• Les tramways calaisiens

    De la fin du XIXème siècle jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le tramway sillonne les rues de Calais. Retour sur un mode de transport public qui marqua les esprits et le paysage urbain des Calaisiens.

    Les tramways calaisiens

     

    En 1873, observant l’extension d’une agglomération en pleine prospérité dentellière, deux sujets britanniques, M. Thomsett, consul d’Angleterre à Calais et directeur de la compagnie du “London Chatham and Dover rolling”, et Cecil Johnson, déposèrent un projet d’établissement d’un chemin de fer américain entre Calais, Saint—Pierre et Guînes.

    Suite à l’enquête d’utilité publique de 1876, un décret du 25 octobre 1877 signé de Mac Mahon, président de la République, accordait la concession et l’établissement d’un réseau de voies ferrées à Cecil Johnson, messager de la reine d’Angleterre. Dès 1878, la construction de la ligne 1 entre le passage à niveau des Fontinettes et la place de Guînes fut entreprise. L’arrêté préfectoral du 29 septembre 1879 autorisait l’exploitation par Auguste Gabriel, gérant de la compagnie des Tramways de Calais, et l’établissement d’un service de voitures publiques à Calais. Les 6 voitures spéciales tractées par des chevaux contenaient chacune 34 places. Pour 15 centimes à l’intérieur et 10 centimes sur l’impériale (1), le voyageur pouvait prendre le tram à n’importe quel endroit de la ligne : il suffisait de héler le conducteur pour monter en marche. Utile sur les grandes distances, la ligne 1 relie la place d’Armes à Guines, le tramway hippomobile se révèle bien lent sur les courtes distances : un bon marcheur met le même quart d’heure à se rendre du carrefour des quatre boulevards au pont de Saint—Pierre.

    Le 24 août 1879, Darnel, maire de la ville de Calais, édicta un règlement de police limitant la vitesse des chevaux, indiquant les tarifs, le port de l’uniforme pour les agents d’exploitation, 1e respect du nombre des places assises, l’interdiction des chiens comme celle du tabac à l’intérieur des voitures fermées. Par décret du président de la République, Jules Grévy,

    Cecil Johnson céda ses droits à la société anglaise dite “Tramways and general works company limited” puis, par une convention datée du 15 décembre 1881, la société dénommée “The Calais tramways company limited" fut créée.

     Face à l’engouement des Calaisiens, les conclusions de la conférence tenue le 14 avril 1901 préconisaient l’extension du réseau mais surtout l’utilisation de l’électricité.

    En 1904, la décision fut prise d’électrifier le réseau calaisien. L’inauguration eut lieu le 11 juin 1908 à Calais et le 1er mai 1910 à Guines. Cette substitution est rendue possible vers 1890 par l’invention du trolley : un dispositif composé d’une perche et d’un organe mobile qui sert à établir le contact entre le moteur et le câble conducteur.

    Cinq lignes supplémentaires étaient concédées à la société française des tramways de Calais.

    En 1919, le réseau de tramways à Calais comportait près de 15 kilomètres de voies ferrées et les lignes suivantes :

    * Place d’Armes / Saint—Pierre halte (2) : premier départ 6h40 ; dernier départ jusqu’au théâtre 20h40.

    * Place d’Armes / cimetière : premier départ 6h50 ; dernier départ jusqu’au théâtre 20h33.

    * Place d’Armes / Fontinettes : premier départ des Fontinettes 6h24 ; dernier départ 20h45.

    * Place d’Armes / porte de Lille : premier départ de la porte de Lille 6h53 ; dernier départ 20h42.

    * Porte de Gravelines / Fort Nieulay : premier départ 6h30 ; dernier départ 21h.

    * Ligne de Gaines : premier départ vers Guines place d’armes 6h03 ; Fontinettes 6h20 ; dernier départ des Fontinettes 19h20 ; dernier départ jusqu’à la planche Tournoire 19h50.

    Cependant, les lignes des tramways virent leur service supprimé petit à petit après la guerre de 1914— 1918.

    (1) Etage supérieur d’un wagon, d’un autobus, d’une diligence ou d’un tramway.

    (2) A proximité de la gare du même nom située route de Saint-Omer.

    Les tramways calaisiens

    Le tramway hippomobile se révélait un mode de transport relativement lent sur les courtes distances. C'est en 1904 que la décision fut prise d'électrifier le réseau.

    Les tramways calaisiens

    En 1908, on inaugure à Calais le réseau électrique. Substitution rendue possible par l’invention du trolley ; dispositif composé d’une perche et d’un organe mobile qui établit le contact entre le moteur et le câble conducteur.

    Les tramways calaisiens

    Grèves et conflits.

     

    Cette page d’histoire fut marquée par quelques conflits entre la direction et les traminots. Dès 1901, les employés de la compagnie font état de surmenage.

    Salembier, responsable du Parti Ouvrier des Calaisiens, en informe le maire le 8 août 1901. Le 28 février 1906, une convention annexe pour la durée de la journée de travail est signée. Néanmoins, plusieurs grèves éclatèrent notamment le 21 mars 1909, puis en 1919 malgré un accord faisant suite à la loi du 8 avril 1910.

    D’autres suivirent en dépit d’une convention d’indemnité de vie chère au personnel signée en 1919. Les revendications sont nombreuses entre 1919 et 1922 (loi de 8 heures, demandes d’augmentation des salaires, conflit pour la caisse de retraite).

    Le plus long conflit débuta en septembre 1936 pour s’achever au mois de novembre. Cette grève porta un coup au service qui ne devait plus reprendre en raison des frais d’exploitation élevés. La Seconde Guerre mondiale suspendit la circulation des tramways. Le 29 août 1950 il fut décidé de les arrêter définitivement.

    Dès 1952, les rails furent ôtés de la chaussée, la fin des tramways calaisiens avait sonné.

     

     

    Grégory Boyer pour le texte

    Service archive de la ville de Calais pour les cartes postales

    « Les heures glorieuses de la citadelleL’hôtel de ville »
    Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :