• Un projet de tunnel sous la Manche avorté en 1975

    SANGATTE. Des travaux préliminaires au creusement d'un premier tunnel sous la Manche débutaient en 1876. Du côté français, un forage descendait jusqu’à 129 mètres dont il restait trace: la margelle du puits au bord de la falaise (photo ci-dessous). C’est à partir de ce forage que débutait en 1972 un projet de tunnel ferroviaire. en accord avec les gouvernements britanniques et français, avec une fin des travaux annoncée pour 1980. Au bas de la côte de Latham, pendant trois années, les entreprises travaillaient à creuser des galeries à partir du forage effectué en 1 8 76.                                           

    En 1975. les travaux étaient interrompus. En pleine crise pétrolière. le gouvernement Wilson renonçait au projet. Les galeries étaient envahies par les eaux. Il faudra attendre 1987 et la signature du traité franco-britannique entre François Mitterrand et Margaret Thatcher pour que le tunnel devienne une réalité en 1 993. J.-P. P. (CLP)

    Un projet de tunnel sous la Manche avorté en 1975

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  • En 1970, Raphael Degroote créait un zoo dans sa ferme

    COULOGNE. Sur un terrain appartenant à ses parents, Raoul Degroote créait en 1 9 70 une ferme normande dotée d'un café, d’un restaurant et agrémentée d’un zoo. Les animaux présentés étaient nombreux, des flamants roses au bison en passant par un ours, des singes, des chacals ou des chamois. Le zoo fermait en 1978. Raoul Degroote poursuivait alors une activité touristique en créant dans sa ferme de nombreux événements. La ferme normande accueillait les mariages et autres repas festifs dans sa salle de réception.

    C'était aussi le lieu de rendez-vous et d’expositions d’associations comme le Club des arts et miniatures et l‘incontournable bourse aux échanges des collectionneurs en hiver. Raoul Degroote, l'homme aux célèbres rouflaquettes, disparaissait en décembre 2014 et, avec lui, sa ferme, ce lieu convivial qui devrait accueillir sur ses 5 930 m2 un projet immobilier porté par la municipalité. J.-P. P. (CLP)

    En 1970, Raphael Degroote créait un zoo dans sa ferme

     

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  • A la libération, Calais perdait sa garnison

    CALAIS. À la Libération, l’autorité militaire tirait un trait sur Calais ville de garnison et lui abandonnait ses terrains dont la citadelle. Le 25 mai 1940, l'artillerie lourde de l'armée allemande avait concentré ses tirs sur ce foyer de résistance où s’étaient retranchées les troupes alliées. La caserne Vauban s’effondrait a plusieurs endroits. Ci—dessous en août 1940. les prisonniers anglais déblayaient les ruines.

     Les élèves caporaux adjudants étaient ici photographiés en 1921. Leur nombre donnait une preuve de la densité des soldats casernés. plus de 700 après la Première Guerre mondiale. La citadelle était un village dans la ville avec ses soldats qu'il fallait nourrir. ainsi que les nombreux chevaux. Les fermiers des alentours et les commerçants étaient nombreux à assurer le ravitaillement qui se faisait par la porte de Boulogne, grosse perte économique pour eux.  J.—P. P. (CLP)

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  • Une ligne de tramway Calais-Guines jusqu'en 1940

    GUINES. Il existait depuis 1881. Le train de Guines de la ligne Anvin—Calais a circulé jusqu'en 1955. Il avait été précédé en 1879 par une ligne de  tramways hippomobiles. Certes, il ne fallait pas être pressé mais ces tramways avaient leur charme. Pour preuve cette voiture à impériale stationnée place de Guines.

     En 1908. les lignes hippomobiles ont été remplacées à Calais par des tramways électriques. Ceux-ci ralliaient Guînes en 1910, dans un premier temps au Batelage, puis le 27 mars sur la place de la Mairie. Il avait fallu contourner le refus de la Compagnie du Nord, quant au franchissement des voies ferrées aux Fontinettes, vaincre les craintes de la Compagnie des Eaux inquiète du risque de rupture des canalisations suite aux trépidations causées par les motrices.

    Narcisse Boulanger, le maire. organisait une grande fête le 1er mai pour célébrer l'événement.              J.—P. P. (CLP)

    Une ligne de tramway Calais-Guines jusqu'en 1940

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  • Les bombes pleuvent à Calais

     

    Les immeubles de la place d'Armes ont tous été endommagés par une torpille (Archives municipales de Calais, cote 43Fi266, tous droits réservés)

    27 septembre 1917 : les bombes allemandes ciblent à nouveau Calais. Les Gothas allemands continuent leur œuvre de destruction, causant près d‘une vingtaine de morts chez les civils.

     AU FIL DE LA GUERRE

     A l'occasion de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, Nord Littoral propose de retracer au fil des semaines les moments les plus marquants du conflit tel qu’il s'estjoué à Calais entre août 1914 et l‘armistice de novembre 1918.

    87e épisode : nouveau raid aérien sur Calais, dont la population commence à fuir.

    Durant tout le mois de septembre. les alertes se sont succédé à Calais au rythme soutenu des survols d‘avions allemands au-dessus de la ville. Le 27, vers 17 h un premier Gotha lance des bombes contre les patrouilleurs en rade puis disparaît à l‘horizon, A 21 h, c‘est le sauve—qui-peut général dans la population: un raid de grande ampleur commence sur les zones habitées de la cité des Six Bourgeois.

     DES DESTRUCTIONS UN PEU PARTOUT DANS LA VILLE

     La première torpille s'abat place d’Armes. Toutes les façades alentours sont mitraillées, la totalité des vitres du musée et des immeubles à 300 mètres à la ronde vole en éclats. On relève un mort et 5 blessés. Parmi eux, un invalide de guerre, amputé d‘une jambe; quelques jours après on doit lui couper l’autre pour arrêter la gangrène. Un fabricant de dentelle est cruellement atteint d‘un éclat d‘acier au cou ; il se trouvait au premier étage de son domicile de la rue de la Mer.

     La plupart des immeubles de cette rue ainsi que ceux de la rue Colbert sont ravagés par les bombes. Au 15 bis de la rue Royale, une autre torpille provoque un commencement d'incendie chez un herboriste, et blesse une voisine restée chez elle. Calais-Nord est sévèrement touché, mais d'autres secteurs de Calais ne sont pas non plus épargnés.

     Une boucherie est éventrée rue du 29 juillet. Les bâtiments de la gare, frappés par une bombe incendiaire, s’enflamment; un wagon prend feu mais il est évacué au loin où il achève de se consumer. Deux hôpitaux sont frappés par les bombes: l’hôpital militaire belge de la porte de Gravelines et l‘hôpital britannique du Virval. Les victimes sont nombreuses parmi les malades et le personnel soignant.

     DES MORTS DANS l'ÉCROULEMENT D‘UNE CAVE

     La torpille qui tombe dans la cour de l’immeuble n°17 de la rue du Havre est la plus meurtrière. Dix-neuf personnes qui s’étaient prudemment réfugiées dans le sous-sol de cet édifice sont ensevelies sous les gravats, la force de l'explosion ayant fait s‘écrouler les voûtes de la cave. On compte une seule rescapée, retirée vivante des décombres à 4 h du matin avec seulement des blessures légères; elle a perdu son mari et ses deux enfants dans le désastre.

     Des débris de la cave effondrée, les sauveteurs dégagent le corps d’une jeune maman de 26 ans puis ses cinq enfants, âgés respectivement de 9, 5, 3 et 2 ans, le dernier n‘ayant qu‘un mois. Une autre mère de famille, tenant encore dans ses bras roidis par la mort son enfant de 27 jours est extirpée des ruines. Le 28 septembre, on retrouvera encore les cadavres d’un homme de 78 ans et d‘un enfant de 4 ans.

    Les sauveteurs se sont activés sans compter et ont couru les pires risques en travaillant dans les décombres de cet immeuble menaçant à chaque instant de s‘effondrer. La présence active parmi eux d'Hans Apeness. adjoint au maire, a été remarquée. Comment ces hommes s‘y sont—ils pris pour apprendre à ce malheureux permissionnaire que sa jeune épouse était au nombre des victimes ? Ils empêchent en tout cas les pillages, une multitude d'objets, y compris des porte-monnaie, jonchant le sol.

     RESCAPÉS GRACE À LEUR IMPRUDENCE

     Un détail sème le trouble dans la population: dans cet immeuble de la rue du Havre, au 2ème étage, une sexagénaire qui avait refusé de descendre â la cave et était restée chez elle avec son mari malade et une enfant de 4 ans, a finalement fait le bon choix. juste après l‘explosion de la torpille, ils hurlent d’épouvante. Et sont repérés par un soldat belge qui les secourt.

     Les trois individus, totalement indemnes, ont refusé de se réfugier dans la cave, alors que ceux qui s‘y terraient ont été ensevelis... De quoi faire réfléchir les Calaisiens qui, pour beaucoup, songent de plus en plus à quitter la ville pour s'installer dans une autre région. ou, au moins, dans des zones plus rurales comme Sangatte, réputées moins ciblées par les Allemands. On commence à assister à un mouvement de fuite en masse des familles de réfugiés belges qui stationnaient encore à Calais.

                                                                                              MAGALI DOMAIN

     

    Les Baraques sont aussi touchées

     Le curé des Baraques a relaté l'histoire de sa paroisse durant la Grande Guerre.

    Voilà ce qu'il écrit pour la soirée du 27 se tembre : « Pendant les bombardements de nuit, beaucoup de monde s'enferme ans 3 ou 4 caves.Au début de l’alerte, on entend des cris d'enfants, des cris d’appel, et un roulement de souliers. Avant-hier, dans la cave du boulanger, il y avait 72 personnes, [...] du monde tassé sur des planches, exaspéré de peur, dans une atmos hère à suer. Aussitôt que le canon se tait, quelques voix résonnent dans la rue,(…) la foule remonte des caves, les femmes en châles, les enfants enveloppés de couvertures, on parle, on s’explique, on pleure en attendant la nouvelle alerte, c'est parfois bien tard que chacun regagne son logis, en s'interpellant, riant, lentement, comme un soir de cinéma. Beaucoup s'en vont à Sangatte coucher dans des granges. Les gens de Calais passent en procession : des voitures d‘enfants, des filets de provisions. [...] les W... ont emmené leur vieille mère de 80 ans en brouette, ils sont restés à l'abri d’un mur jusqu‘à deux heures et sont revenus avec beaucoup d'autres. »

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     C‘est le nombre approximatif de bombes qui s’abattent le 27 septembre 1917 sur Calais

     ACTE HÉROÏQUE AU BASSIN CARNOT

     Lorsqu’un raid aérien sévit, on coupe toutes les lumières pour éviter que les pilotes aient des points de repère. Au moment où le courant électrique est coupé dans la soirée du 27 septembre, les écluses du bassin Carnot sont justement ouvertes pour laisser passer un vapeur belge. Le raid dure et le courant ne revient pas. Or la marée commence à baisser et si les écluses restent ouvertes, le niveau de l'eau sera insuffisant dans le bassin pour que les navires de ravitaillement et de munitions qui s'y trouvent restent à flot. Pour éviter'que ces bateaux ne chavirent et se brisent, une poignée d’hommes se mobilise pour manœuvrer à la main les lourdes portes d‘acier du bassin tandis que le fracas des bombes retentit.

    Napoléon Turbot, maître de port, aide de quatre éclusiers et de deux haleurs réussit son pari : les portes des écluses sont refermées à temps, la catastrophe a été évitée.

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  • Henri-Ernest Leblond, un maire bâtisseur

    CALAIS. Quatre fois élu maire de Saint-Pierre-lès-Calais, de 1848 à 1865 puis de 1868 à 1870, Xavier—Ernest Leblond allait transformer profondément une ville qui profitait de l’essor de l’industrie dentellière. En 1848, la ligne de chemin de fer Paris-Calais était inaugurée avec une * gare près du pont Jourdan. En 1849, un nouveau cimetière était construit route de Dunkerque, en 1852. un abattoir près de cette nouvelle gare, une salle d‘asile aux n° 147-149 rue La-Fayette. Le centre-ville se déplaçait avec l‘aménagement de la place Crèvecœur, l’inauguration d’un la- voir en 1861, d’une nouvelle mairie en 1864. Voici ce lavoir où sera installé un collège. le palais de justice, l’octroi, le conseil de prud’hommes. M. Leblond décédait en 1870 durant son mandat. Son service funèbre était le premier célébré dans l'église Saint-Pierre qu’il avait contribué à faire construire. J.-P. P. (CLP)

    Henri-Ernest Leblond, un maire bâtisseur

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  • Il y a cent ans, la mode des couteliers et des fourreurs

    CALAIS. Des magasins spécialisés dans la vente de couteaux, il en existait une dizaine dans la ville au début du XX° siècle. Le plus connu se situait à l’angle de la rue des Quatre-Coins. au n° 63 boulevard Jacquard. C'était une armurerie et une coutellerie tenue par M. Liénard-Wens. Le commerce sera ensuite géré par le frère et la sœur Liénard jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il ne restait déjà plus que trois magasins spécialisés. Pour des raisons différentes, les magasins de vente de fourrure se sont faits rares dans le paysage calaisien. Le plus connu, tenu par M“… Duchesne, se situait à l’angle des boulevards Jacquard et La—Fayette avec pour enseigne A La Panthère. Il y avait aussi la boutique Au Tigre royal et, plus tard, Le Renard. Ces boutiques de luxe pour dames sont devenues la cible des protecteurs des animaux sauvages.    J.-P. P. (CLP)

    Il y a cent ans, la mode des couteliers et des fourreurs

     

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  • Les enseignants du pensionnat Saint-Pierre en 1910

    CALAIS. Si l’instruction était le fondement du pensionnat Saint-Pierre avec « un enseignement confié à des professeurs expérimentés et pourvus des grades universitaires les plus élevés », l’Education chrétienne avait une grande place. « Elle les rendra capables de remplir leur devoir auprès de Dieu et envers la Société et de tenir honorablement leur place dans la vie. Elle les habitue au respect des parents et de l ’autorité et cherche par tous les moyens à leur donner le goût du travail», pouvait-on lire dans une brochure remise aux parents en 1910. Pas étonnant donc que le corps professoral soit composé par des ecclésiastiques. L’enseignement était dispensé à toutes les classes d‘âge de la 11e aux classes préparant aux différents baccalauréats. Ci-dessous étaient réunis avec leurs institutrices et le Supérieur, les élèves les plus jeunes. ceux du petit pensionnat. ! J.-P. P. (CLP)

    Les enseignants du pensionnat Saint-Pierre en 1910

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  • L'équipe sportive du 8e régiment d'infanterie

     

    CALAIS. Il n'était pas rare de croiser dans les rues de Calais-Nord, les soldats du 8e régiment d‘infanterie basé à la Citadelle, à l’occasion des patrouilles ou des corvées. Ils étaient très visibles avec leur pantalon rouge, leur vareuse bleue aux épaulettes jaunes, et leur képi au pompon rouge. L’orchestre se produisait lors des événements festifs au kiosque de la place d’Armes. Etre musicien ou faire partie de l’équipe sportive du régiment était un moyen d'avoir un traitement de faveur. L’équipe sportive, photographiée ici en 192 l, participait aux rencontres inter-régiments. Parmi eux. il y avait les meilleurs boxeurs, haltérophiles, nageurs, gymnastes et athlètes. Ci-dessous, les hommes de troupe s’entraînaient, posant d‘une façon très virile, le torse nu, sur la plage des Baraques dont on voit quelques chalets installés au pied de la dune. J.-P. P. (CLP)

    L'équipe sportive du 8e régiment d'infanterie

     

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  • Les fiacres, les taxis du début du XXe siècle

    CALAIS. Au début du XXe siècle, se déplacer d'un point à l’autre de la ville était une équipée. Les tramways hippomobiles sillonnaient les grands axes mais leur lenteur était affligeante. Se déplacer à pied ou à vélo était plus rapide. Le fiacre, surnommé machine à crottins, était rapide et confortable. Il aura une existence brève, supplantée par les taxis à moteur. A Paris, ces derniers apparaîtront en 1 905 et se développeront à une vitesse exponentielle, scellant la mort des fiacres.

    La plus importante station de fiacres taxis calaisienne se situait boulevard Pasteur, les autres aux entrées nord et sud de la gare centrale. place d'Armes et gare maritime. Les classes aisées continueront un temps à les utiliser. Ci-dessous, en 1 909 un fiacre croisait un tramway électrique, une première concurrence qui en diminuera le nombre. . J.P. P. (CLP)

    Les fiacres, les taxis du début du XXe siècle

     

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