• Calais-Anvin, la ligne du "train du plaisir"

    Avant que la ligne Calais Fontinettes-Lille ne devienne la référence pour des milliers de voyageurs, une autre ligne du Calaisis avait connu son heure de gloire au début du 20e siècle. De Calais Saint—Pierre à Anvin, près de Saint-Pol—sur—Ternoise, 95 kilomètres de voies passaient par les communes de Bonningues—les—Ardres, Tournehem-sur—la-Hem, Zouafques, Louches, Autingues, Brêmes-les-Ardres, Balinghem, Andres, Guines, Saint—Tricat, Hames-Boucres, Fréthun et enfin la cité des Six Bourgeois.

    Particularité de celle-ci, c‘est une voie de chemin de fer dite « étroite », afin de mieux s’adapter au terrain et avec un coût de construction moins élevé, même si la ligne a coûté près de 5 688 000 millions de francs de l’époque. Les travaux se sont achevés en 1881 et l’ouverture de la ligne en 1882 a constitué une révolution dans un temps où la voiture n’existait quasiment pas. Mais il ne fallait pas être très pressé ! Il fallait 6h39 au train pour parcourir entièrement la ligne, 1h02 mn pour un Calais—Ardres et 38 minutes pour Calais-Guînes. La fréquence n’est pas non plus le point fort puisque, sur neuf trains au départ de Calais, deux seulement allaient jusqu‘à Anvin, quatre s’arrêtant à Guînes et les autres à Ardres, Bonningues-Ies-Ardres et Fruges.

     A LA MER OU DANS LA FORET

     « Que de services rendus par cette ligne ! » peut—on se dire avec le recul. Le train a été rapidement surnommé le « train de plaisir» car la compagnie d‘exploitation n’hésitait pas à organiser des navettes spéciales en cas d’événement. La proximité de la voie par rapport à la forêt de Tournehem a aussi permis aux amoureux de la nature de passer de beaux dimanches. Et inversement pour ceux qui préféraient la mer. Il était aussi régulièrement utilisé pour des mariages, communions, excursions scolaires... Le train a aussi connu des périodes tourmentées pendant les guerres mondiales, en servant au transport de soldats en 14—18 et en étant régulièrement mitraillé et bombardé en 39—45, quand il dut partager ses voies avec le train militaire allemand. 

     Même l'ouverture de la ligne de tramway Calais-Guines en 1910 (stoppé en 1940) ne mit pas à mal la destinée du train. 1932 est une année charnière pour la ligne puis-qu'arrive l’éclairage des trains à l’électricité, et la première automotrice y fait des essais.

     L‘ADIEU EN LUMIERE

     Après la guerre, en 1946, la ligne est scindée en deux: Lumbres-Calais et Lumbres—Anvin. La relance est difficile mais le train a gardé son côté paisible. Comme l'écrivait Monsieur Ardun-Dumazet en 1912: « Le chemin de fer de Calais à Anvin ne gâte pas le charme tranquille du paysage. Il est si petit, si peu gênant; on lui pardonne volontiers ».

    C’est finalement le 28 février 1955 que la ligne Calais-Anvin tira définitivement le rideau après 73 ans de bons et loyaux services. Des gros pétards et des lampions tenus par les habitants attendent la dernière rame pour son entrée en gare de Guines sur le coup de 19h20. Monsieur Macquet, le chef de gare, ne peut retenir ses larmes face à cet adieu. Une ligne d'autocar lui succéda mais a disparu elle aussi.

    Aujourd’hui, ce sont les vélos et randonneurs qui ont pris le relais: la véloroute qui doit relier Calais à Saint—Omer une fois achevée emprunte le trajet de l‘ancienne ligne, et on peut déjà l'emprunter entre Coulogne et Guines sur six kilomètres. Quelques vestiges bien cachés de la ligne subsistent encore, avis aux aventuriers ! .

     FRANCOIS DELENCRE

     Un grand merci à Sylvie Demilly, de la société historique d‘Andres, et à Éric Buy, de la société historique. de Guines, pour le prêt de documents.

    LES TRAINS DANS LE RESTE DU CALAISIS

    Calais-Anvin, la ligne du "train du plaisir"

     

    Avant Calais-Anvin, une première ligne desservait le Calaisis dès 1848 entre Calais Fontinettes et Lille. Elle dessert aujourd’hui onze gares et passe par Armentières, Hazebrouck, Saint—Omer, Watten, Ruminghem, Audruicq, Nortkerque, Pont d'Ardres et les Fontinettes. Electrifiée en 1964 et 1993, la ligne voit passer une cinquantaine de trains par jour, et la gare d'Audruicq (la plus fréquentée du Calaisis hors Calais, photo) recense plus de 220 000 mouvements de voyageurs chaque année.

    Mise en service en 1876, la ligne entre Coudekerque-Branche et Calais Beau-Marais/Fontinettes a été totalement électrifiée en 2014 (ce qui s'est traduit par un bond spectaculaire de fréquentation), et pourrait être relancée via le projet de la mairie de Maer de réinstaller une halte ferroviaire.

    Enfin, la dernière ligne (TER s'entend—il) à desservir le Calaisis est celle entre Boulogne et Calais—Ville, avec jusqu‘en 1994 un terminus à la défunte gare de Calais-Maritime. Marquise-Rinxent, le Haut—Banc (Ferques), Pihen-les-Guînes et Cafiiers voient passer les trains, même si, pour ces trois dernières, le nombre de mouvements par an ne dépasse pas les 7 000 personnes.

    Pin It

    votre commentaire
  • Cinquante policiers municipaux veillaient sur les Calaisiens

     

    Photo de famille des policiers municipaux en charge de la sécurité à Calais, en 1907.

    Voici la cinquantaine de policiers municipaux qui veillaient en 1907 sur la sécurité des 67 000 Calaisiens. Ils arboraient quasiment tous une moustache, portaient képi et cette veste d’uniforme à double rangée de boutons dorés. Il n’existait pas de police nationale.Dans les villes de plus de 5 000 habitants, le commissaire de police, nommé et contrôlé par le préfet, dirigeait la police municipale sous les ordres du maire, en l’occurrence Edmond Basset en 1907.

    Cinquante policiers municipaux veillaient sur les Calaisiens

    Ce policier sur la plage, pantalon blanc, tenue d’été de rigueur, veillait à ce que baigneurs et baigneuses portent une tenue décente.

    Cette organisation des services de sécurité publique perdurera jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. La police municipale était proche de la population. En plus de sa mission d’assurer le maintien de l’ordre, les policiers se préoccupaient de la salubrité publique. Ci-dessus, ce policier sur la plage, pantalon blanc, tenue d’été de rigueur, veillait à ce que baigneurs et baigneuses portent une tenue décente.

    Pin It

    votre commentaire
  • Un déluge de bombes allemandes a touché Calais dans la nuit du 3 au 4 septembre 1917

    Terrible "raid boche" à Calais

     

    Les dégâts causés par le raid sont très importants ( Archives municipales de Calais, 43Fi265, tous droits réservés).

    Durant les premiers jours de septembre 1917, une vague de bombardements touche les villes de la Côte d'Opale et de l'arrière-pays: Boulogne, Saint—Omer et Dunkerque sont sévèrement touchées. Calais et le Calaisis ne font pas exception. La cité des Six Bourgeois connaît durant la nuit du 3 au 4 septembre 1917 un déluge de bombes qui, de par son intensité, contraste avec les raids précédemment essuyés. Les Gothas entrent une première fois en action vers 22 h le dimanche 2 septembre. Beaucoup de Calaisiens, terrorisés, reconnaissent le bruit caractéristique de leurs moteurs et vont se réfugier dans les caves mises à leur disposition. Mais les tirs de barrage de la D.C.A. s’avèrent efficaces pour repousser l’assaut. Empêchés de survoler la ville, les avions remettent au lendemain l'accomplissement de leur besogne.

     SIX HEURES DE BOMBARDEMENTS

     À partir de 21 h 19 le 3 septembre jusqu'à 2h50 du matin, de petits groupes d'avions ennemis se succèdent à intervalles de 15 minutes. La D.C.A. fait pleuvoir sa mitraille, cette fois en vain. Une centaine de bombes dont on repère l'impact sont lâchées sur de nombreux quartiers. Des torpilles explosives de 11 kilos atteignent le sol: avec leurs éclats rasant le sol, elles sont conçues pour occasionner un maximum de dégâts dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres. D'autres obus-torpilles pesant rien moins que 92 kilos sont également largués. Dotés d'un système d'ailettes, ils se révèlent peu au point: les artificiers en récupéreront une quarantaine non explosés après l’attaque. Il est clair en tout cas que les Allemands souhaitent causer des destructions massives. lls utilisent également des bombes incendiaires: des bâtiments prennent feu dans la ville, les flammes rougissant sinistrement le ciel nocturne. Pendant que les Gothas dominent Calais à 2600 mètres d'altitude, comment les habitants ont—ils traversé cette nuit de cauchemar? Durant six longues heures, ils vivent au rythme de terribles déflagrations en séries qui font des dizaines de blessés, six morts parmi les civils, neuf parmi les militaires. Pour ces derniers, on peut dire qu'ils ont d'abord été victimes de leur imprudence. Un long sifflement retentit dans l’air: c'est une torpille qui tombe du ciel. Elles s’enchaîneront pendant plusieurs heures. C’est un commissaire de police qui le raconte. Alors qu’il quitte son poste du boulevard Gambetta pour aller trouver refuge dans une cave à proximité, il entend les pas d’un groupe de soldats. Ce sont des chasseurs à pied cantonnés à Coquelles qui se dirigent vers la gare des fontinettes pour partir en permission. Un long sifflement retentit dans l’air: c'est une torpille qui choit non loin, sans avoir explosé.

    « Il faut vite vous mettre à l'abri ! » leur crie le commissaire. « On en a vu bien d'autres là-haut! » lui répondent, goguenards, les soldats. Et de continuer leur route en chantant. Quelques secondes plus tard, une autre torpille éclate, les projetant au sol. Sept soldats sont tués sur le coup, d’autres sont grièvement blessés. On ramassera après l’attaque leurs décorations jonchant le secteur. Un brigadier de police est blessé à son tour en voulant porter secours aux victimes. D’autres torpilles s'abattent boulevard Gambetta. L’une d'elles roule sur le sol, près de l’école maternelle, sans éclater. Courageusement, un gendarme belge se poste tout près: il monte la garde, baïonnette au canon, pour écarter les passants et les véhicules de l'engin, alors que le bombardement et les tirs de D.C.A. redoublent.

     LES VlCTIMES ONT ÉTÉ FAUCHÉES DANS LA RUE

     Deux soldats belges sont fauchés dans un autre quartier par des éclats d'obus. Du côté des civils, la plupart des victimes ont aussi été touchées alors qu'elles étaient dans la rue. Marcel Devrigny, 55 ans, marchand de nouveautés demeurant rue Notre-Dame, est traversé par les éclats d’une bombe tombée à une cinquantaine de mètres de lui; il se rendait sur les lieux d‘un incendie pour profiter du spectacle...

     Deux jeunes femmes demeurant au 18 et 19 rue des Prairies sont également terrassées à mort alors qu’elles étaient dans la rue, mais, elles, elles se dirigeaient vers une cave pour s'y terrer: Mme Dothée-Barsby (22 ans) mariée depuis seulement 8 mois, et Germaine Vicot (18 ans), originaire de Notre-Dame de Lorette près d'Arras et résidant depuis à peine trois mois à Calais où elle pensait être au calme. C'est probablement à l'une de ces deux jeunes femmes qu'appartenait le fragment de crâne — auquel étaient encore attachés de beaux cheveux soyeux — ramené par un officier de paix qui l‘a ramassé dans la rue. Pâle comme un mort, il dépose ce débris humain sur le bureau du commissariat central alors que l'attaque s'achève. Les deux malheureuses ont dû être complètement déchiquetées.

     LES BASSINS DU PORT VISÈS

     La rue Dolain, dans le quartier du Beau-Marais, compte trois tués: Elisabeth et Auguste Boutoille, âgés respectivement de 59 et 58 ans, et Auguste Démaret (43 ans). On ne compte plus les artères de la ville touchées: les rues Darnel, Copernic, Liévin—Delhaye, de Toul, d'Alger, de l’Hospice, du Beau-Marais, du Cosmorama, de Varsovie, le boulevard Victor—Hugo... On relève çà et là des blessés.

    Les bassins du port ont été particulièrement visés. Quatre bateliers blottis sous le pont Mollien ont reçu des éclats de shrapnels, une bélandre anglaise est coulée dans le bassin de la Batellerie. La gare centrale constituait une autre cible pour les Allemands: sévèrement arrosée d’explosifs, on y dénombre 5 employés blessés, des wagons détériorés. Mais, une nouvelle fois, ce sont des objectifs non stratégiques d'un point de vue militaire qui ont été largement impactés. L‘objectif de l’ennemi reste de décourager moralement son adversaire, en réduisant les capacités de l'arrière à « tenir » psychologiquement, et de hâter ainsi l’issue de la guerre en sa faveur. Les Calaisiens vont devoir encore faire preuve de ténacité dans les mois à venir. .MAGALI DOMAIN

    FOCUS

    Un quartier en proie à un énorme incendie

     Les bombes incendiaires larguées par les Allemands détruisent plusieurs immeubles à Calais. La maison d‘un commissionnaire en tulles est totalement carbonisée rue Charost. Le feu se ropage à trois magasins du boulevard La Fayette. Ils disparaissent dans les flammes malgré les efforts des pompiers alliés qui œuvrent sous la direction du capitaine Pilard, du capitaine Ledoux et du lieutenant Castel, aidés par des Calaisiens de bonne volonté pour le sauvetage des mobiliers et des marchandises. Mais on arrête un homme qui se livrait au pillage : il est déféré a police.

    Pin It

    votre commentaire
  • La foule pour assistée au départ d'une course Calais-Douvres

    CALAIS. L’Automobile club de France et le Motor Boat club de Londres avaient choisi le 8 août d’un été 1904 caniculaire pour lancer une compétition inédite: une course de canots automobiles entre Calais et Douvres. Le plus rapide avait mis une heure et sept secondes pour rallier Douvres, à l’aide d’un racer de douze mètres de long, le Mercedes IV, piloté par M. Védrine, un constructeur de carrosseries automobiles. Le ministre de la Marine, M. Pelletan, avait tenu à suivre la course couverte par de nombreux journalistes. Les Calaisiens étaient présents, massés sur les jetées et sur la plage, comme on peut le voir sur ces deux cartes postales. D’autres avaient-choisi d’être au plus près de l’événement sur les remorqueurs et sur deux paquebots chargés d’invités : le Pas—de—Calais et The Queen spécialement affrétés et pavoisés pour la circonstance. J.-P. P. (CLP)

    La foule pour assistée au départ d'une course Calais-Douvres

    Pin It

    votre commentaire
  • Des tramways tractés au rythme tranquille des chevaux

    CALAIS. Inaugurés en 1879, les tramways calaisiens étaient alors tractés par la seule force des chevaux vingt—et-un, tous achetés en Belgique. Les cyclistes et les piétons forçant l’allure se déplaçaient plus vite que ces lourdes voitures. Au carrefour des quatre boulevards, les attelages étaient changés. Sur la gauche, deux chevaux frais étaient en attente. Les cadrans de l’horloge Coutançon indiquaient tous 10 h 35. A cette heure relativement matinale. le boulevard Jacquard était animé : beaucoup de piétons, quelques voitures hippomobiles, aucune voiture automobile. A l’horizon, le beffroi de l’hôtel de ville n’avait pas encore été construit. Ci-dessous en 1903, une lourde voiture venait de dérailler boulevard Pasteur. Deux chevaux blancs étaient à la tâche pour la remettre sur ses rails. Des passagers étaient restés sur l’impérial et se penchaient pour suivre la scène. J.-P. P. (CLP)

    Des tramways tractés au rythme tranquille des chevaux

    Pin It

    votre commentaire
  • Les processions catholiques des années cinquante

    CALAIS. Place Crèvecœur, cette procession, avec ce char tiré par six chevaux, se rendait à l’église Saint-Pierre pour honorer la vierge Marie. Cette photo nous a été prêtée par Gilbert Dubrœuck (pointé par une flèche) que l’on voit sur un cheval. Elle date de 1949. Le cliché ci—dessous date de 1952. Les enfants de chœur étaient en tête de cette procession, partie de l’église Saint-Pierre. Elle empruntait la rue des Fontinettes pour rallier son point de départ en passant par la rue Thiers. La scène se situe en face de la pharmacie Thomas. Les rails des tramways d’avant—guerre étaient encore en place. Les temps ont bien changé pour l’Eglise. Les prêtres et curés se font rares, passant d'une paroisse à l’autre pour les messes et les cérémonies religieuses. Un demi-siècle plus tard, ce type de cérémonie regroupant autant de fidèles appartient au passé. J.-P. P. (CLP) 

    Les processions catholiques des années cinquante

    Pin It

    votre commentaire
  • Publicitaires et peintres inspirés par la plage et ses chalets

    CALAIS. La chambre de commerce et d’industrie avait commandé cette affiche publicitaire pour mettre en valeur Calais premier port de voyageurs à une époque où il n’était pas encore concurrencé par le Tunnel. L’affiche est signée A. Malinovski. Y sont représentés les navires des deux compagnies de l’époque, la défunte SeaFrance et P&O Sténa. L’artiste avait ajouté les chalets indissociables de l’image de la ville et un peintre devant son chevalet. Les chalets ont en effet inspiré de nombreux peintres et aquarellistes. Ci-dessous, cette peinture est une œuvre de Marcel Delcroix :    « Ce chalet a appartenu à la famille Journée, Jean et Yvette, mes beaux—parents, dans les années 1960 d’où son nom Journée d’été, tableau réalisé à l’huile à l'occasion du concours de peinture Trophée Ville de Calais en 2013. Sur la peinture, il y a le petit—fils, Ludovic, et une petite voisine ». J.—P. P. (CLP)

    Publicitaires et peintres inspirés par la plage et ses chalets

    Pin It

    votre commentaire
  • Des compétitions sportives dans le canal de Calais

    CALAIS. De nos jours, hormis les allers—retours de la Majest'in, le canal de Calais est très peu fréquenté. Les péniches ont quasiment disparu. Quelques rares plaisanciers l’utilisent encore. Il n’y a plus les courses aux canards du début du XX“ siècle et encore moins de sportifs qui l’empruntent. Le canoë et l’aviron n’y sont plus pratiqués et la natation y est interdite. En 1977. des compétitions de nage avec palmes étaient organisées. La pratique de l’aviron s’est déplacée vers Coulogne avec l’installation d’une nouvelle base. Ci-dessous,une compétition y était organisée à la fin des années l950. La ligne d’arrivée se situait quai du Commerce, pour cette compétition mettant en lice des bateaux en double avec barreurs. Celui de gauche venait de franchir la ligne alors que les concurrents de droite produisaient leur ultime effort.     J-P.P. (CLP)

    Des compétitions sportives dans le canal de Calais

    Pin It

    votre commentaire
  • A l’occasion de la fête traditionnelle du Courgain maritime, retour sur un élément du patrimoine portuaire disparu, œuvre du grand architecte Roger Poyé.

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

     

    La tour de l'édifice était un des marqueurs de l'entrée du port de Calais. Les arêtes de la tour d'observation, haute de 22 mètres, renvoient au style Art Déco. Le bureau du capitaine du on se trouvait au premier étage de la tour d'observation, d‘une hauteur de 22 mètres.

    CONTEXTE

     Construit par l‘architecte Roger Poyé en 1931 sur l'extrémité nord—est de ce qui s'appelle déjà à l'époque le quai de la Colonne, ce bâtiment marquait l'entrée du port. La Chambre de commerce et d'industrie voulait à l'époque que son service maritime surveille les allées et venues des navires dans le port et la rade.

     La fière silhouette de cet édifice, aujourd‘hui disparu, est encore familière à ceux qui ont connu le Courgain après la Seconde Guerre Mondiale. Construit par l‘architecte Roger Poyé en 1931 sur l'extrémité nord-est de ce qui s'appelle déjà à l‘époque le quai de la Colonne. le bâtiment du service des officiers du port et de la station de sauvetage a été détruit au début des années 1980. Aujourd‘hui, il serait mis en valeur car considéré comme un élément patrimonial majeur de Calais. il s'agissait avant tout, pour la Chambre de Commerce, qui en était commanditaire, de pouvoir surveiller les allées et venues des navires dans le port et la rade. Le premier étage du bâtiment était donc entièrement occupé par le service des officiers de Port. dont les bureaux et la terrasse bénéficient d'une large vue sur le chenal et la mer. L‘architecte avait pris soin d'équiper les ouvertures de ces bureaux de double fenêtres pour mieux résister aux fortes rafales de vent.

     Le bureau du commandant de port était quant à lui situé au premier étage de la tour d’observation culminant à une hauteur de 22 mètres, ce qui lui permettait d'avoir une vue panoramique unique sur les mouvements des navires avec lesquels il pouvait correspondre grâce à une installation T.S.F. très moderne pour l’époque. Aujourd'hui, la capitainerie remplit ce rôle à l’aide

    D’autres moyens de communication.

     

    La Chambre de Commerce souhaitait aussi pouvoir procéder au lancement rapide d‘un canot de sauvetage prêt à se porter, à tout moment, au secours des naufragés. Le rez-de-chaussée de l’édifice abritait donc la station de sauvetage dotée du canot « Maréchal Foch », près des locaux servant aux ingénieurs subdivisionnaires des Ponts et Chaussées. Plus bas, le sous—sol renfermait les installations de chauffage et les abris pour les lamaneurs et les patachiers (le patachier est le conducteur d’une patache, navire affecté au service d‘un autre plus important).

     PLUS AUCUNE TRACE DE CE BEAU BÂTIMENT NE SUBSISTE

     L'ossature de l‘édifice était en béton armé, tout comme ses escaliers. L‘imposant bâtiment reposait sur un terrain composé de sable rapporté et fondé par pieux et semelles. Ses façades, construites en briques de parement rouges, étaient très conformes au style souvent adopté par Roger Poyé à Calais. Les sols des entrées et dégagements étaient carrelés en céramique, tandis que ceux des étaient constitués d‘un parquet sans joints.

    Plus aucune trace de ce beau bâtiment ne subsiste, hormis dans les mémoires. Gageons que des employés y ayant travaillé, mais aussi des doyens de la station de sauvetage ou des habitants du Courgain en gardent de nombreux souvenirs, sous la forme d‘anecdotes ou de photographies personnelles. Qu‘ils n'hésitent pas à les partager en les faisant parvenir à la rédaction de Nord Littoral. M.D.

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    Vue du bâtiment qui se situait en de quai du Courgain

    UN INGÉNIEUX PROCÉDÉ POUR METTRE A FLOT LE CANOT DE SAUVETAGE

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    L’installation de la station de sauvetage telle qu‘elle avait été conçue par Roger Poyé présentait une particularité très pratique : le canot se trouvait constamment suspendu sur un chariot de lancement dans lequel il était encastré et qui s’avançait jusqu'au nez du quai situé à trois mètres en avant de l'abri dès qu'une alerte était déclenchée. Le « Maréchal Foch » se retrouvait ainsi rapidement au-dessus de l'eau dans laquelle il était immergé suite à une manœuvre de descente effectuée par une grue mobile. Rappelons qu'il y eut deux "Maréchal Foch" : le premier, un bi-moteur fabriqué au Havre, est arrivé à Calais en 1930.

    Il disparut durant la Seconde Guerre Mondiale, après avoir été transformé en vedette de surveillance parla marine allemande. Le second est livré en 1949 et assure son service jusqu'en 1977, date à laquelle il est remplacé par un canot baptisé "Patron Léon Avron", en hommage au marin courguinois qui participa pendant 45 années à l‘équipe des sauveteurs.

    QUI ÉTAIT ROGER POYE ?

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    Roger Poyé a laissé son empreinte sur l'architecture calaisienne

    QUI ETAIT ROGER POYÉ ?

     Né à Bailleul en 1885, Roger Poyé accumule très jeune les succès aux concours des sociétés d‘architecture. ll travaille à Lens avant d'obtenir, en 1913, son inscription sur la liste des architectes admis à présenter et à diriger des travaux pour des communes. C'est au titre d'architecte agréé qu'il travaille à la reconstruction de Calais après la Grande Guerre. Il se marie avec une professeur de dessin exerçant au collège Sophie Berthelot.

     Tout en étant impliqué dans le fonctionnement de l'Ecole des Arts Décoratifs et Industriel, il est sollicité pour de nombreuses missions d'urbanisme au titre d’ « architecte conseil de la ville », poste qu’il occupe entre 1928 et 1944.

    Mais Roger Poyé ne travaille pas que pour la municipalité calaisienne : il est engagé par des particuliers désireux de transformer leur habitat ou leur boutique, et par des organismes divers comme la Chambre de Commerce, la Caisse d'Epargne, l’administration des Hospices... On lui doit entre autres la Bourse du Travail, la Maternité, le bâtiment de l'Automobile Club du Nord de la France au 74 boulevard Jacquard, l’ancienne école primaire supérieure de garçons de la rue de Vic... ou encore l'église Notre-Dame des Armées aux Cailloux. Si son style, moderne et fonctionnel, ne fait pas forcément l‘unanimité, l‘empreinte de Roger Poyé dans notre ville est considérable. Aucune rue de la cité des Six Bourgeois ne porte pourtant son nom, souvent ignoré des Calaisiens.

    Pin It

    votre commentaire
  • Alors qu’il fait l’objet d’une restauration bien méritée, retour sur l’inauguration du monument érigé en l’honneur d’Emile Salembier sur la place portant son nom.

    Le monument Salembier était inauguré il y a 90 ans

     

    Emile Salembier posant avec son écharpe de maire de Calais

    Emile Salembier tient une place à part dans l'histoire politique calaisienne. De par sa personnalité à la fois tonitruante et Clivante, mais aussi en raison des combats qu’il a menés avec âpreté en faveur du mieux—étre des travailleurs, celui qui fut maire de Calais par deux fois puis député de la Nation pendant la Grande Guerre jouit du privilège d’avoir son buste figé dans le bronze, trônant sur une place portant son nom.

    Cette œuvre, posée sur un piédestal en marbre signé Létendart, est originellement due au ciseau de Charles Caby. Mais la sculpture que nous pouvons aujourd’hui admirer n‘est pas celle qui a été inaugurée le 14 août 1927: fondu sous le régime de Vichy, le premier buste d' Émile Salembier a été remplacé par un autre, lui ressemblant assez fidèlement â ceci près que ses proportions sont légèrement différentes.

     POURQUOI UN MONUMENT COMMÉMORANT SALEMBIER ?

     Mort après une longue maladie le 11 juin 1919, alors qu ’il n ’avait pas encore achevé son mandat de député, Émile Salembier, élu sous la bannière socialiste (lire aussi son portrait plus bas), avait ses farouches partisans à Calais : ils impulsent très vite un comité pour l’édification d’un monument en son honneur.

    Dans la cité des Six Bourgeois, un seul maire suscita après sa disparition un engouement comparable - mais moins durable : Léon Vincent, dont le buste est visible au Courgain, en face de la Chambre de Commerce.

     Quelles sont les raisons qui expliquent cette volonté d' honorer ainsi Émile Salembier ? Pour sa ville, il aura certainement fait beaucoup : « Calais lui devra le nouvel hôtel de ville, le nouvel abattoir, le collège de jeunes filles et de nombreuses école primaires, l’école supérieure professionnelle, plusieurs crèches, la réfection de son pavage », rappela Charles Morieux le jour des funérailles ; de son prédécesseur.

     Mais 1’ aura d’ Émile Salembier tenait surtout à la force de ses engagements, notamment syndicaux, qui constituent la ligne de force de son long parcours politique, émaillé de moult péripéties (voir sa biographie ci-dessous).

     Le 14 août 1927, de nombreuses délégations ouvrières de toute la région font le déplacement pour assister à l’inauguration du monument consacré à celui qui n’a eut de cesse de défendre les intérêts du prolétariat.

     AU-DELÀ DU MONUMENT,POURSUIVRE LA LUTTE

     A partir de 14 heures, sous une pluie battante, un cortège composé de ces délégations accompagnées de sociétés de musique et de personnalités calaisiennes part de la place de la mairie pour s’acheminer boulevard Jacquard et boulevard La Fayette, entre deux haies de spectateurs curieux. Avant de gagner la place Salembier, le cortège opère une boucle en empruntant le boulevard de l’Égalité, la rue La Fontaine et le boulevard Victor—Hugo.  « Un apôtre de son idéal qui a accompli de belles choses inspirées par le souci du bien public » Léon Vincent.

    Le monument Salembier était inauguré il y a 90 ans

    Le monument poursuit sa rénovation.

     Une certaine émotion règne lorsque le secrétaire du comité ayant œuvré à l’édification du monument, Auguste Boulanger, prend la parole pour remettre ce dernier à la ville. La musique de Liévin ”exécute alors l’Internationale, qui est rejouée après le court discours de Léon Vincent, rendant hommage à « un apôtre de son idéal qui a accompli de belles choses invariablement inspirées par le.souci du bien public ». Il regrette l'absence d'Émile Basly, grande figure du syndicalisme dans le bassin minier, retenu inopinément à Lens.

     Un représentant de la ,C.G,T. termine la cérémonie par un appel à tous les militants syndicalistes: il faut poursuivre la lutte pour l’amélioration du bien—être des travailleurs, pour la pérennité de la paix, pour l'enseignement gratuit à tous les degrés et pour l’avènement d’une République du travail.

     C’est ainsi qu’un hommage vivant sera véritablement rendu à Émile Salembier, le monument qui rappelle son souvenir n’étant qu‘un point matériel de ralliement, porteur, on l’aura compris, d’une très riche signification. MAGALI DOMAIN

    1919

     Émile Salembier est décédé en 1919 alors qu’il était encore député. Il a marqué l'histoire du socialisme à Calais et du syndicalisme dans la dentelle

    Le monument Salembier était inauguré il y a 90 ans

    Né le 18 juillet i857 à Saint-Pierre—lès-Calais, Émile Salembier est un homme sans grande instruction qui effectue son service militaire dans la flotte, puis devient ouvrier dans la dentelle mécanique avant de s'intéresser, en 1885, à la politique. Il défend alors les couleurs du parti socialiste, dont Alfred Delcluze apparaît comme le véritable initiateur à Calais.

    Salembier et Delcluze font alors tous deux profession de cabaretier, ce qui leur permet de Convertirà leur idéologie de nombreux travailleurs fréquentant leurs établissements. L‘éloquence n'est pas le fort de « Mimile », mais il travaille d‘arrache-pied, et prend peu à peu un réel ascendant sur ses camarades. Sa ténacité et sa véhémence impressionnent.

     Un lutteur dans l’arène du conseil municipal

     Il est élu pour la première fois conseiller municipal dans le quartier Gambetta en 1888. Dès lors, il se passionne pour les affaires financières, où il voit matière à polémiquer avec les conservateurs au pouvoir. Des passes d’armes mémorables l’opposant au maire Omer Dewavrin et à ses soutiens. Salembier est un lutteur acharné qui n'a pas peur de déplaire. Il se met à convoiter le siège majoral.

     En 1896, lorsque le parti socialiste remporte les municipales, c’est la liesse parmi la population ouvrière. La plupart des prolétaires s‘attendent à voir Alfred Delcluze désigné maire. C'était sans compter le côté manœuvrier d'Emile Salembier, qui rallie à lui un nombre suffisant de ces conseillers pour rafler la première place. Considéré sur le coup comme un usurpateur, il rompt définitivement avec Alfred Delcluze, qui parviendra toutefois, après un retournement de situation, à occuper la fonction de maire. Les dissensions teintées de haine entre salembiéreux et delcluziens débouchent sur une scission locale du parti socialiste qui nuit fortement à la gauche.

     Un engagement syndicaliste en faveur du prolétariat

    Emile Salembier œuvre parallèlement à la consolidation de l'Union Française des Ouvriers Tullistes, syndicat qui sera en première ligne lors des rands conflits sociaux. Lors de la grève de 1900, il défend le principe des 8 heures de travail aux côtés de Jean Jaurès.

     En décembre 1897, il fonde avec quelques amis la Coopérative Ouvrière, dans un bâtiment à proximité du pont Saint—Pierre. Jusqu'à sa mort, il participe à l'administration de cet organisme souvent critiqué, mais destiné à améliorer le sort des ouvriers qui pouvaient s'y approvisionner en nourriture et en charbon à prix modéré. Contre vents et marées, Salembier agit en l'occurrence en bienfaiteur dévoué des plus modestes.

    En 1905, il devient secrétaire de la fédération socialiste unitaire du Pas-dé-Calais, fondée dans la perspective de l'unification socialiste qui aboutit à la naissance de la SFIO. C'est sous cette étiquette qu'il redevient maire de Calais en 1908. Il effectuera cette fois un mandat complet, tout en assumant les fonctions de conseiller général à partir de 1910.

     Salembier est élu député en mai 1914 dans la deuxième circonscription de Boulogne. Il intè re au Palais-Bourbon la commission de la marine marchan e et se spécialise dans les questions relatives à la législation du.travail, pour lesquelles il s'est toujours investi, bien au-delà de l'échelle locale — il est en effet élu président de la fédération internationale des ouvriers tullistes en 1901.

     A sa mort le 11 juin 1919, même ses plus violents adversaires lui reconnaissent une véritable carrure politique et saluent l’infatigable batailleur qu’il fut pendant des décennies.

    FOCUS

    Un hommage plus modeste à Alfred Delcluse

    Le monument Salembier était inauguré il y a 90 ans

    Quelques semaines avant l’inauguration du monument Salembier, une cérémonie plus modeste eut lieu à Calais en hommage au frère ennemi d'Emile Salembier, Alfred Delcluze, mort dans des conditions assez miséreuses le 22 juin 1923. En présence de l‘équipe municipale au complet et d’environ 200 personnes, une plaque commémorative fut apposée sur le mur de la maison où le flamboyant socialiste rendit l‘âme, à l‘angle de la rue des Soupirants et de la rue Alfred Delcluze.

     C'est Charles Valentin, le maire de Dunkerque de l‘époque, qui retraça les grandes étapes de la vie politique du défunt: conseiller municipal de Calais à partir 1888 puis maire de la ville de 1898 jusqu en 1900, il fut aussi conseiller général du canton Nord-Ouest de 1898 à 1919 et député de la deuxième circonscription de Boulogne-sur-Mer entre 1909 et 1914. Dans son allocution, Léon Vincent, maire de Calais, rappela que c‘est Alfred Delcluze qui l'avait jadis lancé dans l‘arène politique sous la bannière socialiste. Dans l'assistance, on remarqua la présence de membres de la famille d' Émile Salembier.

    Cette plaque commémorative a disparu, probablement détruite pendant la Deuxième Guerre mondiale.

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique