• L'entrée nord du Calais-Nord d'avant guerre

    Cette photo évoquera de nombreux souvenirs aux générations de Calaisiens qui sont nés avant la Seconde guerre, tout ce secteur ayant été volatilisé par les bombes. Le pont Georges V s'appelait encore le pont Richelieu et n’avait pas encore été élargi. Sur l’angle du quai de la Tamise, les maisons étaient cossues. Il y avait le café Richelieu qui se situerait maintenant à la place de l'entrée du garage Peugeot. La maison bourgeoise le jouxtant fut un temps la résidence de Mme Andrau, auteur du roman « Le passager de Calais-Douvres » ; à côté celle d'un des résidents de la chambre e commerce, M. Vermeulen, et lus loin, le célèbre garage Trocmé.

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  • La "Soie" à son ouverture

    Cette photo date certainement de l'année de l'ouverture de l'usine de la « Soie Artificielle » en 1927. Elle appartient à Mme Leclercq qui l’a gardé précieusement car y figure Alice, sa mère, l'année qui précède sa naissance en 1928. Comme le souligne Mme Leclerq, énormément de personnes travaillaient dans cette nouvelle usine qui fabriquait de la soie artificielle. Il y aura jusqu'à près de trois mille ouvriers et ouvrières sur le site. Pourquoi cette photo où l'on ne voit quasiment que des femmes ? Peut-être la Sainte-Catherine, peut-être une des toutes premières, ou même la première sortie de cette foule qui s'étire jusqu’à l'intérieur de l'usine ? Mystère.

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  • La gare centrale dévastée a la libération

    Bâtie en 1889, la gare centrale était une merveille architecturale. Conçue par l'architecte Sydney Dunnett, elle était constituée de deux bâtiments de pierres et de briques identiques érigés de part et d’autre des voies, et reliés par une marquise vitrée au-dessus des quais, verrière identique à celle de la gare de Lille. Un tel bâtiment, d’un intérêt logistique incontournable en cas de guerre, ne pouvait passer inaperçu des bombardiers. En 1940, la gare centrale était victime des bombes et du feu. A la Libération, les bâtiments (on voit ici en haut à gauche les ruines), ne pouvaient être réhabilités. Seule la passerelle échappe à la tourmente.

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  • La campagne autour du pont Lebeurre

    En moins de quinze ans, ce secteur de la Mi-Voix est en passe d'être complètement urbanisé. On voit ici le pont Lebeurre franchissant le canal de Marck débouchant d’un côté sur l'avenue Toumaniantz ouverte en 1970, de l'autre sur le chemin Parmentier. Cette photo date des années 70.

     De l’autre côté du canal, l'actuelle rue Martin-Luther-King n'était qu'un chemin non carrossable. Le collège MLK, construit en 1991, prendra la Place de ces champs visibles derrière les maisons isolées. Maintenant, le pont Lebeurre débouche sur la carrefour des Droits-de-l’Homme. Des maisons sont sorties de terre récemment de chaque côté du chemin Parmentier.

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  • Une maison de carton pâte au Fort Nieulay

     Sur cette photo des années 70,voici une de ces maisons provisoires montées en kit au début de 1946.

    Les UK 100 avaient permis de loger de nombreuses familles sinistrées. Conçues pour les Etats-Unis,ces maisonnettes, faites de matériaux très légers, furent couramment appelées « maisons de carton pâte ».

    Après une trentaine d’années de bons et loyaux services, ces préfabriqués se dégradèrent et des constructions hétéroclites y furent accolées — clapier, poulailler,remise — qui accentuèrent leur aspect délabré.

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  • Le retour des prisonniers au printemps 1945

    Trente mille Calaisiens avaient quitté la ville lorsque celle-ci était libérée de l’occupation allemande. S’y s’ajoutaient 3 000 autres retenus outre-Rhin : prisonniers de guerre, déportés et réquisitionnés pour le service du travail obligatoire. Il faudra attendre l’avancée des troupes alliées et la capitulation de l’Allemagne pour que ces derniers rentrent à Calais. Ils étaient accueillis boulevard Gambetta dans la Maison des prisonniers et déportés que l’on voit ici lors d’un défilé au printemps 1945. À côté, la pharmacie Dubois n’était pas encore rouverte. Au premier plan, les soldats britanniques étaient du cortège. C’était une période de vaches maigres pour les Calaisiens avec les tickets de ravitaillement.

    Le retour des prisonniers au printemps 1945

    Ces demi-lunes rue des Soupirants, qui avaient accueilli les soldats alliés, seront ensuite attribuées aux sinistrés calaisiens. 

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  • Les bombes alliées fracassaient l'église Notre-Dame

    CALAIS. Le 26 septembre 1944, les Canadiens encerclaient Calais alors que la défense allemande restait très active. Les obus tirés des canons canadiens éclataient en pleine ville. Les habitants se terraient dans les caves Il y aura de nombreuses victimes civiles À 11h, 191 bombardiers de la RAF lâchaient leurs bombes principalement sur Calais-Nord. Le calme revenu, les Calaisiens constataient au loin que la silhouette du clocher de l’église Notre-Dame avait disparu de l’horizon. Il leur faudra attendre plus d’un an et l’autorisation de pénétrer dans Calais-Nord pour constater de visu les dégâts, clocher et charpente de la nef effondrés, transepts nord et sud anéantis. perches éventrés. On peut le constater sur ces photos datant du début de l‘année 1946 alors que des récupérateurs chargeaient des plaques de métal enfouies sous les gravats.  J.—P. P. (CLP)

    Les bombes alliées fracassaient l'église Notre-Dame

     

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  • La Caisse d'épargne de Calais-Nord incendiée en 1940

    CALAIS. La Caisse d’épargne, fondée en 1834, était installée jusqu’en 1880 dans une salle basse du palais de justice près de la Tour du Guet. Elle a migré au 37 rue de Guise, puis en 1885 dans un immeuble construit au 3 rue Jean-de-Vienne, près de l’Hôtel des postes {ci—contre en 1900). De 1834 à 1912, la caisse n’était ouverte qu’une heure le dimanche matin. En 1913, les heures d'ouverture ont été modestement élargies: « Les versements s'y font, le dimanche, de 9 h à 1 1 h, et les remboursements ont lieu le dimanche de 1 1 h a midi. Le bureau est ouvert, en outre, le mercredi et le samedi de 2 h a 5 h pour renseignements». Fin mai 1940, la rue Jean- de-Vienne était encore encombrée par les carcasses de chenillettes et de camions militaires de l'armée anglaise. L’immeuble de la Caisse d’épargne. incendié, ne survivra pas au conflit. J.-P. P. (CLP)

    La Caisse d'épargne de Calais-Nord incendiée en 1940

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  • Une course de lamaneurs dans l’avant-port

    Cette photo de Paul Villy est datée de 1898. C’était la fête au Courgain maritime. Ces canots participaient à une course où l’huile de bras des lamaneurs était nécessaire pour tirer sur les lourdes rames. Les lamaneurs étaient ces ouvriers de la chambre de commerce qui aidaient à amarrer les navires en fixant les aussières lancées, ce qui nécessitait aussi de manœuvrer à bord de ces barques lorsque plusieurs navires étaient alignés le long des quais. Cet emploi était souvent tenu par des marins à la retraite. Les quais et le mur dressé devant les maisons des pêcheurs étaient pris d’assaut par la foule.

    Une course de lamaneurs dans l’avant-port

    Ci-dessus, un concours de natation est organisé dans l’avant-port, le 15 août 1908. Point de barrières pour canaliser les spectateurs, chacun pouvait s’asseoir sur le bord des quais ou sur la porte qui fermait l’accès au bassin du Paradis. 

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  • CALAIS Le 16 mai 1917, en plein premier conflit mondial, alors qu’elle vient en aide aux blessés à Calais, Miss Waddell, une jeune anglaise, est victime d’un grave accident avec un train.

    Grave accident pour une bénévole anglaise

    LES FAITS .

     Un terrible accident mutile une bénévole britannique qui venait en aide aux hôpitaux militaires de la ville,suscitant une vive compassion chez les Calaisiens.

    Tout Calais a appris avec une immense peine le pénible accident survenu à Miss Waddell de l'association anglaise FANY. Elle est un peu de notre famille, depuis près de trois ans qu'elle est arrivée à Calais, une des premières, secourir nos malheureux blessés ! » : c'est par ces mots que le Petit Calaisien informe ses lecteurs d'un événement qui s‘est déroulé durant la matinée du 16 mai 1917.

     UN CAMION AU MOTEUR D'ENFER

     Le jour de son accident, Pat Waddell conduit un véhicule hors d’âge, aux amortisseurs usés, au levier de vitesse récalcitrant, et dont le moteur fait un bruit d’enfer qui couvre tous les autres sons. Ce camion a pour surnom «Little Willie », «petit Guillaume», allusion au Kaiser Guillaume il réputé pour son âme démoniaque.

     Debout depuis 5 heures du matin, Pat s'active à ranger couvertures et civières à l‘arrière de son camion tout en songeant aux délicieux moments qu'elle a passés la veille avec ses amis de l'Embarkation Medical Officer autour d‘un thé accompagné… de coques ramassées sur la plage ! Encore trois jours et elle pourra retrouver les siens en Angleterre. Le temps est radieux.

     Mais alors qu'elle arrive à la gare des Fontinettes au volant de son camion, son cœur s‘arrête de battre : un train va percuter son véhicule qui, trop vétuste, ne peut se dégager assez rapidement de la voie. Dans un fracas indescriptible, elle est projetée au sol. Elle apprendra plus tard que l’homme qui se trouvait déjà à l‘arrière du camion pour l’aider à décharger les civières est, lui, mort sur le coup. »

     DE TRÈS GRAVES BLESSURES

    Restée consciente, Pat sait que son visage, ensanglanté, est sévèrement meurtri, mais son nez n‘est pas cassé. Elle est incapable de bouger car une atroce douleur ressentie dans le bas du corps l'immobilise totalement. Elle craint une blessure à la colonne vertébrale qui la paralyserait à vie. Très vite, des soldats français l'entourent et la prennent en charge comme ils le peuvent.

     Leur premier geste de secours est d‘apposer un garrot à l‘une de ses jambes pour juguler une énorme hémorragie qu'elle devine mais ne voit pas.

     Un soldat la réconforte : « Ça va aller mon p'tit chou, mon p'tit pigeon, hé la petite ! ». Elle est surprise de voir ces forts gaillards essuyer des larmes qu’ils ne peuvent retenir. « Complètement coupée» laisse échapper l'un d‘eux.

     «Où est—ce que c'est coupé?» demande Pat. en français.« La jaquette, Mademoiselle» entend-elle, car on n'ose lui dire... «je m‘en fiche de la jaquette!» répond—elle, rassurée. Dans son livre « Fanny goes to war », la jeune femme explique qu'elle pense alors avoir les deux jambes brisées. En réalité, l'un de ses membres inférieurs a été sectionné durant l'accident.

     PARCOURS CHAOTIQUE VERS L’HOPITAL

     «je suis joliment dans la soupe »s‘exclame-t-elle lorsqu'elle voit pâlir le docteur français qui se penche sur elle, toujours au sol. On lui administre de la morphine. la douleur allant croissant. L‘ambulance qui doit l‘emmener à l‘hôpital n‘arrive qu‘au bout de 40 minutes. Elle est conduite par une bonne sœur qui ne connaît pas du tout Calais. C‘est Pat qui doit lui dire quelle route emprunter !

    Chaque nid-de—poule fait tressauter le véhicule et lui arrache de terribles souffrances. « C‘est ça que les soldats au front vivent chaque jour » pense—t-elle.

     On veut la déposer à l‘hôpital militaire de la rue Leveux. Pas question !

    Elle exige d’être conduite à l‘ambulance britannique installée au Casino. Pour y accéder, il faut patienter 10 minutes pour que le pont menant à la plage s'abaisse.

     Pat est déposée sur une civière dans le hall du Casino. Son fidèle bobtail Wuzzy se faufile clandestinement pour la retrouver. Il est suivi par un ecclésiastique à la mine funèbre, qui lui demande qui elle est. « Une FANY bien sûr! ». En fait, il cherche à connaître son appartenance religieuse pour savoir quels sacrements lui administrer au cas où... Puis elle est transférée en salle d'opérations.

    A son réveil, la douleur est toujours intense. Pat ne voit pas l’état de ses jambes, dissimulées sous une cage métallique recouverte d’un drap, mais elle sent que sa colonne vertébrale n‘est pas touchée.

     Ses mains sont intactes, elle pourra donc continuer à jouer du violon comme elle en avait l'habitude lors des galas de charité. Elle peut à peine parler, une partie de sa bouche ayant été recousue.

     AMPUTÉE COMME UN SOLDAT

     Au bout du quatrième jour, un capitaine britannique lui apprend la triste nouvelle: elle a été amputée d’une jambe à hauteur du genou. Il faudra compter au moins un an pour pouvoir se réadapter à la marche à l‘aide d’une prothèse et de béquilles.

    Pour Pat, si jeune et si pleine de vie, c'est un incroyable choc qu‘elle parvient néanmoins à surmonter, grâce à son humour et sa gaieté naturelle.

    Ses nombreux amis britanniques. belges et calaisiens la couvrent de fleurs et de chocolats. Elle taquine le prêtre qui confond bouteille d'alcool et eau de Cologne déposée à son chevet. La visite de tous ceux qui cherchent à la soutenir, et qui ont l'intelligence de ne jamais faire allusion à son intimité, lui permettent de se tourner avec confiance vers l’avenir. Et Wuzzy n'est pas loin !

     Le général Bitte, gouverneur de la Place de Calais, lui remet solennellement le 10 juin 1917 la Croix de Guerre, en présence du commandant de la base britannique. A travers cette reconnaissance qui l'élève à la hauteur d'un soldat, c’est le courage de toutes ces volontaires venues d’outre—Manche pour participer â l'effort de guerre qui est honoré. Pat Waddell et tant d'autres ont payé cher leur engagement à l’arrière-front.

    Grave accident pour une bénévole anglaise

    PAT WADDELL, UNE FANY «CHAUFFEUSE»

     Patricia Waddell fait partie de l‘association 100% féminine de la First Aid. Nursing Yeomanry, qui vient en aide aux blessés de la guerre, sans our autant dépendre de l‘armée. Les vai lantes FANY, surnommées «kakhi girls» en raison de la couleur de leur uniforme, sont très populaires auprès de leurs congénères britanniques mais aussi des habitants de Calais, ville qu'elles sillonnent sans cesse.

    Depuis la fermeture en octobre 1916 de l‘ambulance de l‘école Lamarck, les  FANY se consacrent en grande partie au transport des blessés, recueillis sur les quais des gares ou des bassins du port, pour les emmener vers les hôpitaux militaires calaisiens. Possédant une quarantaine de camions, ces insolites «chauffeuses» assurent une mission logistique essentielle... et parfois dangereuse.

     

    MAGALI DOMAIN – NORD LITTORAL

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