• La bibliothèque de la rue de vic

    En 1935, la bibliothèque municipale, qui occupait le premier étage de l'Hôtel des postes face au jardin Richelieu, migrait vers Saint-Pierre. Le plancher ployait sous le poids des livres. Georges Rébier avait loué à la ville l'immeuble qui se situait à l'angle du boulevard Jacquard et de la rue de Vic. Il avait abrité les établissement Debaho qui distribuaient entre autre les chemisiers Conforta. La bibliothèque demeura à cet endroit jusqu'en 1984 avant d'investir la nouvelle médiathèque Louis Aragon rue du Pont-Lottin. La façade était austère, l’intérieur était sombre et en émanait l'odeur caractéristique des vieux livres et de l'encaustique. Sa proximité avec le lycée de garçons de la place de la République en faisait le lieu de rendez-vous convivial pour des générations de potaches qui s'installaient sur les tables de travail donnant sur la rue de Vic. J.-P.P. (CLP)

    La bibliothèque de la rue de vic

     

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  • L'arrivée du poisson quai de la Colonne

    Avant-guerre, la halle aux poissons s’ouvrait sur les quais de l’avant-port juste à l’extrémité du mur qui ceinturait les maisons des pêcheurs. Cafés et restaurants faisaient face au quai de la Colonne et l’endroit était très apprécié, d’autant que le quai était dédié à l’arrivée des bateaux de pêche. Cette carte postale de l’éditeur calaisien Omer Lefebvre est datée de 1905, un photo-montage rare pour l’époque.

    L'arrivée du poisson quai de la Colonne

    Au centre, à l’arrière de la colonne Louis-XVIII, ces charrettes stationnées devant la halle aux poissons permettaient de livrer les commerçants. Dans l’angle à gauche, des marchandes de crevettes vendaient à des messieurs endimanchés le produit de leur pêche face aux hangars Paul-Devot avec, en arrière-plan, la gare maritime. Ci-dessus, femmes et enfants des pêcheurs étaient en charge de livrer les poissons frais déposés dans une de ces charrettes. 

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  • Société de sauvetage

    CALAIS. Le canot de sauvetage Edmée—René naviguait ici dans les douves de la citadelle à l’angle nord de l’Esplanade. A l’époque, une écluse reliait les douves au bassin Ouest.L’embarcation était dotée de caisses à air qui permettaient de la redresser en cas de chavirage lui assurant une quasi—insubmersibilité. Le canot était propulsé à la rame. On peut imaginer les efforts des sauveteurs pour assurer leur mission dans une mer déchaînée. De 1865 à 1967, l'organisation du sauvetage se faisait sous l‘égide de la Société centrale des naufragés qui avait pris le relais de la Société humaine créée en 1834. Le premier canot de sauvetage calaisien à moteur (ci-dessous) date de 1923. Il avait été baptisé Compagnie Général Transatlantique, en hommage à cette compagnie maritime qui avait transmis les dons recueillis à bord de ses navires, mais plus souvent appelée Eul' canote. J.-P. P. (CLP)

    Société de sauvetage

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  • En 1900, des bicyclettes étaient fabriquées à Calais

     

    Charles Morieux, passionné par les courses cyclistes, montait à la fin du XIXe siècle une entreprise de fabrication de vélocipèdes. C’est lui qui avait trouvé un local afin qu’Arthur Brampton puisse ouvrir sa fabrique de chaînes. M. Morieux posait ci-dessous avec une des bicyclettes sortie de ses ateliers. Il abandonnait cette activité pour se consacrer à la politique. Il a été maire de 1912 à 1919, puis il a ouvert la salle de cinéma Le Théâtre des Arts.

    En 1900, des bicyclettes étaient fabriquées à Calais

     

    La Société automobile du Nord, gérée par Mrs. Debuirre et Hirschel, prendra la succession. On voit ici l’atelier de montage des roues de bicyclettes dans le garage de la rue des Moulins, actuelle rue Jean-Jaurès. Le garage sera détruit pour construire la salle de spectacle de l’Alhambra que dirigera M. Debuirre. Le magasin d’exposition et de vente des bicyclettes se situait au nº 59 du boulevard La-Fayette.

     

     

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  • Un hydravion américain dans l’avant-port

     

    Le samedi 18 février 1956, un avion-torpilleur hollandais des forces de l’OTAN est victime d’un givrage de carburateur. Il rebondit sur l’eau et coule en trois minutes, au large de Calais. L’équipage de quatre hommes a eu le temps de se réfugier dans un dinghy. Un hydravion américain sur zone le repère rapidement, amerrit et les récupère. Mais surchargé, L’Albatros Rescue 1024, ne parvient plus à décoller. Seule solution, se propulser sur l’eau et rallier Calais. Il faudra trois heures à l’hydravion pour mouiller dans l’avant-port, escorté par le remorqueur le Calaisien et le canot de sauvetage le Maréchal-Foch venus à la rescousse. Plus de peur que de mal !

    Un hydravion américain dans l’avant-port

     

    Depuis la fermeture en 1934 de la base d’hydravions de la flaque à guerlettes, proposant la traversée Calais-Douvres, les hydravions s’étaient faits rares sur le secteur.

     

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  • Le petit marché, appelé marché aux herbes, occupait la place
    située au sud-est de la place d’Armes. Ce marché était spécialisé dans les
    produits frais de la ferme, des jardins et des serres. S’y
    installaient les fermiers et les maraîchers des campagnes environnantes, en
    majorité des quartiers calaisiens du Petit-Courgain et du Virval, et de
    Coulogne. Des femmes de pêcheurs y vendaient aussi poissons et crustacés.

    Le marché aux herbes de la place d’Armes

     

     

    La photo de Paul Villy date de 1930. L’une des marchandes de fleurs au premier plan est une Courguinoise coiffée d’une fontange. À l’arrière sur la place, la petite fille habillée de blanc était juchée sur le rebord d’une fontaine Wallace pour y boire, l’une des quatre fontaines offertes à la Ville par Mme Demotier.

    Le marché aux herbes de la place d’Armes

     

    Dans la photo ci-dessus, toujours dans les années 1930, on peut voir au fond l’enseigne du magasin de meubles Neut-Cailliau que l’on retrouvera après-guerre rue des Fontinettes.

     

     

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  • Calais bombardée par la mer, une première

     

    LE DESTROYER ALLEMAND G-85 A BOMBARDE CALAIS DANS LA NUIT DU 20 AU 21 AVRIL 1917( photo tirée de l’ouvrage de Chatelle et Tison)

     

    Aux premières heures du 21 avril 1917, Calais est bombardé depuis un destroyer allemand au large de la ville. 150 obus s’abattent sur la ville.

     

    Calais, meurtrie et fière, n’oubliera jamais ! Calais se souviendra !  » Ces mots sont signés Georges Naudin, rédacteur en chef du Petit Calaisien, journal qui, le premier, relate ce qui s’est produit aux premières heures du samedi 21 avril dans son édition sortie le même jour. Pour la première fois depuis le début des hostilités, la cité des Six Bourgeois a été la cible d’un violent bombardement tiré depuis la mer.

     

    Attaque nocturne

     

    «  Les sauvages de la Kultur vont enregistrer dans leur communiqué une gloire de plus. Choisissant, comme les Apaches, une nuit des plus obscures, ils sont venus se poster devant Calais et subitement vers minuit et demie, ils ouvrirent le feu de toutes leurs pièces dans la direction de la ville endormie  », raconte le quotidien. Les destroyers allemands qui croisent dans le détroit rendent ainsi leur attaque totalement inattendue.

     

    Dès les premiers coups de canon, l’alerte générale est donnée et les batteries de défense ouvrent le feu. Mais les observateurs, en raison de la brume régnant au large, ne distinguent pas le départ des tirs, simplement quelques lueurs indécises. Leurs projecteurs ne leur servent à rien. La canonnade dure à peine quatre minutes. Les habitants, qui croient entendre un énorme roulement de tonnerre, n’ont pas le temps de courir aux abris.

     

    Cent cinquante obus se sont abattus sur le port et la ville, sans toucher le moindre objectif militaire. C’est beaucoup plus que ce qui avait été enregistré jusque-là lors des bombardements aériens. Plusieurs zones situées entre Sangatte et le Fort-Nieulay ainsi que vingt rues de Calais ont été arrosées de manière intensive, causant de sévères dégâts aux maisons, dont les vitres et les toitures volent en éclats. Mais, surtout, on déplore des morts et des blessés parmi les civils.

     

    Familles tragiquement touchées

     

    La famille Conan-Deloison résidant au hameau des Baraques est décimée : après avoir traversé de part en part une maison où se trouvaient sept personnes, un obus fauche dans un immeuble contigu Arthur Conan, un ouvrier de 56 ans, son fils de 15 ans, sa fille Louise âgée de 25 ans et veuve de guerre depuis un mois, ainsi que la fille de celle-ci âgée de 2 ans. L’épouse d’Arthur, blessée aux jambes et au ventre, a encore ses fils, mais ils sont au front.

     

    Au 21 rue Mortet, un projectile pénètre par une fenêtre au premier étage et éclate dans la chambre à coucher où dormaient Mme Quenez-Duquenoy, 41 ans, et sa fille Alphonsine, 16 ans. Les sapeurs-pompiers, rapidement sur place, ne sortent des décombres que deux cadavres affreusement mutilés. Rue des Prairies, un homme grièvement blessé à la tête est donné pour mort le lendemain de l’attaque.

     

    « Les Boches n’emporteront pas en paradis leur lâche agression »

     

    On répertorie seize blessés nécessitant des soins importants. Parmi eux, trois membres d’une même famille : la grand-mère de 80 ans, le fils de 54 ans et la petite-fille de vingt ans sont touchés par des éclats d’obus et doivent être transportés à l’hôpital. De nombreux autres sont commotionnés suite à la chute de morceaux de plâtre et autres matériaux de leur habitation.

     

    L’industrie dentellière frappée

     

    Du côté de l’industrie, une grue du port a été mise hors-service, les Aciéries de France ont été touchées, et l’usine Noyon, située rue des Salines, a été endommagée. C’est paradoxalement cette destruction occasionnée à l’industrie de la dentelle qui provoque la colère de Georges Naudin, dont nous avons évoqué l’éditorial en début d’article.

     

    Pour lui, les Allemands ont commis là un impardonnable attentat à une production qu’ils auraient dû considérer comme sacrée. «  Les Boches n’emporteront pas en paradis leur lâche agression. En effet, il n’est peut-être pas d’autre ville, en France, où ils avaient reçu un meilleur accueil que chez nous ; où leur colonie s’était aussi rapidement développée. Attirés par la richesse et le succès mondial de notre industrie tullière, ils y avaient pris, bien vite, une place prépondérante  », explique le journaliste, faisant allusion au grand nombre de commissionnaires allemands que comptait Calais en 1914.

     

    «  Petit à petit, à la faveur de l’urbanité loyale et confiante d’une population laborieuse tout entière absorbée par le travail ; grâce, aussi, à l’aménité cauteleuse de leurs rapports intéressés – ils en étaient venus à être les petits rois de notre marché s’étendant au-delà des frontières et des mers  » rappelle Naudin qui poursuit : «  Aujourd’hui, voici que nos ennemis se sont glissés traîtreusement dans la nuit pour tenter de frapper au cœur de la ville, et l’industrie qui les avait enrichis ! » 

     

    « Finis tous les salamalecs de bons rapports ! Évanouis les bureaux somptueux couverts de tapis épais et de glaces étincelantes ! Disparus de leur mémoire les belles usines, le riche matériel, les stocks de coton rare et de soie merveilleux ! Oubliés les bons serviteurs de trente années, les amis dévoués, les fabricants et les ouvriers actifs, uniques artisans de leurs fortunes ! Tout cela n’est plus que but à mitraille ou chair à canon !  » vitupère Naudin, se faisant le porte-parole de bien des entrepreneurs calaisiens.

     

    «  Les obus qui ont, hier, frappé nos usines et tué nos ouvrières, sont un peu de la richesse de l’Allemagne, un peu par conséquent de notre labeur, de notre peine, et de notre activité. Une pareille monstruosité, en faisant saigner nos cœurs, hurle contre la nature  », conclut l’éditorialiste qui menace : que les Boches ne s’avisent plus jamais de remettre les pieds à Calais, où ils sont définitivement maudits ! Un cran supplémentaire a été franchi dans la haine de l’ennemi.

     Magali Domain     

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  • Le magasin "La Tour du Jouet"

    CALAIS. Cette photo date de la fin des années soixante. L‘abribus jean-Claude Decaux, inventeur du concept en 1964, était déjà en place face à la Maison de la presse, ainsi que la pendule florale qui disparaîtra dix ans plus tard. Si la Maison de la presse et A la Civette ont gardé leur enseigne, la brasserie au Moniteur, tenue par M. Carpentier, est devenue le café de la Tour, le magasin La Tour du jouet, géré par M. Evrard, a été transformé en café : le Centaure. A la poupée rue du Général—Chanzy et La Tour du jouet étaient les deux magasins emblématiques à l’époque pour trouver jeux et jouets incontournables. Dix ans plus tôt le magasin de jouets avait pour enseigne Aux doigts de fée. Le Moniteur était une brasserie plus modeste qui allait doubler sa surface en englobant la cellule voisine et en construisant une extension couverte J.-P.P.(CLP)

    Le magasin "La Tour du Jouet"

     

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  • Lorsque les pourtours du théâtre étaient verdoyants

    CALAIS. Avant de devenir des parkings, les abords du théâtre étaient entourés de jardinets, de massifs de fleurs et d'un bassin où s'ébattaient des poissons rouges. Cette photo date de la fin des années cinquante. Une station de taxis se trouvait face au théâtre près de cette banderole annonçant des courses hippiques se déroulant à l‘hippodrome du Beau—Marais. Le casino municipal avait été installé dans les sous-sols du théâtre. Il y demeura jusqu'à l‘ouverture du casino dans les locaux du cinéma Crystal—Palace, rue Royale. Les premiers jardinets à disparaître seront ceux situés du côté de la rue Antoine—Bénard afin d'y créer une station d‘autobus. Ci-contre en 1973, le bassin était en cours de curage. Il sera transformé en pelouse. Puis bassin et jardinets seront rasés et bétonnés afin de laisser la place aux bus et au stationnement des automobiles. J.-P.P.(CLP)

    Lorsque les pourtours du théâtre étaient verdoyants

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  • CALAIS. Calais, tombé fin mai 1940, les Allemands ordonnaient l’évacuation totale de Calais—Nord et décrétaient la zone interdite. Du 20 juin au 5 juillet, la Kommandatur autorisait le retour des habitants pour récupérer des objets personnels.

    La visite très encadrée se faisait par quartier. Les Calaisiens découvraient leur ville broyée par les bombes. Les immeubles étaient en ruine. Il ne leur sera plus possible d’entrer dans Calais—Nord jusqu’en novembre 1945.

    Seuls les soldats allemands s’y feront photographier ci-dessus rue Royale avec au fond à droite ce qu‘il reste du beffroi du musée. Ci—contre en pleine bataille de Calais, ce groupe de soldats posait face aux ruines encore fumantes. D'autres photos montrent des officiers posant devant la Tour du Guet. Ces photos peuvent désormais être achetées sur les sites Internet spécialisés. ! J.-P. P. (CLP)

    Des soldats allemands photographiés devant les ruines

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snow