• Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    A l’occasion de la fête traditionnelle du Courgain maritime, retour sur un élément du patrimoine portuaire disparu, œuvre du grand architecte Roger Poyé.

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

     

    La tour de l'édifice était un des marqueurs de l'entrée du port de Calais. Les arêtes de la tour d'observation, haute de 22 mètres, renvoient au style Art Déco. Le bureau du capitaine du on se trouvait au premier étage de la tour d'observation, d‘une hauteur de 22 mètres.

    CONTEXTE

     Construit par l‘architecte Roger Poyé en 1931 sur l'extrémité nord—est de ce qui s'appelle déjà à l'époque le quai de la Colonne, ce bâtiment marquait l'entrée du port. La Chambre de commerce et d'industrie voulait à l'époque que son service maritime surveille les allées et venues des navires dans le port et la rade.

     La fière silhouette de cet édifice, aujourd‘hui disparu, est encore familière à ceux qui ont connu le Courgain après la Seconde Guerre Mondiale. Construit par l‘architecte Roger Poyé en 1931 sur l'extrémité nord-est de ce qui s'appelle déjà à l‘époque le quai de la Colonne. le bâtiment du service des officiers du port et de la station de sauvetage a été détruit au début des années 1980. Aujourd‘hui, il serait mis en valeur car considéré comme un élément patrimonial majeur de Calais. il s'agissait avant tout, pour la Chambre de Commerce, qui en était commanditaire, de pouvoir surveiller les allées et venues des navires dans le port et la rade. Le premier étage du bâtiment était donc entièrement occupé par le service des officiers de Port. dont les bureaux et la terrasse bénéficient d'une large vue sur le chenal et la mer. L‘architecte avait pris soin d'équiper les ouvertures de ces bureaux de double fenêtres pour mieux résister aux fortes rafales de vent.

     Le bureau du commandant de port était quant à lui situé au premier étage de la tour d’observation culminant à une hauteur de 22 mètres, ce qui lui permettait d'avoir une vue panoramique unique sur les mouvements des navires avec lesquels il pouvait correspondre grâce à une installation T.S.F. très moderne pour l’époque. Aujourd'hui, la capitainerie remplit ce rôle à l’aide

    D’autres moyens de communication.

     

    La Chambre de Commerce souhaitait aussi pouvoir procéder au lancement rapide d‘un canot de sauvetage prêt à se porter, à tout moment, au secours des naufragés. Le rez-de-chaussée de l’édifice abritait donc la station de sauvetage dotée du canot « Maréchal Foch », près des locaux servant aux ingénieurs subdivisionnaires des Ponts et Chaussées. Plus bas, le sous—sol renfermait les installations de chauffage et les abris pour les lamaneurs et les patachiers (le patachier est le conducteur d’une patache, navire affecté au service d‘un autre plus important).

     PLUS AUCUNE TRACE DE CE BEAU BÂTIMENT NE SUBSISTE

     L'ossature de l‘édifice était en béton armé, tout comme ses escaliers. L‘imposant bâtiment reposait sur un terrain composé de sable rapporté et fondé par pieux et semelles. Ses façades, construites en briques de parement rouges, étaient très conformes au style souvent adopté par Roger Poyé à Calais. Les sols des entrées et dégagements étaient carrelés en céramique, tandis que ceux des étaient constitués d‘un parquet sans joints.

    Plus aucune trace de ce beau bâtiment ne subsiste, hormis dans les mémoires. Gageons que des employés y ayant travaillé, mais aussi des doyens de la station de sauvetage ou des habitants du Courgain en gardent de nombreux souvenirs, sous la forme d‘anecdotes ou de photographies personnelles. Qu‘ils n'hésitent pas à les partager en les faisant parvenir à la rédaction de Nord Littoral. M.D.

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    Vue du bâtiment qui se situait en de quai du Courgain

    UN INGÉNIEUX PROCÉDÉ POUR METTRE A FLOT LE CANOT DE SAUVETAGE

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    L’installation de la station de sauvetage telle qu‘elle avait été conçue par Roger Poyé présentait une particularité très pratique : le canot se trouvait constamment suspendu sur un chariot de lancement dans lequel il était encastré et qui s’avançait jusqu'au nez du quai situé à trois mètres en avant de l'abri dès qu'une alerte était déclenchée. Le « Maréchal Foch » se retrouvait ainsi rapidement au-dessus de l'eau dans laquelle il était immergé suite à une manœuvre de descente effectuée par une grue mobile. Rappelons qu'il y eut deux "Maréchal Foch" : le premier, un bi-moteur fabriqué au Havre, est arrivé à Calais en 1930.

    Il disparut durant la Seconde Guerre Mondiale, après avoir été transformé en vedette de surveillance parla marine allemande. Le second est livré en 1949 et assure son service jusqu'en 1977, date à laquelle il est remplacé par un canot baptisé "Patron Léon Avron", en hommage au marin courguinois qui participa pendant 45 années à l‘équipe des sauveteurs.

    QUI ÉTAIT ROGER POYE ?

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    Roger Poyé a laissé son empreinte sur l'architecture calaisienne

    QUI ETAIT ROGER POYÉ ?

     Né à Bailleul en 1885, Roger Poyé accumule très jeune les succès aux concours des sociétés d‘architecture. ll travaille à Lens avant d'obtenir, en 1913, son inscription sur la liste des architectes admis à présenter et à diriger des travaux pour des communes. C'est au titre d'architecte agréé qu'il travaille à la reconstruction de Calais après la Grande Guerre. Il se marie avec une professeur de dessin exerçant au collège Sophie Berthelot.

     Tout en étant impliqué dans le fonctionnement de l'Ecole des Arts Décoratifs et Industriel, il est sollicité pour de nombreuses missions d'urbanisme au titre d’ « architecte conseil de la ville », poste qu’il occupe entre 1928 et 1944.

    Mais Roger Poyé ne travaille pas que pour la municipalité calaisienne : il est engagé par des particuliers désireux de transformer leur habitat ou leur boutique, et par des organismes divers comme la Chambre de Commerce, la Caisse d'Epargne, l’administration des Hospices... On lui doit entre autres la Bourse du Travail, la Maternité, le bâtiment de l'Automobile Club du Nord de la France au 74 boulevard Jacquard, l’ancienne école primaire supérieure de garçons de la rue de Vic... ou encore l'église Notre-Dame des Armées aux Cailloux. Si son style, moderne et fonctionnel, ne fait pas forcément l‘unanimité, l‘empreinte de Roger Poyé dans notre ville est considérable. Aucune rue de la cité des Six Bourgeois ne porte pourtant son nom, souvent ignoré des Calaisiens.

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