• Des escabeaux pour descendre du rapide Paris-Calais maritime

    CALAIS. L'arrivée du rapide Paris—Calais se faisait alors en gare maritime, au bord du quai où attendait la malle pour Douvres. Descendre du train n'était pas aisé. Les employés de la gare devaient transporter ces escabeaux de bois servant de marchepieds jusqu‘aux portes des wagons des secondes et troisièmes classes : pas très stable lorsque l'on était chargé de lourdes valises. Il était parfois plus pratique de sortir les bagages par les fenêtres an de faciliter la descente.

    Pour cela, les porteurs étaient nombreux : une profession disparue de nos jours. Ils vaquaient la valise sur l’épaule ou chargée sur un chariot.

    Ci—dessus, dans les années 1920, l’animation était grande et les cheminots tout aussi nombreux sur ce même quai. Il était, cette fois, pavé avec des wagons équipés de marchepieds, plus confortable pour les voyageurs qui montaient dans le train rapide ralliant Paris. J.-P. P.(CLP)

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  • Un cheval assurant les livraison

    CALAIS. En ville, l'automobile, apparue à la n du XIX" siècle, supplantait peu à peu la traction animale avec ses cabriolets—taxis, ses calèches de livraison, ses tombereaux de chantier et autres charrettes. Ci-dessus, avant—guerre, la calèche de jules Rault, fermier au Pont à Trois-Planches, livrait le lait jusque dans le quartier des Fontinettes. Dans les années 1970, ce moyen de transport était devenu une exception avec quelques réfractaires se comptant sur les doigts de la main, essentiellement pour la livraison du charbon. M. Minnebbo, le ferrailleur de la rue Bossuet (ci-dessous en 1972), était une figure calaisienne avec sa jument, Fillette. Dans les années 1950, alors que beaucoup possédaient encore poulaillers et clapiers dans leur cour, il arpentait les rues, soufflant dans sa trompe en cuivre et criant « Piôô de lapin !», dont il faisait le commerce. J.-P. P.(CLP)

    Un cheval assurant les livraisons

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  • La réception de la télé par le câble promise en 1989

    CALAIS. En 1986, naissaient la 5, la 6, la 7, Paris Première, celle-ci étant uniquement retransmise par le Câble. La campagne des élections municipales de mars 1989 battait son plein. Le député socialiste, André Capet, s'est battu pour obtenir une antenne-relais sur le phare an de proter de la 5. Le maire communiste Jean—Jacques Barthe, en course pour un quatrième mandat, n‘est pas en reste.

    La mise en orbite de satellites de communication permet désormais la réception par paraboles. En février 1989, le maire promet le câblage de la ville : « Les travaux commenceraient, je pense, au milieu de l'année 90. Ce serait donc en 91 que les petits écrans des Calaisiens qui le désirer0nt pourront capter toutes ces chaînes… »

    Il parle des 21 chaînes retransmises dans le salon de l’hôtel ville. Jean-Jacques Barthe a été élu et le câblage de la ville vite oublié. J.—P. P. (CLP)

    La réception de la télé par le câble promise en 1989

     

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  •  Calais : la géographie fait l'histoire par Henri Ravisse (1929-1997), président de la Chambre de commerce et d'industrie de Calais (1980-1997)

     

     

     

     Par temps clair, en me promenant le long de la plage de Calais, il m’arrive souvent d’apercevoir de l’autre côté du détroit, le château de Douvres.

     A une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau, la côte britannique semble à portée de la main et telle proximité ne pouvait que contribuer à imposer à Calais un grand rôle dans l’histoire.

     C’est par le port de Calais que Richard Cœur de Lion passa avec ses armées en route vers la Palestine pour la troisième croisade.

     C’est à Calais que le roi Louis XVIII « fut rendu à l’amour des Français », comme l’indique encore aujourd’hui le monument élevé à cette occasion à deux pas du port.

     C’est par Calais que transitent chaque année plus de 9 millions de voyageurs et plus de 2 millions de véhicules.

     Pourtant, tout cela débuta il y a une dizaine de siècles lorsqu’un petit port naturel se forma dans l’estuaire du Nieulay, une rivière qui drainait des terres encore à demi immergées que la mer avait envahies au Ve siècle.

      Richard Cœur de Lion avait déjà apprécié son passage « via Calais »

      Probablement petit village de pêcheurs à l’origine, Calais devint très rapidement un point de passage habituel pour tous ceux qui voulaient se rendre en Angleterre, au pays de Guillaume le Conquérant. Pour Richard Cœur de

     Lion, à l’heure de la troisième croisade, la solution la plus facile pour faire franchir le détroit à ses chevaliers passait par Calais et à son retour de croisade, il emprunta le même chemin. Très satisfait, Richard Cœur de Lion décida d’ailleurs d’octroyer aux Calaisiens une charte de privilèges importants qui contribua à développer le commerce entre les deux pays.

     Le rôle stratégique de Calais était déjà évident à cette époque et dès 1190, Henri de Louvain accorda aux Calaisiens l’autorisation d’établir un port. Quelques années plus tard, un entrepôt, pour abriter les marchandises, fut construit.

     Le début du XIIIe siècle mit Calais au premier plan de l’actualité puisqu'en 1213, la flotte de Philippe Auguste y fit escale. Deux ans plus tard, le prince Louis, le fils de Philippe Auguste, le futur roi Louis VIII le Lion, y prépara son expédition vers l’Angleterre, où il y poursuivit Jean sans Terre qu’il avait battu à Bouvines. Le port de Calais entrait dans l’histoire alors qu’il ne s’agissait encore que d’un modeste havre, déjà convoité par les Anglais qui imaginaient tous les avantages de posséder une tête de pont sur le comment.

     Les comtes d’Artois s'efforcèrent de développer Calais, mais les lourdes taxes qu’ils imposèrent sur les marchandises ruinèrent le port. Lorsque Mahaut d’Artois rendit aux Calaisiens leur échevinage la prospérité revint avec l‘importation des vins et des laines, des bières et du bacon, du fer et du plomb, des cuirs et des harengs.

     Pour les Anglais, Calais demeurait cependant un « nid de corsaires », animé par le célèbre Paidroghe et dès cette époque, ils envisagèrent une action militaire pour s‘emparer de la ville. Après la bataille de Crécy, l'heure de la conquête avait sonné, mais ce ne fut qu’à l'issue du long siège qui offrit à l'histoire l’épisode des Six Bourgeois que Calais, en 1347, passa aux mains d’Edouard III.

     Sous la domination anglaise, la prospérité

      Les Calaisiens furent exilés et les imigrants, attirés par de nombreux privilèges, affluèrent. Les Anglais firent de Calais une redoutable citadelle, véritable base de leurs opérations militaires dans les pays voisins du Roi de France.

     Lorsqu’Edouard III ordonna de tenir à Calais l’étaple du plomb, de l’étain, de la plume et des étoffes de laine, il souleva le mécontentement des villes anglaises.

     Ces années d’occupation furent cependant prospères même si à plusieurs reprises, craignant une attaque française, les Anglais préférèrent replier certains de leurs intérêts chez eux de l'autre côté du Channel et à Bruges. Il convient de noter également que, grâce aux Anglais, Calais fut le seul port français à appartenir à la très puissante Hanse. Vers les années 1400, les sables devaient envahir la crique naturelle qui formait le port et les Anglais décidèrent de creuser le « Grand Paradis » et transformèrent pour la pêche l’un des bassins du port. Ce bassin existe d'ailleurs encore aujourd‘hui et sert à abriter les bateaux de pêche artisanale qui échouent à chaque marée.

     Les Français n’avaient cependant pas oublié Calais et cette enclave anglaise sur le territoire de France leur devenait de plus en plus insupportable. En 1436, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, échoua dans une tentative de reprise de la ville qui, au fil des armées, devenait de plus en plus prospère grâce au commerce des laines, des étoffes, des cuirs, des minerais, mais aussi du fromage et du beurre. Les “Staplers of Calais" étaient si riches qu’ils avançaient aux différents mis les sommes nécessaires pour entretenir la puissante garnison.

     Il fallut attendre 1558 pour qu'Henri le Balafré, le duc de Guise, parvienne à bouter hors de France les envahisseurs qui avaient passé deux siècles à Calais. La nouvelle jeta la consternation en Angleterre, alors que les Français se réinstallaient dans la ville. Tout comme pendant la période d’occupation des richesses immenses devaient s'y accumuler, ce qui ne manqua pas de tenter la cupidité des Espagnols qui détenaient alors les territoires au—delà de l’Aa, à une quinzaine de kilomètres de Calais. Les Espagnols s’emparèrent de Calais en 1596, par surprise, mais n’y restèrent que deux années.

    Un point de l'histoire qui ne sera peut-être jamais élucidé...

     L’invasion de la Gaule par les Romains donna au Calaisis une grande importance. Etant le point le plus rapproché de l‘Angleterre, il fut tout naturellement la base de départ de plusieurs tentatives de débarquement en Grande—Bretagne. Jules César y rassemble une flotte de 800 à 1 000 voiles qui, avec cinq légions et 2000 chevaux, se lancèrent à la conquête de l'Angleterre. On ne sait pourtant pas si le célèbre « Portus ltius » était localisé à Calais même, dans l’estuaire du Nieulay ou à quelques kilomètres, à Sangatte ou à Wissant.

     Un point de l'histoire que les historiens ont encore à préciser.

    Le port de Calais par Nicolas Ozanne (1776) - CCI Calais.

    Calais aurait pu devenir grand port de guerre sous Richelieu

     En 1598, le traité de Vervins rendait définitivement Calais à la France. Sous Henri IV, les fortifications de la ville furent améliorées par Dominique de Vic puis, sous le règne de Louis XIII, les défenses furent mises au goût du jour par le marquis de Saint-Chamont. La frontière était toujours sur l’Aa et Dunkerque n’était pas française.

     Richelieu, inquiet de cette menace du nord, chargea d‘Infreville, son commissaire général de la Marine, d’étudier les possibilités de construction d’un grand port de guerre à l'ouest de  Calais.Le projet suivit sons cours, mais quelques années plus tard, en 1668, Louis XIV s’emparait de Dunkerque, pour le plus grand malheur des Calaisiens. Si Vauban continua de fortifier la ville, le port fut délaissé. Le roi de France, pour ancrer définitivement « Dunkerque l’espagnole » au royaume de France, accorda de nombreuses franchises qui accentuèrent les détournements de trafic.

     Trop lourdement taxées, les marchandises qui étaient débarquées à Calais ne pouvaient être dirigées vers l’intérieur, faute de chemins en bon état. Le port s’ensabla en partie et pendant des dizaines d’années, l’activité économique déclina.

     Le XVIIIe siècle fut marqué à Calais par la visite de Pierre le Grand, tsar de toutes les Russies, qui y débarqua pour une visite en France. Le Tsar fut si bien accueilli à Calais qu’il y séjourna plusieurs mois, obligeant même le roi de France à envoyer l’un de ses émissaires, afin de l’attirer vers la capitale en 1717.

     Un siècle plus tard, Napoléon vint à Calais, afin d’étudier lui aussi la possibilité de construire un immense bassin à flot, comportant deux entrées, en vue d’y abriter une importante flotte de guerre. Le projet n’eut pas de suite.

     En ce début de XIXe siècle, le trafic régulier avec l’Angleterre prit de l’importance et de 1811 à 1819, on améliora le quai des paquebots. C’est d’ailleurs sur l’un de ses navires qu’en 1814, rentra d’exil le roi Louis XVIII.

     L’activité du port semblait vouloir renaitre, mais le gros problème qui se posait alors, concernait l’ensablement des bassins et du chenal d'accès.

      Un grand bassin de commerce pour ressusciter le port

      Le salut du port de Calais vint de la construction d‘un vaste bassin à flot, réalisé sous le règne de Louis—Philippe d'après les plans de l’ingénieur en chef Raffeneau de Lisle. Un immense bassin des chasses devait, quant à lui, permettre l'entretien du chenal.

     Mis en service en 1842, ce bassin avait une superficie de deux hectares et avec 125 mètres de long, offrait une grande capacité. Le chenal d'accès du port avait à l'époque une centaine de mètres de large et les jetées une longueur de, respectivement 473 mètres pour la jetée Ouest et 1 137 mètres pour la jetée Est.

     Le chemin de fer était relié au port et la mise en service, en 1848, d’une ligne Calais—Paris, eut pour effet de doubler d‘une année sur l'autre le nombre de passagers du port. De 17 956 passagers, on passa à 36 376 passagers l’année suivante. Calais venait de confirmer définitivement sa vocation de port transmanche, même si le XIXe siècle, décidément très riche pour notre développement portuaire, devait doter Calais d‘un grand port de commerce encore en exploitation aujourd‘hui.

     C'est une 10l du 14 décembre 1875 qui déclara d‘utilité publique un vaste ensemble de travaux qui prévoyait la construction d‘un bassin de retenue pour accroître la profondeur du chenal par des chasses puissantes, la construction d‘un nouvel avant-port pour 1es paquebots internationaux, la réalisation d‘un grand bassin à flot à l‘est de la ville et le déplacement de la gare de voyageurs.

     Le nouveau port fut inauguré en 1989 par le président Sadi Carnot et il convient de saluer le génie des ingénieurs de l‘époque qui réalisèrent un port encore exploité aujourd’hui pratiquement dans sa configuration originelle.

     Cette époque fut une période de décollage économique pour le port de Calais. En 1875, on comptait déjà plus de 212 000 passagers au port de voyageurs et en 1900, année de l‘exposition universelle de Paris, le total grimpe à plus de 547 000 voyageurs. Les premières grues hydrauliques firent leur apparition en 1890. Le port de Ca1ais était dès lors bien équipé et sans tarder, ces facilités attirèrent des industriels.

     En quelques années, on vit s’installer sur la zone portuaire de nombreuses entreprises dont certaines, comme les Câbles de Lyon, sont encore en activité aujourd‘hui. Dès 1916 les élus de la Chambre de commerce et d'industrie présentaient au Gouvernement une demande d‘autorisation et de subvention pour réaliser un nouveau port à l‘est de la ville, celui de 1889 étant déjà saturé.

     Comme on va le voir cette demande ne devait déboucher... qu‘aujourd‘hui. Si entre—temps le trafic de passagers s'est maintenu au plus haut niveau, il est certain que le développement industriel du Calaisis en a souffert.

    Le port de Calais par Salatier - 1827 - {CCI Calais}.

    Le bassin à flots construit en 1842 {CCI Calais}.

    L‘entrée du port de Calais fin XIXe siècle.

    Les Jumbo car ferries lancés pour lutter contre la concurrence du tunnel sous la Manche {CCI Calais}.

    Le nouveau port en eau profonde qui entrera en service fin 1989 (CCI Calais}.

    Défi d'un tunnel

     Depuis environ deux ans, aux portes de Calais, l’immense chantier du tunnel sous la Manche nous rappelle à chaque instant que dans un proche avenir, notre port aura à faire face à la mise en service d‘un redoutable concurrent.

     Premier port d’Europe continentale pour les échanges avec la Grande—Bretagne, Calais s’est également hissé, au fil des ans, à la 6‘ place dans le classement des ports français dans le domaine des marchandises. C’est dire l‘importance des efforts des responsables portuaires qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre en place, avant cette échéance en 1993, les conditions d’une concurrence possible.

    Il est évident que c’est le port transmanche qui aura le plus à souffrir de l’apparition d’un nouveau moyen de franchir le détroit du pas de Calais.

     Lorsque l’on sait que ce port transmanche assure aujourd'hui plus de 90 % des recettes du port de Calais, on comprend mieux l'acharnement des Calaisiens à se doter des équipements susceptibles de donner au port de commerce une dimension qu‘il n’avait pas jusqu’à présent.

    Pour préparer cette échéance de 1993, la Chambre de commerce et d’industrie de Calais, qui gère les intérêts du port, n‘est pas seule. Les compagnies maritimes qui exploitent la ligne Calais—Douvres ont compris que pour lutter contre le tunnel, il fallait à la fois offrir à la clientèle des car—ferries toujours plus confortables et faire tomber les coûts d’exploitation. L’arme absolue de cette

    Concurrence a déjà fait son apparition sur le détroit du pas de Calais : il s’agit des "Jumbo car ferries". Capables de transporter à chaque traversée 2 300 passagers et plus de 650 véhicules de tourisme, ces transbordeurs assurent la traversée en 75 minutes. Le port de Calais, pour les accueillir, a réalisé de nouvelles passerelles à double niveau et à deux fois deux voies de circulation

    L’amélioration des accès autoroutiers du port de Calais contribuera également à placer, tout au moins au plan théorique, le port et le tunnel dans des conditions de concurrence normale. Pour Calais, c’est important, car il y va naturellement de Son avenir.

    L’Échéance de 93 coïncidera avec 1’ouverture des frontières. Il faut également la préparer en aménageant un nouveau port de commerce mieux adapté au transport maritime d’aujourd’hui et de demain. Comme nous l’avons vu le port de commerce de Calais, dont la vocation est avant tout de servir les industries locales, date du siècle dernier. Un nouveau port en eau profonde est en cours de réalisation à l'est du port actuel :  trois postes à quai, permettant d’accueillir simultanément trois cargos de type Panamax, sont en cours de réalisation. Il sera opérationnel dès la fin de cette année. Pour les Calaisiens, ce nouvel outil portuaire, financé dans sa grande majorité par la Chambre de commerce et d’industrie, est un atout formidable. Il sera mieux adapté aux besoins des industriels déjà implantés chez nous, comme les « Câbles de Lyon », « Tioxide », « Vieille Montagne », « Union Carbide », etc. et permettra d’attirer à Calais de nouveaux investisseurs intéressés par les terrains encore disponibles sur nos zones industrielles les                                 « pieds dans l'eau ».

     Tout ce programme représente un effort financier important de plus de 500 millions de francs, mais c’est à ce prix que nous assurerons notre avenir. La mise en service du « lien fixe » aura sans aucun doute des conséquences redoutables sur le trafic transmanche. Des études objectives nous font craindre que l'on retombe après 93, à un niveau de trafic équivalent à celui de 1970. A cette époque, nous n’avions chaque année que trois millions de passagers contre 9 actuellement. Ces mêmes études indiquent qu’il nous faudra ensuite plusieurs années avant de retrouver un niveau de trafic voisin de celui que nous connaissons aujourd’hui. Des années difficiles sont à redouter, mais je veux rester optimiste. Personne ne pourra nous enlever notre situation géographique exceptionnelle.

    L‘avenir du port de Calais sera à l‘image de celui du Calaisis qui va connaître dans les prochaines années une véritable révolution au plan des moyens de communications. Autoroutes, trains à grande vitesse, aéroglisseurs, tunnel sous la Manche, car-ferries et cargos, sans oublier les avions, feront de ce secteur un lieu unique au monde où convergeront tous les moyens de transport connus à ce jour.

     Plus encore que dans le passé, le port de Calais sera ce maillon indispensable de la chaîne de transport. Un maillon bien équipé et bien adapté aux exigences de ses clients. 

    Les nouvelles passerelles capables d ‘accueillir les Jumbo car ferries.

    Le trafic du port de Calais en 1988

     8 690 716 passagers

     2 037 340 véhicules dont 704 201 véhicules commerciaux

    12 456 948 tonnes de marchandises

     Evolution des trafics de 1978 à 1988 :

      — passagers : + 68 %

     — véhicules de tourisme : + 59 %

     — véhicules commerciaux : + 144 %

    Les différents trafics du port de commerce

     A l'import :

      Scories de titanium du Canada, minerais de zinc du Pérou, d'Irlande et de Suède, coke de pétrole d’Angleterre, produits forestiers de Russie, de Scandinavie, soufre liquide de Bayonne, ferraille d'Angleterre, graves de mer.

      A l'export :

      Véhicules neufs, marchandises diverses, houille et coke des mines du Nord—Pas— de-Calais et de Lorraine, sucre, acide sulfurique vers l'Angleterre, la Finlande, la Suède, L'Espagne et le Portugal, la côte occidentale d'Afrique, l’Algérie, le Proche-Orient et le Moyen-Orient.

     

     

     

     

    Tiré du magazine Cols bleus du 18 mars 1989 

     

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  • L'Hôtel de ville

    Calais (71.500 habitants, à l'époque de la sortie du livret) est la ville la plus peuplée, la plus étendue, la plus industrielle, la plus propre, la plus salubre du département du Pas-de—Calais : c’est l’œuvre vivante du génie humain.

    Des siècles de travail ont transformé l'antique Pétresse des Romains en une grande cité coupée de larges artères déployant un réseau de 160 km de rues, sillonnée de tramways électriques, accolée à un port très pratique aux navigateurs et laissant une large place, à côté du vieux Calais, place forte, à une ruche ouvrière en pleine activité.

    Le joyau de Calais moderne est sans conteste son Nouvel Hôtel de Ville, conçu par l'architecte Debrouwer.

    La place d'Armes

    La pointe du Beffroi perce la nue à 75 mètres de hauteur. La façade est de style Renaissance, heureusement combiné à l’art flamand. Toute l'œuvre intérieure a été confié à des mains d'artistes qui ont collaboré d'un même cœur à la réalisation d'un merveilleux ensemble. Dans la Salle des Mariages on remarque un panneau décoratif dû au pinceau de Mme Adrienne Ball-Demont.

    La Place d'Armes est le centre du Calais historique, qui a conservé son aspect ancien.

    Le Musée (ancien Hôtel de Ville), dont la construction primitive remonterait à Philippe Hurepel, comte de Boulogne, au conservé, du moyen-âge, le soubassement de sa tour et ses caves.

    Son Beffroi est du XVe siècle, restauré au XVIIe sa Façade du XVIIIe.

    Le carillon joue l'air de la « Gentille Annette » et deux cavaliers joutant à la lance marquent d'un point chaque heure qui tombe dans le passé.

     Sur le parvis du Musée, haut juchés sur des stèles, les bustes de Guise et de Richelieu, rédempteur et bienfaiteur de Calais. Au fronton de l'édifice le buste d'Eustache de Saint-Pierre, par Cortot, et enfin, sortant de la maison commune et se rendant au supplice, les « Bourgeois de Calais » en un groupe génial de Rodin.

     Tout près du Musée la massive Tour du Guet, l'ancêtre des Monuments Calaisiens, si vieux qu'on n'en connaît pas l'origine, mais qui, tout en défiant les temps, fut cependant ébranlé par un tremblement de terre en 1580.

    De l'autre côté, à l'entrée de la rue de la Citadelle, des maisons de style espagnol, dont le premier étage surplombe en avancée hardie le rez-de-chaussée.

    Escalier d’Honneur (Coupole). Peintre—verrier : Dagrant.

    Le casino municipal et la plage

    Les Bourgeois de Calais

    La nature a gratifié Calais d'une plage incomparable, au sable fin, sans rochers, sans récifs ni galets, d‘une immense étendue en profondeur et en longueur, lisse comme un tapis d'Orient, exempt de bas-fonds sournois, où l'on joue en toute sécurité avec le flot mourant.

    Le Casino, dominé par un élégant campanile, luxueux établissement avec terrasse fleurie et orchestre, salle de dégustation, salle de jeu et music-hall, Salon de lecture et salon des dames.

    Sur la droite : le Chenal, large de 120 mètres, jalonné par les deux jetées de plus d'un kilomètre de longueur, qui constitue la plus agréable promenade.

    De la terrasse du Casino, on aperçoit la côte anglaise, toute blanche dans sa falaise de craie gardée par le Château-fort de Douvres.

     Le paquebot franchit en 55 minutes les 28 kilomètres du « Channel ».

    L'église Notre-Dame

    Le Maître-Autel et le Chœur

    « L'Église Notre-Dame décèle en certaines parties des origines du XIIe siècle ; elle fut terminée sous l‘occupation anglaise.

    Les fenêtres du chœur et du transept sont du plus pur style Tudor. Le retable en marbre du maître-autel, œuvre du sculpteur Lottman, du XVIIe siècle, est d'une grande richesse ; le tableau de l'Assomption, qui le surmonte, est un chef-d'œuvre du peintre Anversois Seghers.

    D'autres toiles de l'Eglise, des écoles de Rubens, Le Titien et Ribeira, sont classées comme monuments historiques, de même que l'Eglise, le retable et les grilles du chœur en fer forgé.

    En plein centre de la Ville, au carrefour des quatre boulevards, sur la place Albert 1 er, s'élève le Théâtre municipal, inauguré en 1905, œuvre de l'Architecte Malgras.

    Le théâtre municipale

    L’intérieur du Théâtre municipale

    Les proportions harmonieuses de sa façade, le foyer, la scène et ses décors (de Moisson) retiennent l'attention.

     En face du Théâtre la statue de Jacquard, l'ingénieux adaptateur du métier à tulle, à qui la ville doit prospérité, fortune et renommée mondiale. A ses pieds, le sculpteur Roussel a drapé de merveilleuses dentelles deux femmes dont une tend à l'inventeur la couronne de l'immortalité.

     

     

    La Gare Maritime est un but de promenade. Sur le quai qui _y conduit repose, à droite, le pittoresque Courgain, aux rues étroites, muraillé du XVIIe siècle, dominé par le Phare qui, du haut de ses 270 marches, promène ses rayons dans la nuit, à 64 mètres au-dessus du niveau du la mer.

    Le port est le point terminus de tous les trains internationaux qui conduiront les voyageurs à Paris, Bâle, Berlin, Brindisi, la Côte d'Azur, Bruxelles. Constantinople, Varsovie, vers les Indes. 580.000 passagers par an.

    D'immenses docks, des quais spacieux, un outillage moderne, sont l'œuvre de la Chambre de Commerce.

    Métier à tulle.

     

    L'Industrie dentellière s'est grandement développée à Calais depuis sa naissance en 1815. Elle s'est ouvert plus de 600 fabriques; avec 30.000 ouvriers des deux sexes.

    Le chiffres d'affaires d'exportation atteint près de 300 millions de francs par an.

    Le Sauveteur

    le Monument du Souvenir

    En sortant de l'Hôtel de Ville, le regard s’arrêtera sur le Monument du Souvenir Français, œuvre magistrale de l'architecte M. Ghesquier, Maugendre, statuaire, élevé à la gloire du héros Calaisien de Sidi-Brahim, le Capitaine Dutertre, et des soldats de 1870-1871.

     Les Morts de la grande guerre ont, sur la place Richelieu, leur monument particulier, œuvre puissante et d'une originalité hardie du grand sculpteur Moreau — Vauthier.

    Courgain Maritime. — Il est plaisant de rencontrer dans ce quartier populeux l'accorte pêcheuse courguinoise court-vêtue quand elle se rend à la pêche aux crevettes ; mais coquettement habillée les jours de fête dans son costume original, corsetée à l'antique, longuement juponnée et auréolée, sur des cheveux noirs d'un type franchement espagnol, d'une blanche coquille de Saint-Jacques.

     

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  • Le Grand Hôtel Continental boulevard Richelieu

    CALAIS. La destruction des remparts a permis de libérer des espaces propices à la construction. Ceux de l'enceinte intérieure ont été détruits à partir de 1862, ceux extérieurs à partir de 1878, avec l’arasement de la porte Richelieu en 1885. L'ouverture du Grand Hôtel Continental, situé boulevard Richelieu, à l'angle de la rue Edison, date de 1894. Cet hôtel, alors tenu par MM. Outers et Forest, ne passait pas inaperçu. Haut de trois étages, il était pourvu d’ascenseurs, confort rare à l’époque, qui faisaient de ce lieu un hôtel de standing, avec chambres pourvues de salles de bain, vaste garage couvert, téléphone et salons luxueux. Ici, une partie du personnel posait devant la façade. Ci-dessous une terrasse était installée sur le trottoir, d’où les clients pouvaient regarder passer le tramway encore tracté par un cheval.  J.P.P. (CLP)

    Le Grand Hôtel Continental boulevard Richelieu

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  • L'hôtel du beffroi, rue André Gerschel il y a 50 ans

    CALAIS. Voici l'entrée de la rue André—Gerschel dans les années soixante, avec la pendule orale au premier plan. Sur la droite, l‘Hôtel du beffroi offrait encore des garages à sa clientèle. Ils seront transformés en chambres. Seule la Maison du fromage sur la gauche perdure, les autres commerces de cette rue ont tous changé d’enseigne ou sont devenus des logements. Les magasins de proximité, boulangerie, boucherie, épicerie Ruche, ont fermé.

    Face à l'Hôtel du beffroi existait alors un autre hôtel, l'Hôtel des Six-Bourgeois, fermé lui aussi remplacé par un restaurant. Avant—guerre, cette rue s'appelait la rue de la Citadelle (ci-dessous). Elle faisait face au Beffroi du musée. Légèrement décalée vers le nord, la rue fait face désormais à la Tour du Guet. De nombreuses cartes postales de cette rue pittoresque avec ses maisons de style normand sur la droite ont été éditées. J.-P. P. (CLP)

    L'hôtel du beffroi, rue André Gerschel il y a 50 ans

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  • Une ligne transmanche, dédiée au transport de véhicules, créée en 1928

    CALAIS. Quai de la Colonne, cette photo des les de voitures en attente d'être embarquées sur un navire, à destination de la Grande-Bretagne, date des années trente. Le bâtiment face aux hangars Paul-Devot était la capitainerie, mise en service en 1930.

    Le 7 juillet 1928, le capitaine Stuart Townsend créait cette nouvelle ligne transmanche dédiée au transport des automobiles et des autocars. L’enseigne Townsend Car Ferry est apparente sur l'abri construit pour accueillir les passagers. Les automobiles pesaient leur poids, elles étaient grutées soit du quai de la Colonne, soit du quai Paul—Devot pour être chargées sur le navire. Une opération longue et délicate (ci-dessous). La manœuvre sera ensuite améliorée en faisant rouler la voiture sur un plancher, les lins de la grue étant alors amarrés à ce plan— cher et non plus aux roues—du véhicule.         J.-P.P. (CLP)

    Une ligne transmanche, dédiée au transport de véhicules, créée en 1928

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  • Calais était une ville de garnison jusqu'en 1940

    CALAIS. Ces militaires, défilant rue Royale après la Première Guerre mondiale, étaient alors le quotidien des Calaisiens. Une garnison dans la ville créait de l’animation. Ravitaillement des troupes, délés et fanfares, soldats dans les cafés et les cinémas étaient bénéfiques pour le commerce.

    Le 8e Régiment d’infanterie, 700 hommes, logeait à l’intérieur de la citadelle, dans la caserne Vauban.

    Ci—dessous, avant la Grande Guerre, ces fantassins traversaient la place d'Armes. Les chasseurs—mitrailleurs—voltigeurs du 110° Régiment d’infanterie logeaient dans la caserne du Duc-de—Guise, rue des Maréchaux.

    Ces régiments quittaient Calais pour n'y revenir qu’au tout début de la Seconde Guerre, an de rejoindre le front belge. En mai 1940, les casernes étaient détruites par les bombardements. A la Libération, l’autorité militaire cédait à la ville les terrains qu’elle avait occupés. J.-P.P. (CLP)

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  • Deux carillons ont égayé les rues de Calais-Nord

    CALAIS. Calais—Nord. Chaque heure, le carillon de la Tour du Guet égrainait automatiquement l’air de la Gentille Annette qui sera joué après-guerre par le carillon de l’Hôtel de Ville. Un autre carillon, celui du Beffroi du musée, a offert lui aussi un concert de cloches. Né dans la Tour du Guet comme son frère Auguste le guetteur, Léon Joan, le carillonneur, a suivi les cours de l’école de musique. Il a été bugle solo dans la musique militaire du 91e Régiment d’infanterie. Il a ouvert un commerce de vannerie puis est devenu crieur de la salle des ventes.

    Dans le même temps, de 1905 à 1930, il a été le carillonneur du Beffroi du musée chaque dimanche et jour férié. A 11 h 30 il a offert un concert (souvent de sa composition) joué sur le clavier à mancheron de bois faisant résonner harmonieusement le carillon composé de quatorze cloches. J.-P.P. (CLP)

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