a balayer et les maris faisaient des trous, il fallait recommencer mais ce n‘était rien ! Nous étions chez nous !

     Tout le monde s'y mettait et les hommes faisaient parfois des bagarres au jet d'eau. ..

     On se criait d'une cour à l'autre, il n'y avait pas de séparation.

     Nous avons eu deux enfants en plus ici et quand j'ai accouche de la cinquième il n'y avait pas encore de papier sur les murs.

     Au début, je me souviens, mon mari revenait de son travail (rue Monseigneur Piedfort) avec un sac a dos, il faisait les courses en passant.

     Nous étions fort unis. Il y avait toujours quelqu'un pour rendre service et cela m'a beaucoup aidé car malheureusement mon mari est décédé trop jeune. J'ai dû assumer avec encore quatre enfants a“ charge. Je ne voulais pas laisser partir ma maison, alors j'ai travaillé dur (ne connaissant pas parfaitement le français) j'ai obtenu un poste de nuit d'aide soignante grâce à Monsieur J.J Barthe. Dans mon malheur j'ai eu chance, mais aussi du courage (la nuit le travail, le jour les enfants, la maison) Mais il y avait toujours quelqu‘un pour me donner un coup de main.

     J'aime bien ma maison, je trouve que dans ces murs il y a plein de sentiments...

    Rue d'Orléansville

     

    Quartier du Fort Nieulay

    Madame CADET et son Fils

     Nous sommes reçus chez Mme Cadet (doyenne du lotissement : 88 ans) en présence de son fils ne ici en 1955 qui se souvient surtout des terrains vagues et de la Cité lesieur où il allait jouer. Il y avait plein de petits commerces à cette époque maintenant... plus rien. Il faut aller aux grandes surfaces

     Mme Cadet : 'Mon mari était très courageux : il s‘est engagé à 18 ans et a fait 5 ans d'Afrique du Nord Il n'a jamais était au chômage, il quittait un travaille samedi et recommençait ailleurs le lundi. Je ne le voyais pas beaucoup (à cette époque il y avait du travail...) N‘empêche que nous n‘étions pas riches et que je faisais du tulle : de l‘affilage pour aider.

     Avant la construction nous étions mal logés dans un deux- pièces chez les parents. Un jour mon mari est arrivé en disent 'ça y est, je vais construire ma maison au Fort Nieulay. Il avait pris cette décision a la suite d‘une réunion organisée par M. Parmentier qui avait bien expliqué toutes les formalités et ce qu'il y aurait à payer. On s‘est peut—être un peu trop précipité, on aurait pu avoir un terrain au Pont du Leu.

     Ici les murs ont été montés au fur et a mesure sur chaque maison pour contenter tout le monde, n‘empêche que certains n‘ont pas été honnêtes, quand leur maison à été finie, ils nous ont "lâchés".

     C‘est le marchand de charbon qui nous a aidés pour le déménagement nous n‘avions pas beaucoup de meubles. Quand nous sommes rentrés, il n 'y avait pas de fenêtre ni de porte, nous avons mis une couverture. ..

     Moi, plus d'un coup j‘ai pleuré ici, la cour n‘était pas faite; c'était triste, je regrettais parfois ce que j ‘avais avant mais lui, c'était sacré sa maison !

     Le jour de mon accouchement mon mari l'a su en rentrant du travail il a vu les nombreuses traces de pas sur la neige et s‘est dit: "il y a du nouveau“.

    Quartier du Fort Nieulay

    Il était plutôt du genre ”resto du cœur“ Ce n‘était pas rare qu‘il ramène un copain pour partager le repas. C‘était un brave homme, il vous en aurait dit des choses. ..

     André Parmentier. fils de Jean. se souvient des sorties dominicales : les visites en famille des chantiers en cours. Il nous dit que son père. Secrétaire Général de l'Association. s‘est beaucoup investi. ainsi que d’autres bénévoles.

    Des événements marquants parus dans la presse

    Quartier du Fort Nieulay

     9 décembre 1951, voyait par un dimanche matin éventé, le point de départ réel de cette Association puisque M. Gaston Berthe, Conseiller général, Maire de Calais, en présence de personnalités locales et extra-locales, dont MM. Bernard Chochoy et Albert Denvers Sénateurs, Castille ingénieur des Ponts et Chaussées, posait la 1ére pierre du groupe de 20 maisons Castors de la rue de Verdun...

     5 Octobre 1952 : Inauguration de la première maison des Castors du Calaisis, rue de Verdun.

     6 mars 1954 : Après demain, lundi, visite de M. Lemaire Ministre de la reconstruction. Sa visite, annoncée depuis un certain temps déja, est confirmée.

     Samedi 15 mai 1954 : Inauguration officielle de film Castors EDF. Les 18 maisons de la rue Virgile, Horace et Plaute ont été remises à leurs propriétaires en présence de nombreuses personnalités..Tous se plurent à féliciter les ouvriers Castors et se réjouirent du résultat obtenu..

     16 mai 1954 : Remise des clés des 5 dernières maisons Castors des Pâtes à Papier. Une cérémonie un peu rapide mais tort réconfortante s‘est déroulée rue J.B.Corot et elle a marqué une victoire de plus à l'actif de ceux qui luttent contre la crise du logement. Dans une de ces maisons. M.Weinbreck prit la parole pour signaler que le groupe du Beau-Marais avait nécessité pour chaque membre, 3.500 heures de travail et qu‘une maison revenait à 1.475.000 F.

     2 juin 1954 : La première maison de film des ”52 qui lut un certain temps le plus important chantier de France et de Navarre est bientôt terminée...

     Samedi 6 novembre 1954 : une manifestation de remise des clefs s'est déroulée rue de Verdun en présence de nombreux officiels :

    - MM. Le Sénéchal, Président des Castors du Pas de Calais et Député Maire de Marquise

    - Jacques Vendroux. Député du PDC.

    - André Parmentier, Maire de Calais

    - Jean Parmentier, Président des Castors du Calaisis

    - Marius Weinbreck, Directeur de la Société Calaisienne des Pâtes à papier

    - Victor Delval, Président de la CAP du Calaisis

     Plusieurs discours sont prononcés au cours d’un vin d'honneur.

    Quartier du Fort Nieulay

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