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    Quatre-Coins (rue des) Boulevard Jacquard - rue des Salines

     Certains affirment que son nom vient de quatre maisons identiques, construites à l’angle de la rue Alfred Delcluze. Ce qui est sûr, c’est qu’elle avait cette appellation en 1829. Avant, c’était la rue de Rivoli. Cette artère a été rudement éprouvée par les deux guerres. La première bombe lâchée, le 25 septembre 1914, d’un avion fut pour elle. Elle transperça la véranda du n°6, mais sans exploser. En revanche, le 13 novembre 1917, une autre bombe aérienne tomba sur un café, au n° 157, et fit douze morts. En septembre 1940, des torpilles anglaises détruisirent l’usine de tulle Vampouille et Duquenoy, à l’emplacement du centre de biologie du Calaisis. Et, en avril 1942, les débris d’un avion anglais traversèrent le toit de la fabrique de dentelle Henri Hénon. Située à l’angle de la rue du Onze Novembre, cette usine a été rasée pour l’édification d’un ensemble résidentiel.

     En dépit de ces destructions, la rue a gardé son cachet. On y trouve de nombreuses maisons doubles et symétriques, et des ateliers de dentelle comme, au n° 168, cette ancienne fabrique Vieillard Frères, avec son incroyable façade de briques vernissées et son long fronton sculpté. Les petites maisons ouvrières et rurales, tel que le café du n°5, se mêlent aux grandes maisons bourgeoises, avec leur bow-window et leur belle porte cochère. A noter un groupe de constructions répétitives du n°32 au 36, avec leur façade opposant la brique et la pierre calcaire, et leur fronton cintré du XVII° siècle.

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    Au long de cette artère, habitations et ateliers alternent. Ainsi, à l‘angle de la rue Monseigneur Piedfort, se dresse l’usine de dentelle Darquer. Certaines fenêtres ont été rendues opaques pour protéger les textiles des rayons ultra-violets.

    Raphaël (rue) Boulevard de l’Egalité - rue Mignard

     Pendant de la rue Le Titien qui lui est parallèle, cette ruelle se trouve dans le quartier où se côtoient aussi Picasso, Brancusi, Zadkine, Zwobada...

     Elle rejoint la rue Mignard, nom d’un peintre du XVIIe siècle, qui constituait autrefois la rue des Hautes-Communes.

     C’est le bon docteur Cuisinier qui, à la fin du siècle dernier, fit le choix du nom de Raphaël (1483-1520) pour baptiser cette rue du quartier de l’Egalité.

     Architecte du palais Pandolfini à Florence et peintre de la Grâce des madones, Raphaël aurait-il trouvé dans la configuration de cette rue matière à peindre ?

     Peut-être, en voyant ces quelques façades de briques peintes et la symétrie de deux petites maisons rurales basses.

     Sûrement plus, en découvrant le charme verdoyant et paisible d’une placette plantée de vieux arbres au milieu d’une verte pelouse, sur laquelle débouche cette rue, anonymement perdue à l’autre bout de la Nouvelle-France.

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    Tout au bout de la Nouvelle-France, cette ruelle, bordée de petites maisons rurales, débouche sur une placette plantée de vieux arbres.

    Ravisse (rue Charles) Place d’Armes - boulevard des Alliés

     Coincée entre deux immeubles sous lesquels il faut passer, cette venelle n’offre au regard qu’un marché couvert transformé en temple du basket et des façades néo-flamandes agrémentées de végétation.

     Sous l’occupation anglaise, c’était la Pickering Street. En 1700, elle devint la rue de Maistre-Renard avant de prendre le nom de l’enseigne d’un ancien mayeur « Tête d’or ».

     En 1919, le conseil municipal la baptisa du nom d’une famille connue pour ses actions en faveur de la ville et de son port. Adjoint au maire lors de la fusion avec Saint-Pierre, Charles Ravisse (1819-1905) fut président de la commission des affaires communales. Son fils Henri devint, à son tour, adjoint et président de la Chambre syndicale des fabricants de dentelle. Son petit-fils Charles, courtier maritime, fut élu président de la Chambre de commerce et d’industrie en 1962. Et son arrière-petit-fils, Henri, lui aussi courtier maritime, fut le combatif président de cette assemblée consulaire de 1980 à avril 1997, date de son décès.

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    Cette ruelle vaut surtout par le nom qu’elle porte et qui honore la famille Ravisse, si dévouée à la cause de la ville de Calais et de son port.

    Régniers (chemin des) Rue du Texas - Coulagne

     Au temps jadis, la rampe des Fontinettes n’existait pas et, pour passer de Calais à Coulogne, il fallait franchir une ligne ferroviaire, avec deux passages à niveau.

     On l’a appelé le chemin du Pont—du-Leu, jusqu’au jour où le conseil municipal décida, en 1891, de lui donner ce nom de Régniers, sans doute le propriétaire d’un terrain. Le pont du Leu était un ouvrage d’art du XVII" siècle édifié sur le watergang de Laubanie. Il y a deux versions sur l’origine de ce nom : certains y voient une référence au mot loup qui, en ancien français, s’écrivait leu ; d’autres parlent de la déformation de Leleu, nom d’un fermier voisin du pont.

     A l’angle de la rue du Pérou, au n°36, le Café de la Cité est un des plus anciens estaminets de Calais puisqu’il date de 1884. Le chemin des Régniers compte également une école baptisée Pauline Kergomard (1838—1925), à la mémoire de la pédagogue bordelaise qui fut l’une des fondatrices de l’école maternelle de France. Les commerces alternent avec des habitations comme le n°62, avec sa façade mêlant les briques jaunes et rouges et sa lucarne en bois, ou le n°66, cette belle maison de 1911, avec son balcon en ciment-pierre et les motifs floraux de sa frise en céramique. A noter deux belles propriétés dans leur parc vers le bout de cette rue, ainsi qu’on en trouve, abritées derrière leurs arbres, un peu partout dans le Pont-du-Leu.

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    L ’origine du nom de ce chemin du Pont-du-Leu reste un mystère. Certains pensent que Régniers était le nom d ’un propriétaire de terrain ; d’autres que cela fait référence aux relais de chevaux qui s ’y trouvaient, avec une allusion aux rênes.

     

    Reine (rue) Boulevard des Alliés - rue Pierre Mulard

     Enfant du Courgain-maritime, Dominique Edouard Reine (1809-1847) est issu d’une famille de constructeurs de bateaux. Entré dans la Marine royale, il devint lieutenant de frégate à 24 ans, et s’il- lustra dans les mers du Sud, ce qui lui valut de recevoir la Légion d’honneur. L’amiral Dupetit-Thouars en fit son aide de camp avant qu’il ne fût nommé gouverneur de Tahiti à l’époque où l’île était sous protectorat français. Nommé commandant du navire à vapeur, Le Phare, il mourut à Alger à 37 ans.

     En 1885, le conseil municipal lui rendit hommage en donnant son nom à une petite rue du Courgain-maritime. Ce quartier ayant été entièrement rasé durant la dernière guerre, les élus ont rebaptisé une venelle du nouveau-Courgain. Elle comporte juste un immeuble collectif et vaut surtout par son passé. Celui qui demeure dans le souvenir des anciens Courguinois, dans les vieilles cartes postales et les photos jaunies. Dans ce quartier unique à l’habitat entre-mêlé et dense, où parfois il fallait passer par la porte du voisin pour entrer chez soi, elle était la rue la plus étroite. On dit même qu’en tendant les bras, on pouvait toucher les deux murs. Certains affirment que c’était pour se protéger du vent, mais la raison en était surtout l‘exiguïté de ce faubourg de pêcheurs et d’ouvriers portuaires, enserré dans les murailles d’un bastion militaire. Certains habitants occupaient même le sous-sol et s’accoudaient aux marches de la cave pour parler avec leurs voisins... 

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    Ce banal immeuble collectif né de la reconstruction ne dit rien du passé de cette rue pittoresque. Une venelle si étroite qu ’on raconte qu ’en tendant les bras, on pouvait toucher les deux murs. Mais la Seconde Guerre mondiale est passée par là, sans rien laisser.

    Richelieu (rue de) Place du Maréchal Foch - rue du Seigneur de Gourdan

     C’est en 1885 que la rue du Cours Sud prend le nom de Richelieu (1585-1642) et qu’elle le redevint en 1951, lors de la reconstruction de Calais-Nord. Le cardinal et ministre de Louis XIII avait fait restaurer la citadelle de Calais tout en cherchant à développer Saint-Pierre-les—Calais. C’est à lui qu’on doit le tracé de ses principaux axes. Il avait même en projet un grand port de guerre à l’ouest de la citadelle, mais la mort l’emporta avant d’avoir pu le réaliser.

     En hommage à cet homme d’Etat qui fonda l’Académie française, un buste en bronze avait été installé en 1632 dans la citadelle. Il fut caché sous la Révolution et replacé sur le place d’Armes. Il est maintenant dans le hall de l’hôtel de ville.

     Aujourd’hui, la rue est un long alignement d’immeubles construits à l’identique face à un joli parc qui, lui aussi, porte le nom de Richelieu. Ce jardin a  été réalisé sur les terrains d’un ancien glacis du front sud, après la disparition des fortifications de Calais. Il a été créé en 1862 par Charles Isaac,à qui l’on doit aussi le parc Saint-Pierre. Pendant la guerre 1914-1918, une galerie antiaérienne de 270 m de long pouvant abriter 2 000 personnes avait été aménagée dans les vestiges des remparts. Détruit durant la grande guerre, le jardin fut transformé par l’armée anglaise en aire de cuves à essence, à la Libération. Il fut restauré en jardin public en 1956, avec le grand bassin d’eau à cascade qui le caractérise encore aujourd’hui.

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    Reconstruit en 1965, le musée abrite une collection de sculptures des XIXe et XXe siècles organisées autour des œuvres de Rodin, des peintures des écoles flamande et hollandaise, des dessins et aquarelles ainsi que des vêtements et des outils de la dentelle.

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    Réalisé à l’emplacement des anciens glacis des remparts sud de Calais, ce joli jardin a été créé en 1862 par Charles Isaac qui ouvrit également le parc Saint-Pierre. Restauré après la guerre, en 1956, il offre aujourd’hui aux visiteurs un cadre aussi vert qu ’apaisant.

     En plus de la rue et du parc, la ville avait également donné le nom de Richelieu, décidément très en cours à l’époque, au bassin de la Batellerie, au pont George V et à une porte démolie en 1880, à l’actuel boulevard Clemenceau et à la place Foch.

     A l’angle de celle-ci et de la rue Richelieu se trouvait le monument aux morts de la Grande Guerre, sculpté par Moreau-Vouthier qui fut érigé à l’emplacement du monument des Six Bourgeois de Rodin en 1926. Détruit lors du conflit de 1939-1945, celui-ci a fait place en 1962 à un nouveau mémorial consacré aux morts des deux guerres et dû au sculpteur Yves de Coëtlogon.

     La rue Richelieu compte un musée des Beaux-Arts et de la Dentelle qui remplace l’ancien, détruit avec ses collections lors de l’incendie de l’ancien beffroi de la place d’Armes en mai 1940. Le musée avait été créé en 1836, et comptait le peintre et aquarelliste Louis Francia (1772-1839) parmi ses fondateurs. Le nouveau bâtiment a été construit en 1963 et inauguré en 1965. Il abrite ce qui reste des collections de l’ancien musée et de celles du musée de la dentelle ouvert en 1926. On y trouve notamment des sculptures des XIXe et XXe siècles autour des œuvres d’Auguste Rodin, et des peintures des écoles flamande et hollandaise des XV“, XVIe et XVIIe siècles. Le musée possède également un fonds important de dessins, aquarelles et estampes ainsi qu’une collection considérable d’échantillons et de vêtements de dentelle, d’outils et de plans évoquant l’histoire de la dentelle mécanique à Calais aux XIXe et XXe siècles.

    Royale (rue) Place Foch - place d ’Armes

     Ce nom de rue est parmi les plus anciens de Calais. Avant de prendre celui de rue Royale en 1700, elle s’est appelée Great Friars Street (rue des Grands- Frères) sous l’occupation anglaise jusqu’au XVIe siècle, puis rue des Carmes en raison de la présence d’un couvent anglais. Devenue rue de Diane en 1680 en l’honneur de Diane de Poitiers, elle fut rebaptisée rue Nationale en 1790 pour cause de révolution, puis rue de l’Egalité, rue Bonaparte en 1800. D’impériale en 1815, elle devint Nationale en 1830 avant qu’un conseil municipal de 1852 ne décide de l’appeler, une fois pour toutes, Royale. Totalement rasée en 1940, elle a été reconstruite avec l’incontournable brique rouge du style néo-flamand et un conseil municipal de 1957 lui a redonné le nom de rue Royale. Elle est aujourd’hui un des principaux axes commerçants de la ville.

     Avant la destruction de cette rue, s’y trouvait l’Hôtel Dessin, célèbre établissement où descendaient nombre de rois et de personnalités d’alors. C’est ainsi qu’en 1831, il reçut Léopold Ier de Belgique : de retour d’Angleterre, celui-ci rentrait dans son pays pour y retrouver son trône. Apposée à l’angle de la rue Félix Cadras, une plaque rappelle cet événement. Autre lieu historique, l’Hôtel du Sauvage avait été ouvert en 1820. Il accueillit des gens célèbres comme Jean Jaurès, le maréchal Foch, le compositeur Camille Saint-Saëns, l’aviateur Louis Blériot, le duc de Windsor.

     

     

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    Au bout de cette rue très commerçante, se profile la silhouette de la tour du guet, monument classé depuis 1931 qui a miraculeusement traversé les guerres. On dit que la première datait des années 800. Celle qu ’on voit ici fut reconstruite au début du XVIIe siècle.

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    C ’est à l’architecte Georges Labro qu ’on doit la reconstruction de cette artère après la guerre. Il y reprend le style néo-flamand en vogue à l’époque, avec tout un travail sur les balcons en nid d’abeille et les commerces intégrés en rez- de-chaussée.

     

     On sait aussi que le beau Brummell, de son vrai nom George Bryan (1778-1840), habita la rue Royale. Ce dandy londonien, ami du prince de Galles, s’était exilé en France en 1816 pour échapper à ses créanciers.

     Rue Royale, existait un cinéma, Le Crystal Palace, ouvert au début du siècle et reconstruit après la Seconde Guerre mondiale. Il a laissé la place à un casino dont l’entrée se situe dans le passage Jules Peumery, relié à la rue Leveux. Propriétaire de l’immeuble, Jules Peumery était le fondateur du journal local "Le Phare de Calais".

     La rue Royale débouche sur la place d’Armes, là où avaient lieu les cérémonies militaires au temps où Calais avait une garnison. Rebâtie après la guerre - certains disent détruite une seconde fois par la reconstruction -, elle accueille aujourd’hui les foires et les fêtes au milieu d’immeubles en barre. De son histoire ne subsiste que la tour du guet, monument classé depuis 1931, qui a traversé miraculeusement les guerres. Elle daterait de Charlemagne autour des années 800. A la fin du XII“, sous Philippe le Bel, elle faisait partie des fortifications. Lors d’un tremblement de terre, elle s’effondre partiellement en 1580. Relevée de ses ruines en 1606, elle menaça de finir dans un incendie en 1658. En 1804, Napoléon y établit un télégraphe permanent entre la Grande Armée et Paris au cours de sa préparation de l’invasion de l’Angleterre. C’est par ce poste qu’aurait été connue la mort de l’empereur en 1821. En 1818, la tour a été aménagée en phare, avec des lampes à huile.

    Le service de guet a fonctionné jusqu’en 1905 et le dernier gardien quitta la tour en 1926.

     

     

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