• Septembre 1959 : gloire au président de la nouvelle République !

    Septembre 1959 : gloire au président de la nouvelle République !

    Alors que leurs silhouettes font maintenant partie du paysage de Calais-Nord, retour sur les moments forts que Charles de Gaulle et Yvonne Vendroux ont vécus à Calais. Quatrième épisode : De Gaulle, président de la Ve République, prend un bain de foule dans la cité des Six Bourgeois La deuxième visite officielle effectuée par De Gaulle à Calais, en date du 24 septembre 1959, s'inscrit dans un " circuit présidentiel des routes du Nord ". Elle est représentative du nouveau tournant de la carrière politique du général : après une longue " traversée du désert ", les troubles en Algérie ont permis son retour au sommet de l'Etat. En octobre 1958, les Français ont approuvé par référendum la constitution de la Ve République. Alors que s'écrit une nouvelle page de l'Histoire de France, De Gaulle reçoit l'onction populaire des Calaisiens.
    Ils sont cette fois environ 60 000 à l'attendre, massés essentiellement devant l'Hôtel de Ville et sur les trottoirs du boulevard Jacquard où s'arrête la voiture présidentielle. Yvonne, la Calaisienne, en descend en même temps que son époux, mais reste ostensiblement en retrait. Elle est d'un naturel discret, voire distant disent certains. C'est le général, et lui seul, qui se livre à ces bains de foule si célèbres qui plongeaient dans l'angoisse ses services d'ordre. Les cris de « Vive de Gaulle ! » fusent entre les bravos, tandis que les cloches de la ville tintent à toute volée.
    On a ressorti les "arcs de triomphe" pour l'occasion ! Au pied de chacun d'eux se tient le premier magistrat de la commune dont le nom est inscrit sur le panonceau. Le torse ceint de l'écharpe tricolore, les maires tendent respectueusement la main au général de Gaulle qui échange avec eux des paroles amicales. Les cris et les applaudissements des spectateurs 
    sont ininterrompus.

    A rebours du parcours qu'il effectua en 1945, le général, accompagné par son beau-frère, Jacques Vendroux, devenu alors député-maire, remonte le boulevard Jacquard vers la mairie. Avant de pénétrer dans celle-ci, une visite du port et de Calais-Nord permet de mesurer l'étendue des reconstructions. Si la place d'Armes a été totalement rebâtie, suivant des critères d'architecture très modernes qui n'ont rien à voir avec le style d'antan, l'église Notre-Dame reste en ruines.
    Après un moment de recueillement devant le monument du Souvenir, le général rencontre quelques officiels dans le grand Salon de l'Hôtel de Ville, puis en sort pour se placer devant une tribune érigée sur le perron. Durant une dizaine de minutes, il brosse un tableau complet de la situation politique nationale, sans note ni prompteur !
    Contemplant d'abord la foule assemblée devant lui, portée par un élan unanime, le général y voit la preuve de «l'unité française qui dépasse infiniment tout ce qu'il peut y avoir de divergences, de petites histoires entre Français, et qui nous rejoint tous sur une volonté commune »: les querelles partisanes de la IVe République sont terminées, Calais en serait le reflet !
    Puis le problème algérien : il doit être résolu «par le libre choix des habitants de l'Algérie ». Quelques jours plus tôt, annonce avait été faite de la mise en oeuvre du processus d'autodétermination du peuple algérien, question propice à moult déchirements ultérieurs... Il faut plutôt penser au développement économique de la France, les progrès du pays devant être associés à un «progrès social » dont tout le monde doit profiter. Enfin, De Gaulle affirme l'autonomie de la France par rapport aux deux blocs de la guerre froide, puis termine en chantant la Marseillaise en choeur avec la foule.
    Après un turbot sauce champagne dégusté à l'hôtel Meurice, le général trouve quelques minutes à consacrer à l'art d'être grand'oncle. Ses dix petits-neveux et petites-nièces se plaignent en effet :«Nous le voyons plus souvent dans les manuels d'histoire de France qu'à la maison. Surtout depuis qu'il est président de la République !» Etienne Legrand (12 ans), Philippe Legrand (11 ans), Elisabeth Legrand (10 ans), Christine Legrand (8 ans), Jean-Bernard Legrand (4 ans), Alain de Martignac (10 ans), Jacques-Philippe Vendroux (11 ans), Jean-Philippe Vendroux (11 ans), Jean-François Vendroux (9 ans), Isabelle Vendroux (9 ans) et Laurence Vendroux (6 ans) veulent absolument être photographiés aux côtés de l'oncle Charles et de tante Yvonne !
    Le général fait ensuite route vers Arras.
    En marge du protocole, Yvonne consacre l'après-midi à la visite de la nouvelle maternité de la rue Verte puis de l'asile des Petites Soeurs des Pauvres, affichant ainsi son attachement aux valeurs chrétiennes de la famille et de la charité. Lors de la visite du port, elle avait pu serrer chaleureusement la main de quelques Courguinoises revêtues de la tenue de matelote, montrant ainsi une image de femme proche du peuple. Il faudra attendre sept ans pour que le couple honore à nouveau de sa présence officielle la cité des Six Bourgeois.

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