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    Le camp ]ules-Ferry a accueilli quelque 60 000 enfants durant près d’un demi-siècle... Alors que les travaux de destruction de ces bâtiments chargés de souvenirs commencent, nous avons demandé à l’un de ses anciens pensionnaires de nous raconter ses souvenirs du « camp ]ules »...

    Macaroni et gourde au coco... quelques souvenirs du "camp Jules"

    CALAIS. Les premiers enfants calaisiens ayant fréquenté le camp Jules-Ferry, dans les année 1965-66,sont ' aujourd’hui des sexagénaires, ou presque. C’est le cas d‘André Margage, un Blériotin de 59 ans. « j'ai passé mes vacances là-bas, soit de 8 à 14 ans, raconte-t-il en regardant les quelques photos de vacances qu’il asoigneusement conservées. Tenez, là c'est Monsieur Devynck, là c’est Lung, ici Fardoux, tous des enseignants qui nous encadraient. Il y avait les frères Desitter, aussi ». Les noms des « monos » de l‘époque, que l'on voit sur les clichés, entourés de dizaines de gamins hilares. « C ’était des vacances formidables pour les enfants qui ne pouvaient pas partir en vacances », résume André Margage.

    Macaroni et gourde au coco... quelques souvenirs du "camp Jules"

    Les bus qui déversaient les milliers de petits calaisiens, et les peupliers, alors tout jeunes, photos archives municipales, ville de Calais

    Tous les matins de l’été, des dizaines de bus sillonnaient les rues de Calais pour le ramassage des enfants (jusqu’à 2 000 par été !), quartier par quartier, école par école. « Au camp, on était divisés en trois groupes, il y avait Camp 1, Camp II et Camp III, se souvient André. Moi, j’étais de Balzac, on était dans le Camp III, avec ceux du Beau—Marais. » Les trois camps s’affrontaient lors de mémorables tournois de football, l’activité principale du côté des garçons.

    Macaroni et gourde au coco... quelques souvenirs du "camp Jules"

    Parmi les nombreuses activités proposées au "camp Jules", les concours de sculptures de sables, sur la plage toute proche (en médaillon, André Margage)

    Car à l’époque, garçons et filles étaient séparés. « La barrière était virtuelle. Les plus téméraires allaient voir les filles, c’est sûr Moi, j’y allais aussi, mais c’était pour aller saluer ma sœur », sourit André. Mais il n’y avait pas que le foot au « camp Jules ». Les blockhaus tout proches étaient aussi un sacré terrain de jeux: « Il y avait deux grandes rampes d’accès à ces blockhaus, ça faisait deux grandes dalles, le long desquelles on creusait. On en sortait des balles non percutées, comme neuves, des quelles on extrayait la poudre. On appelait ça des macaroni. On faisait une grande ligne avec la poudre, qu'on mettait à feu avec une allumette… Il y avait aussi un champ de munitions, pas loin, je revois certains copains en revenir avec une grenade dans la main... Quand on est gamin, on découvre le danger!» Moins dangereux et plus savoureux, « le coca (ndlr: pour Coco Baer) qu’on mettait dans la gourde, c'était de la poudre de réglisse qu’on nous servait au réfectoire »… La saveur de l’enfance !

    Macaroni et gourde au coco... quelques souvenirs du "camp Jules"

    La cantine du centre.  photos archives municipales, ville de Calais

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  • Lorsque des tonnes de rondins étaient déchargées au port

    CALAIS. Jusqu'à la fermeture en 1973 de la Société calaisienne des pâtes à papier, les cargos chargés de rondins constituaient une part importante du trafic de marchandises du port. Ils provenaient des pays nordiques. Ici le Jennifer-Jane, amarré bassin Carnot, déchargeait sa cargaison. Les rondins étaient ensuite emmenés vers les usines proches ou sur des wagons pour être transportés vers les papeteries de la vallée de l’Aa et de Corbehem. Lorsque la tempête soufflait, il n’était pas rare de retrouver des rondins, décrochés de la cargaison, échoués sur la plage. En octobre et novembre 1962, un nombre impressionnant de rondins jonchaient les plages de Sangatte jusqu‘à Calais, faisant le bonheur des récupérateurs. Ils provenaient des 6 000 tonnes transportées par le Costas—Michalas qui s’était échoué sur la plage de Sangatte, au lieu-dit le Dos-d’âne. . J.-P. P. (CLP)

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  • Pa évident d’aplanir le sable accumulé l'hiver

    CALAIS. Le désensablement suite aux tempêtes hivernales à toujours été un problème. Entre les deux rangées de chalets une dune non aplanie pour la saison estivale le montre ici vers 1910. Assurer le déblaiement du sable était un travail colossal au vu des modestes moyens de l'époque: des Charrettes puis des wagonnets tirés par des chevaux roulant sur des rails installés à cet effet, au milieu des années 1930. Prise d'armes en juin 1937 entre M. Vadez le maire et M. François président de l'association des propriétaires de chalets mécontent d’en payer les charges: « s il n'y avait pas de chalets il y aurait quand même des travaux importants de désensablement. Il y aurait une montagne de sable à enlever chaque année. Toutes les dépenses effectuées ne sont pas à notre seul profit mais surtout pour 1’ensemble des usagers calaisiens et étrangers ». | J.-P. P. (CLP)

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  • L'Escopette victime d'une explosion accidentelle

    CALAIS. Le contre-torpilleur L’Escopette était ici amené quai de la Volga, avec son équipage au garde-à-vous, et au fond la base des sous-marins. Dans la soirée du 16 novembre 1915, une énorme déflagration secouait la ville. Des bombardements ? Non, l’explosion était accidentelle, celle d’une torpille chargée de cent kilos d'explosifs et entreposée sur le pont de L'Escopette, amarrée bassin Carnot. Deux marins étaient tués, plusieurs autres blessés. Le pont était défoncé avec un début d’incendie. Des centaines de, vitres étaient brisées dans Calais—Nord et le Petit—Gourgain. L'accident était caché un temps, censure militaire oblige. Le torpilleur L’Escopette avait eu son heure de gloire en escortant la traversée de Louis Blériot le 2 5 juillet 1 909. Ce contre-torpilleur, que l’on nommerait actuellement destroyer, construit dans l’arsenal de Cherbourg, avait été lancé en 1901, puis désarmé en 1921.         J.-P. P. (CLP)

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  • Une ligne de tramway rue Mollien de 1908 à 1937

    CALAIS. Lors du passage à la traction électrique, la Ville inscrivait de nouvelles lignes au cahier des charges de la Société des tramways: celles du Fort-Nieulay, du cimetière sud et de la plage. La Société des tramways obtenait de troquet une ligne prévue du boulevard Jacquard, empruntant les rues de Vic et Chanzy, vers le boulevard La-Fayette, par une ligne reliant la Porte-de-Gravelines par la rue Mollien. La Société des tramways l’estimait plus rentable étant donné l‘implantation d’usines dans ce secteur. Cette ligne fonctionnait jusqu‘en 1937. Le terminus se situait face au café Vasseur. Mais comment faire demi-tour? La solution ingénieuse, mais qui prenait du temps, était celle-ci: le wattman changeait de poste de commande, passant de celui de l’avant à celui de l'arrière, et faisait pivoter les sièges afin que les passagers soient assis face à l’avant. . J.-P. P. (CLP)

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  • Des Calaisiens autorisés à pénétrer en zone interdite

    CALAIS… Le 31 mai 1940, l‘armée allemande décrétait Calais-Nord zone interdite. La municipalité obtenait l’autorisatiôn pour les habitants de ce quartier d’y pénétrer par le pont George-V pour y prendre les objets leur appartenant. Du 2 au 4 juin, les sinistrés récupéraient ainsi quelques souvenirs. Des coups de feu auraient été tirés le 4 vers des militaires allemands par des tireurs isolés. Le major Steinberg interdisait aux civils de pénétrer dans ce quartier sous la menace d’être fusillés sur le champ. Une nouvelle autorisation était accordée le 20 juin, par petits groupes, cette fois par le pont Faidherbe. Ces visites encadrées cessaient le 5 juillet. Photographier était interdit. Quelques photos clandestines ont été prises, ici du haut d’un immeuble de la place d’Armes d‘où l’on voit des civils rejoindre la rue Royale, ou ci-dessous dans une rue du Havre méconnaissable. ! J.—P. P. (CLP)

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  • Un canon ornementait la terrasse du casino

    CALAIS. Ce canon avait été découvert en 1908 lors de la construction des ponts Henri-Hénon et de leurs écluses. Long de deux mètres, cette pièce marine datant du XVI° siècle était encore chargée. Le canon aban— donné dans un coin du chantier attirait l’attention d‘Achille Bresson, le directeur du casino. Il obtenait l'autorisation de l‘emporter. Nettoyé de la rouille, posé sur un nouvel affût, le canon était installé en 1909 sur la terrasse du casino, face à-la mer, suscitant la curiosité des clients.

    D’autres canons avaient ainsi été récupérés pour ornement. Vingt—cinq pris à l’ennemi étaient posés autour du bassin du Paradis en 1811.

    Retournés et fichés dans le sol, ils servent toujours de bittes d’amarrage. Plus récemment, en 1995, un canon du Second Empire gisant au fond du port était remonté. Nettoyé, il était installé sur une pelouse près du monument Gavet.       J-P. P. (CLP)

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  • Lorsque la bicyclette était reine

    Maurice Gest, le propriétaire d'un magasin spécialisé dans la vente de cycles, s’était installé rue des Fontinettes au milieu des années trente. Situé près de la gare, le magasin fut anéanti par les bombardements alliés et reconstruit vingt mètres en arrière pour laisser place au square des Fontinettes.

    Après guerre, la bicyclette était reine et le magasin prospéra. On le voit ici alors que M. Gest organisait une course de quartier dans les années soixante. Après la cessation d'activité en juillet 1986, le magasin devint une salle de musculation "Espace Forme". Hervé Gest, un des fils, va occuper à nouveau le magasin avec un commerce de voitures d’occasion.

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  • La société calaisienne des pâtes à papier fermait en 1973

    CALAIS. La Société calaisienne des pâtes à papier se situait quai de la Loire, face au bassin Carnot, où venaient s’amarrer les cargos en provenance des pays nordiques. Détruite pendant la guerre, elle a été reconstruite. Elle employait à son apogée 400 salariés, dont quelques—uns posaient ici en 1953. Les rondins d’épicéa étaient hachés en copeaux, chauffés dans des autoclaves, lessivés, mélangés à de la pierre à chaux pour donner à la sortie de la pâte. Celle-ci était mise en feuilles, massicotées, pour devenir les ballots que l’on voit ci—dessous, chargés sur des wagons SNCF qui stationnaient dans l’usine. Ils étaient ensuite expédiés vers les fabricants de papier. En difficulté financière, l’usine a fermé en 1973. Rachetée en 1974, elle a été en grande partie détruite par Vieille Montagne, une société de mines et de fonderies du zinc, intéressée par la surface libérée. J.-P. P. (CLP)

    La société calaisienne des pâtes à papier fermait en 1973

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  • Les tapissières du casino pour rallier la plage et les baraques

    CALAIS. On nommait tapissière cette voiture hippomobile munie d'un toit, ouverte sur les côtés qui servait à l'origine au transport des meubles et tapis. Transformées pour le transport des touristes, elles circulaient du terminus de la place d’Armes vers la plage et les baraques. Engin lourd, la tapissière était tractée par deux chevaux. Avant la construction du pont Henri-Hénon, elles empruntaient le Long-pont sur lequel les voitures ne pouvaient pas se croiser. Par contre, elles ne pouvaient pas circuler sur la passerelle du casino enjambant le fossé. Les ouvertures du pont Henri—Hénon et du pont du casino changeaient la donne. Un service estival de tramways ralliait désormais la plage, reléguant les tapissières au seul usage des touristes et noctambules. Ci-dessous, la voici empruntant l’ancienne route du casino qui se trouvait dans le prolongement du Long-pont. J.—P. P. (CLP)

    Les tapissières du casino pour rallier la plage et les baraques

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