Histoire de Calais
1848-1958 deux événements mémorables
Le 15 octobre dernier, le phare de Calais marquait son cent dixième anniversaire. Ce fut un dimanche au coucher du soleil que sa lanterne s'alluma pour la première fois, suscitant l'admiration non seulement des Calaisiens, mais aussi des navigateurs qui allaient pouvoir compter sur un guide particulièrement sûr et fidèle pour leur éviter de faire fausse route dans la traversée du détroit. Précédemment, ce rôle était tenu par la vénérable Tour de Guet de la Place d'Armes dont la lanterne renfermait les appareils lumineux indiquant aux navigateurs l'entrée du port.
Le chroniqueur du temps écrivait, dans " le Journal de Calais ", du 16 octobre 1848, en une période particulièrement fertile en événements marquants dans l'histoire de la ville et du port : Le nouveau phare a été allumé hier soir dimanche à 6 heures, moment du coucher du soleil.
Beaucoup de monde s'était porté sur les deux jetées pour se rendre compte de l'effet produit par les jets de lumière. On s'accorde à reconnaitre cette chose curieuse que les éclats sont d'autant plus vifs qu'on est plus éloigné du loyer lumineux. Ils apparaissent beaucoup plus faibles quand on est au voisinage de la Colonne Louis XVIII et qu'on lève tête vers le haut du phare. Par contre, ils apparaissent dans leur maximum d'éclat quand on se tient aux extrémités des jetées.
En échange, la Place d'Armes, privée maintenant de lumière que déversait sur elle l'immense réverbère qu'était • la Tour du Guet, semblait tout assombrie malgré les réverbères gaz qui entourent la place, plus les becs éclairant les magasins des commerçants. » fut exactement à la même époque, le dimanche 22 octobre de cette mème année 1848, que se déroulèrent à Calais des fêtes inoubliables à I ‘occasion de la remise à la compagnie de la Garde Nationale de Calais du drapeau offert par Onzième Légion de la Garde Nationale de Paris.
LA veille, seize cents gardes nationaux parisiens avaient été amenés par deux trains spéciaux.
C'était en même temps l'inauguration de la gare de Saint-Pierre, terminus provisoire du chemin de fer venant de Paris... par Lille.
C'est à cette occasion que lut servi, sur la Place d'Armes, le fameux banquet de deux mille couverts dont notre talentueux concitoyen louis Francia avait fixé le souvenir en exécutant un tableau figurant en bonne place dans la galerie de peinture du musée de la Place d'Armes anéanti par le bombardement du dimanche 26 mai 1940.
A propos d'une histoire de jumelage
L'histoire du Calais d'aujourd'hui comporte logiquement celle de la ville-sœur de Saint-Pierre-les-Calais, connue au début sous le nom de Petresse. En vertu d'une loi en date du 25 janvier 1885, elle fut appelée être englobée par la ville historique de Calais. Du reste, on n'avait pas attendu cet acte d'annexion ou de mariage civique pour les réunir dans une même enceinte.
A ce propos, rappelons ce détail : lors de la fusion des deux communes, le sénateur Wallon s'opposa la proposition d'un de ses collègues qui désirait que les deux noms fussent accolés. Le nom de Calais est assez célèbre par lui-même, objecta—t-il, pour qu'il ne soit pas nécessaire de lui en adjoindre un autre, serait-ce celui du plus grand saint du Paradis. D'ailleurs, Saint-Pierre-les-Calais avait déjà fait partie de Calais en qualité de faubourg. Il avait fallu un décret de la révolution pour l'en détacher. Son autonomie communale en faisait un chef-lieu de canton, ce qui équivalait, en fait, à un arrondissement.
Capitaine NEMO.