• Quartier du Petit Courgain et Saint-Pierre

    Grande Rue du Petit Courgain

     

    Quartier du Petit Courgain

    Monsieur et Madame F0LLET

     On commençait à parler un peu partout à Calais des Castors.

    Un beau jour, un terrain a été mis en vente. Je me suis renseigné et mis aussitôt volontaire. Heureusement car tout le monde l‘a su et il n‘en fallait que 12. Ce sont les premiers inscrits qui ont été retenus. 

     Ces maisons étaient prévues en 4 blocs de 3 (2 blocs en bordure de route et 2 blocs en retrait} J'ai commencé en 1953. A cette époque j'étais célibataire comme deux autres du groupe (le critère familial n'ayant pas été retenu.).

     J‘ai été désigné comme ”responsable” sur ce chantier : contact avec l‘architecte, les fournisseurs. noter les heures, tenir la comptabilité, caries comptes n‘étaient pas les mêmes pour tous, selon le choix des sanitaires et carrelages. Il fallait tenir 12 comptes différents.

     M. Follet se souvient des premiers plans. Pour entrer dans la maison, il fallait passer parla salle de bains. Il a proteste, et l'architecte lui a répondu : Ce n‘est pas grave, vous n‘aurez qu‘à mettre un rideau. Bien entendu, personne n'a accepté et les plans ont été modifiés. lci toutes les fondations ont été faites par nous. On allait aussi donner un coup de main rue Plante et eux faisaient de même. Mon Père, lui, construisait rue Léonard de Vinci, nous nous aidions mutuellement.

    Je devais parfois relancer les absences trop prolongées. Certains étaient tellement fatigués que la famille a été mise à contribution {comme ce père qui a bossé pour deux).

     Un jour, j'étais en retard de paiement, un fournisseur n 'a plus voulu livrer. J‘ai contacté le Bâtonnier de Boulogne qui m'a dit : “comment pour un retard, on ne vous livre plus, mais alors les constructions vont s'arrêter, les Castors n'auront pas leur maison et les fournisseurs encore moins leur argent“. Il est intervenu, huit jours après les matériaux étaient là..

     Tout s'est bien passé dans l'ensemble même s'il y a au des moments difficiles... certains, voulant être servis avant d ‘autres, en sont venus aux mains {résultat : un mois avec des lunettes noires...)

     Le calé épicerie de la rue, ouvert a 6 h du matin, nous réunissait tous les samedis midi pour l'apéro... un petit blanc.

     On y trouvait de tout. même le nécessaire de premier secours, se souvient Mme Follet, qui un jour s‘est blessée dans les barbelés en venant voir son fiancé sur le chantier.

     QUARTIER SAINT - PIERRE

     Boulevard Curie

    Quartier du Petit Courgain et Saint-Pierre

    Madame Mignien qui habite ce lotissement avec son époux ( tous deux d‘origine), s‘est manifestée deux jours avant notre fête en disant ”vous ne parlez jamais des Castors du Bd Curie" Nous sommes allés leur rendre visite et revenus avec cette très belle photo de groupe. ci-après qui a trouvé sa place dans notre exposition.

    Quartier du Petit Courgain et Saint-Pierre

    Monsieur et Madame COUBELLE

     Ce chantier était composé pour la plupart, d'ouvriers et d'employés de chez Dion Lavoine et de Nord Littoral

     Nous n'a viens pas les moyens; un jour alors que nous étions en grève, nous sommes allés demander de l'argent au patron de chez Dion qui nous a répondu “vous êtes culottés, vous faites grève et vous me demandez de l’argent. Il a quand même aidé pour l'achat des terrains. M. Jean Baratte de N. L. a fait de même, ce qui nous a permis d'avoir une machine à faire les parpaings.

     Nous avons commencé les parpaings en 1952 chez le marchand de bois M. Schwaert, le long du canal. Un jour alors qu'on était à l'oeuvre, un gars de chez Minet Vincent, voyant la quantité de ciment qu 'on y mettait, a dit ' ce sont des parpaings de luxe“.

    C‘est vrai qu ‘ils sont très solides. On s'en aperçoit encore aujourd'hui quand on veut faire un trou. Ici derrière il y avait un petit bois, les enfants y jouaient pendant que je cousais ou tricotais. Quand il a été abattu ça m'a fait mal.

     Le lotissement est construit sur la rivière des “Caillettes' en partie comblée par le monument aux morts de Calais Nord détruit pendant la guerre.

     

    M. Parmentier qui guidait les travaux passait souvent. M. Delgrange, lui. était responsable et faisait toutes les démarches même jusqu 'à Paris pour aller défendre notre cause auprés des autorités et faire accepter les constructions en F.5., alors qu 'il était prévu des : F.3, 4 et 5.

     On voulait une uniformité par souci d'égalité.

     Pour financer ce voyage, nous avons vendu des rails de chemin de fer.

     C‘était dur, il y a même ou un accident mortel : un mur est tombé sur un ouvrier, à cause du vent, ce n‘était pas un Castor, mais quand même ça nous a marqués. Ces maisons ont été attribuées par tirage au sort.

     Un dimanche, à la messe, le Chamoine Desseilles de St. Pierre voyant nos difficultés a sollicité ses paroissiens pour acheter symboliquement un parpaing. Nous avons pu ainsi acheter toutes les serrures et poignées de portes.

     On aurait pu avoir un terrain plus grand pour le jardin. Ce même prêtre qui n'avait pas peur de salir sa soutane sur le chantier, s'était offert pour avancer l'argent (c‘est important un jardin disait-il), mais tout le monde n‘était pas d'accord. alors cela ne s'est pas fait. Nous sommes restés avec notre petit jardin. Nous avons quand même un petit accès par derrière, mais pour la voiture... c 'est très difficile.

     Quand je suis venue visiter, presque à la fin (les WC n étaient pas encore posés, juste un trou). J 'ai eu beaucoup d émotion, je ne pouvais pas croire que ça allait être ma maison, c‘était trop beau. Pensez donc, nous habitions rue des Fontinettes un petit deux pièces avec deux enfants. Quand elle nous en parle, elle est encore toute émue.

     Nous n 'a vans pas eu de problème majeur, une grande solidarité nous a soudés, nous avons passé de bons moments ensemble qu 'on n 'oublie pas.

     A la fin, nous avons sollicité tous nos fournisseurs pour faire un repas qui nous a tous réunis à Marck. Nous avons mangé du canard à l‘orange et sommes rentrés a‘ 3h du matin en chantant et en taxi. Nous avons emménagé en mai 57, nous étions parmi les quatre derniers, ce fut une grande joie.

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