• R.C.Calais 27 novembre 1934

     Le Havre, dimanche.

    UNE fois de plus, l'équipe du Havre Athletic Club n'a pas été très heureuse sur son terrain de la Cavée Verte. Ce n'est pas que la résolution, l'énergie, le désir de vaincre les Calaisiens lui aient manqué ; mais tout cela ne suffit pas, en la circonstance, pour lui apporter la récompense de ses efforts.

    Est-ce pour se singulariser ? Le H. A. C. a gagné la plupart des rencontres qu'il a jouées sur terrain adverse, et il a perdu non moins régulièrement à la Cavée Verte. Comme s'il tenait beaucoup à prouver qu'il n'est pas de règle sans exception.

    Déjà très éprouve par le départ d'Adamek et de Soldatics, le H. A. C. dut pourvoir au remplacement de Cléron et Borsenberger. C'était engager la bataille dans des conditions défavorables et aller au-devant d'un nouvel éehec.

    On ne fut donc pas trop surpris de voir les Calaisiens prendre l'ascendant sur la formation locale et réussir deux buts grâce à Allison et François.

    Pour comble de malheur, la nouvelle recrue autrichienne Spechtl sortit mal en point d'une collision avec le gardien calaisien et dut être transporté au vestiaire dix minutes avant le repos. Deux buts de retard, l'avant-centre mis hors de combat : comment les Havrais allaient-ils se tirer de là ? Leur sort semblait bien compromis.

    Or, la seconde mi-temps ne fut pas telle qu'on l'attendait. Spechtl. moins gravement blessé que ne le craignaient ses dirigeants, reprit sa place et, animé d'une ardeur nouvelle, marqua un beau but, puis faillit en réussir deux autres. Encore une anomalie qui donnerait à croire que Spechtl gagne à être fortement bousculé...

    Deux buts à un : se rendant compte alors qu'ils n'avaient pas à perdre espoir, les Havrais forcèrent l'allure, égalisèrent à la faveur d'un corner transformé par Guérin, mais durent s'en tenir là, sans pouvoir tirer profit d'offensives à peu près ininterrompues.

    En début de saison, j'avais vu le H. A. C. fournir contre le C. A. P. une exhibition pleine de promesses.

    Grâce à Schillemann, Adamek, Soldatics, la plupart des opérations étaient menées avec pondération et un grand souci de précision.

    Or, c'est une équipe nouvelle et un jeu tout différent que je trouve à trois mois de là. La pondération n'est plus guère à l'honneur, et le souci de précision a fait place au désir d'envoyer la balle le plus loin possible vers le but adverse. Je me demande si la seconde manière marque vraiment un progrès sur la première et si la rentrée de Schillemann, susceptible d'entraîner un retour en arrière, n'est pas doublement souhaitable.

    Il s'agit surtout pour les demis de recourir le plus souvent possible à la passe, au lieu de dégager loin et fort. Comment des footballeurs expérimentés peuvent-ils méconnaître ce principe élémentaire ?

    A dire vrai, les demis calaisiens donnèrent dans le même travers, si bien qu'en réalité chaque équipe comprenait cinq arrières, et que la balle ne restait jamais très longtemps au sol. Il faut bien dire qu'à présent, l'adresse et l'énergie ne peuvent suffire à elles-mêmes.

    Il n'y a pas à faire d'autres reproches aux deux équipes qui rivalisèrent d'entrain, de courage et poussèrent même parfois le zèle jusqu'à l'abnégation.

    Chez les Havrais, les deux Autrichiens d'importation récente se comportèrent fort bien.

    Chez les Calaisiens, certains joueurs se dépensèrent avec une folle prodigalité pendant la première mi-temps, si bien qu'ils peinèrent par la suite, et durent subir la loi de l'adversaire.

    Allison ayant été blessé après le repos, la ligne d'attaque fut assez facilement maîtrisée, malgré toute la vaillance du jeune Deléglise.

    Quoi qu'il en soit, l'équipe calaisienne a prouvé au Havre qu'elle est redoutable partout, et non seulement sur son propre terrain. Et c'est une chose qui compte. VICTOR DENIS.

    H. A. C. : Lœhr ; Gruber, Calai ; Roussel, Puga, Begin ; Lecomte, Guérin, Spechtl, Fiévet, Glémot.

    R. C. Calais : Vandenberghe ; Philippo, Louchez ; Grandjean, Maloney, Triquet ; François. Walker. Allison, Deléglise, Herrewyn.

    R.C.Calais 27 novembre 1934

    HAVRE A. C.-CALAIS (2-2), A LA CAVÉE VERTE : LA VISIBILITÉ N'EST PAS TRÈS BONNE LORSQUE L'AVANT-CENTRE CALAI SIEN ALLISON MARQUE LE PREMIER BUT DU MATCH

    R.C.Calais 27 novembre 1934

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