• 1er décembre 1967

    CE QUE SERA CALAIS à la FIN DU VIme PLAN

     Pendant les quinze années qui se seront écoulées entre sa médiocrité de 1959 et sa prospérité de 1974, il aura fallu que Calais rattrape quinze années de retard et cherche à prendre cinq années d'avance.

     C'est donc le travail normal de 35 années que notre Ville aura accompli pendant cette période.

     Effort d'autant plus méritoire pour les Calaisiens que, pour l'assumer, ils auront à supporter une charge d'investissements accrue dans la même proportion : en 1960, notre infrastructure et nos équipements étaient dérisoires. En 1975, ils seront cités en exemple.

     Mais un tel bon en avant au profit des Calaisiens de demain aura coûté cher à notre génération.

     Ne regrettons pas les sacrifices que nous consentons pour préparer l'avenir, car cet avenir s'annonce pour nous sous les plus favorables auspices.

     Malgré certaines critiques de commande, la Municipalité, la Chambre de Commerce, le Comité d’Expansion et le Syndicat d’Initiative ont conscience d'agir pour le bien général de la population calaisienne en poursuivant les objectifs qu'ils se sont fixés et qu'ils atteindront grâce à la bienveillante compréhension des pouvoirs publics.

     Sous peu, pourra être établi et publié le plan du grand Calais de demain.

     On y verra les nouvelles zones industrielles, les quartiers rénovés, le front de mer, les grands axes de circulation intérieure et d'expansion extérieure en liaison avec le tunnel, les équipements culturels et sportifs de premier ordre...

     Que la génération d'aujourd'hui et celle de demain unissent leur expérience et leur dynamisme dans une même confiance en leur destin... et tout ira bien pour CALAIS.

     Jacques VENDROUX

     Député-Maire de CALAIS.

    Président de la Commission des Affaires Etrangères

     

    de l'Assemblée Nationale.

    LA CRÈCHE MUNICIPALE

     rue de Chantilly n° 95                                                                                         par Madame Cécile MULARD, Conseiller Municipal Délégué

     

    1er décembre 1967

     La Crèche Municipale, inaugurée par Monsieur Raymond MARCELlN, Ministre dela santé Publique en 1964, a ouvert ses portes au public en Mars 1964.

      Elle fonctionne tous les jours sauf le dimanche de 7 heures 30e 19 heures 30. Son but-est d'héberger pendant la journée, d/entretenir et d'assurer la subsistance et de donner les soins hygiéniques et moraux indispensables aux enfants âgés de 15 jours au moins et de trois ans au plus dont les parents ou responsables, domiciliés à CALAlS, sont contraints de travailler hors de leur foyer. 

     Toute admission doit faire l'objet d'une demande préalable formulée au Bureau Municipal d'Hygiène — Mairie, de CALAlS — par les parents ou responsables de l'enfant, en vue de la constitution du dossier réglementaire.

     Cet établissement est conçu pour accueillir 50 enfants. Malgré cela, les demandes étant nombreuses, il est recommandé aux parents de se faire inscrire longtemps à l'avance et, pour éviter tout inconvénient au moment de |'admission, de faire vacciner leur enfant dès la naissance par le B. C. G. ‘ ’

     En échange des prestations fournies, une participation familiale hebdomadaire et forfaitaire de 36 francs a été fixée par le Conseil Municipal. Une réduction de 50 % est accordée en faveur des familles nécessiteuses dont—les ressources n'excèdent pas le maximum autorisé pour l’attribution de l’aide a l'enfance.

    Le Docteur PIUSSAN, Médecin Pédiatre, est spécialement chargé de l'inspection Sanitaire.

     Madame HIMBERT, infirmière puéricultrice, dirige l'établissement secondée dans sa tache par une infirmière diplômée d'Etat.

     Le contrôle administratif est assuré par le Bureau Municipal d'Hygiène à la Mairie où il est possible d'obtenir tous renseignements concernant le fonctionnement de cet établissement.

    LES CONSULTATIONS DES NOURRISSONS

    95, RUE DE CHANTILLY

    par Madame Cécile MULARD, Conseiller Municipal Délégué

     Les consultations de nourrissons de la rue de Chantilly fonctionnent cinq jours par semaine : 

     Lundi Dr BRlQUET 14 h à 17 h

    Mardi Dr BROUCHE 14 h à 17 h

    Mercredi Dr DAVROU 9 h 30 à 11 h

     Mercredi Dr VANGREVELYNGHE ‘ 14 h à 17 h

    Jeudi Dr LAGON 14 h à 17 h

    Vendredi Dr DE RENTY 14 h à 17 h

     Les mamans reçoivent à ces consultations des conseils éclairés sur la façon de nourrir et de soigner leur bébé.

     Le service gratuit de microbus fonctionne pour transporter les mamans et leurs enfants de leur domicile à la consultation de nourrissons de la rue de Chantilly.

     Le retour est assuré de la même façon.

     Les mamans, qui le désirent, peuvent être prises en charge et ramenées à leur domicile. Elles doivent, pour cela, se faire inscrire d'avance auprès des infirmières—visiteuses de la consultation ou auprès du chauffeur du microbus.

     L'horaire des services gratuits de microbus est ainsi établi :

     Le matin

     — Mercredi : pour les quartiers de Calais—Nord et du Petit»Courgain.

     L'après—midi

     -Lundi :pour les quartiers du Fort—Nieulay et des Cailloux.

     -Mardi : pour les quartiers Route de Dunkerque, Virval et Beau Marais.

     -Jeudi : pour les quartiers du Petit—Courgain.

     Le Docteur DE RENTY, qui assure la consultation du vendredi, est en même temps médecin—chef de circonscription de protection maternelle et infantile et médecin»chef des consultations de nourrissons de CALAIS. Il est secondé dans sa tâche par une infirmière.

     Le rôle et l'importance des consultations de nourrissons sont très grands et se reflètent dans la précision

    apportée l’an dernier par le Docteur DE RENTY, à savoir : la mortalité infantile à CALAIS oscille autour de 2 % alors que celle des nourrissons régulièrement suivis est inférieure à 1 %.

     En 1966, près de 45 % de nourrissons de moins d'un an ont été présentés à la consultation, soit 687 sur 1554 naissances. En 1967, du 1"' Janvier à fin Août sur 924 naissances 369 sont inscrits à la consultation.

     Il va sans dire que ces consultations sont absolument gratuites. En outre, les familles nécessiteuses, qui en font la demande, peuvent bénéficier d'attributions de lait en poudre. Le bénéfice de cette distribution est réservé aux enfants âgés de moins de 9 mois et dans certains cas, à titre exceptionnel sur avis du médecin, au»delà de cette limite.

     La conclusion s’impose d’elle—même : toutes les mamans soucieuses de la santé de leur enfant se doivent de suivre régulièrement ces consultations.

    EDUCATION NATIONALE

     par Monsieur Jules LEFEBVRE, Adjoint au Maire,

    et Monsieur Richard MORIN, Conseiller Municipal Délégué

     Lors de la rentrée scolaire de 1966, 20.000 écoliers ou étudiants étaient accueillis dans les établissements scolaires de Calais.

    Cette année, les effectifs dépassent 21.000.

     La forte poussée démographique consécutive à la guerre 1939-1945 a entraîné depuis quelques années une augmentation sensible des effectifs des établissements secondaires.

    Cette augmentation s'est amplifiée cette année en raison de la prolongation de la scolarité obligatoire.

     Les effectifs primaires sont en légère baisse, le chiffre de la natalité s'étant stabilisé depuis 1950 jusqu'en 1963. Mais le problème des constructions scolaires ne s'en est pas trouvé pour autant résolu, l'extension du périmètre urbain ayant nécessité des constructions nouvelles.

     Par contre, depuis 1963 conséquence de l'union des jeunes gens nés après 1945, une nouvelle poussée démographique est apparue, dont les répercussions atteignent maintenant les effectifs maternels.

     Dans quelques années, cette répercussion s'étendre aux écoles primaires, à l'enseignement secondaire, puis à l'enseignement supérieur, selon le même processus que nous avons connu depuis la fin des hostilités.

     La scolarisation de nos enfants et par suite la réalisation de nouveaux groupes scolaires ou de classes supplémentaires constitueront donc pour l’Administration un problème permanent.

     ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

     par Monsieur Richard MORlN, Conseiller Municipal Délégué

     La ville de Calais compte actuellement :

     ENSEIGNEMENT PUBLIC :

    14 écoles de Garçons   : 130 classes : 4122 élèves

    17    "       de Filles      :  160     " :      4915     "

    19    "       maternelles : 81        " :      3466     "

                                                           _________

                                                               12503

                                                   contre 12380 en 1966

    ENSEIGNEMENT PRIVE :

     4 écoles de Garçons : 19 classes 681 élèves

     6    "      de Filles :      37     "    1230     "

                                                  __________

                                                       1911

                                            contre 1859 en 1966

     L'augmentation des effectifs maternels a nécessité la création de classes dans différents quartiers de la Ville : Nouvelle France, Fort Nieulay, Petit Courgain.

     L'Ecole maternelle rue Malherbe avec ses classes vétustes et exiguës a disparu et fera place dans un avenir prochain à un établissement spacieux, accueillant et moderne.

     Les créations de classes primaires supplémentaires au Petit Courgain, au Fort Nieulay, au Virval n'ayant soulevé aucun problème sérieux, l’Administration municipale a fait procéder à d’importants travaux dans la plupart des écoles :

    réfection des plafonds, revêtement des sols de classes, peintures intérieures et extérieures, modernisation des sanitaires, construction de préaux et de galeries vitrées, etc..

     PROLONGATION DE LA SCOLARITE : dans le cadre des mesures prises pour assurer l'accueil des élèves nés après le 1er janvier 1953. Signalons la création des sections d'éducation professionnelle (S.E.P.). Environ 250 élèves seront répartis dans différentes classes vacantes des établissements scolaires primaires où ils recevront un enseignement général comportant 12 heures de cours par semaine.

     PERSPECTlVES D’AVENIR : En raison de l'important mouvement de population vers les quartiers périphériques où s’implantent de nombreux immeubles collectifs ou individuels, l’Administration municipale a prévu l'édification d'écoles ou groupes scolaires nouveaux et définitifs qui permettront d'assurer sans heurts les futures rentrées scolaires.

     Porte de Paris « Z.U.P. (2 groupes) — Haguenau Malherbe - Constantine Ajaccio - Virval - J.B. Corot Maubeuge - Phalsbourg - Courgain - Brésil.

    ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

     par Monsieur Richard MORIN, Conseiller Municipal Délégué

     L'enseignement secondaire est dispensé dans 7 établissements (non compris 2 G.O.D.) et sous toutes ses formes : classique, moderne, technique et commercial.

     ENSEIGNEMENT PUBLIC

     Lycée d’Etat de Jeunes Filles : 1530 élèves

     Lycée nationalisé de Garçons  : 448      "

    C.E.S                                        : 1017     "

    C.E.T.                                       : 944      "

    C.E.G., G.O.D.                           : 1217     "

                                                   _____

                                                     5156  contre 4551 en 1966

    ENSEIGNEMENT PRIVE :

     Pensionnat Saint Pierre            : 645 élèves

            "         Jeanne d'Arc         :  221     "

                                                 _________

                                                        866 contre 695 en 1966

     La transformation du Lycée de Jeunes Filles en Lycée d’Etat et la nationalisation du Lycée de Garçons, du CES, et du C.E.T. ont permis un allègementdes charges financières communales. Le Lycée de Jeunes Filles et le CE.T. sont pris en compte total par l'Etat. En ce qui concerne le Lycée de Garçons et le CES. la Ville de Calais ne supporte plus que 40% des frais de fonctionnement.

     Rappelons que la Ville demeure propriétaire des locaux afférents à l'Enseignement secondaire ce qui implique leur entretien et leur maintien en bon état.

     FOURNITURES CLASSIQUES : Dès 1961, le Conseil municipal accordait la gratuité des livres et fournitures classiques à tous les élèves de l’Enseignement secondaire de moins de 14 ans.

     Lors de sa séance du 6 Novembre 1967, l'Assemblée communale étendait le bénéfice de cette mesure à tous les étudiants âgés de 14 à 16 ans.

     ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

     par Monsieur Richard MORIN, Conseiller Municipal Délégué

     La création d'un centre d'Enseignement supérieur scientifique (annexe de la Faculté de Lille) dont le fonctionnement (personnel, locaux, équipement) est entièrement à la charge de la Ville, a facilité à de nombreux étudiants de condition modeste l’accession à l’Enseignement supérieur.

     L'augmentation importante des effectifs témoigne le succès de cette réalisation qui ne constituait, au début qu'une expérience.

     1966: 72 étudiants -- math. Physique : 70

     1967: 150      "        -- physique chimie : 80 

     Les démarches qui se poursuivent actuellement à l’échelon ministériel nous permettent d'espérer, pour la rentrée 1968—1969, la création d'un centre d'Enseignement supérieur littéraire et d'un Institut Universitaire de Technologie.

     D'ores et déjà 3 bâtiments supplémentaires ont été construits qui seront mis à la disposition des Sections scientifiques actuelles et des Sections littéraires et de Technologie future.

     Ajoutons que dans le cadre des avantages sociaux offerts aux étudiants, l’Administration Municipale a créé, à l’intérieur du Centre, un Restaurant universitaire où chaque étudiant bénéficie d'un repas complet le midi au prix de 1,40 F.

     EFFECTIFS SCOLARISES

     POPULATION TOTALE DE CALAIS :

    (Recensement de 1962) : 70.707 habitants.

     NOMBRE D'ÉTUDIANTS, ÉLÈVES OU APPRENTIS :

     Enseignement supérieur                 : 150

    Enseignement secondaire                : 6022

    Enseignement primaire                    : 10141

    Enseignement maternel                   : 4273

     Autres établissements spécialisés : 2034

                                                           _______

     

                                                             22620

    AUTRES ETABLISSEMENTS DISPENSANT UN ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL

                                        (Professionnel ou artistique)

                                   par Monsieur William WOOD, Adjoint au MairE et Monsieur Richard MORIN, Conseiller Municipal Délégué

     

    Ecole des Arts appliqués

    Ecole Nationale de Musique

    Institut Jacquard (Ecole municipale de la Dentelle)

    Cours professionnels industriels

          "            "          commerciaux

          "            "           couture

    Cours de promotion sociale

    Institut Médico-pédagogique

    C.I.T.I.M. 

    Centre de formation accélérée du bâtiment

    Centre de formation accélérée du textile

    Ecole d'infirmiers

    Ecole Pigier

    Institut d'Enseignement ménager

    Cours de coiffure

    etc… etc...

    ECOLE NATIONALE DE MUSIQUE

     Cet établissement groupe cette année 304 élèves autour de 13 professeurs dans les classes d'orchestre, musique de chambre, chant, harmonie, contrepoint, solfège et instruments (piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse, flûte, hautbois, clarinette, saxophone, basson, cor, trombone, trompette et tuba).

     Chaque année, des élèves accèdent au Conservatoire national supérieur de Paris.

     ECOLE DES ARTS APPLIQUÉS

     L'Ecole des Arts appliqués compte 273 étudiants ou élèves dont 65 à temps complet; l'enseignement est dispensé par 7 professeurs et les différentes disciplines sont l'esquisse en dentelles, la peinture publicitaire, le dessin d'architecture d'ameublement et d'esthétique industrielle et la préparation aux études supérieures artistiques (C. A. E. A. S.)

     CITE SCOLAIRE DE LA RUE DE VERDUN

     par Monsieur Jules LEFEBVRE, Adjoint au Maire et Monsieur Richard MORIN, Conseiller Municipal Délégué

     Les Travaux préliminaires à l'édification de la Cité scolaire de la rue de Verdun entrent dans leur phase terminale.

     Le détournement du chenal d’Asfeld, le comblement et le nivellement du terrain, le tracé des voies de desserte sont achevés. Les travaux de construction proprement dite commenceront en novembre 1967 et la totalité de cet imposant ensemble universitaire sera terminée dans le courant de l'année 1970.

     Toutefois la réalisation étant prévue par tranches complètes successives les sections industrielles pourront fonctionner dès la rentrée scolaire 1968.

     RAPPELONS QUE LA CITE SCOLAIRE COMPTERA 4 GROUPES:

     Premier cycle classique et moderne garçons.

    Deuxième cycle classique et moderne garçons.

    Unité commerciale (Lycée et CET) mixte.

    Unité industrielle (Lycée et CET) garçons.

     EFFECTIFS PRÉVUS : 3.000 élèves (2530 garçons et 470 filles) dont 1960 externes, 1500 demi—pensionnaires et 540 internes.

     ANNEXES :

     22 logements

    Services généraux

    Parking

     EQUIPEMENT SPORTIF :

     2 gymnases

     1 piscine

     6 plateaux éducation physique

     1 lançoir collectif

     1 piste de course à pied de 333,33 m

     

     5 aires de jeux.

    CREATI0N D'UN FOYER-RESTAURANT POUR PERSONNES ÂGÉES, par Monsieur Edmond WlSSOCQ, Vice—Président du Bureau d’Aide Sociale

     

    1er décembre 1967

     La réalisation d/un Foyer—Restaurant à Calais s'inscrit dans le cadre de la politique du maintien des personnes âgées à leur domicile, recommandée par la Commission d'études des problèmes de la vieillesse, dite Commission Laroque, et encouragée par l'Etat.

     On sait que l'objectif de cette politique est de retarder, voire supprimer, des hospitalisations définitives plus onéreuses pour les collectivités et, en même temps, redoutées des personnes âgées, cela en les aidant à vivre le plus longtemps possible parmi leurs souvenirs, dans le cadre où elles ont toujours vécu et duquel on ne devrait se résigner à les retirer qu’à défaut de toute autre solution. 

     C’est dans cet esprit qu'après l'Aide Ménagère déjà en fonctionnement depuis quelques années, le Bureau d'Aide Sociale, sous l'impulsion donnée par son président, Monsieur Jacques VENDROUX, Député—Maire, a étudié la possibilité de créer à Calais des foyers—restaurants offrant à prix modiques des repas chauds quotidiens préparés en fonction des principes de la diététique des personnes âgées ainsi que des activités destinées à maintenir la participation des personnes âgées à la vie sociale.

     A cet effet, le Bureau d'Aide Sociale, dans sa séance du 6 juillet 1966, a décidé de se rendre acquéreur d’un ensemble immobilier couvrant plus de 2.000 m2, sis 19—21 rue du Pont Lottin à Calais, c’est à dire au centre de

     la Ville, près de l'Hôtel de Ville. L'acquisition a été autorisée et déclarée d'utilité publique et d'urgence par arrêté de Monsieur le Préfet du Pas—de—Calais en date du 12 septembre 1966.

     L'un des bâtiments, a usage d'habitation, a pu être aménagé et agrandi pour permettre la création, dans l’immédiat, du Foyer—Restaurant. Les travaux d'aménagement et d'agrandissement ont été décidés par délibération de la Commission Administrative du Bureau d'Aide Sociale du 7 novembre 1966, approuvée par Monsieur le Sous—Préfet,

    1er décembre 1967

     de Calais le 27 décembre 1966. Dans un deuxième temps, les autres bâtiments, à usage industriel, seront démolis pour permettre d'envisager des activités sociales plus étendues à l'intention des personnes âgées.

     Au rez»de—chaussée du bâtiment d'habitation préexistant ont été aménagés la salle de restaurant, un bureau et une petite salle d'infirmerie. La salle de restaurant peut contenir une centaine de convives. Une partie de cette salle est séparée par des portes accordéon, ce qui est appelé à donner plus d’intimité en cas de besoin, assister à la télévision ou écouter la radio ou des disques.

     La cuisine a été spécialement construite à l'ouest du bâtiment préexistant en fonction du matériel moderne qu'elle reçoit, lequel permet de soigner tant la qualité que la diversité des repas. Une réserve de denrées-et une chambre froide lui sont contiguës. A l'est du bâtiment préexistant ont été spécialement construits des groupes sanitaires et des vestiaires.

     Enfin, quelques petites salles d'accueil, de détente, de jeux ou de lecture, permettant aux personnes esseulées de se rencontrer et de sympathiser dans une intime ambiance.

     Le restaurant est ouvert aux personnes âgées d’au moins 65 ans ou 60 ans en cas d'inaptitude au travail ainsi qu'aux infirmes et grands infirmes. Celles dont les ressources n'excèdent pas le plafond conditionnant Voctroi de l'allocation supplémentaire du Fonds National de solidarité, soit actuellement 3600 Francs par an, ne versent qu'une participation modique, la différence entre cette participation et le prix de revient du repas étant prise en charge par l'Aide Sociale. Celles dont les ressources sont supérieures à ce plafond peuvent être admises, dans toute la mesure du possible moyennant une participation plus élevée. 

     Quant aux activités du loyer, elles sont gratuites et offertes sans considération de ressources.

    Cet établissement a été inauguré le 8 octobre 1967 par Monsieur Maurice SCHUMANN, Ministre d’Etat.

    La date d'ouverture a été fixée au 6 novembre 1967.

     Il y a lieu d'ajouter que le Bureau d'Aide Sociale a reçu, pour la réalisation de son objectif, une aide financière de la Caisse régionale de Sécurité Sociale de Lille sous la forme d’une subvention de 110.000 Francs et que l’Association Générale de Retraites par Répartition lui a consenti un emprunt de 250.000 Francs. Cet emprunt a été garanti par la Ville de Calais par délibération du Conseil Municipal du 13 Juillet 1966.

    1er décembre 1967

    LES SPORTS

     par Monsieur Georges BENOIT, Adjoint au Maire et Monsieur Pierre VANDENBERGHE, Conseiller Municipal délégué à la Jeunesse et aux Sports.

     Les installations dont la Ville de Calais s’est dotée depuis quelques années permettent aujourd'hui la pratique des sports collectifs et individuels tant par les jeunes d'âge scolaire que par une vingtaine de sociétés regroupant environ 1500 adhérents.

     Ces installations sont mises gratuitement à la disposition des étudiants, dans le cadre des activités sportives de leurs écoles, et des sociétés pour l'entrainement de leurs équipes. 

    Elles comprennent :

    — une base»école de voile, au Fort Risban ;

    — une piscine couverte (Piscine Emile Ranson) comportant un bassin éducatif (1?) m x 15 m) et un bassin sportif (25 m x 15 m) ;

    — deux salles de sports couvertes : 

    — la Salle Omnisports de la rue Edgar Quinet (plateau d/évolution de 30 m x 18 m) ;

    — le Gymnase de la Porte de Lille (aire de jeu de 44 m x 24 m) ;

    — la construction d’un deuxième gymnase est envisagée.

    — six stades et terrains de sports :

    — le Stade du Souvenir, dans l'enceinte de la Citadelle, superficie 62.350 m2. || comprend deux terrains de football, une piste de 400 m, une piste de 110 m, des aires de concours, deux aires de basket—ball, trois aires de volley—ball, deux terrains de tennis, un stand de tir au fusil, un terrain de tir à l'arc et un terrain de hockey ;

    — le Stade Julien Denis, route de Dunkerque ;

    — le Stade Henri Louchez, Boulevard Curie ;

    — le Stade Deschamps, route de Dunkerque ;

    — le Stade Géo André, Avenue Roger Salengro 

    — le Stade Jean Boin, Porte de Lille 

     Ces quatre derniers stades comprenant : terrains de football, terrains de basket-ball, piste annulaire, pistes “ de 100 m. et aires de concours. 

    SPECTACLE ”SON ET LUMIERE” DANS l'ENCEINTE'DE LA CITADELLE

    par Monsieur Rémi DEBREYNE, Conseiller Municipal Délégué

     Un "Son et Lumière ” est un spectacle généralement conçu par un historien et réalisé par le jeu de projecteurs et de sources lumineuses et sonores.

     Lorsqu’il s'agit de monter un te| spectacle, deux tendances s'affrontent :

    La première consiste à présenter l’histoire d’une ville ou d'un château, de ses origines, — souvent très controversées, - à nos jours ; le spectateur assiste alors à une longue et fade énumération de dates, de combats, de défaites et de victoires qui lasse son attention et ne lui apporte aucune vérité historique.

     La seconde solution permet, par une évocation portant sur une période relativement courte, de présenter un fait important de l'histoire locale ; l'ambiance d'une époque frappe particulièrement le spectateur et lui permet d être le témoin du passé.

     Grâce aux nombreuses possibilités artistiques et techniques offertes par un tel spectacle, ce mode d’expression permet de faire surgir du néant l'Histoire avec son cortège de légendes et de traditions.

     Monsieur Pau| ROBERT—HOUDlN, réalisateur du spectacle "Son et Lumière ” de Calais, a évité l'écueil de la facilité en adoptant la seconde solution et c’est ainsi qu’il présente aux Calaisiens des séquences illustrant le siège de la Ville par Edouard III et l'arrivée du Duc de Guise en 1558.

     Voici d’ailleurs les titres des différents tableaux :

    I — Les Corsaires : Evocation de la vie à Calais, il y a près de 10 siècles ; les marchands anglais, pillés et ruinés par les corsaires ca|aisiens, décident de les détruire.

    II — Edouard II met le siège devant Calais: Pour abattre ces dangereux corsaires, les Anglais donnent au roi Edouard III une flotte et une armée ; c'est le siège, ses misères et ses famines, etc…

    III -— Philippe VI vient au secours de Calais : après de longs mois de souffrance, l'espoir renaît!

    IV — La Capitulation : Les Bourgeois de Calais, l'exi|.

    V — 1558 : Le Duc de Guise entre dans |a Place

     Final musical

    Ce somptueux spectacle a bénéficié du talent de grandes personnalités du monde de |a Musique et du Théâtre; la complainte a été enregistrée par Madame Jeanine MICHEAU de l'Opéra ; Catherine SAUVAGE, François PERIER et Fernand LEDOUX ont prêté leur voix et la musique est l'œuvre du compositeur Georges VAN PARYS.

    Un véritable festival de jeux de lumières et de sons sur un texte dense admirablement servi par des interprètes de talent, des effets les plus inattendus donnent à ce " Son et Lumière ” un relief extraordinaire.

     Monsieur Pierre DUMAS, Secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre, Chargé du Tourisme, a inauguré ce spectacle le 1e Juillet 1967. Il se déclara enchanté par un tel résultat ainsi qu'en témoigne la déclaration qu’il fit aux journalistes à l’issue de la séance :

    ”Il est extraordinaire d'être arrivé a ce résultat en ne possédant ni château, ni rempart représentant un ensemble architectural de valeur. Tout a été utilisé avec le meilleur goût, depuis la petite tour, au bout à droitejusqu’au moindre relief. Quant à l'atmosphère dramatique, elle est excellente. Ce "Son et Lumière ” représente un merveilleux résumé de l'histoire de Calais ” 

     Le spectacle "Son et Lumière ” de Calais est donné du 30 juin au 15 septembre.

     

    1er décembre 1967

     

    LES PREMIERS PAS DU NOUVEAU MUSÉE DES BEAUX ARTS ET DE LA DENTELLE

    INSTALLATION ET INAUGURAT|ON En octobre 1965, Monsieur Maurice HERZOG, Secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports, inaugurait le bâtiment du nouveau Musée.

     Peu après commençait, en collaboration avec les Services techniques, le déménagement des collections de la rue des Soupirants à la rue Richelieu. Emballage, transport occupèrent des mois ; citer trop de chiffres serait fastidieux : rappelons seulement les 120 mètres de registres d'échantillons de dentelle de Calais qui pèsent plusieurs tonnes ! En même temps on organisait sous une forme provisoire les salles d’exposition : barres d'accrochage, vitrines, épis mobiles.

     Huit mois plus tard, le 25 juin 1966, les premières salles étaient ouvertes. Monsieur CHATELAIN, Directeur des Musées de France, tenait à venir en personne inaugurer le Musée de sa ville natale. ll faut ici le remercier vivement d'avoir suivi avec tant d'attention et d’avoir facilité les premiers pas du Musée : citons, en particulier, le prêt fait sous son égide par le Musée du Louvre de treize toiles de Grands Maîtres du XIXe siècle : David, Delacroix, Millet, Corot, etc.

     LES EXPOSITIONS Depuis cette date, à côté de la salle d'histoire locale et de la salle des peintures, on a pu voir se succéder six expositions : tous les grands noms de la sculpture moderne ont été réunis dans ”Sculpteurs du XXe siècle ” ; avec " Rodin " le Musée a commémoré le cinquantenaire du décès de l/artiste qui a donné à Calais son plus beau monument ; à l'art contemporain ont été encore consacrées les expositions ” De Bonnard à nos jours ”, Estampes originales, et ”Pastels de Roulland ” ; à l'art religieux " Le Patrimoine artistique de Notre—Dame de Calais " ; à l’histoire et à la technique, "Traversées aériennes de la Manche ”.

     LES CONFÉRENCES Autre activité, les conférences organisées par les ”Amis du Vieux Calais ”, le ”Centre Culturel du Calaisis ” ou la Ville elle—même ; elles nous ont permis d'entendre Monsieur le Directeur des Musées de France sur le Louvre, les comptes rendus des voyages de Monsieur le Sous—Préfet Zerkovitz ou de Monsieur Vendroux,

    Député—Maire, des études historiques, etc... et même de la musique dans le cadre du jumelage Calais—Duisbourg.

     BONS AU MUSÉE L'on ne peut achever ce bilan sans évoquer les donateurs qui ont enrichi les collections ; en premier lieu, Monsieur le député—Maire, lubmême, qui a donné le voile de baptême de la famille royale des Stuart, conservé depuis 1689 dans sa famille : c’est un souvenir historique en même temps qu'un objet d'art; citons aussi, Madame Debray, Miss Fée Saecula, Monsieur et Madame Renault, Messieurs Pigault de Beaupré, Rochette, H. Minet, R. Peumery... ces gestes généreux sont un encouragement en même temps qu'ils rendent plus impérieux le devoir de mener à bien le renouveau du Musée.

     

    1er décembre 1967

     

    LA VOIRIE COMMUNALE

     par Monsieur Georges BENOIT, Adjoint au Maire

     

    1er décembre 1967

      Le projet d’un axe de déviation contournant le centre de la Ville est actuellement étudié en fonction de l'incidence qu'aura le Tunnel sous la Manche sur le réseau routier régional.

     Cette opération doit être réalisée au titre du Vme Plan.

     Par ailleurs, dans le cadre des études d'urbanisme, la création d'une voie au Sud de la Citadelle (avenue Pierre de Coubertin), qui s'ouvrira sur le nouveau tracé de la rue de Verdun, constituera une liaison nouvelle Calais—Nord; sortie Ouest de Calais, vers Boulogne.

     Les travaux sont actuellement en cours et se prolongeront ultérieurement vers le Fort Nieulay et la zone du Front de Mer.

     D’autres travaux en cours intéressent l’élargissement de la chaussée et des trottoirs du Quai de l'Yser.

     L'aménagement d'une voie de desserte de la zone industrielle du Beau—Marais est pratiquement terminé et permettra de relier au réseau routier les ensembles industriels en cours d'installation , la fabrique de béton GIVELET, l'entreprise CHEVALIER et la Société d‘ Exploitation des Stéroides.

     Enfin, la réfection de chaussées dans divers quartiers se poursuit parallèlement aux travaux d’assainissement.

    L'ATELIER D’URBANISME

     Organisme d'Etudes Urbaines de l'Agglomération Calaisienne par Monsieur Raymond DENlMAL, Premier Adjoint au Maire, Président de l’Office Public d'habitations à loyer modéré, Vice—Président de la Société d'H.L.M. du Pas—de—Calais—Ouest.

     Devant l'évolution rapide des problèmes d'urbanisme est apparue la nécessité de déterminer, pour une échéance suffisante, les structures qui devront être données aux cités de demain.

     L'ampleur de ce travail exigeait une participation active de tous les organismes responsables de la vie urbaine.

    Dans cet esprit, la Municipalité de Calais, en collaboration avec la Chambre de Commerce et la Direction départementale de l'Equipement, a créé un organisme d’études urbaines de l’Agglomération calaisienne dont le but est d'étudier et de préparer un schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme;

     Cette tâche est confiée à un Groupe permanent d'étude (G. P. E.) effectuant directement des études avec ses propres moyens ou faisant la synthèse des études entreprises par des organismes extérieurs.

     Ce programme de travail est réalisé sous le contrôle d’un Comité technique qui coordonne les travaux des différentes administrations.

     Enfin, un Comité de coordination, véritable Conseil d'administration, présidé par le Maire de Calais, coiffe l'organisme, arrête son budget et suit les études de façon permanente afin d’orienter les travaux et de décider des choix … à faire.

     Cet organisme, dont la mise en place est en cours et auquel les communes voisines sont invitées à participer,constituera, pour l'agglomération calaisienne, un instrument efficace et dynamique de prévision, de planification et de contrôle de son développement.

     CALAIS

     PORT DU MARCHE COMMUN AVEC LA GRANDE BRETAGNE

     — Desservi par Trois Routes Nationales — N. 1 — N. 40 & N. 43

    — Deux Grandes Lignes SNCF — CALAIS/PARIS et Dorsale CALAIS/BALE

     — Relié au Réseau National & Européen des Voies Navigables 335000 M2 de Terre-Pleins — 13.000 M2 de Magasins

    Chai vinicole portuaire de 35.000 Hectolitres

    Entrepôt frigorifique portuaire de 4.000 M3 .

    49 Engins de Manutention de 3 à 15 Tonnes

    PORTIQUES A CONTAINERS

    Deux Passerelles d'Embarquement Roll-On, Roll-Off de 35 Tonnes

    Cale de Radoub de 155 mètres de long, appuyé par deux importants

    Chantiers de Réparations Navales

     NOMBREUX SERVICES REGUL]ERS DE CAR EERRIES SUR LA GRANDE BRETAGNE

     Lignes régulières sur la Grande Bretagne, la Norvège, la Suède, la Finlande, ‘

     l’Afrique du Nord et la Côte Occidentale d’Afrique

     

    PREMIÈRE LIGNE D’AEROGLlSSEURS ENTRE LE CONTINENT ET LA GRANDE BRETAGNE

     Le MARCHÉ COMMUN à Quatre vingt dix minutes de la GRANDE BRETAGNE

     VIA CALAIS

     CALAIS, VILLE MARITIME ET INDUSTRIELLE

    par Monsieur Xavier DOGNIN,

    Président de la Chambre de Commerce et du C.E.A.D.E.C.

     La ville de Calais tut à l'origine créée autour d’un port ce qui explique sa première vocation qui est maritime. Ce port a provoqué l'introduction d'activités industrielles et c'est ainsi qu'est née sa seconde vocation.

     Nous nous trouvons donc aujourd'hui devant une ville dont l'activité portuaire a donné naissance à l'activité industrielle et qui cherche à maintenir et développer ces deux activités.

     La situation géographique de Calais, à l'avant scène de l’Europe, en un des points de la côte où la configuration du rivage se prête le mieux à l'établissement d'un grand port, a été très tôt mise à profit. Entrepris par les Comtes de Flandre, intensifié dès le lendemain du Siège par les rois d'Angleterre, l'aménagement du port tut le souci constant des maîtres de la Ville.

     Les dispositions actuelles du port résultent surtout de la réalisation de deux grandes séries de travaux : le programme voté en 1875 » 1879 et 1880 dans le Cadre du plan Freycinet et le programme établi par les lois de 1898 - 1906 et 1911. Ces ouvrages ont, bien entendu, fait depuis, l’objet de quelques travaux d'aménagement et de reconstitution à la suite des deux guerres mondiales.

     Le Chenal est compris entre deux jetées convergentes constituées par une digue pleine dont les longueurs sont de 414 mètres pour la jetée Est et de 330 mètres pour la jetée Ouest. La passe a une largeur de 130 mètres. Le chenal et l'avant—port de l'Est sont dragués à la cote - 5. Dans l'avant-port de l'Ouest le chenal d'accès à l'écluse est seulement dragué à la cote—2.

     L'avant-port de l'Est est bordé par les quais de la gare maritime réservés aux paquebots assurant les services réguliers entre la France et la Grande—Bretagne. Le quai Paul Devot est réservé à des bateaux réguliers pour le commerce Franco—Anglais et est également utilisé comme bief d’allègement pour les cargos à grand tirant d'eau ; ceci en raison de son mouillage à la cote—7. '

     Dans le lond de cet avant»port de l'Est se trouvent les installations réservées au trafic des véhicules automobiles accompagnés et des marchandises sur camion.

     L'avant—port de l'Ouest est bordé par le quai de la Colonne dont la cote de dragage est de —4 et comprend, en outre, le bassin du Paradis qui sert d'échouage pour les petits bateaux de pêche ainsi que pour les navires de plaisance.

     Le Bassin Carnot présente un plan d'eau de 12 hectares de superficie. Il communique avec l’avant—port par une écluse à sas de 21 mètres de largeur et de 138 mètres de longueur utile,

     Le Bassin Ouest est, lui, fermé par une écluse simple de 17 mètres de largeur, La superficie de ce plan d'eau tait environ 5,5 hectares.

     Le Port de Calais tait partie du domaine public national son régime administratif est défini par le décret du 7 avril 1924 modifié par celui du 4 septembre 1930 portant règlement d'administration publique pour les ports maritimes et autonomes. Il est donc placé sous l'autorité du Ministre de l’Equipement actuellement représenté par l'Ingénieur en Chef du Service Maritime des Ponts & Chaussées, Directeur des Ports de Boulogne—sur—Mer et de Calais qui exerce une action générale sur les divers services concourant à l'exploitation du port.

    1er décembre 1967

     L'ingénieur en Chef a, sous ses ordres, pour l'exécution des travaux, un ingénieur des Ponts & Chaussées, des ingénieurs des travaux publics de l’Etat.

     La Commission Consultative du Port est nécessairement consultée sur toutes les affaires relatives à l'exploitation, à l'utilisation, à l'entretien du port et de son outillage.

     Le Port de Calais est donc géré directement par l’Etat en ce qui concerne les travaux d'entretien et d'amélioration de son infrastructure, l'exploitation et la police.

     D'une manière générale, les frais résultant des travaux d'entretien de l’infrastructure, sont supportés par l'Etat. Par contre, s'agissant des travaux d'amélioration, les dépenses sont généralement partagées entre l'Etat et la Chambre de Commerce qui couvre le montant de sa part contributive par les recettes de péages perçues, à son profit, sur les voyageurs et les navires fréquentant le port.

     Du point de vue maritime, la police du Port de Calais est, comme celle de tous les ports français exercée par des officiers de port qui dépendent à la fois du Ministère de l'Equipement, de la Marine Nationale, de la Marine Marchande et du Ministère de l'intérieur.

    D'une façon générale, les officiers de port sont chargés de la police des quais et de la conservation des ouvrages. ils règlent l'entrée et la sortie des navires auxquels ils fixent une place à quai.

     L'exploitation du port de Calais est concédée à la Chambre de Commerce qui, pour ce faire, dispose d'un outillage public comprenant :

    _ 45 grues électriques à portiques et à flèche variable dont :

    7 de 3 Tonnes

    53 de 6 Tonnes

    4 de 12 Tonnes

    1 de 15 Tonnes

     2 portiques de 6 Tonnes à avant bec relevable équipés de pesons et

    bennes automatiques

     2 grues automobiles de 9 Tonnes

     2 portiques à containers permettant la manutention de charges de 40T

     1 forme de Radoub de 153 m. de long sur 21 m. de large

     3 hangars couvrant au total 13.000 m2 et comprenant un chai à vin d'une capacité de 30.000 hectolitres et un entrepôt frigorifique de 4.000 m3

     3 gares maritimes : une pour les voyageurs en correspondance avec le chemin de fer, une pour le transit des automobiles accompagnées et équipée de deux passerelles de transbordement des véhicules, une pour la réception des aéroglisseurs marins.

     Des remorqueurs pour faciliter les mouvements d'entrée et de sortie.

     Calais est connu comme le 1er Port Français de Voyageurs et il assure, à lui seul, près de 40 % du trafic passagers de l'ensemble des ports français.

     Après avoir augmenté,. en 1965 de 11% par rapport à 1964, le trafic a progressé en 1966 de 12% pour atteindre 1.922.440 voyageurs en provenance et à destination de l'Angleterre.

     Le trafic total des voyageurs se répartit entre, d'une part, les passagers de ligne régulière et, d'autre part, les excursionnistes qui, pendant la période d'été ne font que séjourner quelques heures dans notre ville.

     Le trafic des véhicules, qui avait déjà connu une progression de 25% en 1965 avec 211.865 véhicules, a fait un nouveau bond en 1966 pour atteindre 270.000 véhicules. Le passager qui désire se rendre en Angleterre par mer a, à sa disposition, deux paquebots assurant un minimum de deux services quotidiens vers Douvres et Folkestone en liaison avec les chemins de fer britanniques et français, six car-ferries assurant 20 services quotidiens vers Douvres et un vers Tilbury et deux aéroglisseurs marins assurant 4 services quotidiens vers Ramsgate. Calais offre ainsi jusqu'à 28 départs quotidiens vers la Grande—Bretagne soit 56 traversées du détroit chaque jour. il est un autre rôle du port de Calais qui est beaucoup moins connu.

    C'est son rôle de port à trafic de marchandises. Calais est avant tout un port d'importation dont le trafic annuel porte sur 1.150.000 Tonnes ce qui classe Calais au 11ème Rang des ports français dans ce domaine.

     Les principales marchandises reçues sont traditionnellement les minerais de fer, de zinc et surtout de manganèse et de plomb ainsi que les rondins de papeterie, les pâtes de bois et bien d'autres marchandises telles que le kaolin, l'argile, les animaux vivants, etc . . .

     Pourtant depuis quelques années, le trafic tend à se diversifier davantage et c'est un des buts poursuivi par la Chambre de Commerce. Au cours des dernières années ce sont notamment développés les importations de vins, de bois, d'engrais et d’animaux vivants, de sables et graviers et d'hydrocarbures, ces deux derniers trafics tout nouvellement reçus au port de Calais devant être considérablement intensifiés au cours des années à venir.

     Les marchandises à l'exportation d'un tonnage relativement faible se répartissent principalement entre les produits agricoles, les ouvrages métalliques et le ciment.

     Un nouveau trafic très intéressant se développe : le trafic des camions et remorques embarqués sur car-ferries en provenance et à destination de l'Angleterre qui connait un développement très prometteur.

     L'aménagement de l'un des deux bassins à flot, le Bassin Ouest, a constitué, au cours des dernières années, l'une des principales préoccupation de la Chambre de Commerce afin de permettre la réception de navires de fort tonnage. Actuellement, ce bassin offre un plan d'eau de 5,5 hectares et possède 1.392 mètres de quais dont 430 sont à la cote—5. Mais la porte de l'écluse n'a que 17 mètres de large et se trouve à la cote—2.

     Le programme de la Chambre de Commerce en matière d’équipements portuaires porte donc tout naturellement sur le remplacement de cette porte écluse par un nouvel ouvrage offrant une passe de 25 à 30 mètres à la cote—5.

     La réalisation de cet. ouvrage fait actuellement l'objet d'études techniques et économiques, qui, il faut l'espérer pour l'avenir du port de Calais, aboutiront à l'exécution des travaux qui pourraient s'échelonner entre la fin du Vème Plan et le Vlème Plan.

     La proximité de l'Angleterre, le développement du trafic des passagers et des automobiles, la création de nouveaux modes de transport a incité Calais à moderniser ses installations portuaires et à créer d'autres équipements spécialisés. Cette diversification‘ a été particulièrement importante depuis la guerre et se poursuit actuellement : 

     1951 : création de la première passerelle de transbordement des véhicules embarqués sur car-ferries ;

     1958 : reconstruction de la gare maritime ferroviaire ; construction de la gare maritime spécialisée pour le trafic automobile ;

    Entre temps en 1954, mise en chantier de l'aérodrome de Calais—Marck.

     1965 : création d'une deuxième passerelle de transbordement

     1966 : création d'un hoverport expérimental

     1968 : création d'un hoverport nouveau destiné à la réception des aéroglisseurs marins géants qui vont amener une véritable révolution dans les données du transport maritime.

     

    LES AEROGLISSEURS MARINS

     Les recherches concernant les véhicules à effet de sol ou aéroglisseurs, sont fort anciennes mais c'est depuis une dizaine d’années que des études systématiques ont été entreprises et que les aéroglisseurs sont entrés dans la phase industrielle et commerciale.

     il y a 10 ans, en effet, n'existait aucun aéroglisseur, autre qu'en laboratoire, et personne sauf quelques chercheurs, n’avait seulement la notion de ce moyen de transport.

     C'est en 1959, le 25 Juillet, pour le 50"‘° anniversaire de la traversée du Pas—de—Calais par Louis BLERlOT, qu'un hovercraft expérimental, soucoupe montée par des hommes grenouilles faisait la première traversée du détroit entre l'Angleterre et Calais.

     En 1966, le premier service commercial d'hovercraft était créé entre Ramsgate et Calais et plus de 10.000 voyageurs traversaient le détroit sur ses aéroglisseurs SR—N6.

     Lorsqu’en 1964, la Chambre de Commerce reçut les promoteurs suédois d'une compagnie projetant l'exploitation d'aéroglisseurs marins entre l'Angleterre et Calais, elle les encouragea vivement à mûrir leur projet et leur promit son concours. Après un an d/études techniques et financières, la Chambre de Commerce décidait de réaliser, pour 1966, un hoverport sommaire apte à recevoir des aéroglisseurs SR-N6 ; d'étudier pour mise en service en 1968, un hoverport apte à recevoir les aéroglisseurs géants 5R—N4

     ll faut considérer que les navires classiques ont atteint leur vitesse maximale ou à peu près et que leur vitesse économique de 15 à 30 nœuds maximum ne répond plus à tous les besoins du commerce moderne qu'entre le navire et l'avion il existe une zone de transports commerciaux très séduisante pour les hovercrafts ayant des vitesses de 40 à 60 nœuds.

     Les études réalisées dans les divers pays ont fait apparaître que les hovercrafts pourraient taire face aux conditions de mer, en fonction de leur taille, dans les proportions au moins aussi bonnes que les navires classiques, que les dimensions et les capacités de charge des hovercrafts pourraient être notablement accrues, que les frais par tonne/nœud d’un hovercraft de grande taille seraient comparables à ceux d'un navire tandis que les frais indirects seraient nettement inférieurs.

     Enfin la Chambre de Commerce considérait l'aspect complémentaire et non uniquement concurrentiel des hovercrafts par rapport aux moyens de transport existants maritimes et aériens.

     Pour recevoir les aéroglisseurs SR—N4 qui auront 40 m.4 de long, 25 m. de large, 13 m. de haut, des jupes de 3 m., seront équipés de 4 turbines de 3.400 H.P. chacune, pèseront 180 T. et pourront emporter 256 passagers et 30 véhicules à une vitesse de 90/100 kmlh. avec des pointes à 143km/h, la Chambre de Commerce a étudié la création d'un nouvel hoverport.

     Le nouvel hoverport sera situé en dehors du port et à l'écart de la zone d'habitation. il sera implanté à l’Est de la ville et du port dans une zone de terrains libres où tous des développements sont possibles, où les dessertes routières et ferroviaires sont faciles à réaliser, dont l'accès maritime est à l’écart des chenaux traditionnels des trafics trans—manche et éloigné de tout ouvrage portuaire classique.

     Cet hoverport sera relié à la ville, et directement par les rocades Sud et Est au réseau routier continental tel que prévu par les plans français et belges, c'est à dire d’une part au ” Boulevard Maritime " de Calais à Anvers; d'autre part, à l'autoroute Calais—Saint—Omer—Béthune (A. 26).

     La première tranche réalisée comportera deux rampes d'accès orientées respectivement Nord—Sud et Nord—Est / Sud—Estde 180 et 540 m. de longueur et 65 mètres de large pour une pente comprise entre 2,25 et 5 °/….

     Les deux rampes relieront la mer à une plateforme de stationnement de 230 m de longueur sur une largeur de 90 m. Cette surface permettra le stationnement simultané de deux aéroglisseurs et une extension future vers le Sud sur 45 m. de largeur permettra le stationnement de 4 aéroglisseurs SR—N4. 

    1er décembre 1967

     En bordure de cette «zone seront créées les installations terminales habituelles à savoir : une gare extensible par tranches suivant‘les besoins et des parcs de stationnement et de stockage. 

     Ce programme se caractérise donc par la construction rapide des éléments de base largement dimensionnés pour les besoins des SR«N4 dès 1968, et qui, de surcroît seront susceptibles d/être intégrés dans des aménagements augmentés pour répondre au développement du trafic par SR—N4 et autres appareils de type et de caractéristiques analogues comme aux besoins d'hovercrafts plus grands.

     Si la Chambre de Commerce a décidé de s’orienter nettement vers la réception des hovercrafts et de réaliser par tranches (donc avec prudence) un hoverport susceptible de recevoir les plus grands hovercrafts raisonnablement prévisibles, c'est que l'intérêt de Calais et la raison lui commandent d'être prête à recueillir les fruits de la véritable révolution qui commence dans les données traditionnelles du transport maritime.

     Il ne faut pas en déduire pour autant que la Chambre de Commerce ne continue pas de porter toute son attention sur les moyens de transports traditionnels entre lesquels l'hovercraft vient s'insérer. Le port comme il l'a déjà été prouvé, et l'aéroport restent l'objet de tous ses soins.

     L'aéroport de Calais—Marck, situé dans la plaine côtière bénéficie, grâce à cette situation, de dégagements exceptionnels très appréciés des navigateurs aériens et qui permettent de réaliser éventuellement toutes les extensions ,que le trafic aérien pourrait rendre nécessaires. il comprend actuellement une bande d’envol gazonnée de 1.100 m. sur 60 réservée a l’aviation légère et sportive, bande d’envol équipée d'un balisage de jour.

    1er décembre 1967

    Il possède aussi une piste en dur de 1.537 m.sur 45 qui, constituée pour une forcer portante de 5 kg. au m2 correspond à 9 tonnes par roue d'aéronef, peut recevoir les appareils de ligne trans»manche et intérieures tels que le Bristol, le DC4, le Breguet 941 et autres appareils du même type.

    Cette piste est dotée d'une liaison radio VHF, d un radio goniomètre à oscilloscope et d un radar. Ces installations seront bientôt complétées par une radio balise et d’autres radars.

     L'aérogare comprend 3 parties largement communicantes : un bâtiment administratif, où sont groupés les services frontière de police et de douane pour les véhicules et les passagers et une salle d'attente, le bâtiment commercial, où sont implantés de part et d'autre d'un vaste hall les bureaux des compagnies aériennes et les banques et enfin un bâtiment occupé par le bar et le restaurant.

     Depuis avril 1955, cet aéroport est ouvert en permanence à la circulation aérienne publique et au trafic international de jour.

     Calais Marck, situé à moins de 40 km. de Dunkerque, Saint Omer, Boulogne et Calais bénéficie d’une situation privilégiée et semble appelé à devenir l'aéroport commercial de cette région du littoral il met à la disposition des habitants de cette région deux axes de transports intéressants: vers Londres avec la ligne Calais-Southend et vers Paris mais surtout vers toutes les grandes villes de France, d’Europe et même du monde entier avec la ligne Calais Orly.

     La ville de Calais est donc largement ouverte sur l'extérieur et plus particulièrement sur la mer ce qui a permis l'introduction d'activités industrielles et par là la naissance de sa seconde vocation.

     En effet, la première implantation industrielle importante à Calais s'est faite par la voie maritime; il s'agit de l'introduction, en 1817, du noyau de l'industrie de la dentelle par des fabricants anglais de BIRMINGHAM.

     Cette implantation qui a maintenant un siècle et demi, s est développée de telle façon qu 'au début du XIXe siècle, elle constituait à elle seule la grande industrie de la place

     Actuellement, 128 fabricants emploient près de huit mille personnes qui produisent chaque année 65 % de la production mondiale de la dentelle.

     Mais d autres industries, attirées par le port sont venues s'implanter dans notre ville la Société Calaisienne des Pâtes à Papier qui reçoit du bois du Canada, de Scandinavie et de Russie, la Société des Câbles de Lyon qui reste la dernière usine continentale pour la fabrication des câbles téléphoniques sous-marins, les Contreplaqués de Calais, qui reçoivent l'Okou directement d ’Afrique, Tioxide dont la matière première provient du Canada. Courtaulds qui reçoit ses pâtes de bois de Scandinavie, et bien d'autres encore qui travaillent pour, ou par le port.

     A côté des industries attirées par le port, outil de travail, il convient de faire figurer les industries attirées par le port, moyen de communication. Ce sont les industries britanniques qui, depuis 1815, et plus particulièrement au cours des dernières années ont adopté Calais comme lieu d'implantation continental en raison de la commodité des communications avec les îles Britanniques. .

     Depuis près d'un siècle, l'économie de Calais s'est heurtée à des difficultés dont l'origine tient en un mot "mono industrie ”.

     L'industrie de la dentelle est passée entre 1817 et 1900 du stade, l’implantation quasi expérimentale à un stade beaucoup plus important - cela ne s'est pas fait sans entraîner quelques inconvénients.

     Cette implantation industrielle a tout d'abord transformé le caractère de la population et, s'il existait autrefois une flottille de pêche à CALAIS elle est aujourd'hui complètement disparue.

     En effet, si l'industrie de la dentelle présentait aux yeux des habitants quelques risques économiques en raison de l'intermittence de son activité, elle avait au moins, sur la pêche l'avantage d'être profession moins dangereuse. Mais c'est surtout le développement considérable de cette activité qui a constitué un problème.

     On peut dire que, pendant de très nombreuses années, la vie économique de Calais a été subordonnée à l’activité de l'industrie de la dentelle.

    Cela est encore vrai de nos jours, mais a un bien moindre degré. En effet le souci principal des responsables Calaisiens depuis la dernière guerre, été de diversifier, dans toute la mesure du possible les activités industrielle de notre région.

     En 1955, un Comité d’Expansion s'est constitué avec l'appui de la Municipalité de Calais et de la Chambre de Commerce. il s est fixé comme programme la recherche d activités nouvelles afin de diminuer les risques inhérents à la mono industrie, il faut, en effet, se rendre compte que le Calaisis avec ses 100.000 habitants dont 75.000 vivent dans Calais, présente un problème difficile à résoudre sur le plan de l'emploi. Les possibilités de migration journalière : la population ouvrière sont extrêmement réduites puisque la ville industrielle  importante, la plus proche, se trouve à environ 30 Kilomètres, il est donc nécessaire que le Calaisis pourvoie à l'emploi de ses habitants.

     Entouré de villes satellites de moyenne importance, dont la population vient travailler à Calais, la conurbation et sa zone rurale ont un taux d’activité professionnelle de 37% ; taux dont la faiblesse s'explique par la jeune a de la population qui compte 31 % de moins de 15 ans.

     A la différence des autres zones de la région côtière dans lequel secteur tertiaire est assez développé, les industries de transformation : Calaisis emploient 20. 000 personnes sur 57. 000; la main d œuvre féminine y est largement employée en raison de la présence auprès de l'industrie traditionnelle de la dentelle d'usine et d'ateliers de lingerie, de confection de jouets et d'appareils électro ménagers.

     La tâche essentielle du Comité d'Expansion, appuyé par la Municipalité et la Chambre de Commerce, a été facilitée par l'existence de terrain industriels équipés par la Ville de Calais et également par la disponibilité d une main d oeuvre abondante et habile dont la formation professionnelle a été grandement améliorée a la suite de l'ouverture de centres d'apprentissage et d'un collège d'enseignement technique.

     Depuis 1957, 21 usines nouvelles ont été implantées dans le Calaisis dans des domaines aussi divers que la biscuiterie, le jouet, la mécanique, la chaudronnerie, les fibres synthétiques, le contreplaqué, la préfabrication de logements, la chimie minérale et l'électronique.

     Le développement industriel de Calais est dû en grande partie à sa position géographique exceptionnelle. Cette position sera encore renforcé dans l'avenir par l'apparition d un élément nouveau et d importance: le Tunnel sous la Manche qui, il faut l'espérer, sera la grande chance de Calais, car cet investissement, s'inscrivant dans une région qui a la volonté de son propre développement, devrait constituer un atout économique très important pour la région du Littoral.

    LE TUNNEL SOUS LA MANCHE

    Par le triple intérêt historique, économique et politique qu'il présente, le tunnel sous la Manche constituera un ouvrage d'une extrême importance, tant par sa longueur de 53 kilomètres (plus de deux fois et demie celle du Simplon, trois fois et demie celle du Gothard, quatre fois celle du Mont-Cenis, cinq fois celle de l’Arlberg) que par le trafic qu'il devra assurer, et ce, dès sa mise en service. Cette dernière pourrait avoir lieu en 1975, une fois les préalables politiques et financiers définitivement réglés.

     Deux galeries parallèles : Le projet de tunnel foré ayant prévalu, comment se présentera le souterrain ? il serait plus juste de parler ” des souterrains ” puisque, en fait, le tunnel se composera de deux galeries principales parallèles, d'un diamètre intérieur de 6,58 m., une pour chaque sens de circulation, distantes l'une de l'autre de 30 m. d’axe en axe et d'une galerie de service de 3,84 m. de diamètre, située entre les deux tunnels principaux, auxquels elle sera reliée, tous les 250 m. par des galeries de communication.

     L’ensemble aura son point de départ entre Folkestone et Ashford côté britannique ; après avoir longé la côte anglaise jusqu'à Douvres, le tunnel entamera son trajet sous—marin, abordant la côte française près de Sangatte ; 38 kilomètres de parcours sous la mer. Là le tunnel se divisera en deux branches, nord et sud, l'une de 4.300 m. (N), l'autre de 3.200 m. (S) avant d'aboutir à la surface du sol.

     Tunnels-cylindres : Le tunnel comprendra une partie en demi—palier, longue de 25 km. forée à environ 110 mètres au—dessous du fond de la mer, et raccordée à l’air libre par deux rampes a pourcentage de 10 pour mille, l'une de près de 17 km., côté britannique et de 12 km. côté français.

     Chaque tunnel principal sera constitué d'un cylindre de 7,34 m de diamètre revêtu d'un anneau de béton de 38 cm. d'épaisseur (ramenant le diamètre intérieur a 6,58 m), avec, à la partie inférieure, un radier comportant un trottoir de circulation pour piétons, une rigole centrale d'écoulement des eaux, et la plateforme de la voie qui, bien entendu, est unique dans chaque tunnel principal. La traction électrique sera assurée par courant alternatif 25 kV 50 Hz, aucune sous—station de transformation n'étant prévue dans le tunnel, du moins à l'origine. La signalisation sera assurée par block automatique et lumineux 23 circuits de voie, avec commande centralisée des aiguilles des gares terminales. Un programmateur central, avec possibilité de reprise manuelle, assurera le contrôle de la circulation de bout en bout, circulation ininterrompue nuit et jour.

     Dix millions de voyageurs, deux millions de voitures : Conçu et réalisé sur de telles bases, le tunnel devrait, dès sa mise en service, faire une face à un trafic annuel estimé pour 1975, à 3.600.000 voyageurs ordinaires, 2 00000 de voitures automobiles accompagnées de 5.500.000 voyageurs, et de 4.500.000 tonnes de marchandises.

     Le trafic d’automobiles accompagnées est avant tout saisonnier, hebdomadaire dans la saison, quotidien dans la semaine, et même horaire dans la journée. A certaines heures de pointe de week—end, le trafic moyen devra être multiplié par 16, ce qui amènera des trafics de 2.000 voitures heure à certaines périodes, chiffre qui, dans un avenir plus lointain pourrait … 3.500 voitures à l'heure.

      Un tel écoulement de trafic nécessiterait, en infrastructure routière, sois une autoroute à 5 pistes, exigeant un tunnel de 20 m de dégagement, soit deux tunnels de 12 m de dégagement, abritant chacun une autoroute à 3 pistes. Outre le problème difficile a résoudre de la ventilation et de l'évacuation des gaz d’échappement, il est aisé de se représenter le coût prohibitif du percement de telles galeries et les aléas pouvant surgir lors des opérations de forage.

     Trains rapides, trains lourds : Le trafic qui s'écoulera donc par le tunnel sous la Manche offre plusieurs caractères différents. En trafic voyageurs pur, seront mis en circulation :

     — Des trains rapides, type TEE, avec vitesse maximale de 160 kilomètres heure, permettant de relier Londres à Paris en 4 heures et Londres à Bruxelles en moins de quatre heures.

     — Des trains plus lourds, donc moins rapides, dont la longueur sera portée à 400 m.

     En trafic marchandises circuleront :

     — Des trains normaux dont les wagons au lieu de voyager à bord d'un ferry-boat, rouleront dans le tunnel. Le trafic par containers trouvera la un allié précieux.

     — Des camions et semi—remorques chargés sur wagons surbaissés, dont le plancher étant donné le gabarit routier dépassant 4 m. de hauteur, sera à 800 mm. du plan de roulement du rail. Des wagons spéciaux, fermés, transporteront les autocars.

     En ce qui concerne les automobiles accompagnées, le transport se fera à bord de wagons à double étage, formant des rames—blocs de 750 m de long. Ces rames pourront emporter 300 Véhicules que les conducteurs placeront eux—mêmes à bord, sans aucune autre manœuvre qu’un parcours en ligne droite suivi d'un arrêt à 30 cm. du pare—chocs de la voiture précédente, manœuvre courante en circulation urbaine. Ces rames, légères, seront aptes à circuler à 140 km/h et emmèneront conducteurs et passagers à bord de leurs propres véhicules.

     Vestes installations dans les gares terminales : Etant donnée l'énorme affluence de voitures à transporter en période de pointe, de vastes installations ont été prévues dans les gares terminales, couvrant une superficie de 14 hectares (700 m x 200 m). Les voies de chargement seront au nombre de 10, séparées par des quais à quatre bandes de roulement pour les voitures, quais alternativement de hauteur différente, donnant accès directement soit au plancher haut, soit au plancher bas de la rame.

     Les dégagements des parkings et les accès aux quais seront balisés de telle sorte qu'aucun "embouteillage ” ne puisse se produire.

     Une rame arrivant à quai sera déchargée en 6 minutes, rechargée en 8 minutes; 4 minutes de battement sont à prévoir, ainsi que 6 minutes pour diverses opérations ferroviaires. Le cycle total d'une rame à quai, de son arrivée au départ suivant, sera de 24 minutes. Entre l'instant où une voiture aura franchi l'enceinte de la gare de départ, jusqu'à sa sortie de l'enceinte de la gare d'arrivée, il se sera écoulé UNE HEURE, temps d'attente inclus, et la distance parcourue par le véhicule soit roulant, soit porté, aura atteint 72 km. C'est là une moyenne plus qu'honorable, et que ne permettrait pas un tunnel routier, surtout en période de pointe.

     L’intervalle prévu entre les rames, dans chaque sens, pourrait être de 3 minutes, ce qui, théoriquement, et avec des rames complètes, permettrait un débit de 6.000 voitures à l'heure. Ce chiffre n'est pas envisagé pour instant, mais peut être atteint, et même dépassé, si une commande automatique des trains par information codée était mise en service ou, mieux encore, commande à distance d'un train par celui qui le précède : l'intervalle pourrait alors être réduit à 2 minutes.

     Sept ans de travail : Telles sont, brièvement exposées, les perspectives de trafic envisagées pour le tunnel sous la Manche. Plusieurs questions — toujours les mêmes d'ailleurs — viennent aux lèvres. Ce tunnel sera—t—il entrepris? Quel sera le coût des travaux? Quelle sera leur durée?

     Les techniciens pensent que les travaux pourraient être exécutés en 7 ans et que leur coût, estimé en monnaie 1967, atteindrait 200 millions de livres (2.750 millions de FF). Le tunnel sera t—il entrepris ? Sa nécessité et sa rentabilité sont admises actuellement par tous, et les problèmes de financement semblent avoir trouvé une solution proche.

     Attendons donc avec confiance le jour où le " feu vert ” étant donné conjointement par les hautes autorités britanniques et françaises, débutera l'accomplissement de la plus grande œuvre de génie civil entreprise par les hommes de ce siècle.

     Parallèlement a ces aspects ’industriels" Calais et le Calaisis offrent d'inépuisables ressources au tourisme.

     

    CALAIS, STATION CLIMATIQUE ET BALNÉAIRE

    par Monsieur André VANNOBEL, Président du Syndicat d‘initiative

     L'un des attraits essentiels de Calais est certainement son immense plage constituée de sable fin en pente douce vers la mer, elle s'étend sur plusieurs kilomètres sans galets ni bâches ni bas—fonds. Elle offre donc toute sécurité aux enfants qui peuvent s’y ébattre avec le minimum de précautions.

    En outre, elle est bordée d'une belle digue et d'une jetée très appréciée des promeneurs. 

     Des services d'autobus la desservent en saison à la cadence d'un tous les 1/4 d'heure.

     Les relations directes et rapides dont bénéficie Calais avec Amiens, Paris, Lille et la région du Nord et du Pas—de—Calais permettent de venir y passer un agréable et profitable week—end car le climat vif mais tonique et reconstituant de Calais est tout indiqué pour ceux, adultes et enfants, qui ont besoin d’une cure de grand air après une période de travail dans l’atmosphère plus ou moins viciée des villes de l'intérieur.

     Le splendide et imposant Hôtel de Ville, de style renaissance anglo—flamand dresse son fin beffroi haut de 75 mètres au centre de la ville. Ses salles, ses vitraux, ses ferronneries méritent une visite.

     C'est devant l'Hôtel de Ville, au milieu des parterres fleuris, que se trouve l’œuvre Universellement connue du réputé Sculpteur Rodin :

    Monument des Six Bourgeois

    D'autres monuments méritent d'être signalés tels le monument du Souvenir Français à la gloire d/un héros calaisien de Sidi—Brahim, le capitaine Dutertre, l'imposant monument élevé, avenue de la Mer, à la mémoire du sous—marin "Pluviose"coule avec tout son équipage en 1910, au large de Calais.

     Il faut encore citer le Théâtre au pied duquel la statue de Jacquard constitue un hommage à ce génial inventeur qui a permis le développement de l'industrie calaisienne des dentelles qui sont vendues dans le monde entier.

     Durant la saison touristique, de nombreuses manifestations sportives, artistiques et commerciales ou folkloriques (casino, pêche, yachting, golf miniature, fête des fleurs, foire commerciale, etc . . .) sont organisées pour la distraction des estivants.

     A l'entrée du Port, près du quartier des Pêcheurs, le Courgain, où l’on rencontre encore, aux jours de fêtes, les matelotes calaisiennes, dans leur costume traditionnel, le monument des Sauveteurs rappelle que les marins de Calais savent braver la tempête pour secourir les naufragés.

     Si l’on préfère la quiétude sylvestre du Calaisis, il suffit de parcourir une vingtaine de kilomètres pour pénétrer dans la région boisée et accidentée de l’arrière pays. De riantes petites rivières, où l'on pêche la truite, et les petits canaux d'irrigation de la zone côtière peuvent tenter le touriste pêcheur. Les centres ruraux tels que AUDRUlCQ, ARDRES. LlCQUES et GUlNES sont les jalons de cette campagne du Calaisis. Partout l'on y rencontre de bons restaurants gastronomiques et de vieilles auberges et on savoure une excellente cuisine rustique. Les amateurs de sports nautiques ne seront pas privés des joies de la plage, la pittoresque petite ville d'ARDRES offrant un agréable lac très apprécié des connaisseurs.

     Enfin, pourquoi ne pas varier le séjour touristique en faisant une excursion sur la CORNlCHE DE LA COTE D'OPALE. Cette route côtière, pleine de surprises touristiques, qu'est la Nationale 40, ne déçoit jamais celui qui l'emprunte, le touriste découvrira de magnifiques sites, s'attardera dans ce belvédère du Détroit qu'est la Corniche de la Cote d'Opale, et à une centaine de mètres au dessus de la mer, apercevra par temps clair, les blanches falaises de Douvres. Enfin, la gastronomie l'attendra dans les fines hostelleries de WlSSANT où il goûtera le homard du Cap Blanc—Nez ou le gigot de pré salé du Blanc—Nez. Il retrouvera, au cap Gris-nez et à Audresselles, les poissons ramenés quelques heures plus tôt, par les pêcheurs locaux, ainsi que le homard, ce roi de la côte. Si l’après—midi l'air vivifiant de la mer vient tenailler son estomac, il lui restera le moyen :‘æ se rendre dans une auberge de TARDlNGHEN où on lui préparera ce succulentes crêpes ou d'onctueux beignets. Le cidre du pays étanchera sa soif le rendra tout guilleret.

     Pour la soirée, Calais lui présentera l'éventail des distractions que peut offrir une ville de 72.000 habitants, c'est—à—dire un casino, de nombreux cinémas et plusieurs cabarets et bars.

     Un équipement hôtelier moderne et accueillant incite à demeurer quelques jours à Calais où l/on est assuré d'un séjour agréable et sain.

     Bien qu’un esprit curieux puisse, difficilement, inventorier, tant elles sont nombreuses, les richesses touristiques, cynégétiques et halieutiques du Calaisis, le visiteur est rapidement convaincu que cette région offre une somme de ressources naturelles et de sites, de distractions et d'émotions variées, qu'il est très rare de trouver dans un espace aussi restreint.

     

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