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    Tannerie (rue de la)-Quai du Commerce - boulevard Jacquard

     Cette rue fut, un temps, nommée rue de Berry parce que la duchesse du même nom, Marie Caroline de Bourbon-Sicile, passa par là en août 1825 pour visiter l’usine de tulle Webster (à l’emplacement de l’actuel collège République). En 1845, elle fut baptisée rue des Tanneurs, puis de la Tannerie.

    Longeant cette voie, une halle fut construite en 1877, place de la République, mais ne fut guère fréquentée par les commerçants. On songea à en faire une salle des ventes, puis un poste de police. Finalement, elle servit de point de départ à l’édification du collège.

     Alternant habitat moderne et ancien, avec des ateliers de dentelle, la rue propose un large éventail de l’architecture urbaine calaisienne. L’imposante usine de tulle Valdelièvre a disparu au profit d’un immeuble de style contemporain, la résidence Chanzy. Au coin de la rue de Charost, l’ancien Hôtel du centre, devenu l’hôtel des impôts, a été rasé en 1982 pour faire place à des appartements. Au n° 41, se signale une grande demeure, avec sa porte cochère et ses balustrades aux fenêtres, et au n°54, une belle maison ornée d’un balcon en fer forgé au-dessus d’une grand-porte. Au n°56, est installée l’association caritative de la société Saint—Vincent-de-Paul et, au n°94, se trouve la salle de l’Etoile. Créée en 1875, cette société de gymnastique s’est promenée aux quatre coins de Calais et a élu domicile dans cette halle inaugurée le 7 juin 1964.

    Dans cette rue perpendiculaire au boulevard Jacquard, on observe plusieurs belles et grandes maisons de maître, avec, comme ici, des façades ouvragées. Un soin tout particulier a été porté à l ’ornementation des ouvertures en tant que signe extérieur de richesse.

    Texas (rue du)-Chemin des Régniers - chemin de Laubarie

     Cette voie du Pont-du-Leu a connu l’effervescence au temps où elle était le point de passage obligé entre la ville et l’usine de la Soie artificielle fondée en 1927, aux limites des communes de Coquelles et de Calais. Au point d’ailleurs qu’il fallut ouvrir une nouvelle route reliée au chemin des Régniers, le long du Laubanie.

     Maréchal du roi Louis XIV, Iriez de Laubanie commandait la ville de Calais en 1689. C’est lui qui fit construire la citerne de l’église Notre-Dame, mais aussi la chaussée du boulevard Jacquard, une digue entre le fort Nieulay et l’écluse d’Asfeld ainsi que le canal qui porte son nom pour l’écoulement des eaux de Fréthun jusqu’à celui de Saint-Omer, par le Grand-Voyeu.

     Devenue les Filés de Calais, la fabrique de textile artificiel employa jusqu’à 3 000 salariés. Elle fut rachetée en 1960 par le groupe britannique Courtaulds SA qui la ferma définitivement en juillet 1990. Sur ce site industriel, a été érigé un parc d’affaires et, du coup, la rue est devenue plus tranquille.

     Depuis 1891, elle porte le nom d’un état des USA, dans un quartier qui regroupe les pays et villes des deux Amériques. La rue s’ouvre par une belle villa traitée dans le style « hôtel particulier », avec un joli petit parc. Au n 9, reste un exemple de façade néo-classique et, plus loin, les traces d’une ancienne cour, avec cinq maisons et un pigeonnier surmonté d’une sculpture de mineur tenant sa lampe à la main.

    A Calais, comme dans tout le Nord de la France, la tradition colombophile a encore de solides racines, notamment chez les anciens, et les concours sont d’ailleurs nombreux. Calme et située tout près de la campagne, la rue est accueillante aux pigeonniers.

    Toul (rue de) Quai Catinat - rampe des Fontinettes

     Comme d’autres anciens chemins militaires de Calais, cette rue des Cailloux a été baptisée du nom d’une place forte française (Haguenau - Maubeuge - Phalsbourg).

     Au pied de la rampe des Fontinettes, se côtoient des ateliers municipaux, une usine de traitement des ordures ménagères et une des deux stations d’épuration des eaux de Calais, l’autre se situant à l’est de la cité ville.

     Face à un foyer de personnes âgées, le square de la place du Maréchal Joffre, créé en 1976, est la respiration verte du quartier. Rappelons que Joseph Joffre (1852-1931) était le commandant en chef des armés du Nord au début de la Première Guerre mondiale et qu’il remporta la première victoire de la Marne en septembre 1914. Il était venu à Calais en juillet 1915 pour visiter les installations du camp retranché.

     Des logements sociaux et quelques maisons de style néo—flamand, avec grand fronton, bordent cette artère. La rue débouche sur le pont de Toul, à l’origine le pont des Pierrettes, qui fut détruit en septembre 1944 par les Allemands et reconstruit en 1948. Elle croise le quai Catinat qui, jusqu’en 1910, était la digue de la Rivière-Neuve et qui a pris le nom de ce maréchal de France, Nicolas Catinat (1637-1712), combattant au siège de Lille et gouverneur de la place de Dunkerque.

    Le foyer—résidence de personnes âgées fait face au square du Maréchal Joffre. Comme partout à Calais, la végétation est abondante. C’est le signe que la campagne n’est jamais loin et le souvenir du passé rural de l’ancien faubourg des Cailloux.

    Utrillo (rue Maurice) Rue Henri Matisse - rue Paul Gauguin

     Peintre des ruelles de Montmartre et de la banlieue parisienne, Maurice Utrillo (1883-1955) aurait-il été inspiré par les immeubles sans âme de ce quartier de la ZUP du Beau-Marais ? On peut en douter, car les barres et les tours n’ont pas grand-chose à voir avec les cabarets pittoresques et les petits commerces peints par cet artiste de la ville qui, d’alcoolisme en conversion catholique, finira prostré. Peut-être se console-t-il au contact des noms de Paul Gauguin, Henri Matisse, Toulouse-Lautrec qui habitent le même quartier. Toutefois, des efforts ont été faits pour améliorer l’aspect de cette rue et pour l’humaniser : des espaces verts ont été aménagés à son entrée ; les immeubles ont été rénovés et repeints dans des tons clairs qui tentent de mettre de la gaieté dans ce paysage urbain. Des couleurs à la Maurice Utrillo.

     Liée à l’essor de la ville dans les années 60, cette zone à urbaniser en priorité a été réalisée, à l’est de Calais, tout à côté des sites industriels. On commença, à l’extrémité, par des maisons individuelles avant de se lancer dans une politique d’immeubles collectifs, tours et barres, comme dans toutes les banlieues. On a ensuite abandonné ce type de construction au profit d’une urbanisation plus humaine qui est venue combler le no man’s land existant entre la ville et la ZUP. En 1968, on comptait 10 000 habitants dans la ZUP ; ils sont aujourd’hui environ 20 000, soit un quart de la population calaisienne.

    Cette ancienne ZUP, comme on l’appelle au Beau-Marais, est de la veine architecturale des tours et des barres qui ont surgi dans toutes les banlieues pendant les années 60. Ici, on se rend compte qu ’une rénovation et de la verdure peuvent quand même améliorer les choses.

     Van Grutten (rue) Rue des Fontinettes - rue Colbert

      Elle a été la rue Un des Fontinettes avant de s’appeler Thiers. En 1900, les élus municipaux décident de la baptiser du nom d’un des leurs : Paul Van Grutten (1831—1897), qui fut maire de Saint-Pierre en 1880 et devint le premier magistrat de la cité en 1885, lors de la réunion des deux villes.

     Au coin de la rue des Fontinettes, s’ouvre un vieux et typique café d’angle. Comme souvent dans ce quartier, l’habitat se mêle aux ateliers de tulle. L’un d’eux, l’usine Arnett, qui regroupait plusieurs fabricants de dentelle, a été rasé en 1996. Plusieurs fois touché par des bombes durant la guerre 14—18, le bâtiment avait survécu jusqu’à ce que la pioche des démolisseurs n’en vienne à bout.

     En face, la teinturerie Bellier et Cie, qui travaille pour l’industrie dentellière, était là depuis 1886. Elle a quitté ces locaux pour des installations modernes dans la zone d’activités Marcel Doret.

      Plus loin, s’étend l’école Franklin qui a été inaugurée en 1882 et qui eut l’ancien maire André Parmentier pour directeur, en 1962.

      L’architecture des demeures de cette rue témoigne d’une unité de style néo-classique. Cela tient au fait que le bâti date de la même période, fin du XIXe et début du XXe siècle, et au principe de l’alignement de façades répétitives.

      On notera en plus, aux n° 101 et 103, deux anciennes petites boutiques, d’artisans vraisemblablement, avec étroite porte cochère et devanture en bois.

    Les demeures de cette artère ont une grande unité architecturale, avec des emprunts nombreux au style néo-classique en vogue au XIX' siècle. Parfois, comme ici au coin de la rue Fulton, un jardin vient ajouter une note verte dans cet austère paysage urbain.

    Vauxhall (rue du) Boulevard Jacquard - rue des Salines

     Son nom, elle le doit à l’enseigne d’une guinguette installée en 1808, là où le quartier des Pierrettes était encore une zone marécageuse et où se trouve aujourd’hui le lycée Sophie Berthelot. Un Westphalien d’origine, Jean-Baptiste Plante, avait ouvert cet établissement de concert et de bal populaire, conçu sur le modèle du fameux Vauxhall anglais, implanté près de Londres en 1739 par un Français du nom de Vaux. Le sieur Plante céda son café au maître de danse Tourneur pour en lancer un autre qu’il baptisa par ironie le Jardin des Plante, d’où le nom d’une rue de Saint-Pierre. Le Vauxhall ferma ses portes en 1830. Dans cette rue, la tradition d’animation s’est perpétuée à travers la braderie du Vauxhall fondée en 1902 par M. Griset, au retour de la braderie de Lille. Un racheteur fit de la propriété un institut commercial en 1836, puis les dames du Sacré-Cœur vinrent s’y établir en 1856. Acquis par la ville, cet ensemble fut transformé en 1907 en collège de jeunes filles.

     L’école Michelet (1882) est toujours là ainsi que le temple de l’Eglise évangélique (1850) et plusieurs courées : la cour Préclin au n° 155 ; la cour Régnier au n° 175 bis, mais la cour Delannoy au n° 137 a disparu. A noter au n°91, une belle maison, construite dans l’esprit de l’hôtel particulier, avec son perron à deux escaliers tournants, ses pilastres et ses ornementations au-dessus des ouvertures. Plus on avance vers l’extrémité de la rue, plus l’habitat s’appauvrit.

    Fondée en 1902 par des commerçants du quartier, la braderie du Vauxhall met beaucoup d’animation en centre-ville et attire de nombreux badauds. Avec ses centaines de bradeurs et de marchands ambulants, elle est l’une des plus importantes de la région.

    Vendée (rue de la) Quai Gustave Lamarle - boulevard La Fayette

    Voulant honorer le général Hoche qui pacifia la Vendée au temps des Chouans, les Saint-Pierrois donnèrent le nom de cette belle province française à cette rue, vers la fin du XVIIe siècle.

     Au coin du quai Gustave Lamarle, qui honore un ingénieur des Ponts et Chaussées (1803-1860), on trouve un original immeuble en pointe, avec sa porte d’angle et ses briques de sable jaunes, qui abrite le Café des Pêcheurs. Il faut dire que le canal de Calais, tout proche, est un des rendez-vous favoris des fervents du bouchon.

     Le célèbre corsaire calaisien, Tom Souville, qui habitait à Calais-Nord, avait une maison de campagne rue de la Vendée, laquelle communiquait avec le quai Gustave Lamarle. Certains historiens avancent qu’il est peut-être mort là, le 31 décembre 1839.

     La rue compte, au n°51, une impasse, dite Tourneur, et de grandes demeures bourgeoises, avec de belles portes cochères, comme aux n°11 et 20 : il s’agit sans doute de maisons de négociants et grossistes en charbon et en bois, nombreux dans le quartier, en raison de la proximité du canal. C’est aussi l’explication à la présence des brasseries et distilleries, ces fabriques de transformation des produits agricoles aujourd’hui disparues, qui utilisaient le transport fluvial pour écouler leur marchandise.

     Il y a une usine de dentelle dans cette rue, Euro-dentelles, qui a son siège au n°33.

    Au coin formé avec le quai Gustave Lamarle ( à droite), ce superbe estaminet est typique d ’un certain mode de construction d’angle à Calais. C ’est le café des Pêcheurs, tout proche du canal où nombreux sont ceux qui taquinent le poisson.

    Vendroux (esplanade Jacques) Boulevard de la Résistance - place Georges Maréchal

     Ouverte lors de la reconstruction de Calais-Nord, cette voie s’est d’abord appelée le boulevard de l’Esplanade avant de devenir l’esplanade Jacques Vendroux (1897-1988), en hommage à celui qui fut maire de Calais entre 1945 et 1969 et député de 1945 à 1956 puis de 1958 à 1973.

     Cet ancien combattant de 14-18 était le beau—frère du général De Gaulle. Après l’armistice, il prit la direction des Biscuiteries Vendroux. Nommé commandant d’armes de Calais en 1940, il est arrêté. Libéré, il tenta de rejoindre l’Angleterre en 1943 avant de prendre le maquis. On le retrouve aux côtés des troupes canadiennes qui libèrent Calais et il est blessé par l’obus qui tua le commandant Mengin. Il est décédé le 1er avril 1988 à près de 91 ans.

     Longeant la citadelle, l’esplanade, créée en 1602 par Dominique de Vic, gouverneur de Calais, servait aux exercices de cavalerie. A l’origine, se trouvait un château dont on dit qu’il fut érigé en 1229 par Philippe de France, dit Hurepel.

     Cela n’empêcha pas l’occupation anglaise durant deux siècles. En 1397, le duc de Gloucester, oncle de Richard II, y fut mystérieusement assassiné.

     Après la reprise de Calais en 1558, le château a été rasé pour céder la place à une forteresse. Redevenue française en 1598 après deux ans d’occupation espagnole, cette citadelle fut renforcée sous Louis XIV qui confia sa remise en état à Vauban.

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    Dans la première phase de la reconstruction de Calais—Nord, cette voie a repris le style néo-flamand de l'hôtel de ville, histoire de donner une unité architecturale à cette ville. D’où ces maisons, avec leur ossature en béton et leur parement de briques. 

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    C’est Vauban qui donna à la citadelle son imposante assise. Voilà pourquoi ce charmant square porte son nom. Il donne sur les douves de cette forteresse qui a connu les vicissitudes des guerres et qui, aujourd’hui, abrite des installations sportives.

    Déclassée, la citadelle fut l’ultime lieu de résistance de la ville face à l’avancée allemande de mai 1940. Elle tomba le 26, après un siège de trente-six heures qui ravagea tout ce secteur de Calais-Nord.

    Cette citadelle a également connu un épisode terrible quand, à quatre semaines de la Libération, cinq jeunes patriotes de la région y furent fusillés par les Allemands.

     En 1960, cette forteresse a été aménagée en terrain de sports. Ce stade, dit du Souvenir, a été inauguré le 3 octobre 1965 par Maurice Herzog, secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, et Jacques Vendroux, député-maire de Calais. La porte de Boulogne, classée, a été rénovée ainsi que la porte de Neptune.

     Les fortifications ont également été restaurées, en particulier les écuries et la tour médiévale. Une partie orientale des fossés ceinturant les remparts a été maintenue en eau, ce qui fait de l’endroit, avec le square Vauban aménagé vers la porte de Neptune, dans les anciennes douves, un agréable et verdoyant lieu de promenade.

     Le long de cette esplanade, on trouve une école qui date de 1963, le bâtiment moderne de la sous-préfecture transférée de l’avenue Wilson en 1974, et la place des Fusillés, ainsi nommée en hommage à tous les martyrs calaisiens de 39-45.

     Parce qu’elle alterne des maisons avec jardin, des immeubles en brique et qu’elle fait la part belle aux espaces verts, l’esplanade Jacques Vendroux, tranquillement ombragée, est un des beaux exemples de reconstruction, dans le style néo-flamand des années 50. 

    Verte (rue) Rue du Calvaire - rue du Jardin-des-Plante

     C’est l’une des plus anciennes rues de Saint-Pierre, du temps où cette partie du faubourg de Calais était recouverte de vertes prairies. Au XVIIe siècle, elle partait de la rue Neuve pour rejoindre la route de Saint-Omer. Elle s’est peu à peu urbanisée, à l’image de tout ce quartier, mais en 1840, on trouvait encore, entre la rue Verte et le boulevard La Fayette, une plaine qui était le rendez-vous des archers de la Guillaume Tell avant qu’on n’y construise une fabrique de dentelle.

     Dans cette rue étroite, à l’angle de la rue du Calvaire, a été bâtie la maternité. Les travaux avaient débuté en 1938, mais la guerre les interrompit jusqu’en 1949. Elle fut inaugurée en juillet 1952, en présence de Paul Ribeyre, ministre de la Santé.

     Derrière ses hauts murs, une petite école laisse deviner sa cour plantée de marronniers. L’établissement date de 1846 et porte le nom d’Alexandre Lambert, en souvenir d’un ancien élève et président de l’Amicale La Fayette mort en déportation.

     Au n°40, en retrait de la rue, apparaît une grande et vieille demeure aux volets à claire-voie. Face à de petites maisons qui témoignent du passé rural de ce secteur, un nouveau lotissement a pris la place de l’usine Riechers qui a laissé son nom à cette résidence. La ruelle débouche dans la rue du Jardin-des—Plante sans S puisqu’elle porte le nom de la famille Plante qui possédait là une guinguette qu’elle baptisa avec humour le Jardin des Plante.

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    Parfois, en retrait d’une rue,  on découvre la façade cachée d’une ancienne demeure bien à l’abri derrière ses grilles et ses arbres, ses hautes fenêtres et ses volets à claire-voie. On passe aujourd’hui trop vite dans les rues pour les voir vraiment.

    Vic (rue de) Quai du Commerce - boulevard Jacquard

     Nommé gouverneur de Calais par Henri IV en 1599, après l’occupation espagnole, Dominique de Vic fit beaucoup pour la défense de la ville et l’assèchement de la région. Amputé de la jambe droite après une blessure à la guerre, il marchait avec un pilou. Tout dévoué à son souverain, il vendit ses biens pour le rejoindre à Paris. Après l’assassinat du roi, il en eut tant de peine qu’il en mourut trois mois plus tard, à Calais où on l’enterra.

     Au XIXe siècle, on a débaptisé la rue Lengagne, du nom d’un maire de Saint-Pierre, pour lui donner celui de Vic. A son extrémité, un pont enjambe le canal. Le premier ouvrage remonte à 1869. Remplacé par un pont en fer à pivot central en 1891, celui-ci fut complété par une passerelle pour piétons, construite en 1893 à la fonderie de Marquise et qui existe toujours. Ce pont démonté sous l’Occupation, on installa un pont-levis en 1947 qui, à son tour, fut changé en 1950 pour un ouvrage à pivot extrême. Ce dernier a été remplacé par un pont à deux voies séparées inauguré en juin 1997.

     La rénovation a vu disparaître de nombreux bâtiments. Reste, au coin du boulevard Jacquard, l’ancienne bibliothèque ; au n°19, l’atelier Noël, fabricant de métiers Leavers ; et au coin de la rue Charost, une incroyable demeure d’angle, avec sa porte d’entrée à colonnades, ses grandes baies encadrées de pilastres et ses œils-de-bœuf dans les combles.

     

    En 1858, c’était la banque Verley-Decroix.

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    Au coin de la rue Charost, se dresse une incroyable maison d 'angle datée de 1858, l’ancienne banque Verley-Decroix. La rue compte également de grandes demeures dans le style néo—classique qui a prévalu à cette époque d’expansion urbaine.

    Wilson (avenue du Président) Boulevard Jacquard - rue du Onze Novembre

     Jusqu’en 1919, elle était la rue de la Gare, laquelle se trouvait à l’ouest de cette artère. Elle a pris ce nom pour rendre hommage à celui qui obtint l’entrée en guerre de son pays, les Etats-Unis, contre l’Allemagne en avril 1917, aux côtés des Alliés. Il s’agit du président Thomas Woodrow Wilson (1856-1924). Cet ancien avocat avait été désigné candidat démocrate à la présidence et élu contre Theodore Roosevelt en 1913. Lors d’un voyage à Londres en décembre 1918, la foule de curieux l’acclama au passage de son train spécial à la gare maritime de Calais. En 1920, il obtint le prix Nobel de la Paix.

     L’avenue comporte quelques-unes des plus grandes demeures bourgeoises de Calais. Ainsi des n°26 à 30 se dresse un bel immeuble de rapport, haute bâtisse restaurée et aménagée en appartements de standing. Il traduit bien l’idée nouvelle de l’habitat collectif au début du XX° siècle. Les baies sont larges et les oriels, balcons et lucarnes sont en ciment-pierre.

    C’est un compromis architectural entre le néo-classique et l’art nouveau, qui allie le béton et la céramique.

    A signaler également au n°8, l’ancienne maison Marx datée de 1907 et au n°10 une belle construction de 1951 dont la façade généreuse est traitée dans un style néo-gothique d’après-guerre. Au n° 12, est édifiée une grande demeure qui, jusqu’en 1974, abrita les locaux de la sous-préfecture de Calais.

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    C’est sans conteste l’une des plus belles artères de Calais. Celle en tout cas où les architectes ont fait assaut de leur savoir—faire. La valeur de ces demeures est augmentée par leur exposition au sud et la présence, en face, du grand parc Saint-Pierre.

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    Les réussites architecturales sont nombreuses le long de cette voie cultivant le luxe, le calme et la volupté. La plupart des maisons ont vu le jour au début du XXe siècle, avec l’euphorie de l’industrie dentellière, mais certaines, plus récentes, ont adhéré au modèle dominant.

     Cette belle rangée d’immeubles fait face au parc Saint-Pierre qui était l’ancien jardin public de Saint-Pierre-les-Calais. C’est un philanthrope, Augustin Isaac, qui, en 1857, eut l’idée de créer cet espace vert, avec son bassin qui est la copie d’une vasque des jardins du château de Versailles. En son milieu, se dresse une monumentale sculpture en bronze représentant des enfants entourant les Trois Grâces. Ce parc a gardé une partie des grilles qui, avant, l’entouraient complètement et qu’un gardien fermait la nuit. Du fait de la construction de l’ancienne gare, on réduisit la surface du parc à partir de la rue du Onze Novembre.

    Ce jardin public accueillit des courses cyclistes avec concert, bal et feu d’artifice. S’y déroulait aussi du tir à l’arc vertical, mais la retombée des flèches constituait un danger. On y pratique aujourd’hui un jeu plus tranquille : la pétanque.

    Durant la Première Guerre mondiale, le parc fut transformé en potager pour subvenir aux besoins de la population.

    Durant l’Occupation, les Allemands y édifièrent un blockhaus pour abriter le poste de commandement de leur marine de guerre.

    C’est là que depuis 1962 est ouvert le musée de la guerre. Dans les différentes salles du blockhaus, on peut découvrir des objets, uniformes et documents retraçant l’histoire de Calais et de sa région, depuis la bataille de mai 1940 à la libération de septembre 1944, notamment une maquette de la fameuse batterie Lindemann, la plus puissante batterie d’artillerie du Mur de l’Atlantique qui se trouvait à quelques kilomètres de Calais, vers le Blanc—Nez.

    Yser (quai de l’) Avenue Louis Blériot - boulevard de l’Egalité

     En donnant à ce quai le nom de l’Yser en 1919, les Calaisiens ont voulu rappeler les combats qui, en octobre 1914, eurent lieu dans cette vallée de Belgique.

    C’est là que l’armée belge, avec l’appui des troupes françaises, bloqua l’offensive allemande contre les ports de la mer du Nord, en inondant la région. Au XIXe siècle, cette voie, qui longe le canal, s’appelait le quai d’Iéna, avant de devenir le quai de l’Est. On le baptisa aussi le quai des Orphelins, car, à l’emplacement de l’actuel bloc HLM, se trouvait l’orphelinat Saint-Joseph fondé par le chanoine Damlencour. Aujourd’hui, ce quai est une alternance d’immeubles résidentiels et d’anciennes grandes propriétés, à l’exemple de la demeure où l’AFAPEI accueille des enfants handicapés.

    Avec ses 50 pensionnaires, la maison de retraite des Petites Sœurs des pauvres s’y trouvait jusqu’à l’annonce de sa fermeture en octobre 1997 par manque de vocations. Ces religieuses étaient arrivées à Calais en 1874. Elles résidèrent d’abord dans un appartement de la rue Saint-Nicolas. La première pierre de leur maison de retraite fut posée en 1895.

    Sous l’Occupation, le bâtiment servit de cantonnement à la marine allemande. A la libération, les Anglais l’utilisèrent à leur tour avant que les Petites Sœurs des pauvres ne le récupèrent. C’est dans cet établissement que mourut, le 24 février 1942, Monseigneur Piedfort, fondateur de l'Institut Jacquard.

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    Dans le canal de Calais à Saint-Omer, se mirent des immeubles collectifs et résidentiels, de grandes demeures avec leur parc et la maison de retraite des Petites Sœurs des pauvres appelée à disparaître après plus d ’un siècle de présence.

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