Histoire de Calais
Au dépôt
Créé en 1883, cet établissement figurait alors sur la liste des dépôts secondaires du Chemin de fer du Nord sous le nom de Saint-Pierre.
Trois ans plus tard, avec un effectif inchangé de douze machines, il prenait le titre de dépôt de Calais.
Le jumelage était réalisé.
Depuis cette époque, les « gueules noires » ont assumé sans défaillance les multiples tâches qui leur furent confiées et plus particulièrement celles d'assurer les correspondances du trafic ferroviaire avec les paquebots et cargos faisant la liaison entre la France et l'Angleterre
Sous la direction de M. Rondel, il devait atteindre son apogée au cours des années qui précédèrent les dernières hostilités. Les machines du parc assuraient alors la presque totalité des trains rapides et express au départ de Calais et Boulogne-sur-Mer.
Peu avant la Libération, il fut entièrement détruit au cours des bombardements qui saccagèrent ce qui restait des installations ferroviaires calaisiennes.
Le service fut repris avec des locomotives d'origine anglaise, dans des installations provisoires puis, en 1946, une machine du dépôt de Calais remorquait la première « Flèche d'Or » de l'après-guerre. En raison de sa position géographique, le dépôt calaisien a toujours assuré principalement un service voyageur, service « noble » : remorque de trains rapides et express internationaux entre Calais et Paris (vers l'Italie et l'Europe du sud-est), Calais et Lille (vers la Suisse et l'Europe centrale). II est resté entièrement vapeur.
Actuellement, son effectif est de 50 locomotives : treize 231 E et huit 231 G (remorque de rapides et express lourds et de certains messagerie), huit 230 D (pour voyageurs omnibus et marchandises légers), huit 040 D (pour marchandises banlieue), 13 machines de manœuvres. Ces locomotives ont parcouru, en juillet 1958 : 156 991 kilomètres.
Leur remisage se fait dans quatre hangars, desservis par un pont tournant. Construits en 1945, ils doivent normalement être remplacés un jour par une rotonde dont les travaux ont commencé il y a quelques années.
Le dépôt de Calais ne possède pas de machines 141 R mais ses équipes assurent des trains avec ces engins banalisés en pool. De nombreuses rentrées et sorties se font en « batteries » correspondant aux arrivées et départs de paquebots pour l'Angleterre. L'ensemble du personnel est très attaché sentimentalement et avec une exclusivité un peu jalouse à un service de qualité qui réclame une vigilance particulière. Ses efforts tendent à l'assurer dans d'excellentes conditions.
Les cadres, sous-chefs de dépôt à la commande, chefs mécaniciens sur la ligne, le personnel administratif, s'unissent au service réparations qui tient, sous la direction de ses contremaitres et chefs de brigade, à fournir un matériel en très bon état au personnel roulant attaché à son métier comme on l'est particulièrement à la "vapeur "
Les plus modestes agents du service intérieur eux-mêmes, de la rentrée à la sortie, « soignent » leurs locomotives. Le personnel roulant a tenu à resserrer encore un peu plus les liens qui les unissent en créant « l'Amicale des Mécaniciens et Chauffeurs du dépôt » particulièrement florissante. Les installations à caractère social comprennent, pour le personnel roulant, un foyer moderne et confortable avec cuisine bien équipée, salle à manger avec petites tables à quatre places, dix-huit chambres, douches, lavabos...
Le personnel sédentaire a égaiement à sa disposition un réfectoire et un bâtiment d'hygiène moderne équipé de lavabos et douches. A la direction du dépôt et de son annexe de Saint-Omer, à laquelle se sont succédé, depuis 1944, MM. Williot, Pionnier, Massoulard et Dumast, est maintenant placé M. Turle, chef de dépôt principal.
De la fenêtre de son bureau, qu'il quitte d'ailleurs très souvent pour effectuer ses nombreuses tournées dans Le dépôt, il aperçoit le gril de rentrée et de sortie, le parc à combustible, l'atelier et, à quelques centaines de mètres, les dunes au bord desquelles le poète Edmond Roche voyait Calais « comme une nymphe assise au bord des eaux
Pierre DEROY, Correspondant au dépôt.
M. Turle, chef de dépôt principale, entouré de MM. Leclerc, chef de dépôt adjoint, Ranc, chef d’atelier et Dulieu, sous-chef de feuille.
Vue générale sur les remises et le gril d’entrée des machines. (Clichés Fenino)