• On a retrouvé l'origine de l'épave réapparue sur la plage

    AUDRESSELLES.

     1/ La piste du fileyeur... qui finit sous terre

     Première piste avancée par un féru d'histoire locale : cette épave serait celle du Severine—Magali, un fileyeur qui s’était échoué à Audresselles en octobre 1991.

    Un poil décevant : on pensait qu’elle était bien plus ancienne !

    Un pêcheur boulonnais confirme cette version. Nous contactons Marylène Devin, veuve de l’armateur du navire. Qui dément : « Notre bateau s'est bien échoué, mais il a été renfloué, puis il a été enterré à Audresselles. II a servi de remblai à un terrain de jeu ! »

    2/ L‘hypothèse du « Gravelines », une fausse piste ?

     Retour à la case départ. On décide de faire appel à Antoine Benoît, un Audresselois bien connu dans le milieu de la pêche de loisirs. Il nous lance tout de suite sur une autre piste. « Cette épave, c’est celle du Gravelines », lâche-t-il, sûr de lui. Ce bateau de pêche se serait échoué sur la plage au début des années 1950.

     « L’épave avait disparu sous une butte de galets mais les gens d'Audresselles s’en souviennent bien.

    On jouait dessus quand on était petits, elle nous servait de plongeoir & marée haute. »

    Pour preuve, il nous envoie une photo de lui, son frère et sa sœur, posant devant une coque où l’on distingue l'inscription « Grav... ».

    Et nous renvoie vers un ouvrage, Rivages boulonnais, écrit par Olivier Lazzarotti. On y trouve plusieurs photos d’époque datées de 1952, sur lesquelles l'épave du Gravelines apparaît exactement dans la même position que les vestiges actuels.

     Alors, dossier classé ? Pas si vite ! Car on a beau chercher. Aucun document historique ne fait référence à ce mystérieux Gravelines.

    Pas de trace d’un bateau portant un tel nom dans les années 1950 encore moins d’un naufrage à Audresselles Et rien dans les archives de La Voix du Nord. Curieux...

      3/ Un « Espiègle » qui portait bien son nom

     Une troisième piste revient dans plusieurs mails adressés à notre rédaction : des lecteurs croient reconnaître la forme du chalutier gravelinois Espiègle, qui s‘était échoué face à la plage le 10 mai 1962. Guy Lardé, président de la station SNSM de Berck, en a des souvenirs précis :

     « Les coefficients de marée étant en baisse, il devait être renfloué la semaine suivante mais une tempête a détruit le chalutier. »

    On consulte nos archives. Bingo : les éditions de La Voix du Nord de mai 1962 recoupent ces infos.

    Mieux : des photos montrent le navire échoué exactement au même endroit que l'épave d'aujourd‘hui. Et sur la partie arrière apparaît une inscription qui nous fait sursauter : « Gravelines » !

    Les deux bateaux étaient en fait le même. L’Espiègle portait simplement sur sa poupe le nom de son port d'attache. Les méandres du temps ont nourri la confusion dans la mémoire collective. Cette fois, le mystère semble enfin éclairci... jusqu'à preuve du contraire !

    Le chalutier n’a pu être sauvé

    L'énigme est donc levée, il s'agit bien de l'épave de L'Espiègle, un chalutier gravelinois. Deux spécialistes nous ont permis de confirmer cette thèse : Christian

    Gonsseaume, auteur d‘ouvrages historiques, et Alain Richard, spécialiste des épaves (1).

    Ce 10 mai 1962, L'Espiègle s'échoue à Andresselles à 17 h 30 en voulant éviter un banc de rochers. Le canot de sauvetage de Boulogne intervient mais ne peut dégager le navire par manque d’eau. Le chalutier Hélène tente ensuite de le renflouer, sans succès. Le temps se gâte. Le patron Joseph Thomas et ses deux matelots assistent impuissants à la démolition de leur chalutier sous la tempête.

    L'épave restera longtemps visible sur la plage, avant d’être engloutie par les galets. Elle est ressortie ces dernières semaines sous l’effet des mouvements de sable.

    Source : « Naufrages et fortunes de mer sur les côtes de Picardie, du Boulonnais et du Calaisis », tome 2, de Christian Gonsseaume. Ouvrage disponible au Musée de la marine à Etaples.

     (1). Alain Richard est responsable du Groupe plongée épaves du comité départemental Pas-de-Calais de la FFESSM.

    On a retrouvé l'origine de l'épave réapparue sur la plage

    On a retrouvé l'origine de l'épave réapparue sur la plage

    Cette photo; issue de l'ouvrage d'Olivier Lazzarotti, montre « l'Espiègle » peu après son échouement sur la plage d’Audresselles...

    On a retrouvé l'origine de l'épave réapparue sur la plage

     

    « Un sous-marin allemand qui s'était échoué en 1917 resurgit des sablesUne grotte « à loques » encore visitée aujourd'hui »
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